Actualités :: Mobilisation et contribution citoyennes : Faisons autrement les choses (...)

Pour Singapinda Zagré, les autorités burkinabè devraient créer, tout comme les appels aux contributions financières, un cadre pour appeler les autres formes de contributions, ou élargir le champ des Volontaire pour la défense de a patrie à d’autres prestations. Lisez plutôt.

Depuis 2016, les gouvernements successifs n’ont cessé d’appeler à l’unité nationale et à la contribution citoyenne pour faire face à l’hydre terroriste qui nous ébranle. Ainsi, il y a eu conjointement, le recrutement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les appels aux contributions financières. Le gouvernement de la transition a récemment publié les comptes bancaires et numéros Mobile Money pour appeler les citoyens tant au niveau national qu’à l’international à contribuer financièrement.

C’est vrai que nous vivons une crise dont l’ampleur nous impose une vision unipolaire des problèmes du pays. En effet, toutes les forces (ressources) sont focalisées actuellement sur cette gestion conjoncturelle et il ne nous reste plus rien pour penser à la dimension structurelle, celle qui doit apporter les solutions durables aux causes profondes.

Alors que les principales causes de la crise sont la conjugaison de plusieurs facteurs dont l’exclusion, la déchéance de nos valeurs morales , l’égo surdimensionné de l’élite politico-intellectuelle, notre incapacité à nous mobiliser pour rêver, bâtir grand et le contexte géostratégique d’un nouvel ordre mondial.
Avec la relance de cet appel, le MPSR2 refait la même chose et les Burkinabè s’attendent naturellement à des résultats différents. Dans ce contexte, penser autrement est mal perçu et même traité d’apatride.

Quel a été le bilan de ces contributions antérieures ? Quelle utilisation a été faite avec ces contributions ? Quels résultats avons-nous obtenus ?
Dans ces habitudes à la peau dure, il faut noter deux insuffisances. D’une part, on a réduit la contribution citoyenne à "dieu argent" et aux matériels. C’est vrai, c’est leur "zamana". Tout se résume à l’argent aujourd’hui. D’autre part, on a résumé les besoins urgents du pays à l’argent et considéré ce dernier comme unique solution à la crise que le pays traverse. Ce qui est totalement faux.

De facto, on exclut de ces contributions, tout contributeur, citoyen qui n’a pas l’argent pour alimenter ces différents comptes et celui qui ne peut pas s’enrôler comme VDP. C’est à dire que le pauvre ou pour être précis, celui qui n’a pas l’argent d’une part et d’autre part, celui qui est inapte pour être VDP dans sa forme actuelle, n’a rien à offrir ou "on ne veut rien de lui". Déjà, les assises des forces vives pour la charte ont été exclusives tant dans la forme que dans le fond.

Ainsi, de façon consciente, on prive le pays de contributions autres que l’argent, voire de plus grandes valeurs que l’argent et on exclut certains citoyens, peut-être même les plus patriotes. Ce sont par exemple les idées, la force physique de travail, la production intellectuelle. C’est tout sauf promouvoir les valeurs incarnées par feu Thomas Sankara dont les tenants du pouvoir se prévalent.

Cette guerre ne se gagnera pas seulement au prix des armes à feu et de l’argent. Il y a des expériences encore brulantes, les USA avec leur super armée sur tous les plans en Afghanistan et plus loin au Viêt Nam.

Cette guerre se gagnera au prix de la synergie des armes les plus insoupçonnées comme l’intelligence collective . Avec cette crise, au lieu de tout peindre en noir, il faut aussi exploiter cette opportunité qu’elle nous offre pour nous assumer et faire les choses autrement. C’est une occasion de nous mettre ensemble, sans exclusion aucune, pour imaginer le nouveau Burkina avec nos moyens. N’oublions pas qu’un véhicule plein de carburant sans une destination, ne sert pas à grand-chose.

Aujourd’hui, nous avons tout à notre disposition : nos expériences passées, celles des autres et les nouvelles technologies nous offrent des possibilités insoupçonnées. Ce qui manque et a toujours fait défaut, c’est l’intelligence collective, pour rêver ensemble et le réaliser. Arrêtons les pensées du genre « si tu es fort, viens faire ton coup et gères le pays comme tu veux » pour emprunter les termes de l’autre... Jusque-là, nous n’avons pas encore tiré les leçons de cette crise.

Il est donc urgent, de créer tout comme les appels aux contributions financières, un cadre pour appeler les autres formes de contributions, ou élargir le champ des VDP à d’autres prestations. Il s’agira de créer le cadre, un environnement pour accueillir les contributions intellectuelles, forces physiques. Le Burkina regorge tellement de talents dans tous les domaines, armés d’expertises tant au niveau national qu’à l’international.

Depuis les quatre coins du monde, ils sont prêts à contribuer autrement. Il suffit de créer le cadre, de leur tendre la main avec la manière et surtout en dehors de tout calcul politicien. Le changement de paradigme, c’est maintenant ou à jamais .
Sans oublier qu’un problème mal posé ou un besoin mal exprimé, c’est une solution inadaptée qui lui sera trouvée.

Singapinda ZAGRE
zagsing@yahoo.fr

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