Actualités :: Procès des atrocités de l’Occident envers l’Afrique subsaharienne : Analyse du (...)

André Mano, Pasteur et sociologue, analyse, dans les lignes qui suivent, la tribune publiée au mois de février 2024 par Issaka Sourwèma (Naaba Boalga). Cette tribune, en plus de rappeler ce que les Européens ont fait subir à nos ancêtres à travers l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme, attirait l’attention sur ce que les Orientaux ont réservé et font subir aux Subsahariens. Pour André Mano, il est essentiel que les pays africains reconnaissent et comprennent leur passé complexe, y compris les injustices commises par différentes parties, afin de façonner un avenir plus juste et plus inclusif pour leurs citoyens.

Préambule

Nous entamons cette analyse avec un profond respect envers l’article socio anthropologique critique, rédigé par le socio anthropologue et communicateur Issaka SOURWEMA Dawelg Naaba Boalga, un des premiers étudiants du Département de sociologie de l’Université de Ouagadougou dans les années 80, aujourd’hui Université Joseph Ki-Zerbo. Issaka SOURWEMA est issu de la première promotion de sociologues, tandis que nous appartenons à la deuxième. Cette référence à notre histoire commune est importante pour contextualiser notre démarche.

Nous avons été vivement motivé à analyser son article, tant il se distingue par sa précision, sa concision, sa pertinence et son utilité manifeste pour les défis actuels de notre sous-région. Notre objectif est de démontrer la pertinence de ses idées pour l’Alliance des États du Sahel et pour l’Afrique dans son ensemble. À travers cette analyse, nous chercherons à dégager des applications concrètes et des recommandations pertinentes pour notre nouvelle entité géopolitique.

Lire aussi : Procès des atrocités de l’Occident chrétien envers l’Afrique subsaharienne : Quid des cruautés arabo-musulmanes et intra-subsahariennes ?

Introduction :

L’Afrique subsaharienne, en tant que région au passé complexe et aux défis contemporains multiples, suscite un intérêt soutenu dans les domaines socio anthropologiques, historiques et politiques. À la croisée des chemins, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) tels que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se trouvent confrontés à des questions cruciales relatives à leur identité, à leur souveraineté et à leur relation avec le reste du monde, en particulier avec l’Occident et les pays arabes.

Dans ce contexte, l’analyse d’un texte socio anthropologique critique sur les atrocités commises contre l’Afrique subsaharienne offre des perspectives riches et nuancées sur les dynamiques historiques et contemporaines de la région. En examinant les valeurs socio anthropologiques sous-jacentes, telles que la conscience historique, la réconciliation interne et la promotion des droits humains, il devient possible de comprendre les défis et les opportunités auxquels sont confrontés les pays de l’Alliance des États du Sahel.

De même, l’évaluation des aspects historiques du texte met en lumière les interactions complexes entre les différentes parties prenantes dans l’histoire de l’Afrique subsaharienne, notamment les puissances coloniales européennes, les nations arabes et les sociétés africaines elles-mêmes. Cette compréhension historique éclaire les défis politiques contemporains auxquels font face les pays de l’Alliance des États du Sahel, en particulier en ce qui concerne leurs alliances et leurs politiques étrangères.

Enfin, l’analyse des implications politiques du texte souligne l’importance pour les pays de l’Alliance des États du Sahel de maintenir une cohérence entre leurs revendications d’indépendance politique, sociale, économique et financière et leurs relations avec d’autres nations, en particulier celles qui ont un passé d’esclavagisme et de racisme.

Il souligne également l’importance de promouvoir activement les droits humains et la dignité humaine dans leurs sociétés respectives et à l’échelle internationale.
En combinant ces différentes analyses, il devient possible de formuler des recommandations pratiques pour les pays de l’Alliance des États du Sahel afin de promouvoir la justice, la dignité humaine et la souveraineté africaine dans leurs relations internationales et dans leurs sociétés respectives. Ce faisant, ils peuvent contribuer à façonner un avenir plus juste et plus inclusif pour l’Afrique subsaharienne dans son ensemble.

Analyse de l’écrit

Ce texte est une analyse critique des perceptions et des récits historiques sur les atrocités commises contre l’Afrique subsaharienne, mettant en lumière les torts infligés par l’Occident chrétien, les Arabo-musulmans, ainsi que les violences intra-subsahariennes. Voici une analyse en plusieurs points :

1. Contexte historique et contemporain : Le texte situe son analyse dans le contexte de l’héritage historique de l’Afrique subsaharienne, marqué par des événements tels que l’esclavage, la colonisation, et le néocolonialisme. Il fait également référence à des phénomènes contemporains tels que le terrorisme.

2. Critique de l’Occident chrétien : L’auteur reconnaît les torts causés par l’Occident chrétien à l’Afrique subsaharienne, notamment à travers l’esclavage et la colonisation, et souligne l’importance de reconnaître ces crimes.

3. Dénonciation des cruautés arabo-musulmanes : Le texte dénonce également les cruautés infligées par les Arabo-musulmans à l’Afrique subsaharienne, notamment à travers la traite orientale, l’esclavage, et le racisme anti-Noirs, tout en critiquant le silence entourant ces atrocités.

4. Examen des violences intra-subsahariennes : En plus de critiquer les torts causés par les Occidentaux et les Arabo-musulmans, le texte souligne également les violences intra-subsahariennes, y compris l’esclavage pratiqué entre communautés africaines, mettant en lumière les complexités historiques de la région.

5. Appel à une perspective nuancée : L’auteur appelle à une approche nuancée de l’histoire de l’Afrique subsaharienne, soulignant l’importance de reconnaître les torts causés par toutes les parties impliquées, et critique les récits historiques unilatéraux qui ne mettent en lumière qu’une partie des atrocités.

6. Appel à l’action et à la prise de conscience : Le texte conclut en appelant à une dénonciation et à une lutte contre toutes les formes d’esclavage, passées et présentes, ainsi qu’à une prise de conscience des complexités historiques et contemporaines de la région.
En résumé, ce texte offre une analyse critique et nuancée des atrocités commises contre l’Afrique subsaharienne, mettant en lumière les responsabilités de différentes parties prenantes et appelant à une réflexion approfondie sur l’histoire et les enjeux contemporains de la région.

Quelle appréciation peut-on faire en termes de valeurs socio anthropologiques, historiques et politiques, alors que l’Afrique est à la croisée des chemins ?

L’évaluation en termes de valeurs socio anthropologiques, historiques et politiques dans le contexte où l’Afrique est à la croisée des chemins est cruciale pour comprendre les défis et les opportunités auxquels le continent est confronté. Voici une appréciation dans chacun de ces domaines :

1. Socio anthropologique : Ce texte met en lumière les valeurs de conscience historique, de réconciliation interne et de dénonciation de l’injustice. Il souligne l’importance pour les sociétés africaines de reconnaître et de comprendre leur passé complexe, y compris les violences intra-subsahariennes, pour construire un avenir plus juste et plus inclusif. Les valeurs de respect des droits humains et de dignité pour tous, indépendamment de l’origine ethnique ou religieuse, sont également mises en avant.

2. Historique : L’analyse historique présentée dans le texte offre une perspective critique sur les événements passés qui ont façonné l’Afrique subsaharienne. Elle met en lumière les interactions complexes entre les différentes parties prenantes, notamment les puissances coloniales européennes, les nations arabes et les sociétés africaines elles-mêmes. Cette appréciation historique permet de mieux comprendre les dynamiques contemporaines et les défis auxquels le continent est confronté.

3. Politique : Sur le plan politique, ce texte soulève des questions importantes concernant la gouvernance, la responsabilité des dirigeants et la lutte contre l’extrémisme violent. Il met en évidence la nécessité pour les dirigeants africains de reconnaître et de dénoncer toutes les formes d’injustice, y compris celles perpétrées à l’intérieur du continent. Il appelle également à une action concertée contre les injustices persistantes et à la promotion de valeurs telles que la justice sociale et la solidarité entre les nations africaines.

Dans l’ensemble, cette appréciation met en lumière l’importance d’une approche holistique et équilibrée pour comprendre les enjeux socio anthropologiques, historiques et politiques auxquels l’Afrique est confrontée à un moment crucial de son histoire. Cela nécessite la reconnaissance de la complexité du passé du continent, ainsi que l’engagement en faveur de valeurs telles que la justice, la réconciliation et la solidarité pour façonner un avenir meilleur pour tous les Africains.

Quelle est son applicabilité pratique pour les Africains ?

L’applicabilité pratique de ce texte pour les Africains réside dans plusieurs aspects :
1. Conscience historique : En prenant en compte les différentes dimensions historiques des atrocités commises contre l’Afrique subsaharienne, les Africains peuvent développer une conscience historique plus nuancée et complète. Cela peut les aider à mieux comprendre les origines des défis contemporains auxquels ils sont confrontés.

2. Réconciliation interne : En reconnaissant les violences intra-subsahariennes, telles que l’esclavage pratiqué entre communautés africaines, les Africains peuvent entreprendre des efforts de réconciliation interne et de guérison des divisions héritées du passé.

3. Dénonciation de l’injustice : En critiquant ouvertement les atrocités commises par différentes parties, y compris l’Occident chrétien et les Arabo-musulmans, les Africains peuvent contribuer à une prise de conscience mondiale de l’injustice historique et contemporaine à laquelle le continent a été confronté.

4. Mobilisation pour le changement : En appelant à une action contre toutes les formes d’esclavage, passées et présentes, les Africains peuvent se mobiliser pour lutter contre les injustices persistantes et œuvrer en faveur du respect des droits humains et de la dignité pour tous les individus, quelle que soit leur origine.

5. Promotion de la compréhension mutuelle : En adoptant une perspective nuancée et équilibrée sur l’histoire de l’Afrique subsaharienne, les Africains peuvent contribuer à promouvoir la compréhension mutuelle et la réconciliation entre les différentes communautés, nations et cultures du continent.

En somme, l’applicabilité pratique de ce texte pour les Africains réside dans sa capacité à éclairer les consciences, à encourager la réconciliation, à mobiliser pour le changement et à promouvoir une compréhension mutuelle plus profonde et plus respectueuse de l’histoire et des enjeux contemporains de l’Afrique subsaharienne.

Lire aussi : Retour sur la tribune d’Issaka Sourwèma Naaba Boalga sur le « Procès des atrocités de l’Occident envers l’Afrique subsaharienne… » : Une contribution fort appréciable

Quelle est l’applicabilité de ce texte pour les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) que sont le Mali, le Burkina Faso et le Niger qui revendiquent leur indépendance politique, sociale, économique, financière et leur africanité face à l’Occident, mais qui en même temps passent des accords avec certains pays arabes esclavagistes ?

L’applicabilité de ce texte pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), tels que le Mali, le Burkina Faso et le Niger, est significative à plusieurs niveaux :

1. Conscience historique et responsabilité : Le texte encourage la reconnaissance des injustices historiques, y compris celles perpétrées par des nations arabes esclavagistes. Les pays de l’Alliance des États du Sahel pourraient utiliser cette prise de conscience pour évaluer leurs propres relations avec ces pays et prendre des mesures pour promouvoir la justice et la dignité humaine.

2. Politique étrangère et alliances : En revendiquant leur indépendance politique, sociale, économique, financière et leur africanité, les pays de l’Alliance des États du Sahel expriment un engagement envers leur propre souveraineté et leur identité africaine. Le texte souligne l’importance de maintenir une cohérence entre ces revendications et les alliances politiques et économiques établies avec d’autres pays, y compris ceux qui ont un passé d’esclavage et de racisme.

3. Promotion des droits humains : En dénonçant les injustices passées et présentes, y compris l’esclavage et le racisme, le texte encourage les pays de l’Alliance des États du Sahel à promouvoir activement les droits humains sur leur territoire et à l’étranger. Cela pourrait impliquer des efforts pour renforcer les lois contre l’esclavage et la discrimination raciale, ainsi que des actions diplomatiques pour sensibiliser l’opinion publique et faire pression sur les pays partenaires pour qu’ils respectent les droits humains.

4. Éducation et sensibilisation : Le texte met en évidence le besoin d’une éducation historique complète et équilibrée, qui inclut la reconnaissance des injustices perpétrées par différentes parties, y compris les Africains eux-mêmes. Les pays de l’Alliance des États du Sahel pourraient intégrer cette perspective dans leurs programmes éducatifs pour promouvoir une compréhension nuancée de l’histoire et des enjeux contemporains.

