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Burkina : « La première souveraineté à rechercher, c’est la souveraineté scientifique », recommande le Pr Alkassoum Maïga

Publié le jeudi 20 juin 2024 à 21h35min

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Burkina : « La première souveraineté à rechercher, c’est la souveraineté scientifique », recommande le Pr Alkassoum Maïga

A l’occasion de la 3e édition des doctoriales de l’université Joseph Ki-Zerbo, le sociologue Pr Alkassoum Maïga a donné une communication sur le thème : « Recherche scientifique et développement endogène », ce jeudi 20 juin 2024 à Ouagadougou.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le Pr Alkassoum Maïga a tenu à planter le décor avec les définitions du concept de la « recherche scientifique », ainsi que ses différentes composantes et formes. Il existe la recherche scientifique (fondamentale et appliquée), la recherche académique, la recherche et développement et la recherche-action.

Le concept « développement » a également été décortiqué à travers les approches classiques. D’après les auteurs tels que Penouil (1979), Hoselitz (1971), Rostow (1963) et Hirchman, « le développement doit passer par les catégories tracées par l’Occident ou ne sera pas », a rappelé le sociologue du développement, le Pr Alkassoum Maïga.

Cette approche a été littéralement critiquée par d’autres chercheurs tel que Traoré (1989), qui a constaté « sans détour le manque d’universalisme dans les ‘’méthodes d’approche’’ ayant présidé aux destinées de l’Occident ». Pour Gabriel (1984, p.8), « cette approche n’a produit que le mal développement », a notifié le Pr Maïga.

« Comment on peut faire de l’endogène en comptant sur les gens ? On passe notre temps à demander », a regretté le Pr Alkassoum Maïga

« C’est être au centre et à la fin du développement »

Dans un langage plus simple, le Pr Alkassoum Maïga a défini le développement comme « le bien-être et le mieux de la population ». Contrairement à la croissance économique qui se résume au « plus avoir », le développement, quant à lui, « c’est le mieux avoir », a clarifié le sociologue. Ainsi, lorsqu’on parle de l’amélioration des conditions de vie, c’est qu’on parle du développement. Mais qu’en est-il du développement endogène ?

Au cours de sa communication, le sociologue Alkassoum Maïga a mentionné certains auteurs qui se sont penchés sur le concept « développement endogène ». Pour Chauveau (1994), l’alternative réside dans le développement participatif. Il s’agit du développement à la base, le développement décentralisé, le développement communautaire, le développement auto-centré, le développement par auto-promotion ou encore le développement par auto-animation.

« De nos jours, quand on parle de développement endogène, les gens pensent aux coutumes et traditions », a fait remarquer le conférencier. Un constat visiblement partagé par les participants, qui ont marqué leur adhésion à travers un soulagement ressenti dans la salle.

Selon le Pr Alkassoum Maïga, « l’endogénéité, c’est être au centre et à la fin du développement, comme l’a dit Joseph Ki-Zerbo : on ne développe mais on se développe ». En d’autres termes, « le développement endogène, c’est le développement auto-centré », a-t-il affirmé.
Pour le sociologue, le progrès ne consiste pas à rester d’où on est venu, même s’il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Il a suggéré aux peuples de s’adapter à la modernité, même dans la transmission de la connaissance qui se fait de génération en génération.

La communauté des chercheurs présente pour cette communication est invitée à prendre les aspects positifs de la tradition pour se développer

« La science est universelle »

Au cours de cette communication sur le thème : « Recherche scientifique et développement endogène », le Pr Maïga a cité les organes et la politique pour la recherche au Burkina Faso. Il est également revenu sur les référentiels dont dispose le pays. « La recherche ne se résume pas seulement sur le plan universitaire », a-t-il indiqué.
Dans sa communication, on retient qu’il y a trois technopôles qui doivent booster la recherche au Burkina Faso. Il s’agit de la pharmaceutique, l’agroalimentaire, l’énergie et les TIC.

Le Pr Alkassoum Maïga a également présenté les facteurs limitants la recherche au Burkina Faso et le financement de la recherche. « La première souveraineté à rechercher, c’est la souveraineté scientifique », a déclaré le communicateur. A l’en croire, le pays doit accorder une importance particulière à la science, qui doit proposer des solutions aux problèmes que rencontre la société. Les financements extérieurs ne peuvent pas être à la hauteur des attentes car ils ont également leurs propres objectifs.

Cette communication s’est déroulée sous la modération du Pr Magloire Somé, professeur d’histoire contemporaine et du fait religieux. Dans son commentaire, il a retenu qu’il faut être acteur de son propre développement et que la science n’appartient à aucune race. « La science est universelle. Nous ne devons pas avoir de complexe vis-à-vis des autres », a-t-il affirmé.

Il faut noter que la 3e édition des doctoriales 2024 de l’université Joseph Ki-Zerbo se tient du 19 au 21 juin 2024 sous le thème : « Appropriation de son projet de thèse pour la réussite de ses études doctorales ».

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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Messages

  • Iune.belle.leçon de vie.Aujourd hui c est l ex president du.mpp qui a mali geré le pays.Et pourtant ? voila des gens qui ont été avec le mpp et qui est avec le mprs 2 juste pour ce que l’on sait.Donc à mediter.

  • Non Professeur ! la première souveraineté à rechercher est alimentaire ! Le cerveau d’un ventre vide ne peux penser qu’à la soupe.

    • Et pourtant il a raison le Professeur. La science doit booster la production afin d’atteindre la souveraineté alimentaire. Exemple pour augmenter notre productivité agricole avec des sols arides et des pluies capricieuses, il faut la contribution des scientifiques. Et pour cela il faut que ces derniers soient souverains financièrement. Si la souveraineté scientifique est acquise, les autres domaines et aspects de la vie suivront.

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