Actualités :: Présidentielle de 2005 : "Arrêtez cette campagne d’intoxication (...)

Le débat sur la vie de la nation se cristalise de plus en plus sur
l’élection présidentielle de 2005. Le président du Comité exécutif
du Cercle d’éveil, Evariste Faustin Konsimbo, estime qu’il est
"grand temps que la campagne d’intoxication et d’insulte cesse"
et que le peuple jouisse pleinement de ses droits et devoirs
électoraux.

"Au lendemain du drame de Sapouy, la révision de la
Constitution en date du 11 avril 2000 reposait sur un consensus
politique dont la disparition est quasi entérinée par la
candidature de l’actuel chef de l’Etat ( Blaise Compaoré) à
l’élection présidentielle de 2005 au regard de la campagne de
conditionnement des esprits allant dans ce sens en cours
actuellement.

Pour tous les vrais démocrates qui avaient pris à
la lettre ce consensus, c’est évidemment un revers qu’il faut
dénoncer avec la plus grande énergie comme étant une
nouvelle trahison d’un engagement pris devant et pour le peuple
burkinabè. S’il y a sans doute matière à débat constitutionnel, il
ne faudrait surtout pas que cela devienne une diversion qui
finisse par occulter les véritables enjeux de la période qui va
s’écouler jusqu’en novembre 2005 (date de l’élection
présidentielle).

En premier lieu, il faut que toutes les forces démocratiques de
ce pays se mobilisent pour donner ,contre vents et marées, au
peuple toutes les conditions nécessaires à une expression
démocratique complète ; il faut rappeler sans cesse que
l’alternance est le centre vital de tout processus démocratique et
que cette alternance ne peut arriver sans que l’opposition ne se
donne les moyens d’y parvenir.

"On joue avec le feu"

Il faut encore rappeler que pour que le peuple exprime sa
volonté d’alternance, c’est à l’opposition de choisir parmi toutes
ses ambitions qui l’animent, des candidats dont l’envergure
politique soit en mesure de cristalliser les préoccupations
quotidiennes ( besoins) des hommes et des femmes de ce
pays.

Il faut enfin rappeler que toute élection suppose que le peuple
lui-même soit mobilisé et qu’il soit en état d’exprimer sa volonté,
c’est-à-dire que l’on fasse tout pour qu’il s’inscrive sur les listes
électorales, qu’il comprenne le fonctionnement d’un scrutin, qu’il
participe aux débats et enfin qu’il vote en faveur des candidats
capables de changer sa vie concrète de tous les jours.

Au regard de ces trois conditions, les dernières déclarations
concernant la providentialité du candidat au pouvoir perdent
toutes leurs pertinences et montrent combien des acteurs de la
vie sociale pourtant voués à la réserve participent
volontairement ou non à une sorte d’intoxication politique :
chacun sait que les cimetières sont remplis de grands
Hommes indispensables, mais chacun sait aussi qu’aucun
pays, aucune nation, aucun peuple n’a cessé de vivre parce que
l’un de ses fils avait disparu prématurément ou avait quitté le
pouvoir parce que son mandat était arrivé à terme.

Sans
compter que ce type de discours est en fait une insulte au génie
d’une nation et à sa capacité de trouver dans ses milliers de fils
et filles (douze millions) d’autres individus capables de présider
à son destin. C’est surtout une façon de jouer avec le feu et
d’ouvrir la voie à une expression politico-sociale en dehors du
cadre démocratique (coup de force, putsch, manifestations,
désobéissance civile, guerre civile etc.), qu’il est ensuite facile
de stigmatiser sous la forme d’un procès alibi.

"Que le peuple rentre enfin en politique !"

Il est donc grand temps que cette campagne d’intoxication et
d’insultes cesse, que les « « éminentes » » personnalités
reprennent leurs esprits et que l’ensemble des forces
politiques, pouvoirs et opposition confondus, engagent un
processus visant à donner au peuple burkinabè les moyens de
s’exprimer de la façon la plus transparente lors du prochain
scrutin présidentiel.

Au moins faut-il que tous les acteurs du monde politique aient
l’humilité de reconnaître qu’en démocratie c’est le peuple et lui
seul qui décide, qui a la qualité pour changer sa vie
quotidienne, incarner ses aspirations et le guider sur la voie du
développement ; en dehors de ce cadre là, point de salut en
démocratie.

Si la politique c’est d’abord s’occuper des
conditions dans lesquelles les gens vivent, s’éduquent, se
soignent, travaillent, se déplacent, etc. et non pas mettre au
service d’une minorité, (d’un clan, d’un groupuscule agglutiné
autour d’un individu par ailleurs mortel qu’on voudrait faire
passer aux yeux de l’opinion pour indispensable à la nation
entière) , les moyens que nous donnent à la fois le travail de la
nation et les aides apportées par l’extérieur, il faut absolument
inviter les classes populaires à exprimer leurs revendications en
termes politiques et à jouer leur rôle dans le processus
démocratique.

Pour le peuple, il n’y aura de changement réel que si on est
capable de faire de lui un acteur incontournable de la vie
politique, et non de le rendre spectateur comme
malheureusement c’est le cas actuellement. Voilà à nos yeux ce
qui doit être dès aujourd’hui la priorité absolue de tous les vrais
démocrates de ce pays :
Que le peuple rentre enfin en politique."

Evariste Faustin Konsimbo,
Président du Comité exécutif du Cercle d’éveil

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