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LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • mercredi 8 décembre 2010 à 01h55min

C’est entre deux appels téléphoniques, destinés à préparer le colloque sur "le partenariat Europe-Afrique et les intégrations régionales" prévu pour se tenir du 14 au 17 décembre 2010 à Ouagadougou et dont il est le président du comité d’organisation, que Luc Marius Ibriga nous a accordé cette interview. Enseignant le droit communautaire à l’université Ouaga 2 et reconnu comme un juriste émérite, l’homme a abordé sous un angle juridique la crise qui prévaut en Côte d’Ivoire. Les détails dans les lignes qui suivent nous éclairent sur la situation.

"Le Pays" : Sur un plan purement juridique, lequel de Ouattara ou de Gbagbo est le président de la Côte d’Ivoire ?

Luc Marius Ibriga : Sur la base du droit, il y a un président légal du fait que les organes constitutionnels l’ont proclamé et déclaré président. Laurent Gbagbo est donc le président légal. Sur le plan de l’expression des votes, Alassane Ouattara est président. Il a donc la légitimité car il a le plus grand nombre de voix. Mais cette légitimité sortie des urnes doit être confirmée, selon la Constitution ivoirienne et la loi électorale, par le Conseil constitutionnel. Ce qui pose problème en Côte d’Ivoire, c’est que les Ivoiriens mettent entre parenthèses leur Constitution avant de régler leurs problèmes. Ce qui fait que dans les accords de Ouagadougou, il était mentionné que les élections devraient être certifiées par le système des Nations unies, mais sans qu’on ne précise véritablement le rôle de cette certification et quelle valeur juridique lui accorder. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous nous retrouvons avec un président légitime qui n’est pas légal et un président légal qui ne jouit pas de la légitimité.

L’UA et la CEDEAO ont reconnu la victoire d’Alassane Ouattara et la CEDEAO a condamné la position de Laurent Gbagbo. Quel peut être l’impact de l’action de ces deux institutions sur la situation en Côte d’Ivoire ?

Si l’on part du principe de la souveraineté des Etats, ces organisations ne peuvent pas obliger les autorités et les institutions ivoiriennes à accepter ce que elles, elles veulent. Parce que ce serait un précédent historique que des organes extérieurs à l’Etat puissent dicter leurs lois à cet Etat.

Autrement, le traité de la CEDEAO, auquel est membre la Côte d’Ivoire, ne prévoit rien ou ne peut rien face à ce genre de situation ?

Le traité de la CEDEAO prévoit que l’on doit aller à des élections concurrentielles et que l’on doit accéder au pouvoir selon des voies normales. Or aujourd’hui, la voie qui a été suivie par Laurent Gbagbo est une voie démocratique puisque le code électoral dit que les proclamations provisoires doivent être validées par le Conseil constitutionnel. Maintenant, le problème, c’est que le Conseil constitutionnel ne s’est pas tenu à ses prérogatives et n’a pas mis en action les voies nécessaires pour crédibiliser sa validation. Premièrement, un juge ne peut pas entrer dans la sphère publique pour annoncer qu’il va s’autosaisir d’un dossier. C’est vrai qu’il y avait un délai qui était imparti à la CEI (Commission électorale indépendante) mais le Conseil constitutionnel devait simplement attendre que la CEI proclame les résultats provisoires.

"La meilleure solution, c’est de reprendre les élections dans les zones concernées"

Il y a donc eu un vice de procédure ?

