Actualités :: Hermann Yaméogo, président de l’UNDD :"2004, année de toutes les (...)

A travers cet écrit adressé aux membres de son parti, l’Union
nationale pour la démocratie et le développpement ( UNDD), Me
Hermann Yaméogo distille des vérités par rapport aux enjeux
nationaux. Objectif : "faire de 2005, l’année du changement"

Chers responsables et militants de l’UNDD,

L’année 2003 s’est achevée comme elle avait commencé, dans
un contexte de tensions liées aux contestations sur la nature
des politiques intérieure et extérieure du pouvoir.

Particulièrement éprouvante pour nous et plus encore pour, la
majorité des Burkinabè, c’est l’année au cours de laquelle on
nous aura refusé le bénéfice de l’application du statut de chef de
file de l’opposition, jeté en pâture aux "patriotes", chauffés à
blanc par la diffusion en boucle de "Poudrière Identitaire".
Pourquoi ?

Parce que j’ai osé contester au chef de l’Etat la
liberté de demander la démission de Laurent Gbagbo et sa
traduction devant un tribunal pénal international, demande faite
à la veille de son départ pour assister à la validation
internationale à Kléber de l’Accord de Marcoussis
laborieusement signé et arrosé, vous vous en souvenez, de
larmes et de champagne.

2003 c’est l’année pendant laquelle,
pour avoir commis le "crime" de me rendre en Côte d’Ivoire, au
Togo, en Angola, en Afrique du Sud, j’ai été accusé de
commerce avec les ennemis du régime, ce qui nous a valu en
punition un hold-up commandité par le pouvoir et son
administration sur l’ADF-RDA qu’ensemble nous avons élevée
au rang de deuxième parti du pays et de premier de l’opposition.
Vous avez tous été meurtris par cette injustice hors normes et
d’un cynisme inqualifiable. L’objectif n’était pas seulement de
punir, c’était de le faire pour nous rendre définitivement
aphones en nous privant d’une structure d’expression au plan
national et parlementaire, en nous privant du financement
public, en réduisant notre audience internationale.

Mais la
vengeance, pour être complète, commandait de faire main
basse non seulement sur le RDA mais aussi sur l’ADF que
nous avions créée en 1991 dans un contexte révolté, au prix de
sacrifices multiples en réplique à un autre hold-up
ignominieux commis sur instigation du même pouvoir contre
notre organisation d’alors, le MDP.

Comme à l’époque de la
déstabilisation du MDP, nous avons, avec celle lancée contre
l’ADF fusionnée au RDA depuis juin 1998, préféré l’amputation à
la gangrène. Rejetant donc une guerre de 100 ans sur la
légitimité du sigle, nous avons choisi de réactiver l’UNDD et de
nous remettre immédiatement à l’ouvrage, et le résultat est
au-delà de toute espérance.

Chers camarades de lutte, je ne saurais assez vous remercier,
vous qui avez refusé le chemin facile de la vassalité politique et
de la sustentation par le pouvoir, pour emprunter celui de
l’opposition déterminée, plus dur mais tellement plus conforme
aux valeurs de dignité, de courage et d’intégrité, gorgées par
notre substrat social. Vous avez ainsi empêché que l’attentat ne
nous soit fatal. Mieux, vous avez permis qu’il se convertisse en
un préjugé favorable de l’opinion qui, malgré les sollicitations
médiatiques, la débauche d’actions multiformes, n’a pas
adhéré à la vile méthode.

Nous avons tous ensemble prouvé
qu’il était possible de contrecarrer la volonté de Blaise
Compaoré de façonner, tel un marionnettiste, le cadre et les
animateurs du jeu politique selon son bon vouvoir. Nous avons
pareillement démontré qu’un parti ne vaut pas par son seul
adoubement par le Parlement en tant que groupe parlementaire
mais avant tout par sa capacité de propositions, par sa
prégnance dans l’opinion et dans le corps électoral qui reste le
premier des pouvoirs constitutionnels.

"Blaise Compaoré réussira-t-il à dominer ses peurs ?"

Nous ne devons pas pour autant nous endormir sur nos
lauriers. C’est pourquoi il ne faut pas baisser la garde en 2004
devant un pouvoir habité par l’esprit malin.

