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Scission et re-scission des partis sankaristes : C’est pitoyable !

Accueil > Actualités > Politique • • samedi 26 juin 2004 à 12h13min

Les voies du Sankarisme sont impénétrables. Assurément ! Pour aller à l’union, les sankaristes multiplient les bagarres et les partis politiques d’obédience sankariste ou se réclamant comme tels. En l’espace de quelques heures, ce sont deux nouvelles formations politiques qui sont venues gonfler le nombre déjà assez élevé des partis qui se veulent les "dignes héritiers du défunt président du Conseil national de la révolution", sans blague !

Dans ce cas de figure, la réalité dépasse et de loin la fiction. Si ce sont ces hommes-là qui étaient les principaux appuis du président Thomas Sankara , on peut mieux expliquer la politique d’intolérance et d’exclusion politique du CNR bâtie sur la délation, l’intolérance la calomnie qui ont fini par introduire le déficit de confiance entre la révolution démocratique et populaire et les populations burkinabè. Fidèle Kientéga, l’homme de main de Nongma Ernest Ouédraogo au moment de la scission entre la CPS et l’UNIR/MS est aujourd’hui le principal animateur du courant contestataire au sein de la CPS.

Il est même devenu ce week-end le patron du Front démocratique sankariste, le dernier des partis politiques de notre pays. Rien n’a pu sauver la CPS de l’implosion alors même que le président statutaire du parti a convoqué un congrès régulier pour la fin de cette semaine. Les dissidents qui clament pourtant qu’ils sont majoritaires au sein de la CPS ont préféré les fuites en avant au lieu de venir laver le linge sale en famille. N’aurait-il pas été plus judicieux de démontrer lors de ce congrès à la face de tous les militants que le président du parti était réellement isolé avec des méthodes contestables de direction.

Pitoyables hommes politiques, le plus dramatique c’est la sincérité des auteurs dans leur entêtement à poursuivre dans l’erreur. Alors qu’ils viennent de planter un couteau dans le cœur du Sankarisme, les militants du nouveau parti sankariste, le FDS, ont créé une vice- présidence chargée de l’unité des Sankaristes. La logique ordinaire indique pourtant que l’unité se construit autour du pardon et de l’acceptation d’autrui.

Que pourra bien faire fidèle Toé pour réunir la famille sankariste s’il n’a pas été capable de surmonter son différend avec son compagnon de route depuis 1983. Fidèle Toé et Ernest Nongma Ouédraogo étaient en effet les deux seuls ministres du CNR à n’avoir jamais été inquiétés par les dissolutions répétitives du gouvernement.

Leur attachement au président Sankara était si fort qu’ils n’avaient aucun souci à se faire pour leur porte-feuille ministériel. Ces deux-là, pensait-on, étaient donc devenus des complices inséparables. Tout cela n’est plus qu’un vieux souvenir. De leur côté, Me Sankara et Jean Hubert Bazié ont abouti à la rupture après avoir porté leur conflit devant les instances judiciaires de notre pays. En désespoir de cause, Bazié et son groupe ont décidé de fonder un nouveau parti dénommé "Convergence pour l’espoir".

Leur credo est tout naturellement le sankarisme qu’ils veulent "pur et dur", par opposition à leurs compagnons d’hier qui se seraient éloignés de l’idéal.

Tels des champignons, les partis sankaristes se multiplient et chaque naissance de formation politique est la résultante d’une opposition politique mal gérée entre personnes. De tels comportements renvoient aux calendes grecques si ce n’est pas burkinabè, tout espoir de retrouvaille des partis politiques de la famille sankariste. Ces querelles byzantines compromettent également la cohésion au sein de l’opposition. Du même coup, c’est la question de la candidature unique ou restreinte à deux ou trois au sein de l’opposition qui est remise en cause.

Les Sankariste à eux seuls déjà dégageront pas moins de cinq prétendants au fauteuil présidentiel pour l’échéance de 2005. On imagine que pour rien au monde, Nongma Ernest Ouédraogo ne va renoncer à ses ambitions au profit de Me Sankara, de Jean Hubert Bazié encore moins de Fidèle Kientéga ou de Norbert Tiendrébéogo. Or, des acteurs comme Nana Thibaut et autres encore méconnus peuvent rêver de la plus haute charge du Faso. En vérité, les alliances politiques manquent de lisibilité au sein des partis de l’opposition. C’est une telle situation qui doit préoccuper ses leaders.

Au lieu de cela, ils se perdent en conjectures autour d’une interprétation erronée de l’article 37 de la constitution ou encore du point de vue de l’archevêque de Ouagadougou si ce n’est de la désignation du chef de file de l’opposition en application des textes de la république. Ainsi va le Burkina avec ses partis politiques qui ne parlent d’unité d’action que pour mieux se tromper mutuellement.

Larba Yaro
L’Hebdo

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