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Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • lundi 26 avril 2021 à 11h07min
Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

« Culture et intégration des peuples ». C’est autour de ce thème que Dr Ignace Sangaré, enseignant en littérature orale à l’université Joseph Ki-Zerbo, a animé une conférence publique au profit des étudiants en faculté d’anglais de ladite université ce jeudi 22 avril 2021. Était présent à la conférence, le représentant de la ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Ousmane Djiguemdé, par ailleurs Secrétaire technique de l’Institut des peuples noirs (IPN).

« La crainte de Dieu, la sacralité de la vie, le respect des personnes âgées, l’esprit de solidarité et d’entraide, l’intégrité, l’amour du prochain et du travail, le pardon et l’humanisme sont autant de valeurs que possédaient les sociétés traditionnelles avant l’avènement des valeurs occidentales », a relevé le conférencier, Dr Ignace Sangaré. Pour lui, ces valeurs constituent les fondements de la société africaine. En plus, lors de l’exposé, il a affirmé que les contes, les mythes et les poésies étaient une sorte d’école à ciel ouvert. À l’entendre, la paix n’est pas naturelle, elle est le fruit d’une construction des sociétés. « Pour construire la paix et le vivre-ensemble, il a fallu mettre en place des institutions sociales, à commencer par la langue qui est facteur de dialogue, de communication ; la parenté ; le mariage ; la religion, etc. », a précisé Dr Ignace Sangaré. Puis de déclarer : « La culture est un corps qui naît, grandit et meurt si elle n’est pas bien entretenue ».

Des participants à la conférence

Comment adapter nos valeurs à celles étrangères ? A cette question, le conférencier du jour a fait savoir qu’aujourd’hui, l’école africaine est un modèle occidental, alors que nous avions l’école traditionnelle (soirée de contes à ciel ouvert). « Malheureusement, les Africains ont vite adopté la culture de l’autre avec l’arrivée de l’école occidentale, au détriment des nôtres », déplore-t-il. Tout compte fait, il a suggéré aux Etats africains d’intégrer la culture africaine dans le système éducatif comme une sorte de partenariat entre l’école traditionnelle et celle moderne au profit de l’enfant africain, pour qu’il soit en contact réel avec ses propres valeurs culturelles et celles occidentales afin de pouvoir créer un développement individuel, puis collectif. « L’Occident nous a envoyés vers un terrain solitaire et individualiste et aujourd’hui il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », a-t-il recommandé.

Iliassa Rouamba, président de l’association « Intégration des peuples »

« Évitons d’être des étrangers chez nous »

Iliassa Rouamba, président de l’association « Intégration des peuples », quant à lui, a invité la jeune génération à retourner à la source pour s’abreuver et s’approprier les valeurs africaines avant afin de faciliter un meilleur rapprochement des peuples. « Évitons d’être des étrangers chez nous », prévient-t-il.

Dr Ignace Sangaré, enseignant en littérature orale à l’université Joseph Ki-Zerbo, représentant le Pr Albert Ouédraogo

L’association « Intégration des peuples » a deux mois d’existence. Elle a pour objectif de rapprocher les peuples en organisant des ateliers d’échanges entre les groupes ethniques afin d’éviter les préjugés qui pèsent sur certaines communautés.
Romaric Dalla, étudiant en faculté d’anglais à l’université Joseph Ki-Zerbo, est convaincu que la culture occupe une place importante dans le développement de tout peuple. « Si le Burkina Faso a de la peine à se développer, c’est parce nous assistons de façon exponentielle à la perte de nos valeurs culturelles et sociétales », a-t-il affirmé. Pour lui, il faut une volonté politique pour faire rayonner la culture burkinabè à travers le monde. Il a, à ce propos, félicité le chef de l’Etat Roch Kaboré pour son attachement au Faso Danfani. Mais il trouve que cela reste insuffisant.