Oui. Le manque de réserve du juge constitutionnel a jeté un discrédit sur sa décision. Secundo, la CEI a mis plus de trois jours pour vérifier les 20 000 PV (procès- verbaux). Le Conseil constitutionnel, en moins de 24 heures, a, lui, pu procéder à la vérification de ces 20 000 PV alors qu’il avait sept jours pour le faire. Si le législateur lui a donné sept jours, c’est que le travail doit être fait avec minutie. C’est donc cette précipitation à valider les élections, à introniser Laurent Gbagbo, qui fait croire qu’il y a forfaiture. Au premier tour, la CEI avait dépassé le délai d’une heure, mais le Conseil constitutionnel n’a pas invalidé l’élection. De plus, on ne peut pas décider d’invalider ainsi les résultats de toute une région. On invalide par bureau de vote parce qu’on a des éléments de preuve. Et au moment où le Conseil constitutionnel a été saisi, il y avait normalement du temps pour les uns et les autres de déposer leurs recours. Autant d’éléments qui montrent que la décision du Conseil constitutionnel a été entachée de discrédit. Mais même s’il n’a pas dit le droit, les textes sont clairs, il n’y a pas de recours contre les décisions du juge constitutionnel.

D’aucuns ont d’ailleurs douté de la neutralité politique de cette institution dans la mesure où son président est nommé par le chef de l’Etat. Partagez-vous cet avis ?

C’est vrai que les hommes ont leur penchant et leur position. Mais en ce qui concerne le Conseil constitutionnel, il y a un certain nombre de garanties statutaires qui sont mises en place pour assurer son indépendance. S’agissant de la Côte d’Ivoire, je n’ai pas une idée sur le mandat des membres du Conseil, mais je suppose que ce doit être la même chose qu’au Burkina où il est de 9 ans. Si pendant 9 ans, celui qui vous a nommé ne peut pas vous révoquer, si vous n’êtes pas indépendant, c’est que vous ne voulez pas l’être. Mais il se trouve que dans la situation de la Côte d’Ivoire, la suspicion sur le Pr Paul Yao N’dré s’explique par le fait que ce dernier a été pendant longtemps le conseiller de M. Gbagbo. Mais ce n’est pas ce qui fait forcément de lui, quelqu’un qui ne dit pas le droit. Mais je pense que le Conseil constitutionnel a été pris dans la tourmente et il s’est précipité dans le débat politique au lieu de rester dans sa posture d’organe juridictionnel. Ce sont tous ces éléments qui montrent qu’il y a eu une volonté de travestir les résultats.

Le Conseil constitutionnel a donc failli à sa mission. Ce qui amène à vous demander s’il ne serait pas opportun de penser une autre forme de Conseil constitutionnel pour les pays africains afin d’éviter ce genre de discrédit dont vous avez parlé...

C’est possible d’imaginer. Je pense que nos amis nigériens avaient imaginé un système qui était très bon. Le président de l’Assemblée nationale nomme des personnes au niveau du Conseil constitutionnel et les différents corps qui sont liés à la justice ou au droit proposent des personnes que le président est obligé de nommer aussi. Ce qui a valu que le Conseil constitutionnel ait pu tenir tête au président Tandja parce que ce ne sont pas des personnes qui lui sont redevables. Il y a donc véritablement matière à améliorer la garantie statutaire d’indépendance des personnes qui composent ce dernier rempart. Ailleurs, les présidents des Conseils constitutionnels sont nommés par le pouvoir politique. Mais la hauteur de vue des personnes fait qu’elles voient l’intérêt de l’Etat avant celui politique. Tant que le juge ne se met donc pas au-dessus de la mêlée pour voir l’intérêt supérieur de l’Etat, il ne dit plus le droit. Il essaie d’instrumentaliser le droit et c’est cette instrumentalisation qui peut conduire à des situations catastrophiques.

Pensez-vous que la communauté internationale peut empêcher celle de la Côte d’Ivoire d’être plus catastrophique ?

Je pense qu’il y a un bout de ficelle qu’on peut tirer pour résoudre le problème. C’est de reprendre les élections là où les résultats ont été invalidés.

"La mauvaise solution, c’est ce fameux partage du pouvoir"

Mais vous avez dit tantôt que les décisions du Conseil constitutionnel sont sans recours …

Certes, mais nous sommes dans une situation de crise où les institutions n’ont pas fonctionné selon la démarche normale. Le Conseil constitutionnel a commis une erreur en annulant globalement les résultats. On peut annuler en cas de fraude. Mais on l’a fait pour intimidation, pour rétention, etc. Ce faisant, il faut qu’on recommence les élections dans le Nord avec toutes les garanties nécessaires de surveillance, etc. On fait la sommation et on verra qui est le président de la Côte d’Ivoire. Parce que la solution que les Africains ont toujours utilisée et qui est la mauvaise solution, c’est ce fameux partage du pouvoir, les gouvernements d’union nationale : l’un est Premier ministre et l’autre, président, etc.

