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Stratégies de l’opposition pour 2010 : Les possibles et les impossibles

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 12 février 2010 à 01h21min

En novembre prochain, les Burkinabé seront appelés aux urnes pour désigner le futur locataire du palais de Kossyam. Si la majorité présidentielle a son candidat, l’opposition n’a pas encore déballé sa stratégie. Ira-t-elle en rang dispersé comme en 2005, ce qui pourra la faire échouer lamentablement. Ou va-t-elle se coaliser, ce qui lui garantit plus de force ? Nul ne sait pour le moment et le sujet semble être évité par les leaders politiques.

Les préparatifs pour la présidentielle de novembre prochain vont bon train du côté de la majorité. Les partis de la mouvance se sont coalisés en Alliance de la mouvance présidentielle (AMP) ; l’Alliance pour la démocratie et la fédération /Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) qui était indécise à propos de sa position politique, a finalement rejoint les rangs des partis satellites du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Cependant, du côté de l’opposition, on est sur l’expectative quant à une unité d’action. Avant que Me Bénéwendé Stanislas Sankara ne soit désigné, chef de file de l’opposition, son parti, l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) l’a désigné comme candidat pour l’élection présidentielle.

D’autres partis ont préféré émettre l’idée d’une coalition tout en laissant entendre qu’il désignerait leur candidat si la première option n’a pas d’écho favorable. Le Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS) propose une coalition démocratique pour l’alternance qui pourrait inclure aussi bien les partis politiques que la société civile.
Le Parti pour la renaissance nationale (PAREN), lui a émis l’idée d’une candidature unique de l’opposition, seule voie pour une possible alternance. Mais aucune initiative concrète n’est à l’ordre du jour alors que la date fatidique approche.

La question semble même gêner les leaders politiques. Dans des formations comme le Cadre de concertation des partis politiques de l’opposition (CPO), le groupe parlementaire Alternance démocratie et justice (ADJ), on se contente de déclarer que la "question est à l’étude" ou "une position n’a pas été encore arrêtée".

Les alliances circonstancielles

A constater la frilosité avec laquelle, les hommes et femmes politiques de l’opposition abordent la question d’une unité d’action, les esprits ne sont pas sur la même longueur d’onde. On préfère être côte-à-côte dans des regroupements tel le Cadre de concertation des partis de l’opposition pour commenter pendant quelques heures l’actualité nationale et internationale. Pas plus.
Le groupe parlementaire ADJ qui regroupe les députés des partis de l’opposition, sauf celui du PAREN, a pris l’habitude de débattre au cours de ses journées parlementaires, sur la problématique d’une unité d’action de l’opposition. Ce cadre a même été responsabilisé pour servir de catalyseur à cet effet. Mais rien de concret, ne serait-ce qu’au niveau des partis représentés au niveau de l’ADJ.
Cependant, on peut se permettre quelques ébauches sur les alliances qui pourraient se nouer.

Une candidature unique de l’opposition a peu de chance d’aboutir. Une telle stratégie de conquête du pouvoir voudrait que ces partis créent au moins une année à l’avance un cadre qui se chargera d’élaborer les textes régissant cette union. Lesdits textes doivent permettre de désigner un candidat consensuel, d’établir un projet de société également consensuel. L’opposition politique béninoise en est un exemple en la matière. Le scrutin présidentiel est pour 2011, mais les partis opposés au programme de Yayi Boni ont fait un front commun. En effet, 5 partis politiques ont fédéré leur force dans un bloc appelé l’Union fait la Nation (UN). Il s’agit de la Renaissance du Bénin (RB), le Parti du renouveau démocratique (PRD), le Parti social démocrate (PSD), le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (MADEP) et Forces Clé. Mieux, ils ont mis en place un bureau qui a pour mission : d’établir un projet de société, de désigner un candidat unique pour la présidentielle et faire la proposition des candidats pour les législatives. L’ancien président, Nicéphore Soglo fait partie de cette coalition. Qui veut voyager loin ménage sa monture, dit-on et les opposants béninois l’ont bien compris.

Le député et président de Faso Metba, Etienne Traoré a souhaité au cours d’une conférence du groupe parlementaire ADJ que la candidature unique de l’opposition ne soit pas prise comme absolu. Le scrutin au Faso étant à deux tours, des candidatures ciblées pourraient s’avérer utiles à un second tour. Même si en trois élections, il n’y a pas eu de second tour. Dans tous les cas, l’idée du PAREN ne semble pas la bienvenue.

Les alliances au sein de l’opposition, il y en aura certainement. D’une part, des partis seront obligés de s’aligner derrière un candidat pour sauver leur face. Avec le nouveau code électoral, principalement le parrainage des candidats et l’augmentation de la caution pour la présidentielle, ces partis politiques ne rempliront pas ces nouvelles dispositions et ne voudraient pas rester en marge d’un aussi important scrutin. Ce ne serait pas comme en 2005 où nous avons vu des candidats sortir de l’inconnu et parcourir les campagnes pour solliciter le suffrage des électeurs.
D’autre part, il y a des partis nés des scissions de partis politiques qui ont encore besoin de temps pour s’enraciner afin d’espérer avoir des suffrages des populations. Le réalisme voudrait qu’ils s’alignent derrière un candidat dont la formation politique est plus représentative.

Or "l’unité salutaire" tant souhaitée n’est pas ces alliances circonstancielles. Mais celle qui se fera en toute âme et conscience entre les leaders traditionnels de l’opposition, convaincu que le moment est venu de mettre de côté les ego si tant est que l’objectif commun est de changer le régime politique au Faso.
La désignation du chef de file de l’opposition, représentant attitré des formations politiques qui s’opposent au programme de la majorité présidentielle, aurait pu être un cadre organisationnel qui devrait permettre de pouvoir discuter carte sur table de ces questions. Mais le chef de file est également peu bavard. On se demande alors si en dehors de l’enregistrement des déclarations d’appartenance des partis politiques à l’opposition, le chef de file arrivra à fédérer les esprits ?

Par Jean Paul BAMOGO

Par Bendré

Vos commentaires

  • Le 12 février 2010 à 09:29, par Paris Rawa En réponse à : Stratégies de l’opposition pour 2010 : Les possibles et les impossibles

    De toute façon les leaders de l’opposition burkinabè doivent avoir bien à l’esprit que leurs militants et tous les citoyens qui rêvent d’alternance au Burkina ne leur pardonneront pas d’aller en rang dispersé à l’élection présidentielle de 2010. Tout le monde sait que c’est le moyen le plus sûr de reconduire Blaise au pouvoir. Même le CDP le sait très, lui qui a toujours misé et joué sur la guéguerre dans l’opposition pour remporter les élections et gouverner le pays à sa guise.

    Alors qu’on ne se trompe pas. Beaucoup de burkinabè aspirant à une vraie démocratie pour leur pays ne comprendraient pas du tout qu’un leader qui prétend être de l’opposition refuse de collaborer avec les autres pour provoquer le changement. Nous ne serons pas dupes de quelques alibis derrières lesquels un tel leader tenterait de cacher ou de justifier son attitude égoïste. Il faut savoir renoncer à ses ambitions personnelles pour que le pays avance. C’est la leçon de vie que Nelson Mandela a donnée aux hommes politiques dignes de ce nom en Afrique, quand il a renoncé à se présenter comme candidat à la présidence. C’est cela aussi être un homme d’Etat, au lieu de l’éternel niaiserie du "pourquoi pas moi".

    Attention le peuple n’est pas naïf, il a juste besoin de bons leaders capables porter ses légitimes aspirations.

    Répondre à ce message

  • Le 12 février 2010 à 18:22, par Zegue En réponse à : Stratégies de l’opposition pour 2010 : Les possibles et les impossibles

    Je pense à mon humble avis qu’il faut donner une dernière chance à notre opposition pour tirer les leçons de sa participation aux deux dernières élections présidentielles. Au cours des deux dernières élections, personnes parmi eux n’a eu un score honorable. Les raisons sont bien connues : manque de leadership, manque de programme sérieux, manque de moyen, impréparation, égoïsme et manque de sérieux. Certains semblent avoir créé leur parti juste pour bénéficier des subsides servis par l’Etat. Evidemment la porte de sortie pour justifier leur piètres résultats a toujours été "il ya eu des fraudes massives". J’ai quelques fois parcourus plusieurs bureau de vote et je ne suis pas le seul à avoir fait l’amert constat que l’on ne pouvait voir le plus souvent dans les isoloirs que les bulletins de l’opposition à terre.
    Si malgré cela les leaders actuels s’acharnent à vouloir aller en rang dispersé, il ne restera plus au peuple que de balayer complètement cette bande d’incapables, égoïstes irresponsables qui soient disant opposants jouent avec la vie des burkinabè en se rendant complice du CDP. Si les soit disant opposants ne sont pas en mesure de s’entendre, il faut au Burkina une nouvelle élites politiques. Nos ainés auront fait la preuve par quatre de leur incapacité notoire et il faut les balayer. Le peuple lui même les a déjà sanctionnés par deux fois. We are what we want to be
    God blesse Burkina Faso !

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