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Gestion hygiénique des menstruations : Un panel pour briser les tabous et fournir des informations précises

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Publié le jeudi 13 juin 2024 à 21h45min

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Gestion hygiénique des menstruations : Un panel pour briser les tabous et fournir des informations précises

L’ONG Pathfinder International a organisé, ce jeudi 13 juin 2024, à Ouagadougou, un panel autour du thème « Déconstruire les tabous, promouvoir l’éducation et l’accès aux produits d’hygiène menstruelle et aux installations ». Cette activité s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de la gestion hygiénique des menstrues.

Les menstruations sont un phénomène normal et physiologique qui fait partie intégrante de la vie des femmes et des jeunes filles qui n’ont pas à en avoir honte ni à être stigmatisées. Pourtant, la gestion hygiénique des menstrues (GHM) au Burkina Faso est confrontée à divers défis socioculturels, économiques et sanitaires. Bien que des progrès aient été réalisés dans la sensibilisation et la fourniture de produits d’hygiène menstruelle, des lacunes persistent et affectent la santé et le bien-être des femmes et des jeunes filles dans notre pays. Ces défis sont liés, entre autres, aux mauvaises ou déficit d’informations et aux défis de gestion pratique.

Des leaders féminins y ont pris part

Selon le rapport 2021 du ministère de l’Éducation nationale sur l’état des lieux des actions de promotion de la gestion hygiénique des menstrues, 80% des filles scolarisées rencontrent des difficultés dans ce domaine. Également, 10% d’entre-elles s’abstiennent des cours en raison d’un manque de connaissances sur la santé et la GHM, d’une insuffisance de mesures d’accompagnement (serviettes hygiéniques, dispositifs Wash, gestion de la douleur).

« La gestion hygiénique des menstrues est un droit fondamental », soutient la directrice pays de l’ONG Pathfinder International au Burkina Faso, Ginette Hounkanrin

Selon la directrice pays de l’ONG Pathfinder International au Burkina Faso, Ginette Hounkanrin, les défis sont liés aux tabous qui entourent cette période de la femme. Il est impératif de briser ces tabous, de promouvoir une compréhension positive des menstrues et de trouver des solutions pratiques pour l’amélioration de l’accès aux services adéquats, y compris les services de santé et d’hygiène, selon Mme Hounkanrin. « C’est ainsi qu’on a décidé d’organiser ce panel pour déconstruire un certain nombre de ces tabous et appeler à l’action toutes les parties prenantes, pour nous permettre de discuter de cette question importante pour les filles, les femmes et les hommes. Parce que tous, d’une manière ou d’une autre, nous sommes concernés par les menstrues », a déclaré la directrice-pays de l’ONG Pathfinder International au Burkina Faso. Le thème retenu pour la circonstance est : « Déconstruire les tabous, promouvoir l’éducation et l’accès aux produits d’hygiène menstruelle et aux installations ».

Le représentant de la directrice de la santé et de l’hygiène publique, Dr Albert Hien

De l’appréciation du représentant de la directrice de la santé et de l’hygiène publique, Dr Albert Hien, la GHM est un sujet d’actualité et d’une importance capitale pour la santé et le bien-être des femmes et des jeunes filles du Burkina Faso. « Nous devons combattre la honte et la stigmatisation associées aux menstrues. Cela commence par des campagnes de sensibilisation et des discussions ouvertes. Encourager les hommes et les garçons à être des alliés dans cette lutte et ensemble, nous pouvons créer un environnement favorable à la santé menstruelle. C’est dans ce sens que le ministère de la Santé est engagé avec les autres départements ministériels et ses partenaires techniques et financiers », a-t-il indiqué. Il a par ailleurs témoigné la gratitude du gouvernement au peuple américain pour les différents appuis au Burkina Faso et particulièrement pour l’organisation de la rencontre de ce jour qui entre dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la gestion hygiénique des menstrues placée sous le thème « Ensemble pour un monde adapté aux règles ».

Le panel a été un moment de discussions et d’échanges sur les bonnes pratiques entre les participants. Il a été animé par des personnes averties de la question dont la directrice générale de l’accès à l’éducation formelle, Awa Nadine Wassonguema/Dipama. Pour relever les défis majeurs qui touchent les femmes et les jeunes, elle a insisté sur la sensibilisation, l’information et les causeries éducatives autour des menstrues. « Les enfants n’ont pas souvent l’information à la maison. À l’école, les curricula abordent la question un peu tardivement. Finalement, l’enfant est laissée à elle-même, avec cette souffrance silencieuse qui ne dit pas son nom. Elle se débat pour gérer la survenue des menstrues. Allier tout cela avec une réussite scolaire, c’est compliqué. Il faut également mettre à disposition des kits d’urgences dans les écoles, initier les élèves (filles comme garçons) à la confection de serviettes réutilisables. Et enfin construire en nombre suffisant, des latrines », préconise Mme Wassonguema.

La directrice générale de l’accès à l’éducation formelle, Awa Wassonguema/Dipama, a prodigué de salves conseils aux adolescentes

Dr Adjamy Euphrasie Barry, gynécologue-obstétricienne, a axé son intervention sur les syndromes prémenstruels. Spécifiquement, il s’agit des signes physiques et émotionnels que certaines femmes éprouvent avant les menstrues. Des signes qui disparaissent avec la venue des règles. Au nombre de ces signes, elle a notamment cité Ies douleurs pelviennes, les gonflements de seins, les ballonnements abdominaux, les céphalées, les douleurs musculaires et articulaires. « Ce n’est pas une maladie. Ces syndromes sont liés à la hausse de certaines hormones. Pour y faire face, il faut savoir se reposer ; trouver des temps de sommeil ; avoir une alimentation équilibrée et toujours avoir la bonne information. Quand on a l’information de ce qui nous attend, on n’est pas stressé. C’est la surprise qui dérange. Toute personne qui se sent malade et j’insiste, il faut aller en consultation », conseille Dr Barry.

Les participants ont été capacités

Ce panel a été organisé avec l’appui de l’USAID à travers le projet PREPARE-Burkina mis en œuvre par Pathfinder dans trois régions sanitaires du pays à savoir : le Centre-nord, l’Est et le Sahel. Dans le cadre de ce projet, Pathfinder appuie le système de santé du Burkina Faso au niveau central et déconcentré. Mais aussi au niveau des communautés pour favoriser le changement social, comportemental et l’accès aux services de santé et de nutrition des populations. D’un budget total de 35 millions de dollars, ce projet s’étale sur cinq années (2020-2025).

Aïssata Laure G. Sidibé
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