Romaric Dalla, étudiant en anglais

C’est dans cette optique qu’il a interpellé les autorités burkinabè à se pencher plus sur des initiatives d’éveil des consciences sur l’importance de la culture dans le développement du Burkina Faso en intégrant des programmes culturels dans l’éducation.

En plus, le citoyen lambda doit, pour sa part, poser des actes salutaires allant dans le cadre de la valorisation de nos cultures. A l’entendre, il va falloir que chaque ethnie, à un moment donné, accepte de mettre de l’eau dans son vin afin qu’on puisse de façon rationnelle et réaliste choisir une langue pour en faire notre langue à tous.

Dofinitta Augustin Khan
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 26 avril à 11:38, par Le musulman En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Avec la présence de personnes comme Mr Guimguemdé Ousmane, que peut-on espérer quand des autorités comme lui, font et entretiennent des confusions lamentables entre culture et promotion de de fétiches destructeurs de la vie humaine. Ce genre de personne ne mérite pas d’être invité à une telle conférence qui est de surcroît organisée au profit des jeunes étudiants ! Si ce Monsieur croit que le combat pour le rayonnement de l’Institut des Peuples Noirs se résume à des prises de position aussi lamentables , il ya de quoi s’inquiéter !

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  • Le 26 avril à 11:41, par Thomas Isidore En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Tandis que le monde avance, vous parlez de"retour" .Y’ a quoi même dans "votre retour" qui puisse nous apporter des gratte ciels, de l’agrobuisiness,des armes sophistiquées, de l’amelioration dans nos structures sanitaires et scolaires ? Donnez moi u exemple,svp

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  • Le 26 avril à 15:16, par Abidjan En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Salut au Docteur Ignace SANGARE, un grand frère du premier cycle des études secondaires. Pas besoin de nommer le lieu. Ceux qui savent se souviendront toujours !
    Je ne m’aventurerai pas, sur la base d’un si bref compte rendu journalistique, à me prononcer sur le contenu de la conférence qui a porté sur une thématique très intéressante et qui a sans doute été riche. J’ose néanmoins faire deux observations en espérant que le conférencier et tous ceux qui me liront sauront éventuellement me pardonner ce qui relève de mon ignorance quant au contenu de la conférence, pour s’en tenir à ce qu’il y aurait de vrai et d’édifiant dans mes propos.
    1. Je constate que le fétichisme et l’idolâtrie ne figurent pas sur la liste des valeurs <>, valeurs citées par le Conférencier en guise d’exemple. J’espère que M. Ousmane Guiguemde de l’I.P.N. qui était présent à la conférence a fait le même constat que moi. Beaucoup comprennent déjà pourquoi ce constat et l’allusion a M. Guiguemde. Il ne s’agit pas ici de débattre sur la valeur des fétiches. Juste pour dire que toute personne avec un minimum d’instruction sait qu’en matière de fétiches, le moins que l’on puisse dire est qu’il y en de de très mauvais dont il faut absolument se débarrasser.
    2. Il est certainement juste de citer « La crainte de Dieu, la sacralité de la vie, le respect des personnes âgées, l’esprit de solidarité et d’entraide, l’intégrité, l’amour du prochain et du travail, le pardon et l’humanisme>> comme étant des <>. Cependant :
    a) Il serait faux de penser que ces valeurs étaient vécues à la perfection dans les sociétés traditionnelles avant "l’avènement des valeurs occidentales". Loin s’en faut. La haine, l’impiété, l’égoïsme, la paresse, l’intolérance, etc... sont des contre-valeurs également bien enracinés dans les sociétés traditionnelles de chez nous avant l’arrivée du Blanc.
    b) Il serait également faux de croire que ces valeurs citées ne sont pas et n’ont jamais été des valeurs dans les sociétés occidentales. Non. En Occident aussi, toutes ces valeurs sont toujours et ont toujours été des valeurs également. Toute la littérature est là pour prouver comment par moments et par endroits, ces valeurs ont été vécues à un niveau héroïque. Je peux vous assurer qu’en ce qui concernera le vécu des valeurs au long de l’histoire, ni les sociétés africaines ont de quoi s’enorgueillir devant les sociétés occidentales, ni celles-ci ont de quoi rougir devant les sociétés africaines. Le vice et la vertue ont toujours existé partout.
    c) Il serait utile que l’on expose et que l’on s’accorde sur ce que l’on doit entendre par "valeurs occidentales". Il existe, en effet, le risque de penser que les "valeurs occidentales" sont absolument différentes, contraires et opposées aux valeurs des sociétés traditionnelles de chez nous. Ce serait une erreur. Si effectivement, il y a quelques différences, pour l’essentiel nous avons tous les mêmes valeurs, exprimées, défendues, promues et vécues différemment selon les milieux et les circonstances. Le fait que certaines valeurs trouve en Occident, de moins en moins d’adeptes et de défenseurs, pendant que de plus en plus certaines minorité réclament bruillamment et obtiennent des droits qui sont des contre-valeurs pour nous ne signifie pas que ce qui est valeur chez nous ne l’est plus du tout chez eux, ni que ce qui est valeur chez eux est nécessairement conte-valeur chez nous.

    Pour terminer, si le retour aux sources est absolument nécessaire "pour pouvoir construire une nouvelle nation" il nous faut avoir l’honnêteté de reconnaître ce que l’Occident nous a apporté de positif. La colonisation est très sévèrement critiquée. Et à juste raison. Mais la colonisation ne nous a vraiment rien apporté de bon ? Vraiment rien de bon ? Les religions dites "importées" sont souvent très sévèrement critiquées. Quelquefois avec raison. Mais ces religions ne nous ont vraiment rien apporté de positif ? Il en est de même pour les relations actuelles entre la France et les pays africains.
    Sans prétendre dédouaner l’Occident de ses méfaits du passé et du présent, j’ose affirmer que l’Afrique a une certaine dette de reconnaissance envers l’Occident. Tant que cette dette ne sera pas, si non soldée, du moins reconnue en toutes simplicité et sincérité, même les efforts de retour à la source seront vains, car celui qui ne sait pas ce qui, dans sa maison, ne lui appartient pas, ne sait pas non plus ce qui lui appartient.

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  • Le 27 avril à 17:28, par rabo En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Lorsque vous dites "1. Je constate que le fétichisme et l’idolâtrie ne figurent pas sur la liste des valeurs", je voudrai savoir si on est d’accord sur les définitions suivantes des deux mots clés, fétichisme et idolâtrie, données par Wikipédia.

    A. L’idolâtrie est l’adoration d’une image, d’un astre, d’une idée ou d’un objet. Elle est couramment pratiquée chez les animistes et chez les polythéistes chez qui la représentation des divinités est généralisée. Elle consiste à rendre des cultes, des sacrifices, à offrir des offrandes et à adresser des prières à la chose sacralisée. L’idolâtrie est pour les religions abrahamiques une corruption, une impiété à combattre ; le terme est donc devenu péjoratif ou synonyme d’égarement1, souvent confondu avec paganisme.

    B. Le fétichisme désigne, au sens propre, l’adoration des fétiches. Le terme provient étymologiquement1 de feitiço (« artificiel » puis « sortilège » par extension), nom donné par les Portugais aux objets du culte des populations d’Afrique durant leur colonisation d’une partie du continent, terme lui-même dérivé du latin facticius (« destin »). Dès le xviiie siècle, cette notion est reprise en anthropologie puis en philosophie sur la question de la croyance et de l’objet de la religion1. Le terme est employé pour la première fois par le Président des Brosses en 1760 : « le culte de certains objets terrestres et matériels appelés fétiches... et que pour cette raison j’appellerai fétichisme »2.
    Pour l’anthropologue et le sociologue, le fétiche est un report de l’affectivité sur un objet unique ou composé, symbolique, en lui attribuant une efficacité supérieure à la sienne sur la réalité.

    Il est essentiel, avant de continuer le débat, qu’on se mette d’accord sur la définition des deux principaux mots susmentionnés (idolâtrie et fétichisme).

    Je reste à votre écoute. Merci.

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    • Le 27 avril à 19:49, par Abidjan En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

      M. Rabo,
      J’ai employé les termes "fétichisme" et "idolâtrie" pour leur référence aux "fétiches" et aux "idoles". Tout simplement. J’entends par "fétichisme", le culte des fétiches ; et j’entends par "idolâtrie", l’adoration des idoles.
      Et pourquoi je fais allusion aux fétiches et idoles ? Eh bien parce qu’il y a quelques jours, M. Ousmane Guiguemde, en défense des valeurs africaines, s’était dressé contre l’Eglise catholique pour avoir détruit des fétiches et idoles que des fidèles, en quête de délivrance, lui ont librement apportés. Pour lui donc, les fétiches (et donc le fétichisme) ainsi que les idoles (et donc l’idolâtrie) sont des valeurs africaines à conserver et proteger.
      Or, dans sa conférence, le Dr n’a justement pas cité les fétiches, pas même le fétichisme comme exemple de valeur. Pour moi, cette omission est significative. En effet, de nos jours, il est très difficile, voire périlleux de défendre les fétiches el le fétichisme comme valeurs africaines, comme l’a prétendu M. Ousmane Guiguemde. Et pourquoi ? Ça c’est un autre sujet.

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      • Le 28 avril à 09:38, par rabo En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

        Merci pour votre prompte réaction.
        Je dois avouer que je n’ai pas eu de réponse à mon intervention, votre définition de chaque terme se renvoyant à lui-même.
        Je vous cite : « « J’ai employé les termes "fétichisme" et "idolâtrie" pour leur référence aux "fétiches" et aux "idoles". Tout simplement. J’entends par "fétichisme", le culte des fétiches ; et j’entends par "idolâtrie", l’adoration des idoles. » fin de citation.

        Permettez-moi les observations suivantes :
        1. D’après Wikipédia, le fétichisme est un terme qui provient étymologiquement1 de feitiço (« artificiel » puis « sortilège » par extension), nom donné par les Portugais aux objets du culte des populations d’Afrique durant leur colonisation d’une partie du continent.
        Le fétichisme est, ainsi, le nom donné par les Portugais aux objets du culte des populations d’Afrique durant leur colonisation. Je dis bien de « culte »
        Peut-on penser alors que ces populations prenaient comme fétiches les crucifix que portaient les prêtres ainsi que les images et les futures représentations de marie (mère de jésus) dans les grottes des villages ?
        2. Quant à l’idolâtrie, Wikipédia dit qu’elle consiste à rendre des cultes, des sacrifices, à offrir des offrandes et à adresser des prières à la chose sacralisée.
        Cette définition traduit les pratiques ancestrales toujours en cours dans notre pays.
        Quant aux religions dites révélées, certaines font ces mêmes rituelles.
        Pour s’en convaincre, il suffit d’aller voir ce qui gît au pied des statues de marie ainsi que des prières qui lui sont adressées, à elle et à son fils, pour s’en convaincre devant des représentations (images, reliques, etc.).

        Pourquoi ce long développement ?
        Pour qu’il n’y est pas de confusion, je l’espère.
        L’utilisation du terme « fétiche » à tout va, crée la confusion.

        3. Lorsque vous dites « Or, dans sa conférence, le Dr n’a justement pas cité les fétiches, pas même le fétichisme comme exemple de valeur. Pour moi, cette omission est significative. », vous prêtez au Dr une intention subjective.
        En effet, avez-vous remarqué qu’il suffit de suivre certaines réalisations de la RTB sur les évènements culturels dans nos villages (sortie des masques, intronisation d’un chef coutumier et/ou traditionnel, etc.) pour deviner la pratique religieuse du réalisateur en raison des termes choisis pour narrer l’évènement.

