Actualités :: Crise au CDP-Houet : Mêmes causes mêmes effets

La houle politique qui a amené à se déporter des militants du Congrès pour la démocratie et le progrès de la province du Houet au siège du CDP à Ouagadougou, le 31 août dernier, a suscité des commentaires. Le dernier en date est cette "lecture critique" d’un cédépiste de Bobo, dont teneur suit.

Depuis quelque temps, les militants du mégaparti, le CDP, ont renoué avec les traditionnelles querelles de clocher pour occuper le poste de maire de Bobo.

Toute chose qui, pour les non avertis, ne dit pas pour l’instant son nom. Deux camps se dessinent. Le premier, sous-tendu par les partisans de l’actuel locataire de la mairie, Koussoubé Boyo Célestin, dont l’installation officielle en 2001 avait été mise à rude épreuve, occasionnant des morts d’hommes du fait de bandits politiques.

Le second camp, animé par le « remuant » Sanou Salia, très proche d’Alfred Sanou, ancien maire, et de Thomas Sanou, commissaire régional du CDP et président du Conseil économique et social (CES). La responsabilité du parti semble encore pleine et entière dans cette crise.

En août 2003, le CDP, au grand dam de ses détracteurs, sortait grandi ou reconstitué après son 2e congrès ordinaire. L’implosion tant souhaitée par l’opposition n’eut pas lieu. Cependant, ce congrès a connu quelques insuffisances. On citera entre autres le retour à la province comme circonscription électorale, en lieu et place de la région ; le mode de nomination des trois premiers responsables de la section par la Direction du parti ; etc.

Aujourd’hui, force est de constater que des militants sont très frustrés face au renouvellement des structures du parti, et les causes sont légion : la nomination ou la désignation des membres du bureau politique a été aussi entachée d’irrégularités très graves, la reconduction systématique de tous les anciens membres.

Il s’est trouvé qu’aux dernières élections législatives, certains membres, qui n’ont plus été retenus sur la liste électorale, ont battu ouvertement campagne contre le CDP. Des militants, est on tenté de dire, de seconde zone se sont retrouvés, on ne sait par quelle acrobatie, membres du bureau politique national. Même si l’élargissement des membres du bureau politique a été salutaire, des interrogations se posent toujours sur certains cas, qui continuent de frustrer bon nombre de militants sincères. Nous ne cesserons de le dire, en politique, aucun électorat n’est définitif. Les hommes, de par leur nature, sont versatiles. Il est bon que le CDP fasse beaucoup attention, cesse de fonctionner comme les structures des Comités de défense de la révolution (CDR), dont certaines personnes portent toujours les germes. Les cas de la province du Houet et de la ville de Sya en sont une parfaite illustration.

Un chat est un chat

Depuis le top de départ du renouvellement des structures du parti et au regard des nouvelles directives, l’occasion était venue pour certains de régler leur compte, politiquement, à certaines « têtes brûlées », qui ont osé à un moment donné contester le choix du candidat prétendu proche des premiers responsables du parti.

A Bobo, on se rappelle l’hégémonie Koussoubé Célestin, Alfred Sanou. Ce dernier, battu dès les primaires dans son secteur 5, s’est retrouvé par la force des choses dans la course pour la mairie. Il parviendra même à la finale, où il se fera battre de justesse par Koussoubé. La suite a connu un épilogue politico-juridique qui s’est soldé par la victoire de Koussoubé.

Depuis lors, les démons de la politique n’ont cessé de rendre la tâche difficile à l’enfant terrible de Djiéré. D’abord, son installation fut troublée par une horde de bandits manipulés par les partisans d’Alfred Sanou et de l’opérateur économique Barro Djiengueneba, prétendu parrain politique de Koussoubé. A l’époque, même l’évêque Anselme Sanou avait pris position et ne jurait que par son protégé et frère, Alfred Sanou.

Pour la première fois dans l’histoire de Sya, force est restée à la loi. Le ministre Djibril Bassolé n’est pas resté insensible à la mise à mort sauvage de son agent de police. L’ancien maire, dont la responsabilité avait été fort engagée fut écroué à la prison de Bolomakoté avec ses complices dont Madina Sy. Ce n’est certainement pas le procureur de Bobo qui dira le contraire.