En résumé, ce texte offre des pistes pour les pays de l’Alliance des États du Sahel afin de promouvoir la justice, la dignité humaine et la souveraineté africaine dans leurs relations internationales et dans leurs sociétés respectives. Cela nécessiterait une prise de conscience, des actions politiques et diplomatiques, ainsi qu’une éducation et une sensibilisation accrues sur les questions de droits humains et d’injustice historique.

Quelles recommandations pratiques alors formuler pour les pays de l’AES ?

Voici quelques recommandations pratiques pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) :

1. Promouvoir une éducation historique complète et équilibrée : Les pays de l’AES devraient intégrer dans leurs programmes éducatifs une perspective historique nuancée qui inclut la reconnaissance des injustices passées commises par différentes parties, y compris les sociétés africaines elles-mêmes. Cela aiderait à renforcer la conscience historique et la compréhension des défis contemporains.

2. Renforcer les lois contre l’esclavage et la discrimination : Les pays de l’AES devraient prendre des mesures concrètes pour renforcer les lois nationales contre l’esclavage, la discrimination raciale et toutes sortes d’atteinte aux droits humains perpétrées sur la base des différences culturelles ou morphologiques, ainsi que pour assurer leur application effective. Cela pourrait inclure des campagnes de sensibilisation, des formations pour les forces de l’ordre et des mécanismes de protection des victimes.

3. Promouvoir la justice sociale et la solidarité entre les nations africaines : Les pays de l’AES devraient renforcer leur coopération régionale et leur solidarité en matière de développement économique, social et politique. Cela pourrait inclure la création de partenariats économiques équitables, la promotion de la paix et de la stabilité régionales, ainsi que le soutien aux initiatives visant à renforcer la gouvernance démocratique et les droits humains.

4. Mener des actions diplomatiques pour sensibiliser et faire pression sur les pays partenaires : Les pays de l’AES devraient utiliser leur influence diplomatique pour sensibiliser les pays partenaires aux questions des droits humains, de l’esclavage et de la discrimination. Cela pourrait inclure des démarches diplomatiques, des résolutions au niveau international et des efforts de plaidoyer auprès des organisations régionales et internationales.

5. Investir dans des programmes de réconciliation et de justice transitionnelle : Les pays de l’AES devraient investir dans des programmes de réconciliation et de justice transitionnelle pour traiter les traumatismes historiques et promouvoir la réconciliation interne. Cela pourrait inclure des processus de vérité et de réconciliation, des réparations pour les victimes, ainsi que des initiatives visant à promouvoir la cohésion sociale et l’inclusion.

En mettant en œuvre ces recommandations, les pays de l’Alliance des États du Sahel pourraient contribuer à promouvoir la justice, la dignité humaine et la souveraineté africaine dans leurs sociétés respectives et à l’échelle internationale. Ces actions aideraient à façonner un avenir plus juste et plus inclusif pour l’Afrique subsaharienne dans son ensemble.

Conclusion

En conclusion, l’analyse du texte socio anthropologique sur les atrocités commises contre l’Afrique subsaharienne offre des perspectives importantes pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), tels que le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En examinant les valeurs socio anthropologiques, les dynamiques historiques et les implications politiques du texte, plusieurs recommandations pratiques émergent pour guider les actions des pays de l’AES.

Il est essentiel que ces pays reconnaissent et comprennent leur passé complexe, y compris les injustices commises par différentes parties, afin de façonner un avenir plus juste et plus inclusif pour leurs citoyens. Cela nécessite un engagement en faveur de la promotion des droits humains, de la justice sociale et de la solidarité entre les nations africaines.

Les pays de l’AES doivent également renforcer leurs lois contre l’esclavage et la discrimination, promouvoir la coopération régionale et mener des actions diplomatiques pour sensibiliser et faire pression sur les pays partenaires. En investissant dans des programmes de réconciliation et de justice transitionnelle, ils peuvent traiter les traumatismes historiques et promouvoir la réconciliation interne.

Mettre en œuvre ces recommandations augmentera la probabilité pour les pays de l’Alliance des États du Sahel de contribuer notablement à façonner un avenir où la dignité humaine, la justice et la souveraineté africaine sont pleinement respectées et réalisées. Ce faisant, ils peuvent jouer un rôle crucial dans la construction d’un avenir plus juste et plus inclusif pour l’Afrique subsaharienne dans son ensemble.

André MANO, Pasteur sociologue

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