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Accord inter-ivoirien de Ouaga : Bilan de santé six mois après

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • mercredi 5 septembre 2007 à 07h05min

Désiré Tagro et Sidiki Konaté

Bilan de santé six mois après Dans la journée d’hier à Ouaga 2000, des membres des deux parties ivoiriennes (Camp présidentiel et Forces nouvelles) se sont une fois de plus retrouvées avec le facilitateur, Blaise Compaoré. Cette 2e réunion du Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA) a permis de faire un bilan à mi-parcours du contenu de l’Accord politique de Ouaga sur la crise ivoirienne qui a été signé le 4 mars 2007.

D’abord un constat : les rencontres entre les différents acteurs qui luttent pour la résolution de la crise ivoirienne sont de plus en plus paisibles. En tout cas, elles diffèrent des premières réunions aux temps forts de la crise pendant lesquelles la nervosité était visible tant du côté de la sécurité, des participants que même des journalistes qui accompagnaient les différentes délégations.

Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Si l’on suit l’évolution politique de la Côte d’ivoire depuis ce fameux Accord signé en mars dernier, il est légitime de penser que le président Laurent Gbagbo, qui en a été l’initiateur, a tout de même eu une idée lumineuse en invitant ceux qu’on peut désormais appeler ses ennemis d’hier à Ouagadougou.

En rappel, c’est un président excédé par une crise qui perdurait, qui avait finalement décidé d’une rencontre entre belligérants pour ramener la paix et réunifier le pays. Cela, après les échecs des processus de paix antérieurs. Par cette décision, les acteurs privilégiaient ainsi un dialogue interivoirien au détriment des médiations internationales qui n’ont pas réussi à ramener la paix.

Après des retrouvailles marathons dans la capitale du pays des hommes intègres (du 5 février au 3 mars), un accord désormais historique dénommé « Accord de Ouagadougou » a été signé le 4 mars 2007.

Mais beaucoup ne donnaient pas cher de la peau de cet accord-là. Pour une bonne partie de l’opinion, cet énième document paraphé à grande pompe ne fera pas de vieux os et l’encre qui a servi à le rédiger n’aura pas le temps de sécher qu’il sera jeté aux orties.

Et pourtant ! Gbagbo avait finalement raison quand il lâchait avec un brin de provocation que « l’on ne peut soigner le mal que par la racine », comme pour dire que la solution à l’imbroglio ivoirien ne pouvait être trouvée qu’au Burkina Faso. Depuis lors, à chaque application d’une mesure de l’Accord, le pays d’Houphouët Boigny se porte mieux.

Pour évoquer les gestes les plus lourds de symbolisme, notons la mesure d’amnistie (12 mars), le poste de Premier ministre confié à Guillaume Soro (29 mars), la Flamme de la paix allumée à Bouaké (30 juillet). La seule ombre au tableau étant bien sûr l’attaque de l’avion du chef des Forces Nouvelles (FN) le 29 juin 2007. Hormis ce cas que l’on peut qualifier de désespéré, on peut dire comme dans Zadig de Voltaire que « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

Et s’il y a quelqu’un qui n’en finit pas de boire son petit lait, c’est assurément le facilitateur Blaise Compaoré. Il n’a pas fait mystère de ses sentiments, lui qui, pendant les différentes rencontres, a toujours noté avec plaisir les « avancées significatives qui ont été enregistrées » depuis mars 2007. Cerise sur le gâteau, même ceux qui l’abhorraient du côté de la lagune Ebrié l’adorent aujourd’hui.

Difficile d’imaginer que du règne de Gbagbo, une promotion militaire ivoirienne porte le nom de l’enfant terrible de Ziniaré. Pourtant ç’a été le cas. Hier matin, dans la salle de conférences de la rutilante Ouaga 2000, il y avait face à lui deux groupes. Le premier est composé des membres du Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA), chargé de la mise en œuvre et du respect du chronogramme des mesures prévues par l’Accord.

Le second groupe, c’est l’Organe consultatif international (OCI) qui intègre les bailleurs de fonds en vue du financement et de la reconstruction de la Côte d’Ivoire. L’autre but dans la création de l’OCI, par le Conseil de sécurité de l’ONU, était aussi de retirer à la France le mandat qu’il s’était octroyé de rédiger unilatéralement des lois sur la crise ivoirienne. Maintenant, l’accord entre dans sa phase charnière avec les audiences foraines et le processus d’identification.

Dès la cérémonie de lancement des travaux, le facilitateur a annoncé la couleur en mettant participants et journalistes dans le secret des dieux : « Nos discussions devront s’attacher particulièrement à clarifier les questions relatives aux audiences foraines. Précisément, l’acceptation et le redéploiement des sous-préfets, la sécurisation des audiences foraines et du corps électoral, la sécurité du premier ministre, le service civique et les grades militaires. Vaste programme pour une seule journée de retrouvailles.

Ce qui explique pourquoi les participants à la 2e session du CEA et de l’OCI, qui ont débuté les travaux vers 11 heures, ne se sont séparés qu’aux environs de 19h 30. Ultime précaution avant de sortir de la salle : ils ont accouché d’un communiqué final dont le contenu en disait long sur le travail abattu.

Issa K.Barry

Damiss Ouédraogo

L’Observateur

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