        Encore une fois, je n’ai pas lu l’intervention de M. Ousmane Djiguemdé et aimerais bien que Lefaso.net nous le permette, pour notre grand bien !!!
        Je ne peux donc pas défendre ou non son point de vue.

        En conclusion, si on s’accorde sur les définitions données par Wikipédia aux termes « fétichisme » et « idolâtrie », pour moi ce sont des valeurs à préserver (notez que ces termes ne sont pas sortis de notre vocabulaire, ce sont les autres qui nous l’ont appliqués, au regard de nos pratiques religieuses différentes des leurs).
        Désolé d’avoir été très long.

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        • Le 28 avril à 16:51, par Abidjan En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

          M Rabo,
          Je vais essayer de cibler quelques points de votre réaction pour être le plus bref possible.
          1. Vous dite : "Peut-on penser alors que ces populations prenaient comme fétiches des crucifix que portaient les prêtres ainsi que les images et les futures représentations de Marie (mère de Jésus) dans les grottes des villages ?"
          Permettez que je vous réponde, d’abord par une autre question : savez-vous que parmi les fetiches qui ont été brûlés récemment dans une paroisse catholique à Ouaga (acte contre lequel Me. Ousmane Guiguemde s’était insurgé) il y avait des crucifix et des représentations de Marie ? Si vous ne le savez pas, je vous en informe. Vous avez donc la réponse à votre question. En clair, si ces fidèles ont apporté, même des crucifix et des représentations de Marie pour être détruits, c’est qu’il les considéraient comme étant des fétiches. Il ne s’agit pas des crucifix et autres images de façon générale, mais des crucifix concrets et des représentations concrètes que eux ils avaient convertis en fétiches et conservaient à la maison. Oui, oui, c’est bien possible.
          2. En parlant de l’idolâtrie, vous affirmez : "Quant aux religions dites révélées, certaines font ces mêmes rituels. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller voir ce qui gît au pied des statues de Marie ainsi que les prières qui lui sont adressées, à elle et à son fils".
          En clair, vous affirmez que les catholiques font de l’idolâtrie. Là, avec tout le respect, je constate que, soit vous parlez de ce que ignorez royalement, soit vous vous livrez de mauvaise foi à la calomnie. Quoiqu’il en soit, vous faites des confusions dangereuses. Pour votre gouverne, sachez que les catholiques n’adorent pas Marie, mère de Jésus, encore moins ses représentations. Rappelons que le mot "idolâtrie" vient de l’union de deux mots grecs : eidolon = idole, et latreia = adoration. ( Voilà pourquoi je vous avais dit tout simplement que l’idolâtrie est l’adoration des idoles). Mais il nous faut définir aussi les mots "idole" et "adoration".
          "Idole" = représentation d’une divinité que l’on adore et qui est l’objet d’un culte au même titre que la divinité elle-même.
          Ce qui fait l’essence même de l’idole, ce n’est pas tant la représentation matérielle de la divinité, mais le fait d’adorer cette représentation.
          "Adorer" = rendre un culte à Dieu, à une divinité, à un symbole divin. (Je dois dire que ces définitions ont besoin d’être précisées)
          Sachez que se qui fonde l’adoration, ce ne sont pas d’abord les paroles, gestes et attitudes (prières, offrandes...) mais la considération d’une réalité comme étant Dieu. Or aucun catholique n’a la bassesse de penser que Marie, mère de Jésus est Dieu. En conséquence, les prières et offrandes qu’ils lui adressent effectivement ne peuvent aucunement être considérées comme des actes d’adoration.
          3. Vous dites que je prête au Dr une intention subjective pour avoir dit que son omission est significative. Absolument pas. Le Dr a bel et bien fait une omission. C’est à dire que, volontairement ou involontairement, par oubli ou par négligence, il n’a pas pas mentionné le fétichisme et l’idolâtrie comme exemple de valeurs. La signification de l’omission est une interprétation à moi et cela n’engage que moi. Libre au Dr de l’accepter ou pas.
          4. Venons-en à ce qui semble vous intéresser tant et que j’avais expressément éludé pour ne pas paraître présomptueux : la définition des mot "idolâtrie" et "fétichisme" proposées par Wikipédia telles que vous les avez rapportées. En toute humilité, je considère que la définition de l’idolâtrie est confuse et porte a confusion. En effet, par exemple, elle met dans le même sac sans distinction tous les types de culte, tous les types d’offrande, et tous les types de sacrifice. Or il y a beaucoup de types de culte non interchangeables, selon leurs destinataires. Chez les catholiques par exemple, le culte rendu à Dieu n’est pas le même que le culte rendu à Marie, mère de Jésus, ni le même que le culte rendu aux saints. Le culte d’adoration est réservé exclusivement à Dieu. Sachez que les définitions des termes dans les dictionnaires sont proposées par des hommes et des femmes comme vous et moi, qui n’ont pas forcément toutes les compétences dans tous les domaines. Et les définitions qu’ils donnent sont souvent fonction de leur conditionnements personnelles. Pour cela, vous avez bien raison de demander si on est d’accord sur la définition proposée par Wikipédia. Vous aurez compris que moi je ne suis pas tout à fait d’accord.
          5. Pour vous, le fétichisme et idolâtrie sont de valeurs à préserver. Vous êtes évidemment libre de le penser. Surtout si vous êtes idolâtre ou fetichiste. Mais pour moi, qui crois qu’il n’y a de Dieu que Dieu, et que seul Dieu doit être adoré, et que l’idolâtrie est l’adoration, non pas de Dieu, mais de faux dieux, évidemment, l’idolâtrie est une conte-valeur dont il faut se débarrasser.