Après des interventions ethnico-politiques, tous furent relâchés. Jusqu’à preuve du contraire, le dossier n’a pas été vidé. L’opposition burkinabè, par myopie, n’avait pas été vigilante sinon la liste régionale des Hauts-bassins aurait pu être rejetée par la CENI parce que sur la liste CDP, le candidat Alfred Sanou avait une affaire pendante en justice.

Balamine, cet autre prétendant supposé proche de Salif Diallo, a aussi été battu à plate couture. Pour le moment, nous évitons volontairement les détails. Salia Sanou, ancien CDR devant Dieu, planton de son état, élu trois fois député par la force des choses, à l’époque des faits, en désespoir de cause et à la dernière minute, avait pris fait et cause pour Koussoubé.

Aujourd’hui, à la faveur d’une prétendue réconciliation avec ses soi- disant frères bobo mandarin, Salia jure sur tous les toits qu’il faut que le prochain maire soit « un Bobo ». A cause de ses appétits gloutons, au lieu de chercher un prétendant sérieux parmi ses frères intellectuels, l’homme, aveuglé par ses trois mandats de député, pense et cultive déjà l’envie d’être le prochain locataire de la mairie.

Ses deux principaux appuis au niveau parental et politique sont Alfred Sanou, qui a déjà montré ses limites objectives à la tête de la mairie, Thomas Sanou, président du CES, qui ne cesse de chanter à tout vent qu’il est un des fidèles amis du Président Blaise Compaoré, mais qui, en réalité, n’a pas de base sociale à Bobo-Dioulasso, ni dans son village natal.

A la vérité, ce sont ces trois complices qui, sans convoquer les autres membres du bureau politique de la province, ont désigné à leur tête les trois pseudo-responsables de la section pour mieux contrôler les structures afin de faire main basse sur les municipales prochaines.

Quels calculs machiavéliques ! La diversion ne passera pas. Président du CES, Thomas Sanou n’a pas encore compris qu’on lui a trouvé une porte honorable pour quitter la scène politique. Cet homme, sur le plan politique, social et intellectuel, n’a jamais rien apporté au CDP. Les résultats des dernières élections dans son fief en sont un exemple patent.

Spécialiste en coups bas

Quant à Salia Sanou, notoirement reconnu pour ses frasques et ses intrigues, il est spécialisé dans les coups bas. Quand tout va bien, l’homme est malade. Il faut qu’il sème toujours la confusion pour qu’on fasse attention à lui. Il a eu au moins l’avantage d’être un agitateur dans sa langue natale.

Mais il est temps aussi que le CDP cesse de faire tout le temps la promotion des analphabètes et des médiocres. La province du Houet regorge d’éminents intellectuels. Aussi, le tandem Bobo/étrangers doit être banni à jamais. A l’heure actuelle, ce n’est pas du tout évident que, numériquement, les prétendus autochtones soient majoritaires à Bobo- Dioulasso.

Cette ville est une ville cosmopolite, réputée pour sa légendaire hospitalité, où tous ceux qui y vivent et qui veulent son développement véritable sont accueillis à bras ouverts. On ne saurait traiter le régime de nos voisins ivoiriens de xénophobe alors que chez nous, au Faso, des individus assoiffés de pouvoir cultivent l’ethnicisme, le régionalisme à outrance. La question des étrangers doit cesser dans les discours politiques.

Si le choix des hommes n’est pas l’objet d’un consensus, une implosion ne serait pas impossible. Lorsque Salia Sanou, député, déclare tout de go dans la presse que les autres ne sont rien, il se trompe. La grogne est partie d’abord du secteur 3 Tounouma, quartier des autochtones.

15 secteurs sur 23 ont réagi négativement sur la légitimité de ces responsables fantoches. Le CDP, dans sa majorité à Bobo, est avec le camp Koussoubé. Les gens de Bobo souffrent de Thomas Sanou et de Salia Sanou. Le leadership ne se fabrique pas. Il faut avoir une étoile pour éviter les blocages.

