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Burkina / Musique : L’artiste ZMO, plus de deux décennies de carrière avec ses hauts et ses bas

Publié le dimanche 19 mai 2024 à 17h30min

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Burkina / Musique : L’artiste ZMO, plus de deux décennies de carrière avec ses hauts et ses bas

Plus connu sous le nom ZMO, Moumouni Zoungrana est l’un des artistes qui a fait parler de lui au début des années 2000 au Burkina Faso. Né d’un père joueur de l’instrument traditionnel kundé et d’une mère danseuse d’une troupe traditionnelle, l’on peut dire que la musique lui a été transmise par le sang. De sa révélation au public il y a deux décennies à une carrière effacée, le talentueux reggae man nous confie les raisons de son absence de l’univers musical.

Lefaso.net : Pourquoi vous avez choisi le reggae comme style musical ?

Moumouni Zoungrana (ZMO) : J’ai choisi le reggae parce que c’est à travers cette musique que j’ai voulu transmettre mes messages. J’ai connu le reggae à travers des grandes stars que nous écoutions Alpha Blondy, Lucky Dube mais surtout Bob Marley. C’est une musique que j’écoutais depuis le bas âge et j’y suis à l’aise pour passer mes messages.

Parlez-nous de ce qui vous a inspiré pour composer la chanson ‘‘Amélie’’ qui a été beaucoup appréciée par les Burkinabè ?

L’inspiration de composer cette chanson m’est venue d’un rêve que j’ai réellement fait. Dans ce rêve, Amélie était ma femme et on célébrait le mariage. Quand je suis allé lui expliquer le rêve, j’ai commencé à causer avec elle. Elle était devenue ma copine et on se fréquentait beaucoup. Lorsque j’ai décidé de faire la musique, je me suis dit que c’est une belle histoire et que je peux écrire une chanson. C’est ainsi que j’ai essayé et ça a été apprécié. Amélie c’est un vrai personnage parce que c’est une femme avec qui j’ai eu deux enfants.

Vous avez fait bouger le public lors de la cérémonie des Kundé 2024. Vous attendiez-vous à ce qu’il communie autant avec vous malgré les années passées ?

Etant donné qu’on ne m’invite plus dans les cérémonies, je n’arrivais pas à montrer exactement ce de quoi j’étais toujours capable. Mais ceux des provinces et des autres villes, quand il y a des festivals, peuvent témoigner. Partout où je passe, les gens chantent ma musique tout le long du concert et j’ai toujours donné le meilleur de moi sur toutes les scènes. Au niveau des Kundé, comme ce sont de grandes personnalités que l’on invite, je ne m’attendais pas à ce que tout le monde bouge dans la salle et pour tout cet amour qu’ils ont toujours pour moi je dis merci.

Quel est votre plus beau souvenir ainsi que votre plus grande déception depuis que vous êtes dans l’univers de la musique ?

Le plus beau jour de ma vie par rapport à la musique, c’est le jour où j’ai entendu pour la première fois une de mes chansons jouées à la radio. Et c’était après mon premier album. Le jour où j’ai entendu ma chanson jouée dans les radios, j’étais heureux. Ma déception, c’est que je me suis fait des illusions. Je pensais que toute personne handicapée qui arrive à jouer de la musique ou à faire quelque chose comme activité méritait d’être vraiment poussée et aidée. Pour moi, une personne qui vit avec un handicap et qui se bat peut être une source d’inspiration. Mais entre-temps, j’ai vu que les promoteurs de spectacles et autres personnes de la culture ne m’invitaient plus dans les cérémonies. Je me suis posé beaucoup de questions et j’étais un peu découragé. C’est ce qui a entraîné une petite déception.

En dehors de cette déception qu’est-ce qui explique votre longue absence de la scène musicale ?

Mon silence était lié d’une part à des problèmes personnels. Il faut dire que j’avais un petit problème avec ma famille qui ne voulait plus que je continue la musique. Tout ce temps était une occasion pour moi de me rapprocher beaucoup de mes proches et de leur expliquer certaines choses afin qu’ils me laissent continuer la musique. De plus, tout ce temps mis a fait que je devais retravailler doublement pour me mettre à jour sans compter la difficulté financière. Mais maintenant que tout est rentré dans l’ordre, je suis en train de refaire surface petit-à-petit.

Si vous aviez un conseil à donner en tant que devancier de la musique à un jeune artiste qui commence, quel serait ce conseil ?

Le conseil que je peux leur donner est de ne pas être pressé. La plupart des jeunes artistes, quand ils rentrent en studio et enregistrent aujourd’hui, ils pensent que c’est déjà bon et que tout est fait. Parfois, l’artiste lui-même est pressé de retirer ses chansons pour que les autres puissent l’entendre et il ne veut pas prendre le temps de faire un album. Il faut si possible se faire accompagner par un directeur technique pour avoir un bon enregistrement et une bonne qualité sonore. Je conseillerais de prendre le temps de faire un très bon travail pour que les gens écoutent pendant longtemps. De nos jours, nous chantons sans penser au futur afin que nos enfants et petits-enfants puissent écouter.

Quels sont vos projets en cours et votre actualité musicale ?

Mon projet en cours était de fêter l’anniversaire de ma carrière musicale qui a été avortée faute d’accompagnements. Je n’ai pas été accompagné et pour 24 ans de carrière, j’estime qu’il faut que j’organise quelque chose de bien pour mes fans. Je n’ai pas eu assez de partenaires et certains nous ont lâché mon équipe et moi à la dernière minute. Nous étions donc obligés d’arrêter pour mieux l’organiser. Aussi j’envisage faire un grand concert pour marquer mon retour sur la scène et faire un single pour satisfaire mes fans parce qu’ils ont trop attendu.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Je voudrais d’abord vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer. Vous me permettez de donner de mes nouvelles à mes fans. Aussi, je dis un grand merci au commissariat général des Kundé qui m’a permis de refaire surface de la plus belle des manières. Grâce à eux, beaucoup de choses peuvent se passer pour la suite de ma carrière. Pour terminer, je souhaite que la paix revienne au Burkina Faso pour que nous puissions exercer nos différents métiers librement.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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