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Burkina / Santé : « Je n’ai rien déboursé pour réaliser le test de la dengue », témoigne un patient

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Publié le dimanche 19 novembre 2023 à 21h55min

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Burkina / Santé : « Je n’ai rien déboursé pour réaliser le test de la dengue », témoigne un patient

Une vingtaine de journalistes sont sur le terrain pour constater de visu les actions entreprises par le ministère de la Santé et de l’hygiène publique dans le cadre de la lutte contre la dengue dans les régions du Centre et des Hauts-Bassins. Le mercredi 15 novembre 2023, les hommes et femmes de médias ont visité dans la région du Centre, le Centre médical avec antenne chirurgicale de Kossodo et le Centre médical de Saaba.

Cela faisait quelques jours que monsieur Bikienga Ousna ressentait des douleurs musculaires et de la fièvre. Aussitôt, il se rend en consultation au CMA de Kossodo où il bénéficiera gratuitement du test de diagnostic rapide (TDR) de la dengue. Après le test, il est déclaré positif et hospitalisé. Nous le retrouvons sous la tente médicalisée dressée en face des urgences. Quelques jours après le début des soins, il dit se porter mieux, même si les douleurs sont encore présentes. Cette tente est un des dispositifs déployés par les partenaires du ministère de la Santé et de l’hygiène publique dans la lutte contre la dengue.

Face à l’épidémie, le manque de lits se faisait sentir et ces tentes médicalisées dressées au CMA de Kossodo et au centre médical de Saaba permettent d’hospitaliser les patients dans de meilleures conditions.

Les malades assurent n’avoir rien déboursé pour réaliser les tests de dengue.

Pour faire face à l’épidémie de dengue, le ministère de la Santé met en œuvre diverses stratégies, au nombre desquelles la gratuité du test de diagnostic rapide de la dengue dans les formations sanitaires publiques, notamment les Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA), les centres médicaux et les centres hospitaliers universitaires. Que ce soit à Kossodo ou à Saaba, les malades rencontrés et leurs accompagnants ont tous affirmés n’avoir rien déboursé pour bénéficier du TDR de la dengue. Etienne Millogo, technologiste biomédical en poste au laboratoire du CMA de Kossodo relève que par jour le laboratoire réalise 30 à 80 tests de diagnostic rapide de dengue avec environ 50% de cas positifs.

La prise en charge des cas de dengue est catégorisée, selon les explications de Dr Bertrand Somé, médecin-chef du district sanitaire de Nongr Massom. Il explique en effet que les cas simples de dengue sont pris en charge dans les formations sanitaires périphériques, notamment les CSPS. Les cas graves sont référés au niveau des CMA ou des CHU en fonction de la gravité. Il souligne par ailleurs que dans le district sanitaire de Nongr Massom au cours de la semaine 45 qui s’est achevée le 12 novembre 2023, sur 1360 cas suspects, il y a eu 542 cas de dengue.

30 à 80 tests de dengue sont réalisés par jour au laboratoire du CMA de Kossodo.

Sur l’ensemble du territoire national, à la date du 12 novembre, on comptait 109 908 cas suspects de dengue pour 49 808 cas probables et 511 décès dont 220 pour la seule région du Centre.

Dr Joseph Soubeiga, directeur technique du CORUS indique que selon les résultats du Laboratoire national de référence des fièvres hémorragiques virales, actuellement c’est le sérotype 3 de la dengue qui sévit le plus. Il représente en effet, 81,8℅ des cas contre 15,8% pour le sérotype 1 et 0,7% pour le sérotype 2.

Il n’a pas manqué d’interpeller les populations à se protéger pour éviter les piqûres de moustiques responsables de la dengue, à assainir leur environnement et surtout à éviter l’automédication, notamment l’absorption de décoctions qui peuvent avoir des conséquences graves. " La majeure partie des cas que nous avons dans nos centres de santé sont des cas graves. Beaucoup ont des complications. Ces complications sont liées soit à l’automédication, soit à la phytothérapie que les gens consomment de façon abondante. Ça créé des complications au niveau rénal, au niveau hépatique. Ce sont ces patients qui sont majoritairement hospitalisés et qui malheureusement décèdent", explique-t-il.

Manque de tests à Saaba

Si au CMA de Kossodo, les tests de diagnostic rapide de la dengue sont disponibles, ce n’est pas le cas au Centre médical de Saaba. À notre passage, la formation sanitaire était en manque de test de diagnostic rapide depuis deux jours. Une situation qui, bien évidemment, complique la prise en charge des malades. « Dans le centre visité premièrement, il n’y avait pas de souci, mais ici vous avez vu qu’ils sont en rupture depuis deux jours. Cela est lié à la fréquentation comme l’a expliqué le responsable. La population de Saaba et ceux des zones non loties est élevée. Quand il y a beaucoup de cas qui viennent, il se peut qu’il n’y ait pas suffisamment de tests. Mais ils peuvent essayer de s’organiser avec le district pour qu’au lieu d’envoyer des TDR là où la fréquentation n’est pas élevée, qu’on réajuste les stocks à leur niveau en regardant la fréquentation. Ça va permettre d’assurer le diagnostic à tous ceux qui vont se présenter. Nous veillons au respect des directives, aucune structure n’a le droit de vendre ces TDR », a indiqué le directeur régional de la santé et de l’hygiène publique et Incident Manager de la dengue de la région du Centre, Dr Daniel Yerbanga.

La pulvérisation par drone va concerner les canaux, grands caniveaux et autres endroits difficiles d’accès.

Lancement de la pulvérisation spatiale par drone

Pour clore la visite de terrain dans la région du Centre, les journalistes ont assisté au lancement de la pulvérisation spatiale par drone par le directeur de la santé et de l’hygiène publique du Centre, Dr Daniel Yerbanga et le directeur technique du CORUS, Dr Joseph Soubeiga. Cette pulvérisation se tient dans le cadre de la lutte anti-vectorielle, l’une des stratégies du ministère de la Santé pour lutter contre la dengue. La pulvérisation par drone se fait avec un larvicide homologué. Selon le directeur technique du CORUS, ce larvicide détruit les larves avant qu’elles ne se transforment en moustiques. Il souligne également que la pulvérisation par drone concerne les endroits inaccessibles par les véhicules motorisées chargés de la pulvérisation spatiale.

Ainsi tous les canaux et grands caniveaux de Ouagadougou, ainsi que les retenues d’eau permanentes seront pulvérisés par drone.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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