2004 sera l’année de
toutes les vérités, elle sera l’année où on saura qui, dans le
monde médiatique et de la société civile, roule ou non en fait
pour le régime ; qui, dans le monde politique, est opposant ou
en a seulement revêtu l’apparence comme le loup l’a fait du
manteau de l’agneau ; on saura si les partenaires au
développement sont enfin prêts, au moment où les masques
tombent sur la vraie nature du régime, à s’en démarquer ou s’ils
vont continuer à fermer les yeux ; au cours de cette année, on
saura aussi si Blaise Compaoré donnera les preuves ultimes
de ses qualités d’homme d’Etat, de patriote, s’il réussira à
s’imposer à ses complimenteurs, à dominer ses peurs et ses
dépendances en évitant, après tant d’années au pouvoir,
d’imposer au peuple ce qu’il ne veut pas : une candidature de
plus.

Bref, c’est l’année où le pouvoir démontrera s’il a encore
une capacité d’écoute et s’il peut, tirant enseignement des
fractures nationales causées par ses choix de gouvernance
hasardeux, battre sa coulpe, se conformer à la volonté
populaire de dialogue et d’alternance démocratiques.
Pour ce qui nous concerne, nous devons êtres parés contre
d’autres trahisons pour nous faire revenir sur notre serment
historique du 11 juillet 2003 à Koudougou, et dans le but de
décrédibiliser toute candidature de l’UNDD.

Nos élus nationaux
comme locaux, les membres de notre Bureau exécutif national
seront encore harcelés, appâtés, menacés pour rejoindre la
cohorte des partis satellites afin de finir de convaincre l’opinion
qu’aucun candidat véritable, non parrainé, ne pourra aller sur les
brisées de celui du pouvoir. Le martyr, nous le vivrons tous à
l’UNDD, ayant été déclarés réfractaires, ennemis jurés à abattre.

La trahison viendra également des rangs de l’opposition " lato
sensu" vis-à-vis de laquelle sont déjà peaufinées et mises en
train des stratégies pour amener certains de ses
représentants, sous des prétextes fallacieux, à saper l’union de
l’opposition, à irriguer sous ses formes déguisées, tels des
affluents, le cours du pouvoir qui s’assèche dangereusement en
l’embouchure de 2005. Mais que cela, loin de nous intimider,
nous surmotive, car ce sont autant de preuves que nous
sommes craints parce qu’en réalité, positionnés dans le bon
versant, du côté de la véritable alternative aux yeux d’une opinion
qui, pour refuser de porter des oeillères, a déjà reconnu qui est
qui dans ce théâtre d’ombres.
Camarades de lutte, je vous disais que l’année 2003 aura été,
au-delà de nous, éprouvante pour la majorité des Burkinabè.

Au
cours de cette année, le peuple a subi des retombées négatives
des événements du 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire : le
déficit pour l’année 2004 devrait s’élever à 146 millions de
dollars (ce que le pouvoir reconnaît lui-même), le commerce est
en berne, la production locale handicapée, il y a grave perte de
revenus des expatriés, la filière des agrumes est en faillite et la
générosité de la pluviométrie nous a gratifié en pied de nez
d’une surproduction céréalière fort handicapante...

"Pourrissement de la situation nationale"

Le temps a fini, malgré le concert de dénégations sur notre
implication dans le conflit ivoirien, par imposer la vérité. Les
Burkinabè qui au début, s’étaient laissé ferrer par le leurre du
sentiment patriotique, sont revenus de leur méprise initiale sur
l’innocence du pouvoir. Aujourd’hui, la mobilisation patriotique
est manifestement en train de changer de camp.

C’est la raison
pour laquelle le fameux montage du coup d’Etat d’octobre a été
dédaigné, banalisé par l’incrédulité générale : point de
manifestations, de marches, pour courir au soutien de la "
République en danger". Et cette démarcation se poursuit avec
l’inculpation de Me Farama, l’avocat de Norbert Tiendrébéogo,
dans cette ténébreuse affaire.

Cette lassitude nationale, nous le savons, n’est pas
circonstancielle, elle est l’aboutissement de tout un processus
de découragement dû au pourrissement de la situation
nationale et diplomatique avec pour points d’orgue :
- l’échec de la lutte contre la pauvreté : un échec qui se
caractérise par l’augmentation à vitesse géométrique du fossé
entre la minorité des possédants et la majorité des
dépossédés, la particularité de cette fracture résidant dans
l’irrépressible volonté d’ "épater" des nouveaux riches.

