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Soutien à la transition : Les manifestants réclament une constitution conforme aux réalités des Burkinabè

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Publié le dimanche 1er octobre 2023 à 21h44min

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Soutien à la transition : Les manifestants réclament une constitution conforme aux réalités des Burkinabè

La coordination des Organisations de la société civile (OSC) a lancé une mobilisation des fils et filles du pays ce vendredi 29 septembre 2023, pour manifester une fois de plus leur soutien à la transition et réclamer par la même occasion, le changement de la constitution. Se prononçant au micro de Lefaso.net, leur motivation est que la loi fondamentale s’inspire des traditions du Burkina Faso.

Abdou Zongo

« S’il est vrai qu’on peut changer la constitution, il faut vraiment qu’on la change pour prendre en considération la voix de nos ancêtres, nos traditions, nos valeurs. Nous n’écoutons plus les anciens, c’est ça qui est la cause de notre perdition ».

Mahamadi Ouimenga

« Notre constitution doit être changée et on n’a pas besoin qu’on nous le dise pour qu’on le sache. Nous avons des lois où celui qui a la poche pleine aura raison en justice et le pauvre sera enfermé. Des lois où des hommes peuvent aller ensemble, des femmes ensemble, des hommes avec des animaux ou des femmes avec des animaux, des lois où l’enfant peut convoquer le père pour qu’on l’enferme par la suite, nous sommes contre tout ça. Ce sont des choses que nous ne voulons plus parce qu’elles ne nous font pas avancer ».

Fabrice Compaoré

« Notre mobilisation aujourd’hui est motivée par la constitution. Ce que nous voulons, c’est qu’on change notre constitution pour qu’elle soit conforme à notre vécu, à nos traditions. Nous voulons qu’on la change. Mais on ne peut pas la changer si les autorités elles-mêmes ne changent pas. Ceux qui gâtent les choses, se sont ceux qui font les coups d’Etat. Si un quelqu’un rate son coup d’Etat, que les autorités ne le rate pas. On doit le faire passer à la télé et sur les médias pour qu’on sache que c’est lui qui voulait faire le coup d’Etat. En ce moment, on demande au peuple ce qu’il veut qu’on fasse de lui. C’est comme ça ils font et après c’est le peuple qui souffre ».

Boureima Ouédraogo

« A travers cette manifestation, nous voulons interpeller le président, le Premier ministre et le président de l’Assemblée législative de transition sur nos textes de lois et notre constitution. Nous nous voulons leur dire que, depuis notre indépendance en 1960, nous ne pouvons plus accepter que ce soit un code pénal écrit en 1804, que nous allons continuer d’utiliser. Nous aussi nous avons des intellectuels, des hommes de droit, des économistes qui peuvent faire changer les choses. Voilà pourquoi nous voulons qu’on change notre constitution car si on le fait, le terrorisme va finir. Si on change la constitution, les coups bas et les coups d’Etat qu’on fait vont finir. Donc si on veut que tout cela change, il faut qu’on change notre constitution. Et c’est pourquoi nous interpellons Ibrahim Traoré parce que c’est lui qui fait notre affaire présentement et si quelqu’un est contre ça, il y a deux cas : soit c’est un ennemi, soit c’est un impérialiste ».

Ghislain Dabiré

« Il y a des textes communautaires qui, une fois ratifiés, sont au-dessus de la constitution. Certaines normes internationales se basent même sur les textes internes pour empiéter sur nous. Il nous revient donc de voir comment est-ce que nous pouvons donner de la valeur et de la teneur à la constitution pour qu’elle puisse s’exprimer de façon claire et à voix haute lorsque nous nous exprimons à l’international. Et même à l’interne, le principe cardinal même de la séparation des pouvoirs n’est pas respecté. Notre constitution n’a pas été refusé quant à la relation qui existe entre le législatif et l’exécutif.

A observer de près, on a comme l’impression que c’est l’exécutif qui est en train de tout gérer. Pourtant c’est un principe qu’il faut prendre en compte pour éviter que demain cette même constitution ne serve les intérêts des personnes au pouvoir. Il faut donc que l’on revoit toute cette formation pour que ce même conseil constitutionnel ne valide ni n’invalide certaines règles comme on il l’entend. Ces manifestants qui sont là demandent que notre constitution soit beaucoup plus endogène, qu’elle tienne compte de certaines réalités sociales qui puissent refléter le Burkinabè. C’est vrai que nous sommes ouverts, nous ne vivons pas en autarcie, mais si la constitution est burkinabè, elle doit refléter le Burkinabè.