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          • Le 29 avril à 08:00, par rabo En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

            J’aurais voulu, bien que notre discussion traite des pratiques religieuses, que celle-ci soit située sur un plan intellectuel.
            Car les discussions sur les pratiques religieuses, au regard de mon expérience, ne sont pas basées sur des preuves, ni de faits indiscutables, mais de foi.
            Dans ce cadre, il convient de noter que les pratiques religieuses héritées de nos ancêtres n’excluent, ni ne renient, aucune autre pratique religieuses étrangère à elle.
            Au contraire, elles les assimilent et parfois inspirent celles-ci.
            J’insiste sur le fait que les pratiques religieuses héritées de nos ancêtres sont rassembleuses, englobantes, ouvertes.

            Vous êtes revenez sur les "fétiches" brulés dans une église à Ouaga qui auraient été amenés volontairement par des fidèles. Soit.

            Je vous informe que dans nos villages, lorsqu’une personne veut se baptiser à l’église catholique, il leur était demandé d’aller déterrer les "fétiches" qui étaient installés dans leurs concessions, c’est à dire les "fétiches" de la famille parentale !!! (Au village, on vit généralement regroupés en grande famille).

            De plus, de nos jours, lorsque vous voulez vous marier à l’église et que votre conjoint ou conjointe n’est pas catholique, il ou elle doit obligatoirement se baptiser avant la célébration du mariage. C’est juste un fait, je ne porte aucun jugement sur cette nouvelle pratique.

            Concernant les pratiques religieuses, héritées de nos ancêtres, ce ne sont pas la pierre, la tombe, les forêts, le cours d’eau et j’en passe qu’ils considèrent comme Dieu, sinon ils auraient plusieurs "dieux".
            Comment dit-on le pluriel du mot "dieu" en langue mossi ?
            Il me semble que ce mot n’existe pas (évitons de créer un mot basé sur la similitude de l’orthographe française).
            Conclusion, ce qui n’existe pas ne peut être nommé !!!

            N.B. : Vous voulez bien m’excuser, à vous lire, de vous avoir blessé dans votre foi. Ce n’est pas volontaire.

