Actualités :: Sécurité au Burkina : Me Hermann Yaméogo rappelle le délai de « trois mois (…)

Ceci est une tribune de Me Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) relative à la situation nationale. Il se penche sur le délai donné par le président de la transition, capitaine Ibrahim Traoré, aux premières heures du coup d’État.

« A l’heure où l’encerclement terroriste en cours de la capitale ne fait plus de doute, que toutes les 13 régions du Burkina Faso font l’objet d’infiltrations avec constitutions de bastions par endroits, l’une des hantises partagées reste le terme du délai de 3 mois solennellement donné par le président Traoré pour terminer le boulot, que son prédécesseur n’a pas réussi à boucler en 8 mois. Le temps inébranlable fait son œuvre soulevant cependant beaucoup d’anxiétés à l’orée du dernier mois. Quelles seront les suites du bilan/compte résultat ?

Les plus sceptiques le reconnaissent, non seulement depuis le serment le pays n’a pas fait la différence définitive sur le terrain militaire, mais sa situation s’est en plus aggravée en raison de mauvais choix politiques et par dessus tout de l’incroyable écartement du pardon et de la méprise au sujet des déterminants de la réconciliation sur l’incontournable union sacrée, que même la force des baïonnettes ne saurait imposer. Voilà le pays maintenant de surcroît en passe accélérée de toucher le fond et qui plus est, sans espoir de remonter au bout du compte en surface selon la règle .

Il faudrait alors, abandonnant tout esprit de feintise, de mauvais alois notamment messianique, se convaincre que : Ni le buzz autour des projets de déstabilisations ( euphémisme de tentatives de coup d’Etat ), ni les suspensions de radios, ni les velléités de déterrer les CDR et de les revêtir de nouveaux atours, ni l’accentuation de la gouvernance par intimidation et autres ingéniosités populistes désacralisantes à venir, ne déclasseront dans l’ordre d’attente des prestations prioritaires, ce dépôt -obligation pour lequel le pays tout entier retient son souffle. Et pour cause !

La majorité silencieuse généralement pétrie de patience et du sens des responsabilités comme relevé, ne se fait pas d’illusions à ce sujet et n’est plus prête à s’en laisser compter. En son sein de plus en plus d’éléments commencent à narguer le partenariat pouvoir/ rue et ce, en exhibant des capacités de répliques beaucoup plus basées sur les attributs de la légitimité démocratique et constitutionnelle. Il faut en prendre la juste mesure pour éviter devant la non exécution de l’impératif contractuel national de résultat et non de moyens, ce choc possible du pire annoncé et vis à vis duquel apparemment certains maximalistes ou esprits délurés s’y préparent, juste pour pouvoir continuer dans l’accaparement politique, militaire, économique et religieux de l’Etat. Ils pensent ainsi après avoir obtenu la mise au frigo de la réconciliation compromettante pour leurs ambitions et affaires mieux préserver leurs intérêts personnels immérités.

La faîtière des autorités coutumières, religieuses et morales prodige reconnue et célébré au delà des frontières nationales, ultime garde-fou dans notre contexte particulier, devrait au moment où résonne le tocsin même aux plus durs d’oreille, dépasser les déconsidérations et menaces dont elle est l’objet pour reprendre son bâton de pèlerin. Ce n’est pas à elle qu’il faut enseigner le pardon et la réconciliation qui font partie intégrante des livres saints et des coutumes consacrées par les:mannes des ancêtres.

L’histoire nationale ( notamment la plus récente liée à la démission du LCL Damiba sur la base d’un historique compromis ), porte divers témoignages de ses engagements salutaires envers la patrie. Elle devrait en ce moment le faire avec encore plus de courage et d’esprit de sacrifice, pour sinon rattraper le coup au moins en amortir les probables commotions à venir. Des prosélytes et émules l’accompagneront dans cette juste voie car il y va non seulement du droit à la différence politique, religieuse, artistique, et que sais- je encore, mais surtout du droit au droit et à celui pour nous tous et surtout pour la nation de vivre. »

Me Hermann Yameogo

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