Le partage du pouvoir ne marcherait donc pas en Côte d’Ivoire ?

En Côte d’Ivoire, je ne pense pas que cela puisse marcher parce que le niveau d’animosité atteint est tel qu’Alassane Ouattara ne peut pas être le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Je ne pense pas que ce sera la meilleure solution. La meilleure solution, c’est la reprise des élections dans les zones où elles ont été invalidées, à charge pour la communauté internationale de mettre en place tout le dispositif nécessaire. Cela est nécessaire parce que le Conseil constitutionnel s’est fourvoyé sur bien des plans.

Mais Gbagbo va-t-il l’accepter ?

J’imagine que cette solution ne va pas plaire au camp Gbagbo dans la mesure où on connaît à l’avance les résultats, car les résultats du premier tour ont été conformes à ceux du second tour.

Est-ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, que le facilitateur Blaise Compaoré n’a plus de rôle à jouer dans le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire ?

Disons que le médiateur doit prendre du recul dans la mesure où il a lui aussi les résultats de l’élection. Il sait qui a gagné les élections. De ce point de vue, il lui devient difficile de demander un effort à quelqu’un qui a gagné les élections ou à l’autre. Il ne jouera alors plus son rôle de médiateur.

Quelle est l’issue la plus heureuse que vous prévoyez pour la Côte d’Ivoire et quelle peut être le dénouement le moins heureux ?

L’issue la moins heureuse, c’est qu’on retourne vers une répartition de la Côte d’Ivoire. Ensuite, il y a le problème des institutions financières et du besoin d’argent que la Côte d’Ivoire a pour se rebâtir. Nous serons dans une économie de guerre où la Côte d’Ivoire va entrer dans le marasme et nous y tirer tous. Quel avenir aura le franc CFA si la Côte d’Ivoire passe encore par des perturbations et des troubles ? L’issue la plus heureuse que je vois est que les deux parties acceptent de remettre le vote aux mains de la population. Si la Côte d’Ivoire ne peut pas par elle-même le faire, elle risque d’être mise sous tutelle, comme c’était le cas au Cambodge, où il a fallu que des gens viennent de l’extérieur pour permettre que des élections apaisées aient lieu avant de remettre le pouvoir à celui qui a été élu. Sinon, nous sommes partis pour un cauchemar dont on ne sait où cela va aboutir quand on sait que les deux camps disposent de la puissance de feu. Ce qui n’augure pas de lendemains meilleurs si les deux protagonistes ne font pas preuve d’une hauteur de vue et surtout, de leur stature d’hommes d’Etat. L’intérêt de la Côte d’Ivoire doit primer.

Pour terminer cet entretien par une question nationale, quelles chances donnez-vous aux candidats malheureux de l’élection présidentielle burkinabè qui veulent se pourvoir devant les juridictions supranationales après que le Conseil constitutionnel les a déboutés de leur prétention de vouloir faire annuler ladite élection ?

La saisine des juridictions supranationales, c’est pour vérifier si les élections se sont déroulées selon les standards démocratiques. A ce niveau, il n’appartient pas au juge international de valider ou d’invalider les élections d’un pays donné. Le juge international fera ce qu’on appelle un contentieux de la déclaration qui va constater ou déplorer la situation et demander à l’Etat de se conformer aux standards internationaux. Mais cela n’aura pas pour effet d’invalider les élections. (…) Mais, si c’est en matière de droits de l’Homme, il faut que la réclamation soit introduite par des personnes qui ont eu leurs droits lésés. Il s’agira de les rétablir dans leurs droits. Mais ici, est-ce que le droit de vote des personnes a été lésé ? Aucune personne n’a été empêchée d’aller voter parce qu’elle avait une carte où ne figurait pas son nom. Voilà la raison pour laquelle je dis que la saisine des juridictions internationales doit tenir compte des principes généraux du droit reconnus par les nations dites civilisées.