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  • Le 28 avril à 12:59, par Vivre au Village VIVAVI En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Voici pr ma part, de vrais sujets dont il faut débattre pr enfin émerger...
    Félicitations à ttes les parties.
    Juste attirer l’attention que ns devons ns rappeller une bonne attitude afc, respecter l’autre qd on n’est pas d’accord...
    Vous savez, c’est une chance qd quelqu’un exprime son opinion... Cela doit ns mener a le respecter parce que ce n’est pas évident.
    Ns devons dire ce en quoi ns som d’accord, mais bien entendu nos objections aussi...
    Mais il ns faut être réceptifs aux contradictions, pour autant que ns ns voulons démocrates...
    Pr ma part dc, je crois que les différents arguments ont leur mérite.
    Je dirai toutes fois qu’effectivement, sans identité nationale propre, ns ne pourrons jamais offrir à nos peuples une personnalité différente des singeries qu’on veut ns fait faire...
    Notre identité n’est ni musulmane, ni chrétienne.
    Commençons par ns réconcilier avec cette réalité, aussi difficile soit elle.
    Je ne dis pas que ns ne devons pas être musulmans ou chrétiens, je ne condamne personne pr sa croyance.
    Mais nos parents étaient autre chose, c’est se qu’il faut connaître, explorer et bâtir sur ça.
    Ce n’est que mon avis.

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  • Le 29 avril à 14:45, par Techniquement En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    Une croyance en vaut une autre, Mais ce qui est inacceptable pour nous les Africians soucieux de conserver notre identité, notre culture, c’est que des croyances qui ont ete tolerées par nous et introuduite chez nous en Afrique cherchent a nous diviser, a nous alierner a eliminer nos croyances par le denigrement et a tirer profit a travers une forme de colonisation religieurse donc de colonisation tout court. Les pretres ont bien ete les precurseur de lenvahissement de l’Afrique par les occidentaux. Donner des noms pejoratifs aux religions Africaines, detruire la religion des autres et dire que la religion des autres n’en est pas n’est pas acceptable. Les pretres jouent un role politique pour l’occident. Toutes vos confessions faites a l’eglise remonte en occident ; on controle vos esprits. La statuette de Jesus et de la vierge Marie sont idolatrés et sont des objets de cultes comme nos fetiches au village. Nous sacrifions des poulet mais c’est exactement ce qui est fait a l’eglise avec le sang du Jesus Chris representé par le vin que le pretre boit et l’ Eucaristie (pain) que le pretre mange. Dans ce cas peut-on parler d’anthropophagie ou de vampirisme (boire le sang et manger le corps) ou de sorcelerie ?
    Respectons les religions des autres car en regardant de près ces rythes importés correspond exactement aux croyances Africaines d’ou ils sont tiré, Toutes ces religions importées viennent d’Afrique. Et cela est valable pour tout, On nous prend le cacao et on nous le ramene sous forme de chocolat. On nous prend le Coltan et on nous ramene de telephones portables, On nous pique le fer et on ramen des armes, des voiture, etc. etc. A un moment donné il faut arreter et retourner vers nous valuers nos croyance nos statues car toutes ces religions importé idlotre des objecys qui des statuettes (ls ctoix de Jesus), qui des livres (Coran) qui des chapelets, qui la lune quie les etoiles et ces religions on toute l’eau benite qui est une chose un objet appelez le comme vous voudrez. Les definition de Wikipedia donnée plus haut par les uns et les autres montrent qu’on joue avec les mots et c’est du pareille au meme.

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  • Le 2 mai à 09:29, par rabo En réponse à : Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

    D’après le journal en ligne LobsPaalga.com, en date du 28 avril 2021, "Suite à l’incinération de fétiches le 20 avril 2021 par la paroisse saint Pierre de Gounghin, 6 associations de la société civile ont animé un point de presse ce 29 avril pour donner leur lecture de l’acte. Elles ont condamné les faits et appelé à la création d’un haut conseil de la foi traditionnelle."
    Ce dossier prend une nouvelle tournure, avec le dépôt d’une plainte contre la paroisse de Gounghin (une interpellation préventive à l’endroit des autorités tant religieuses, coutumières que politiques).

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