Il faut
montrer avec ostentation les signes extérieurs de richesse : les
châteaux poussent comme des champignons en hivernage, les
"djandjoba"" d’antan se sont métamorphosés en des
manifestations pantagruéliques, les première, deuxième,
troisième... épouses roulent dans des 4/4 gros grains ou dans
les véhicules de sport dernier cri à faire pâlir de jalousie des
stars cotées au box-office international. Pendant ce temps, les
indicateurs au niveau des secteurs sociaux (santé, éducation,
infrastructures...) continuent de se dégrader et la paupérisation
galope sur un terreau favorable ; tout cela devant un peuple
exsangue. On sème ainsi la graine de la haine et fait le lit de la
vengeance et de prédations sociales futures. Il y a de quoi avoir
des frayeurs pour l’avenir du Burkina Faso.

- La démocratisation sur cale : cela se voit avec les velléités de
modification de la loi électorale, d’implantation des structures du
parti présidentiel dans les services administratifs, la
déstabilisation des partis politiques d’opposition, l’emprise
croissante du pouvoir sur les médias d’Etat (comme en
témoigne la suspension/suppression insultante et négatrice
des libertés publiques de "Presse dimanche"), les tentatives de
domestication des médias privés, toutes choses qui
anéantissent les perspectives d’une gestion équilibrée des
opinions comme cela devrait être de mise dans une démocratie
authentique.

"Affaires pendantes"

- Le délitement de l’armée de ses missions républicaines et
citoyennes : pour régner en maître et seigneur et préserver son
pouvoir politique et économique, le régime y a semé la graine
de la division. L’armée est devenue beaucoup plus l’armée au
service d’un clan, d’une famille, que l’armée du peuple au
service du peuple. Elle est sans perspectives réelles de
modernisation. Cette situation constitue une menace pour la
République, la constitution de clans armés dans l’armée
représentant le stade suprême de la régression de cette
institution au service de la République.

- Les mauvais choix de politique extérieure : ils ont aiguisé les
difficultés nationales que subissent en premier lieu les
Burkinabè de l’extérieur et les Burkinabè les plus démunis de
l’intérieur. Il en va ainsi du risque qu’a pris le pouvoir de soutenir,
encore une fois en intelligence avec Charles Taylor, la rébellion
en Côte d’Ivoire en voulant embarquer, sur la base de faux
témoignages, le peuple entier dans sa folle entreprise.

Aujourd’hui, ses témoignages sont battus en brèche par des
rapports d’ONG (dont le dernier en date d’International Crisis
Group "ICP" du 28/11/2003), par la communauté internationale
qui enjoint le régime de faire revenir les rebelles dans le
processus de réconciliation nationale et par "IB" qui reconnaît,
contrairement à ses propos passés, qu’il est celui qui, à partir
du Burkina Faso, a supervisé l’encadrement politique et militaire
de la rébellion. Cette politique interventionniste du pouvoir est
d’autant plus répréhensible qu’elle s’est déroulée hors
concertation et dans un cadre non constitutionnel, les élus du
peuple, les partis politiques et la société civile ayant été tenus à
l’écart.

Mais pour tout dire, cette guerre, qui a causé des pertes
en vie humaines, économiques, infrastructurelles
incommensurables, le pouvoir burkinabè l’a perdue et s’expose
maintenant à des sanctions nationales et internationales. En
prenant le parti d’impliquer la Côte d’Ivoire, le Togo, dans une
présumée tentative de coup d’Etat, alors que ses relations
n’étaient déjà pas au beau fixe avec le Ghana, le régime a
davantage accusé son isolement diplomatique. Les mauvaises
options diplomatiques se vérifient également à travers les
prises de positions du régime, à peine voilées, en faveur du
pouvoir dictatorial de Saddam Hussein.

La crainte de devoir
subir le même sort, étant placé dans l’"Axe du mal" en Afrique de
l’Ouest, l’a amené à manquer de perspicacité et à prendre des
positions qui ont été démenties par les faits même si par
ailleurs, il cherche désespérément à entrer dans les bonnes
grâces américaines.
- Une justice retenue : elle ne s’administre toujours pas en
équité, sans discrimination, elle est aux mains du pouvoir qui la
distribue sélectivement au gré de ses intérêts. Pour preuve,
l’endormissement profond des affaires brûlantes comme
l’affaire Norbert Zongo.