La loi de la nature ne peut résoudre tous les problèmes. Il est aussi temps que les gens cessent de parler et d’agir au nom de Blaise Compaoré. Il a des services de renseignements généraux qui devraient être en mesure de bien le situer sur le choix des hommes à Bobo-Dioulasso.

Salia devrait avoir honte de déclarer que le maire Koussoubé est PDP/PS. Koussoubé est un intellectuel honnête de très haut niveau et un industriel. Il a acquis la quasi-totalité de ses biens avant d’être maire de l’arrondissement de Konsa et maire de Bobo. Il n’a jamais été mêlé, comme d’autres, à des blanchiments d’argent ou autre dossier CEMOB.

Monsieur Salia Sanou, peut-on comparer la boue à l’eau potable ? A vous entendre parler, on comprend aisément que vous ignorez le fonctionnement de votre propre parti. Votre idole Thomas Sanou, de par sa position de président du CES, est disqualifié de ses fonctions de commissaire régional du parti parce qu’il y a incompatibilité entre les deux fonctions. Juliette Bonkoungou pourrait vous donner un code de bonne conduite là-dessus.

Vous citez Sanogo Sori comme un prisonnier qui vient de quitter la prison. Soyons sérieux ! Que direz-vous alors du député Alfred Sanou qui est un ancien locataire de la prison de Bolomakoté, dont le dossier n’est pas vidé jusque- là ? Vous, Salia, votre dossier est chez maître Anicet Somé sous la deuxième mandature ; n’eût été votre immunité parlementaire, vous seriez toujours en train de méditer sur votre sort avec les pensionnaires de Bolomakoté. Sanou Aldjouma, ancien directeur du cabinet d’Alfred Sanou, licencié d’Air Afrique pour vol, a été nommé membre de la section.

Sanogo Sidi, ancien prisonnier aussi, dont le dossier est toujours au commissariat de Konsa, a été nommé aussi secrétaire général de la sous-section de Dafra, la plus grande commune de Bobo.

Nous pensons qu’il est encore temps que la Direction politique du parti prenne ses responsabilités, pour mettre un terme aux gesticulations et aux hérésies des camardes Sanou Salia et autres, qui n’ont pas encore compris que le CDP est un parti et non un Groupement d’intérêt économique (GIE). Les militants CDP du Houet ne sont plus prêts à obéir aux diktats de politiciens véreux, champions de la pagaille, spécialistes des intrigues et en mal de popularité à Bobo. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent.

Fatogma TRAORE,
Militant CDP au secteur 21 de Bobo-Dioulasso
Tel : 20 97 12 41

Burkina : « La politique politicienne donne l’image de la (...)
Lutte antiterroriste en Afrique : Les dirigeants (...)
Burkina Faso : Est-ce que nous ne mélangeons pas tout (...)
Burkina : Complainte sur ma patrie en péril
Essai : Acteurs de résolution de conflits dans la (...)
Burkina : L’illusion d’une réconciliation nationale
Demande de pardon de Blaise Compaoré : « Cet acte (...)
Demande de pardon de Blaise Compaoré : Puisqu’il faut (...)
Situation nationale : « Mes vérités au lieutenant-colonel (...)
L’Afrique face au choc de l’inflation : Une vague de (...)
Burkina : Entre électoralisme et coups d’Etat ou (...)
Burkina Faso : Tiécoura Fofana invite les Burkinabè à (...)
Burkina Faso : Le président Damiba face à la raison (...)
L’humiliation de Blaise Compaoré
Burkina Faso : La Réconciliation n’est pas un spectacle (...)
Quand on se trompe volontairement
Burkina : L’arrivée de Blaise Compaoré n’est pas une (...)
Crise au sein du CDP : Un citoyen appelle les (...)
Burkina : Il faut sonner la fin de la récréation au (...)
Burkina : Sortir de la crise sécuritaire en donnant une (...)
Association des Journalistes Sportifs du Burkina : Le (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 5103

Les plus regardées



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés