Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Le succès est d’obtenir ce que vous voulez. Le bonheur est de vouloir ce que vous obtenez» Dale Carnegie

SIAO 2008 : Des innovations majeures

Accueil > Actualités > DOSSIERS > SIAO 2008 • • vendredi 24 octobre 2008 à 10h07min

Jean Claude BOUDA, Commissaire général du SIAO

Les organisateurs du vingtième Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) sont à pied d’œuvre pour les derniers préparatifs à une semaine de la manifestation. Jean Claude BOUDA, le Commissaire général du SIAO que nous avons rencontré rassure que tout sera fin prêt au soir du 31 Octobre, jour de l’ouverture et on ne connaitra plus les problèmes logistiques des éditions précédentes.

Lefaso.net : Monsieur le Directeur Général, à quelques jours de l’ouverture du SIAO 2008, où en êtes-vous avec les préparatifs ?

Jean Claude BOUDA : Depuis l’installation du commissariat général du salon, nous avons mis en place des sections opérationnelles qui sont sur le terrain et il y en a 17 qui abattent un grand travail. Mais il faut dire qu’au niveau du SIAO, les préparatifs de la onzième édition avaient commencé bien avant l’installation de ce commissariat général. Depuis même la fin de la dixième édition, nous étions déjà à pied d’œuvre pour préparer la onzième. Donc je peux dire que l’essentiel des tâches confiées au commissariat général s’exécutent normalement. Alors, comme nous sommes dans l’évènementiel, je pourrai peut-être vous dire que tout ira bien au soir du 31 Octobre, soir de l’ouverture de la manifestation. Là je pourrai le dire car il y a toujours des impondérables, des imprévus. Mais globalement le niveau d’exécution est très appréciable.

Lefaso.net : A la précédente édition, on avait connu des problèmes logistiques avec l’installation des stands. Est-on à l’abri de tels désagréments cette année ?

Jean Claude BOUDA : Pour revenir aux difficultés que nous avons connues en 2006, ce n’est pas pour se disculper mais il faut reconnaître qu’il y a eu beaucoup de facteurs externes parce que nous ne maîtrisions pas à l’époque l’acheminement du matériel des stands. Ensuite, il y a eu les problèmes que nous avons rencontrés avec la douane. Mais je dois vous dire que ça c’est le passé. On ne va pas revenir sur le passé, ce qui est passé est passé. Cette année, nous avons pris toutes les dispositions afin que de telles difficultés ne se reproduisent plus. Si on doit rencontrer des difficultés, ce n’est plus au niveau logistique, ce n’est plus au niveau des stands. Si vous allez tout de suite dans les pavillons, vous allez constater que les stands sont pratiquement finis, pratiquement construits. Il ne reste plus que l’attribution.

Lefaso.net : Cette année, combien de pays attendez-vous et quels sont ceux qui ont confirmé leur participation ?

Jean Claude BOUDA : Je constate avec beaucoup de satisfaction que cette onzième édition suscite un engouement très particulier quand on regarde le niveau des inscriptions. Pour nous, de plus en plus, ce qui compte ce sont les participations individuelles. Il est vrai qu’il y a la participation institutionnelle des Etats, je dois dire que nous avons enregistré plus de trente pays africains et non africains qui seront là ; ce qui est déjà quelque chose d’exceptionnel. Mais il y a également un engouement au niveau des artisans individuels et c’est ça le vrai indicateur de performance de la manifestation. Nous voulons que les artisans s’approprient cette manifestation parce que c’est leur manifestation, ils sont les acteurs. C’est ce phénomène que nous avons noté qui est très important et qui est très encourageant. Il y a des artisans qui viennent de très loin, qui se sont inscrits, qui vont payer leur transport, le transport de leur produit, qui vont venir payer l’hôtel. Il y a des gens qui viendront de l’Ethiopie, de l’Afrique du Sud, de Madagascar… C’est ce qui fait qu’on peut dire aujourd’hui qu’un de nos objectifs qui était de renforcer la vocation panafricaine du SIAO est en train d’être atteint et cela est très important.

Lefaso.net : Qui parle de circuit de distribution, parle aussi de distributeur, combien d’acheteurs professionnels attendez-vous ?

Jean Claude BOUDA : Autant le niveau des exposants est très appréciable, autant le niveau de participation des acheteurs aussi est éloquent. Au dernier point que je viens de faire, nous étions autour de 150 acheteurs confirmés, venant d’Europe, d’Amérique, d’Asie, venant même d’Australie. Cela aussi est encourageante parce qu’un salon, c’est la rencontre entre l’offre et la demande. Alors s’il y a des exposants, il faut qu’il y ait des acheteurs. A ce niveau également, le mouvement est intéressant. De ce fait ce thème qui porte sur le circuit de distribution est un thème très important car l’une des préoccupations des artisans, c’est d’arriver à trouver des débouchés. L’autre problème auquel ils sont confrontés, c’est le problème de l’écoulement parce qu’il ne s’agit pas seulement de produire, encore faut-il pouvoir écouler. Cela pose également le problème de la promotion commerciale des œuvres des artisans. Nous voulons aussi interpeler les artisans sur le fait qu’ils ne doivent pas dormir. Ils doivent développer des actions de marketing, des actions très simples, par exemple avoir un catalogue, une liste de prix, un site internet. De plus en plus des artisans vendent à travers Internet, pourquoi les artisans africains ne le feraient pas ? Je pense que c’est à notre portée. On va réfléchir sur toutes ces thématiques pour voir comment les artisans africains pourront s’insérer dans les échanges internationaux. Mais il y a aussi un aspect important, celui du marché local. Les gens pensent toujours qu’il faut aller très loin, pourtant il faut aussi conquérir le marché national. Comme on l’a dit, avant de conquérir le marché international, il faut d’abord conquérir son propre marché. Je pense qu’il y a des opportunités commerciales en Afrique aussi, des opportunités commerciales dans nos pays qu’il faut exploiter.

Lefaso.net : Et c’est tout cela qui justifie le thème de cette édition qui porte sur « Artisanat africain et circuits de distribution »…

Jean Claude BOUDA : Oui, cette année, c’est vraiment la préoccupation majeure : comment aider les artisans à écouler leurs produits tant au plan national qu’international. Les éditions précédentes, nous avons réfléchi sur des problématiques comme le financement, comme la formation professionnelle, comme le design. Cette année véritablement, c’est la question de distribution, la question de la commercialisation qui je pense est un thème très important car quoi qu’on dise, du fait du SIAO, aujourd’hui, les produits des artisans ont beaucoup gagné en qualité, le savoir-faire des artisans s’est beaucoup amélioré. Les produits étant maintenant de qualité, l’important, c’est de trouver des débouchés pour nos artisans. Ils vivent de ça, il faut donc pouvoir leur trouver des débouchés.

Lefaso.net : Le SIAO fête cette année son vingtième anniversaire, quelles sont les innovations de l’édition 2008 qui vont marquer cet anniversaire ?

Jean Claude BOUDA : Avant de parler des innovations en tant que telles, je tiens à dire que nous avons invité le Brésil qui est l’invité d’honneur. Le Brésil va participer à cette manifestation à travers une forte délégation. C’est d’abord une manifestation d’artisanat à travers l’artisanat brésilienne qui est très riche et très varié. Il y aura également une dimension culturelle de la participation brésilienne à travers une troupe d’animation qui sera présente. Cela donnera beaucoup de couleurs à cette onzième édition qui marque notre vingtième anniversaire. Mais ce qui est important au niveau de l’exposition elle-même, c’est que nous avons restructuré toute l’offre. Nous disons qu’il faut travailler à promouvoir une offre artisanale de qualité et une offre diversifiée pour que les visiteurs et les acheteurs qui viennent puissent tisser des relations d’affaires avec les artisans. Pour cela, nous allons thématiser les différents pavillons d’exposition pour donner plus de visibilité aux secteurs d’activités et aux corps de métiers. C’est ainsi donc que ceux qui évoluent par exemple dans les objets de décoration seront dans un espace dédié. Pour ceux qui évoluent dans la confection, il y aura l’allée de la confection, ceux qui évoluent par dans l’artisanat alimentaire, ils seront là au lieu d’avoir une exposition pêle-mêle où on ne peut pas faire un discernement au niveau des objets exposés. C’est là l’une des grandes innovations de cette édition. On va donner beaucoup plus de visibilité aux différents corps de métiers de l’artisanat.

Il y a aussi une autre innovation : nous avons mis en place un dispositif d’accueil et d’assistance aux exposants. On s’est rendu compte de par le passé que les exposants qui arrivent n’ont pas leurs badges à temps, ils n’arrivent pas à identifier leur stand à temps. Cette année, nous allons commencer la distribution des badges des artisans nationaux dès le lundi 27 Octobre. A partir du 29, nous continuons avec la distribution des badges des artisans étrangers, c’est-à-dire trois jours avant. Donc tout exposant inscrit devrait pouvoir disposer de son badge la veille de l’ouverture. L’attribution des stands aussi se fera très tôt, trois jours avant pour éviter des bousculades de dernière minute.

Nous allons également mettre en place un dispositif d’accueil des acheteurs professionnels depuis l’aéroport jusqu’à leur hôtel et nous allons mettre en place un système de navette depuis l’hôtel jusqu’au SIAO et du SIAO à leur hôtel. Pour les acheteurs qui voudraient faire des commandes, nous sommes à leur disposition pour faciliter les formalités administratives, l’emballage, des opérations de réexportation de logistiques. Toutes ces dispositions sont prises pour que les prestations soient professionnelles et de qualité et pour que les exportateurs ne perdent pas leur temps.

Interview réalisée par Moussa Diallo
Lefaso.net

Programme du SIAO 2008

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
SIAO 2008 : Un bilan à mi-parcours globalement positif
Ibrahim Komi, un soldat artiste au SIAO
CODEPA : Les pays membres du appelés à s’acquitter de leurs cotisations
La vision commerciale des artisans potiers au SIAO
Centre Aney Univers des Arts : l’artisanat au profit des orphelins
L’Ethiopie au SIAO : “Travailler ensemble pour le continent“
SIAO 2008 : Ouaga sous les feux de la rampe
SIAO 2008 : Les organisateurs annoncent un événement grandiose
SIAO 2008 : Des innovations majeures
SIAO 2008 : A la conquête du public français
SIAO 2008 : Le Délégué Général rencontre la presse allemande à Berlin
SIAO 2008 : Installation du commissariat général
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2019 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés