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Burkina : Les médias sont puissants mais ils ne peuvent pas tout, pas de panique !

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Publié le lundi 11 septembre 2023 à 21h45min

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Burkina : Les médias sont puissants mais ils ne peuvent pas tout, pas de panique !

Le président de la transition aime parler à ses compatriotes peut-être un peu trop à notre goût. Un message enregistré a été publié par la RTB à la fin du mois d’août 2023 où les médias sont pris à parti. Ces messages obsessionnels contre les médias font craindre une peur qu’a le pouvoir pour les hommes qui posent des questions, qui interrogent leur société et le monde pour emmener les dirigeants à être meilleurs, à prendre de bonnes décisions.

Un président a beaucoup de soutiens. Parmi ces soutiens, il y a ceux qui applaudissent qui crient des slogans, qui marchent, qui veillent. Eux ils lui offrent l’effort physique. Et c’est bien. Il y a d’autres soutiens qui sont autant sur la brèche, prêts à se poser des questions, et à les poser à l’autorité, à rechercher des solutions pour que du choc des idées jaillissent les solutions transformatrices pour le pays. Ceux-là offrent leurs têtes, leurs cerveaux qui pensent. Les intellectuels, les journalistes etc. sont de ceux-là. Un pays pour avancer, résoudre ses contraintes a besoin des deux catégories de soutien.

Si le pays veut marcher sans l’une ou l’autre des deux catégories, il ne marche pas dans les deux sens du mot, ce n’est pas un bipède, il dandine, boite, sautille. C’est une démarche disgracieuse, inélégante, désordonnée. Ce n’est pas l’idéal pour un pays que d’être dans la cacophonie et la mésentente permanente. Que les autorités d’un pays, au lieu de prêcher l’amour et l’entente, se mettent à faire la guerre à leurs citoyens pour des idées ou des mots qui déplaisent, celles-ci se détournent de l’essentiel et du seul combat qui vaille la peine d’être mené, celui contre ceux qui ont pris les armes contre le pays et cherchent à nous le retirer. Le succès ne vient pas en se créant des ennemis, en repoussant les autres. Il faut chercher à collaborer avec tous, à coopérer avec même ceux qui ne partagent pas nos idées.

Le pouvoir doit donner une image d’autodiscipline, de maîtrise et de contrôle. La maîtrise de soi n’est pas facile. Et pourtant c’est quand on est maître de soi, de ses ressentis, que l’on peut contrôler les situations complexes que l’on affronte. La sagesse populaire dit que le silence est un chemin d’or, car c’est un temps de recueillement, de réflexion, de préparation de la parole pour qu’une fois dite, elle soit encore en nos mains, pas envolée, mais en notre contrôle, liée à nous et nous à elle en ce sens que nous devrons agir selon notre parole.

Du bon usage de la communication

Y avait-il urgence à faire parler le président de la transition à un mois d’un rendez-vous incontournable avec le Burkina lors du premier anniversaire de son accession au pouvoir ? Pourquoi faut-il parler tant ? Cette illusion de la toute-puissance de la communication qui agirait comme une injection hypodermique sur les patients et produirait les effets voulus n’est pas scientifique.

Les médias sont utiles et puissants mais les hommes de confiance ont le dernier mot en ce qui concerne les opinions médiatiques. Et oui, les auditeurs et téléspectateurs échangent sur ce qu’ils ont vu et entendu, communiquent entre eux avec des arguments et se font une opinion définitive. Les théories sur la démoralisation des soldats par les médias n’ont jamais été étayées. Comment des soldats et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) tous engagés volontaires, peuvent êtres découragés par des propos de personnes qu’ils ne connaissent pas sur leur choix de vie et de ce pour quoi leur vie a un sens et qui mérite qu’ils meurent pour lui ? Cette conception est une insulte à leur intelligence, leur conviction.

Les seules personnes influençables par les médias et l’argent sont les personnes vénales en tout genre qui prolifèrent dans le pays, les entrepreneurs politiques.

Faire confiance aux hommes, c’est faire confiance en leur esprit critique. Leur capacité intrinsèque à s’interroger sur la valeur, la crédibilité, la fiabilité des affirmations qu’ils entendent. Si on aime ses compatriotes et on croit en leurs capacités de discernement, on les laisse faire leurs choix et on respecte ces choix et le pluralisme des opinions. Car en matière de politique et des options de gestion de l’Etat, c’est la liberté de penser et d’opiner.

La libre expression et la liberté d’opinion concernant ces questions aident les dirigeants à avoir un grand angle de vues et d’opinions. Avoir l’esprit large aide à la décision. Le contexte d’insécurité de notre pays et le fait que nous ayons été incapables pendant toutes ces années montrent que nous ne nous sommes pas assez concentrés sur le problème et nous manquons de vision panoramique du problème.

Nous avons beaucoup utilisé la stratégie du bouc émissaire, en rejetant la faute sur les autres, les étrangers, sans jamais nous remettre en question. On a ainsi tour à tour accusé l’ancien régime, chaque pouvoir accusant le pouvoir précédent. Nous avons chassé la force française Sabre, et nous avons bien fait car elle ne nous aidait pas, elle a quitté le pays.

Le monde n’est pas contre nous, c’est notre responsabilité de défendre notre pays, de lutter contre le terrorisme. Si nous n’y arrivons pas c’est notre faute. Concentrons-nous et étudions ce que nous avons fait et voyons ce qui a été bien fait et ce qui l’a moins été. Qu’est ce qui marche et qu’est ce qui ne marche pas ?

Le MPSR2 fera bientôt son bilan d’un an d’action et nous exposera où nous en sommes.

Donnons une leçon de courage en sauvant notre pays, notre humanité et notre union. C’est face aux difficultés, comment ils les vivent, les affrontent et les surmontent, qu’on reconnaît les peuples résilients.

Sana Guy
Lefaso.net

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Messages

  • Encore monsieur Guy Sana.
    Si et seulement s’il prenait au moins conscience que ce qu’il dit est SUBJECTIF ! Au nom de cette subjectivité concédée par lefaso.net à monsieur SANA, monsieur le président peut dire ce qu’il pense. Sur nos médias, il y a tout : les personnes qui pensent autrement que la transition dans l’honnêteté mais aussi les personnes intentionnellement décidées à nuire ; il y a ceux qui interrogent en âme et conscience mais il y a ceux qui interrogent pour retrouver leurs avantages inhumains qui ont gangrené le pays pendant longtemps ; il y a ceux qui critiquent sans arrière-pensée parce qu’ils veulent d’un pays exemplaire sur la terre, mais il y a ceux aussi que cette transition d’autodétermination n’arrangent pas qui font tout pour mettre des bâtons dans ses roues ; etc.
    Le Président IB et la Transition ne sont pas arrivés au pouvoir pour contenter ce peuple ; ils ont un objectif de réussite. Que cela nous plaise ou non, tout ce qu’ils décident qui rencontre l’assentiment du plus grand nombre, nous avons l’obligation de le supporter. Quand vous aurez votre Président Démocratique, super-homme (Ange), il fera ce que vous voulez.
    Le bon sens devrait l’emporter. Mais hélas, des Guy Sana (pour ne pas dire les suppôts de l’impérialisme) sont très nombreux dans ce pays. Seule la fermeté de IB peut guérir ce pays pourri.
    Vive IB
    Vive la Transition !

  • Vous savez, si IB veut vraiment museler la presse et même la décrédibiliser, il suffit de faire un audit du FINANCEMENT des médias. Comme vous le savez les révélations qui vont sortir de cette enquête seront terribles pour la plupart des titres. En Occident la crise économique des médias provoquée par les ntic et les réseaux sociaux n’a été jugulée que par l’intervention massive des industriels et autres groupes comme Bollore, qui contrôlent désormais l’ensemble de la presse. Au Burkina à part quelques hommes fortunés qui contrôlent BF1, OMÉGA médias…, la plupart des autres doivent leur survie PROBABLEMENT à de généreux mécènes ou à d’autres financements moins glorieux. Évidemment peu de gens donnent leur argent pour rien, ce qui explique peut-être la guerre de tranchées que certains médias livrent au MPSR. Tout cela est dommage au moment où la contradiction principale oppose l’ensemble des citoyens sincères de ce pays aux bandits armés qui nous attaquent. Mais que voulez vous ? Certains ont d’autres préoccupations , d’autres objectifs et d’autres agendas.

    • Auditer les média vous dites ? Parce que l’on a fini d’auditer l’armée ? Les diversions et autres faux fuyants ne vont pas sauver le Burkina

    • Certains sur cette plate-forme qui interviennent à l aune de leurs intérêts émotionnels ou particuliers sont convaincus que tout le monde fonctionne comme eux et que quand tu n es pas avec moi c est que tu es contre moi et c c’est dommage. C est de la diversité que jaillit la lumière.
      Malheureusement certains pcq moi oncle ou mon père a été nommé à un poste quelconque on devient invariable dans son argumentation croyant préserver son intérêt.
      Hier comme aujourd’hui faso.net fait l amabilité de donner la parole même aux pires pourfendeur de la liberté de la presse et ainsi va la démocratie.

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