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Réemploi des militaires retraités : Une prime à l’illégalité ?

Accueil > Actualités > Société • • lundi 3 décembre 2007 à 12h15min

Yéro Boly, ministre de la Défense

La représentation nationale a appelé, le 29 novembre 2007, le gouvernement à la barre pour qu’il lui explique à chaud la fronde des militaires à la retraite ou en voie de l’être. Deux autres ministres, Salif Diallo de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques et Hippolyte Lingani des Infrastructures et du Désenclavement, étaient également interpellés sur les activités de leur département.

Le mécontentement des militaires admis à la retraite ou en voie de l’être s’est invité le 29 novembre 2007 à l’Assemblée nationale. C’était suite à une question d’actualité du député Me Bénéwendé Stanislas Sankara du groupe parlementaire Alliance démocratie et justice (AJD). Il s’est agi pour lui d’interpeller le gouvernement pour savoir pourquoi ces militaires aujourd’hui sont obligés de faire la fronde pour rentrer dans leurs droits (s’ils en ont) ? Car, souligne-t-il, ce n’est pas la première fois que des militaires se mutinent dans ce pays pour voir leurs problèmes se résoudre.

En témoigne, rappelle Me Sankara, le cas des ex-combattants du Liberia qui ont dû se mutiner pour être satisfaits. C’est à cette préoccupation que le ministre Yéro Boly de la Défense a été invité à l’hémicycle à répondre. Devant donc les élus nationaux, et en présence du chef du gouvernement, Tertius Zongo, M. Boly a indiqué d’emblée que son département n’est pas resté insensible à cet évènement. Le mode de calcul de la pension, une prime d’installation, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à quatre ans, tels sont les doléances des militaires à la retraite ou en voie de l’être.

Des démarches, dira le ministre, ont été entreprises pour expliquer aux militaires que « ces revendications n’avaient aucune base légale et que par conséquent, l’Etat ne pouvait pas y accéder ». La question, a-t-il ajouté, a néanmoins été soumise au gouvernement, qui a fait « un tour d’horizon des possibilités de leur trouver des emplois pour résoudre les problèmes qu’ils ont évoqués, notamment les problèmes sociaux sur lesquels ils ont particulièrement insistés ». Ainsi, près de 3000 postes d’emploi ont été dégagés à leur profit. Suivant donc les propositions qui ont été faites, les frondeurs ont la possibilité de signer un contrat annuel renouvelable avec les administrations pour être engagés, « chacun en fonction de sa qualification et des disponibilités dans les départements ministériels ». Par ailleurs, leurs rémunérations ne seraient pas soumises à l’IUTS, « étant entendu qu’ils sont à la retraite et qu’ils bénéficient déjà de la pension ».

A ces avantages s’ajoutent d’autres éléments discriminatoires en faveur des militaires. Entre autres, ils sont liés aux stages à l’étranger, aux missions de maintien de la paix, à l’âge de recrutement qui, précédemment à 20 ans, a été ramené à 18 ans, un service social au sein de l’armée pour préparer leur reconversion... "Messieurs les députés, vous voyez bien que le gouvernement n’a pas tergiversé", conclura avec fierté le ministre Boly, "Il a vite pris la question très au sérieux, l’a analysé et fait des propositions concrètes et précises”. S’agissant des ex-combattants du Liberia, auxquels l’auteur de la question d’actualité a fait allusion, le patron de la Défense indique que « La situation est totalement différente, en ce que ceux du Liberia, avaient tout simplement ester l’Etat en justice, comme le leur autorise la loi » en tant que citoyens.

De son point de vue, les difficultés ne sont pas similaires et, se dit-il, si les retraités avaient emprunté « le chemin de la légalité, très certainement, on n’en serait pas là... ». Et Me Bénéwendé Sankara de persifler : « Je salue la promptitude avec laquelle le gouvernement a réagi à la situation des militaires retraités ». Ses sentiments sur l’exposé du gouvernement : « J’avoue que j’ai été véritablement déçu ... en ce sens que d’une part, on me dit qu’il n’y a pas de base légale, et d’autre part qu’il s’agit de récompenses faites aux militaires. Vous comprenez bien que perçu comme tel, ça me pose véritablement un cas de conscience, voire de jurisprudence, parce que les militaires, c’est vrai, c’est des citoyens... il n’y a pas qu’eux au Burkina, mais aussi les civils et des couches socioprofessionnelles qui rencontrent les mêmes difficultés. Je pense par exemple aux travailleurs déflatés, à ceux du ministère des Affaires étrangères et bien d’autres. Pourquoi l’Etat burkinabè ne gère pas ces contentieux-là dans le cadre donc de l’Etat de droit et des mécanismes de légalité ...On me dit que ce sont des récompenses ! Donc, récompensons tous les Burkinabè ».

A la suite, les ministres Salif Diallo de l’Agriculture et Hippolyte Lingani des Infrastructures se sont succédé au parloir. Le premier, interpellé par le député Eulalie Yerbanga du groupe CDP, a fait l’état des lieux des barrages et retenues d’eau (environ 1450 à ce jour) réalisés par son département ainsi que des conditions de construction et de réhabilitation au profit des populations. Hippolyte Lingani a, quant à lui, répondu à la préoccupation du député Bila Dipama du CDP relative à la politique du gouvernement en matière d’infrastructures routières. Outre l’accent qui sera mis sur la conservation du patrimoine, il est annoncé des routes bitumées dans la Boucle du Mouhoun, à même de favoriser l’expansion économique de cette région.

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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