Chers responsables et militants,
Que ce soit à travers sa politique interne ou ses agissements à
l’extérieur, le pouvoir au cours de l’année 2003 a montré qu’il
était victime de l’usure du temps et définitivement en panne
d’imagination pour maintenir la flamme de l’espérance et de la
confiance populaires.

Mais là aussi, il ne faut pas se bercer
d’illusions pour croire que, rejeté, il en tirera les conclusions en
homme d’honneur pour jeter l’éponge. Comme dans toutes les
démocraties de façade "post-Baule", nos gouvernants vont
s’agripper au pouvoir auquel ils se sont définitivement identifiés
non seulement pour préserver leur emprise politique et
économique, mais aussi pour s’assurer des défenses et se
protéger des représailles éventuelles contre leurs méfaits
internes et externes qui sont de plus en plus exhumés.

Tant que
la lassitude nationale ne se commuera pas en défi nationale, le
pouvoir de Blaise Compaoré va faire ce qu’il a toujours fait : user
de ruses, de violences, de menaces, d’achats de conscience,
de déstabilisation dans les partis, de matraquages
médiatiques, pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam.

Sur ce point, il faut le sursaut général pan-sectoriel et national,
qui seul peut l’ébranler et entamer ce fatalisme accommodant,
dont il fait son profit, et qui a fait dire à Jacques Chirac qu’il faut
laisser les présidents africains gagner les élections sinon ils ne
vont plus les organiser.

Faire de 2005, l’année du changement"

Chers camarades de lutte, 2004, on ne le dira jamais assez,
est l’année au cours de laquelle le peuple prouvera sa capacité
intrinsèque à la résistance pour reconquérir son droit de
légitimer les institutions, pour imposer ce changement des
hommes et des méthodes de gouvernement dont dépend la
restauration des bases de la justice sociale pour un
développement partagé, dont dépend la restauration de l’espoir
national.

Il y a tant à faire : rétablir et approfondir les termes
d’une vraie démocratie où la parole revient véritablement au
peuple, rétablir l’armée dans ses missions républicaines,
promouvoir une véritable politique de redistribution sociale,
procéder à un partage des ressources et des pouvoirs par la
décentralisation démocratique au plan interne et par l’intégration
solidaire au plan sous-régional, lutter contre l’enrichissement
illicite, les délits d’initiés, les dérives maffieuses, les ingérences
extérieures, donner corps aux recommandations du Collège de
sages, restaurer l’éthique professionnelle, politique, sociale,
combattre l’impunité qui est à la base de la corrosion des
moeurs et du dérèglement des institutions démocratiques,
élever au rang d’"intouchable "la Constitution, bannir à tout
jamais la culture de la présidence à vie...

Nous devons pour ce combat régénérateur et de salut public
nous préparer au plan de notre parti mais être aussi aux
avant-postes pour amener les forces sociales et politiques du
changement à s’unir autour d’une stratégie trans-idéologique de
conquête et de partage du pouvoir. De la même manière que
nos vis-à-vis font de leur maintien vaille que vaille au pouvoir
une affaire de vie ou de mort, nous devons en faire de même
pour l’alternance véritable.

L’année 2003, quoique éprouvante pour tous, s’est terminée
avec les distances prises par le peuple vis-à-vis du pouvoir, sur
une note d’espérance. 2004, année de veillée d’armes, doit
donner encore plus de brillance à cette espérance en nous
amenant à nous mettre résolument en ordre de bataille pour
réaliser la décantation afin d’aligner nos meilleures troupes à
l’assaut de l’alternance.

Chers camarades, toute ma vie a été consacrée à la politique, à
une certaine idée de la démocratie compatible avec la cohésion
nationale. Elle a été pavée de réussites mais aussi d’erreurs
pour lesquelles je penses m’être confessé devant vous.

Je n’ai
pas les moyens de ceux d’en face pour vous payer en retour de
vos sacrifices mais s’il est vrai que la volonté peut soulever des
montagnes, j’y parviendrais en me battant comme je ne l’ai
jamais fait par le passé, avec vous et avec tous ceux qui se sont
déterminés à faire de 2005 l’année du changement, de ce
changement auquel vous aspirez tant, tout comme la majorité
des Burkinabè.

Bonne et heureuse année 2004 !

Ouagadougou, le 7 janvier 2004

Me Hermann YAMEOGO

Président de l’UNDD

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