Et l’un des principes fondamentaux, c’est le principe d’égalité de traitement. Est-ce qu’il y a eu discrimination dans le traitement dans cette élection ? La réponse est négative car tous les électeurs sont allés voter avec des cartes ayant les mêmes déficiences. Maintenant, la question est de savoir si cela n’a pas causé de fraudes. Mais il ne suffit pas de supposer des fraudes, il faut les prouver. En ce moment, si les partis d’opposition ont des éléments qui peuvent prouver que du fait de la carte, il y a eu fraude, le juge pourra en tenir compte. Sinon, c’est le principe d’égalité qui va primer sur l’illégalité de fait, qui n’est pas une illégalité substantive pouvant emporter l’ensemble de l’opération électorale.

Propos recueillis par Abdou ZOURE

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 8 décembre 2010 à 05:36, par trm En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Excellente intervieew. Merci journaliste Zoure, merci Pr Ibriga.

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    • Le 8 décembre 2010 à 18:39, par Compaore l sage En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

      Merci Pr IBRIGA pour cette intervieew digne d’un intellectuel, d’un Professeur sage qui est en intime connexion avec sa propre raison raisonnable...

      Merci pour votre contribution, Que l’Eternel des armées vous donne longue vie Professeur.

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    • Le 9 décembre 2010 à 21:56, par Innocent NGO En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

      Je remercie le Pr IBRIGA pour son analyse. D’accord avec lui que le conseil constitutionnel s’est fourvoyé mais lui aussi fait une lecture incomplète du code électoral ivoirien. En effet, l’article 64 nouveau stipule :"Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités de nature à entacher la validité du scrutin
      et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection.
      La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition de la
      Commission Electorale Indépendante. Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date
      de la décision du Conseil Constitutionnel." Comme vous le constatez il s’agit plutôt d’une annulation de l’ensemble du scrutin et non une reprise de certaines régions.

      Innocent NGO

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  • Le 8 décembre 2010 à 05:48, par sauvy En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Merci pour cet éclairage non partisan. C’est la preuve qu’il y a encore en Afrique des intellectuels sur qui on peut compter

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  • Le 8 décembre 2010 à 06:26, par DEB En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Bonjour,

    Très bonne analyse du Pr.Mais, je crois que le titre ne dit pas vraiment ce que le Pr dit.Mais, bon chacun sa position sans doute dans la crise.
    Merci.

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  • Le 8 décembre 2010 à 09:58, par loiseaudeMinerve En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Cher ami Profeseur, tu ne cesseras de susciter toujours admiration pour ton intelligence, ta maîtrise du droit, ta simplicité etc. QUe le Bon Dieu te garde afin que tu continues de nourrir et abreuver les jeunes étudiants dans de verts paturages et à la bonne source. J’invite l’UA, l’UE et les NU à organiser un colloque mondial ou tu seras un des animateurs. En effet, nombre de présidents de cours suprêmes ou de conseils constitutionnels de la trempe de paul yao n’dré stagnent au CP1 du droit.

    Courage éminent Professeur !

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  • Le 8 décembre 2010 à 14:23, par Bonnet En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Merci Professeur pour ces éclairages techniques et instructtifs du point de vue juridique. Et merci aussi pour le courage qui a toujours été le vôtre de vous prononcer sur des sujets aussi sensibles que celui de la Côte d’Ivoire. Vous assumez pleinement votre rôle d’ENSEIGNANT.

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  • Le 8 décembre 2010 à 16:22, par Jamel En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Salut ! On ne peut pas tout dire dans un titre. L’article est très bien fait. Les réponses du Pr sont suffisamment claires et impartiales qu’il n’y a plus rien à redire. Merci Pr

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  • Le 8 décembre 2010 à 16:24, par Z.A. ;azaque En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    MERCI ABDOU ZOURE MERCI Pr VERITE IBRIGA

    JE NE COMPRENDS PAS LE POUVOIR
    IL AMMENE L’HMME A FAIRE CE QUIL NE VEUT PAS
    LES CONSEILLERS DUN PRESIDENT L’ONT MIS DASNS DES PROBLEMES
    DONC PRIONS DIEU DANS LA VIE D’AVOIR QUELQU’un QUI NOUS CONSEILLE BIEN
    IL FALLAIT ACCEPTER ETRE COMME SEKOU BA DE LA GUINEE QUI AURA UNE GRANDE RESPONSABILITE
    BONNE CHANCE AUX IVOIRIENS

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  • Le 8 décembre 2010 à 16:55, par Koutou Moctar En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    C’est tjrs un regal de lire le Pr Ibriga. On sent l’homme libre qui dit les choses avec le maximum d’objectivité. Pour la fameuse carte d’électeur je pense que l’opposition a deja réussi avec le verdict du tribunal administratif. Et Blaise Compaoré rêvait sans doute d’une victoire plus propre. On ne peut pas aller plus loin. Il faut penser plutôt aux échéances prochaines dans l’unité et laisser les gens du pouvoir tirer leurs propres conclusions. Ils ne sont pas aveugles. Ceux qui ont ainsi saboté la re-election propre de BC vont sans doute payer. D’ailleurs sauf erreur de ma part je n’ai pas vu un vrai communiqué de presse du CDP jusque là.

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  • Le 8 décembre 2010 à 18:20, par johnblacksad En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Mon grain de sel, si vous me le permettez...

    Certes, les membres du Conseil Constitutionnel sont nommés pour 9 ans pendant lesquels il ne peuvent être révoqués ; toutefois, rien n’empêche qu’il leur arrive un accident malheureux sur la route de Sapouy par exemple... je dis ça, je ne dis rien.

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  • Le 8 décembre 2010 à 18:35, par 100façon En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    merci Pr, je vous ai toujours estimé sans avoir fait le droit.les juristes ivoiriens qui se sont succédés dans les médias pour introniser LG doivent venir prendre de la graine chez vous sinon qu’ils ne font pas honneur à la justice.

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  • Le 8 décembre 2010 à 18:44, par oscar48 En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    J’ai lu avec cet article et je trouve que le juriste qui a répondu à ces questions est du bon cru.Mais ayant vécu les faits d’Abidjan,je soutiens qu’il n’y a pas eu de la précipitation de la part du conseil constituel puisqu’il recevait les PV au fur et à mesure de la CEI.Je me dois de vous dire que cette CEI a rejeté la collaboration du SILS avec lequel elle est en contrat depuis 2007 et qui est spécialisé dans la transmission électronique des résultats.
    L’on comprend aujourd’hui pourquoi cette instution chargée de l’organisation des élections a fait volte-face vis-à-vis du SILs:la méthode mise en place par cette société informatique rejette de façon immédiate chaque fois que le nombre de votants dépasse celui des inscrits alors que les partisans d’ADO ont dans les zones rebelles souvent dépassé le nombre des inscrits pour ce qui est du nombre des votants,par exemple, à Korhogo,inscrits=194485,votants 285116.
    Ce sont les bourrages d’urnes qui ont amené le conseil constitutionnel a invalidé certtains résultats.

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  • Le 8 décembre 2010 à 22:29 En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Très belle analyse ! Les faits sont clairs !

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  • Le 9 décembre 2010 à 08:59, par OUMAR M En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Aucun Intellectuel Sérieux Ne Peut Défendre Le Coup De Force De Gbagbo, Il Doit Partir.

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    • Le 18 décembre 2010 à 13:02 En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

      Posez vous juste une question, Entre les rebelles et LG qui doit aller au TPI ? Le monde semble devenir fou. Les règles on les respect un point c’est tout. Si vous croyez que Gbagbo n’a pas la légitimité pour gouverner venez l’enlever du pouvoir et vous verrez ce qui se passera. Notre souhait à nous autre ivoirien c’est de sortir du CFA et de l’UA et de la CEDEAO qui ne nous apport rien pour notre développement.

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  • Le 9 décembre 2010 à 19:37, par Mokolobilanga En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Tres heureux de lire le Professeur et de savoir qu’au milieu des agitations de ces derniers jours , des hommes comme LUC MARIUS IBRIGA savent prendre de la hauteur et analyser la situation avec beaucoup de pragmatisme.
    merci a mes prédécesseurs de n’avoir pas laisser les propagandistes s’installer sur ce forum comme ils l’ont fait sur RTI, passant en boucle des images de la crise de 2002 honteusement commentées au présent.
    LG doit être atteint d’Alzheimer sinon l’histoire récent de ce pays aurait du lui inspirer une bien meilleure porte de sortie.

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  • Le 9 décembre 2010 à 21:57, par naustradamus En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    pauvre Afrique !

    le professeur a été le moins partial possible avec les informations dont il dispose.
    Mais pour vous autres mes frères, si on s’amuse dans nos pays à donner le moyen à des instances étrangères d’outrepasser les décisions du conseil constitutionnel, pensez vous qu’on devrait fêter nos 50 ans d’indépendance ??
    Pour revenir sur le dossier ivoirien, plutôt que de prendre les évènements dans le sens des médias internationaux (n’aller pas me demander qui dirige ça ! ils sont aussi au conseil de sécurité de l’onu et tiennent la plupart des chefs d’Etat de notre CEDEAO sous leur joug et aussi les mêmes qui estiment que les observateurs africains qui étaient en Côte d’Ivoire pour les élection ne sont pas crédibles) et le pire... c’est que bon nombre d’africains applaudissent. Essayer de ré-écouter l’intervention du Prof. N’Dre qui a expliqué pourquoi il y a eu invalidation dans certaines régions.

    Bonne journée !

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    • Le 10 décembre 2010 à 09:01, par Mokolobilanga En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

      Cher ami naustradamus, je suis tout aussi triste que toi de savoir qu’après 50 ans d’indépendance, il faille user de pression internationales pour conjuguer les positions après une élection.Les bons exemples sur le continent datent déjà d’au moins 10 ans( Alpha Omar Konare, Abdou Diouf,.......), mais LG a choisi d’autres idoles (Robert Gay, Alpha Conte, Dadis Camara...), pitié Afrique la nuit a été trop longue...réveille toi !!!!!!!!!

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      • Le 12 décembre 2010 à 14:53, par afriqlibre En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

        cest dommage dentendre des personnes qui ne vivent mem pa les realités de la CI, polemiquer. Pensé vous a une crise ivoiroivoirienne eh bien je suis désolé pour vous, il y a trop de mains occultes ds cette affaire mem le burkina de compaoré ny est pas etrangere.Apres 50 ans de pseudoindependance jaurai cru que les Africains étaient assez murs pour voir et comprendre les manigances des colonisateurs et exclavagistes hélas on leur facilite la tache en se bouffant entre nous.Cmt une soit disante communauté internationale peut sopposer a 1 décision prise par l1 des institutions q1 république souveraine sest donné cest malheureux. Continué a conspuer les seuls africains courageux qui osent leur dire non cest bien votre tour arrive

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  • Le 9 décembre 2010 à 22:49 En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    la meute a parlé ; la "vérité" serait sortie et je n’écrirai plus sur ce site totalement partisan. tant mieux pour vous mais dommage pour l’équilibre des opinions. On aura droit à la seule langue de bois. bonne et triste continuation

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  • Le 10 décembre 2010 à 13:21, par sansiro En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    soyez sérieux
    je crois qu il le vivre et non restez à Ouaga pour reagir sur une crise dont on ignore les contours j’espere que le pseudo juriste nous dira pkoi les resultats de FRESCO ISSIA ZOUKOUGBEU TIASSALE NDOUCI etc la constitution ivoirinne dit que le conseil constitutionnel est le juge du quotentieux electoral quant à la CEDEAO elle est resté muette quand le burkina a hebergé le rebellion pdt 2 ans l ONU a été incapable de condamner le rebellion nous n avons pas de leçon a recevoir des pseudo juriste car en la matiere nous avons les meilleurs pr IBRIGA le sait nous ivoirien nous voulons savoir pkoi les burkina bé de l étranger ne vote pas ? pr IBRIGA

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  • Le 10 décembre 2010 à 15:59, par Isaac En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    je ne suis pas un habitué du forum.c’est juste pr dire a Alain qui voulait corriger les chiffres de l’election a Korogho donnés par zyeuvoitout qu’il donne les memes chiffres que ce dernier.

    Du reste,en tout les cas korogho ne saurait justifier la grosse pilule de LG et Cie qui ont conduit la CI a cette merde politique qui la ramene loin derriere a bien d’egards.

    D’ailleurs,la chaine du "renard" a elle meme montré qui a empeche la CEI de publier les resultats provisoires a tps et voila la ou ça conduit les ivoiriens.

    Enfin, felicitations au Pr pour la qualité de ses eclairages sur cette affaire !

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  • Le 14 décembre 2010 à 22:41, par Robelo Marie-Agnes En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    Merci Professeur pour ces éclairages techniques et instructifs du point de vue juridique.
    Appel a l’amour, l’unité des cœurs pour l’amour de la cote d’Ivoire
    J’aimerais dit à tous les africains, les ivoiriens et particulièrement aux chrétiens de désarmer leurs cœurs car Dieu sonde les cœurs. Tu ne peux pas aller dans la présence du Seigneur avec des lèvres impures et un cœur impur.
    Le Seigneur Jésus-Christ écoute aussi la prière de ceux que nous appelons « païens ». "O toi, Seigneur Jésus-Christ, qui écoutes la prière ! Tous les hommes viendront à toi !" psaume 65 v 3. La bible nous parle aussi du centenier romain qui n’était pas juif mais qui a demande au Seigneur Jésus-Christ une priere et qui vu sa prière exhaussé.

    Mais au-delà des hommes, regardons le plan merveilleux de Dieu pour le pays. Car si le Seigneur a permis l’épreuve, Il donne aussi le moyen d’en triompher. Certes, le danger est réel mais nous pouvons semer l’amour autour de nous.
    Abandonnons la méchanceté, abandonnons la haine gratuite,
    Cessons de vous entretuer par des propos d’une violence inouï, de nous entredéchirer, de nous dévorer, par des mots qui ne nous honorent pas.
    Alors que tous, nous aspirons a la paix, toute vie a une valeur, il faut respecter et aimer son prochain, ne soyons pas les juges des uns et des autres.
    Nous ne sommes pas des êtres parfaits non plus et cela dans bien de domaines,
    Pardonnons nous réciproquement, pratiquons l’amour, la miséricorde, le droit et la justice,
    Désarmons nos cœurs, par amour pour la cote d’Ivoire
    Ayons compassion de notre beau pays, soyons éprit de paix et d’amour.
    Prions tous Dieu Jeunesse ivoirienne, force vive de ma mère patrie, je me tourne vers vous, poussons ensemble des ailes de paix, usons de tout notre savoir et soyons fiers d’etre Ivoiriens pour porter haut l’étendard, car Le pays nous appelle et compte sur nous, nous sommes son futur.
    Elevons tous ensemble, la voix pour ramener la paix dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Marchons en nouveauté de vie, Soyons des adorateurs qui adorent Le Père en Esprit et en vérité, zélés à Son service, riches en piété et œuvres bonnes pour notre prochain.

    Que Dieu bénisse la Cote d’Ivoire

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  • Le 17 décembre 2010 à 09:00, par Brice de neuchatel En réponse à : LUC MARIUS IBRIGA, JURISTE : "Le Conseil constitutionnel ivoirien s’est fourvoyé"

    MERCI PROF,ça faire du bien de voir que ya encore des gens comme vous en afrique.
    Que Dieu bennisse la cote d’ivoire et l’afrique.

    Brice de la suisse et ivoirien.

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