Actualités :: Burkina/Crise énergétique : « Il est illusoire de penser que nous pouvons (...)

Dans cette tribune, l’ancien ministre de la culture, Abdoul Karim Sango, s’est exprimé sur la « crise énergétique » que vivent les Burkinabè. Dans l’urgence, il recommande au président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré de mettre en place un comité d’experts indépendants comprenant tous les anciens directeurs généraux, y compris les ministres, pour lui proposer un plan de sortie de crise à court, moyen et long terme. "Ayant tous conduit les politiques publiques en la matière, ils ont une expérience qui peut être utile en cette période. Chacun d’eux a dû développer des initiatives spécifiques pour faire face à la situation que nous vivons en ce moment", soutient-il.

« En ce mois de mars finissant, alors que les Chrétiens catholiques s’apprêtent à fêter la Pâques, les Burkinabè sont confrontés à une des pires crises énergétiques de leur histoire. La situation est devenue quasi intenable puisqu’avec les changements climatiques, la température est très élevée. Cette crise a l’avantage de placer tous les Burkinabè sur un pied d’égalité, les apatrides et les non-apatrides, ceux des villes et ceux des villages. Avec les délestages, on se souvient qu’il n’y a qu’un seul Burkina Faso pour tous.

A cela, il faut ajouter la crise sécuritaire devenue assez préoccupante en dépit des réels efforts nés du volontarisme du chef de l’Etat à résoudre la question, et de l’intervention des forces de défense et de sécurité, et des nombreux volontaires pour la défense de la patrie. On a le sentiment que les Dieux nous sont tombés sur la tête ! Tous ces signes appellent à plus d’humilité pour construire le pays dans l’unité de ces filles et fils. Face à cette crise énergétique, la solution facile, c’est de s’en prendre à la SONABEL et à ses premiers responsables. Or, le problème est plutôt systémique. La réalité est que le Burkina Faso, tout comme plusieurs pays africains, ne dispose d’aucune capacité énergétique autonome pour satisfaire sa population. Le Ghana, le Nigeria, et la Côte d’Ivoire rencontrent des difficultés, sans doute de moindre degré. Ces dix dernières années, en Afrique de l’Ouest, je peux citer le Bénin et le Sénégal comme des modèles qui ont réussi à juguler les délestages avec une relative efficacité.

Voilà pourquoi, il est illusoire de penser que nous pouvons avoir une solution exclusivement nationale. Dans l’urgence, le président pourrait mettre en place un comité d’experts indépendants comprenant tous les anciens DG, y compris les ministres, pour lui proposer un plan de sortie de crise à court, moyen et long terme. Ayant tous conduit les politiques publiques en la matière, ils ont une expérience qui peut être utile en cette période. Chacun d’eux a dû développer des initiatives spécifiques pour faire face à la situation que nous vivons en ce moment. Il n’est pas superflu de rappeler encore une fois que les défis de la nation doivent être gérés en faisant appel à l’intelligence collective des filles et fils. Le sectarisme ne produit que de la médiocrité.

Les problèmes de développement sont suffisamment complexes et exigent de l’intelligence et de l’expérience. Le premier ministre et son gouvernement devraient plutôt s’atteler à rassembler toutes les intelligences du pays pour chercher des solutions durables à ce type de défis plutôt que d’ajouter des fragilités à la fracture sociale déjà béante. Pour survoler la question, puisque je ne suis pas un spécialiste, je voudrais partager quelques idées.

A mon sens, il faut renforcer les actions régionales pour produire plus d’électricité. Le Millénium challenge Corporation était engagé sur un important projet de cette envergure. Hélas, le mécanisme a été suspendu  ! Le financement était évalué à un peu plus de 500 milliards de francs CFA. L’option du nucléaire à l’échelle nationale ne me paraît pas pertinente, peut être une perspective intéressante dans le long terme. L’Afrique du Sud qui est une des plus grandes puissances industrielles africaines, dispose de l’énergie nucléaire, mais fait face à une crise énergétique plus importante que la nôtre.

Nous devons renforcer les centrales solaires en encourageant l’investissement privé national et international avec un peu plus de flexibilité et de transparence dans les procédures. Nous devons, dans ce domaine, encourager la recherche à travers les partenariats sud-sud ou avec les institutions universitaires du nord. J’ai pu observer que nous avons de nombreuses lacunes dans la maîtrise de cette technologie.

Considéré comme une source d’énergie propre, le pays pourra sans doute bénéficier des financements internationaux liés au fonds vert. Les centrales pourraient se spécialiser par région. On pourrait disposer ainsi d’une autonomie énergétique régionale. Le choix d’investir en région doit être accompagné de facilités fiscales. Par exemple, le groupe minier Essakane dispose d’une grande capacité solaire qui devrait profiter un peu plus à la région du Sahel. Et son expérience doit être mise à profit pour les autres mines. »

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