Tenir compte de la législation française pour rédiger la nôtre du fait que nous sommes descendants directs de ce colon-là, nous disons aujourd’hui que nous réclamons une souveraineté totale. Il faudra donc que la constitution tienne compte de nos réalités, sans oublier la justice traditionnelle, la prise en compte de certains interdits, tels que l’homosexualité. A partir de notre constitution, on doit déjà nous dire si demain nous irons vers ça ou pas. Il ne faut pas permettre à quelqu’un de venir nous dire que nous devons accepter l’homosexualité. A partir de notre constitution, la personne doit être convaincue que le Burkina Faso est dans telle ou telle position, que les valeurs traditionnelles du Burkina Faso tiennent lieu de droit pour telle ou telle chose. Il ne faut pas permettre à notre constitution de laisser la latitude aux gens de douter de notre position et la base même de notre État ».

Propos recueillis par Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Messages

  • Quelle pitié !
    "Nous aussi nous avons des intellectuels, des hommes de droit, des économistes..." M’ouais, bien dommage qu’il n’y en ait eu aucun parmi vous.
    Vouloir une nouvelle constitution, pourquoi pas, même si c’est loin d’être notre priorité. En effet, contrairement à ce que pense Boureima Ouédraogo : "nous voulons qu’on change notre constitution car si on le fait, le terrorisme va finir", ben non, ce n’est pas en changeant la constitution que le terrorisme va finir. Même en la calquant sur la charia (ce qui, je n’en doute pas satisferait une minorité), même en nommant un quelconque ayatollah, guide éclairé de la nation, même en ayant la lâcheté de renoncer à la laïcité... le terrorisme ne prendra pas fin aussi facilement.
    Lors, si nous devions changer de constitution, tournons nous résolument vers l’avenir, soyons visionnaires, ayons des propositions fortes pour la prise en compte de la jeunesse et des générations futures, pour nous mettre tous au boulot dans un objectif commun consenti et assumé, pour la modernité dans le respect de notre environnement,... pour faire rentrer le Faso dans le XXI° siècle (c’est Sarkozy qui me l’a soufflée celle là).
    Mais, si c’est pour revenir des siècles en arrière, pour "prendre en considération la voix de nos ancêtres", pour empêcher que "l’enfant (puisse) convoquer le père", même si ce dernier a commis le pire des crimes à son égard ou à l’égard de sa mère, de sa sœur,..., pour focaliser la loi contre "l’homosexualité" ou la zoophilie, comme si ces phénomènes étaient répandus chez nous... quel est le but recherché ?
    Que cherchent à nous signifier ces gens, adulateurs inconditionnels de ceux qui réussissent leur putsch, mais qui aimeraient que l’on lapide en place publique les auteurs supposés, de coup d’état manqués ?
    Alors maintenant soit on vénère Traoré, soit "il y a deux cas : soit c’est un ennemi, soit c’est un impérialiste". Tout en ayant pleinement conscience que l’ennemi, c’est l’impérialisme, il n’y a donc en l’occurrence qu’un seul cas !
    Et oui, la lutte contre le terrorisme étant aujourd’hui reléguée au second plan, il s’agit de réformer notre constitution, juste pour montrer notre volonté de nous éloigner au plus loin de ce fameux "impérialisme"... pour revenir à la charte du Manden, qui n’a jamais été complètement respectée ?

  • J’ai rarement entendu une telle suite d’inepties. Changer de constitution ne suffira pas pour mettre fin au terrorisme, et interdire l’homosexualité pas davantage. Quant à la "tradition", "les valeurs ancestrales", curieusement elles se confondent avec celles d’un islam rigoriste importé, et c’est une aberration et de la régression culturelle. Prenons l’exemple de l’excision. Elle serait apparue en Egypte ancienne, et le seul argument pour la justifier est la tradition : "on le fait parce qu’on l’a toujours fait, mais on ne sait pas pouvoir on le fait", et ça, c’est le summum de l’acculturation et de l’obéissance aveugle.
    En aucun cas la Constitution du Burkina Faso ne peut être basée sur la charria !

    • Le drame, c’est que 99% de ces gens qui hurlent à la révision de la Constitution n’ont jamais lu un seul article de l’actuelle Constitution. Ils n’y comprennent rien et n’y comprendraient rien du tout, même si la Constitution actuelle était traduite en mooré, dioula et autre ; parce que, là aussi, je parie que plus de 80% de ces gars sont analphabètes dans nos langues nationales.
      À quel jeu jouent donc ceux-là qui manipulent cette masse qui crie et gesticule sans rien comprendre ?

  • Tout le problème mes frères qui avez écrit avant moi, c est lenfait de nos jours de confondre foule et peuple, c est l anti intellectuellement, c est le populisme et la démagogie, c est la manipulation des masse, c est la délation et la constitution des milices dans nos rues pour traquer je ne sais qui. Pauvre Burkina. J ai mal et honte. Je ne reconnais plus notre pays plein d éminence grise. Vivement la fin de tout ce cirque

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