Actualités :: Burkina/Province des Banwa : Un habitant témoigne sur le cas tragique de la (...)

Dans cet écrit parvenu à la rédaction de Lefaso.net, une victime "résignée" de l’occupation de la province des Banwa témoigne sur le cas tragique de la ville de Solenzo. Dans son témoignage, il se désole que des alertes aient été données sans suite appropriée, jusqu’à l’encerclement de la ville de Solenzo. Lisez plutôt !

Il faut savoir que la province des Banwa, regroupe six communes, Solenzo le chef-lieu de la province, sanaba, balavé, tansila,sami et kouka. C’est une région essentiellement agricole car disposant de grands espaces arables, très fertile et d’une relative bonne pluviométrie. Cette particularité naturelle fait de la province le « le grenier du pays ».

Mais la force productrice provient principalement de la ténacité et de l’abnégation de ces hommes et femmes qui malgré l’enclavement de leurs province, caractérisé par une absence totale de route praticable, de manque d’infrastructure de stockage et de transformation, répètent inlassablement les mêmes gestes depuis des décennies, produire, produire et encore produire.

Cette brève présentation des potentialités et des difficultés non exhaustives était nécessaire au lecteur pour lui permettre de comprendre le contraste et le trame de ce qui se passe et ainsi pourrait-il se faire une idée du calvaire des habitants de cette partie du pays, avant l’arrivée des groupes armés terroristes(GAT).

Je vous épargne des détails statistiques, seulement la première véritable attaque terroriste qui as couté la vie d’un commissaire de police eu lieu à sanaba, à 45 km au nord de solenzo en 2020,sauf erreur ou omission.

La suite des évènements est une succession de bureaucratie, de laisser aller et de laisser faire qui as contribué volontairement ou non à ouvrir un boulevard pour la pénétration et le contrôle de la zone par les GAT.

Ainsi donc après la venue et retour sans préavis des CRS (compagnie républicaine de sécurité) sur le site de l’attaque, les harcèlements, les pressions, les intimidations et les menaces des GAT se sont accentués, et ce qui devrait arriver, arriva. la chute et contrôle de la commune de sanaba(les infrastructures publiques comme le commissariat de police, la préfecture, la mairie, les écoles, sont soient dynamitées, soient incendiées, soient saccagées ou vandalisées, suivis de la destruction de pylônes de communication).

Ce serait d’ailleurs leur mode opératoire dans toutes les autres communes à l’acception celle de solenzo, qui aura un traitement spéciale inédit, inconnue jusque-là nul part ailleurs de toutes les attaques terroriste au Burkina Faso.

Après sanaba, la commune de balavé(à 25km de solenzo à l’ouest) est visitée, d’abord des incursions inopinées ,ensuite des contrôle sur les routes avec prêche à l’occasion et enfin destruction de bien publique de nuit de préférence, même stratégie dans la prise de sami(environ 50km à au sud de soleno), avec enlèvement d’un ancien élu local, relâché bien plus tard,mais l’intéressé soutiendra qu’il s’est échappé.

La commune de tansila(à 50km à l’ouest de solenzo ,après balavé) qui fait frontière avec la république du mali, bénéficie d’un traitement de faveur pourrait-on croire, un semblant de coexistence pacifique se remarque entre les combattants des GAT qui ne se cacherait pas ni des force de défense et sécurité(FDS), ni des autorités, encore moins des populations, néanmoins la veille des examens scolaire la gendarmerie est attaqué et un sabotage est noté dans les installations de la nouvelle brigade en construction.

Pendant toutes ces attaques des alertes sont quotidiennement données dans la commune de solenzo sans suite appropriée, conséquence l’encerclement de la ville s’est fait en toute tranquillité, malgré la fermeture des écoles les unes après les autres des villages environnant pour cause de menace terroriste. Dans tous les esprits et sur toutes les lèvres c’est quand le tour de solenzo ? plusieurs fois des suites les rues se vidèrent instantanément pour alerte imminente, et c’est finalement le 22 avril 2022 à 18h 45mn après la prière, certains n’avaient même pas fini leurs acte de foi quotidienne que les crépitements nourrit d’armes de guerre envahit toute la ville. C’est la panique générale, le sauve qui peut, très vite l’on apprendra sans surprise d’ailleurs que c’est le commissariat central de police qui subit une forte attaque ce qui plongea quand toute la ville dans la hantise et la peur.

A partir de cette date fatidique, la commune n’a plus connu de répit. La gendarmerie serra dynamité quelques semaines plus tard. Les combattants des GAT par prudence ou par peur on ne le saura peut-être jamais opéraient au début les nuits, mais très vite ayant remarqué l’absence de résistance sans doute, commencèrent à entrer en ville les après-midi, pour enfin finir par parader à tout moment de la journée. Le pire était à venir pour une population qui n’avait rien demandé.

La village de kouka(45km au sud de solenzo) qui était resté calme, sans alerte ni incursion a même relativement bien terminer l’année scolaire, mais s’était sans compté avec la soif de conquête de territoire des GAT qui muent par on ne sait quelle témérité suicidaire disaient à qui veut entendre que la prochaine étape c’est kouka, ce qui fit fait malheureusement encore sans aucune résistance et partout ils passent, c’était comme si les FDS s’étaient fait passer un message pourrait- on imaginer, laisser les faire.

Les GAT ne se sont pas fait priés le commissariat police et la gendarmerie sont simultanément dynamités, les engins et matériels de la société TSR et de la nationale des eaux sont incendié, kouka venait de rentrée dans l’œil du cyclone qui inlassablement mais méthodiquement détruit tout sur son passage.

De retour de leurs mission de destruction et de démolition, le commissariat de solenzo, incendié à la première attaque est dynamité, il sera redynamité le surlendemain après l’attaque des service des eaux et foret, et c’est la descente aux enfers pour la ville de solenzo.

successivement, la marie une partie brulée, une partie saccagée , la préfecture réduite en cendre, haut-commissariat incendié, direction provinciale de l’enseignement préscolaire, primaire, post primaire et non formelle saccagée et incendiée ,la direction provinciale de l’enseignement secondaire vandalisée et mise à sac, la direction provinciale de l’élevage vandalisée, les bâtiments administratif du lycée saccagée et incendié ; les services annexes de la circonscription d’éducation de base vandalisés , les services des impôts et du domaine, du contrôle financier, de la sonapost, le centre médical avec antenne chirurgicale, le district sanitaire tous vandalisés, les magasins des services de l’agriculture caillassés, les domiciles des FDS systématiquement fouillés et du matériel militaire emporté, la gare centrale fouillée de fond en comble, le service de l’ONG terre des homme vandalisé, un magasin d’un association pillé et j’en oublie d’autre…….

Et le butin amasser dépasse tout entendement, une vingtaine de motos dont une douzaine de YBR, au moins deux pick-up, trois ambulances et du matériel militaire, des vivres à revendre et une totale quiétude dans une province sans défense et parfaitement soumise. Il leur arrive même demander des services pour transporter les vivres, pour réparation de moto ou de véhicule, de vente sous pression de vivre. Quelle humiliation à la nation, à la république, à la communauté, à la constitution, c’est tout simplement inimaginable et inconcevable qu’une province soit délaissée à tel point .mais c’est la vérité crue. Les autorité se moquent bien des BANWA et doivent bien sourirent quand on leur parle de grenier du pays.

Au moment où achevons cet écrit, le coup d’état du capitaine Traoré et de ses compagnons a douze jours, et le commandant en chef dit vouloir aller vite et même très vite, peut-être n’avons-nous pas la même compréhension de la définition de l’urgence. Mais aucune structure publique n’existe, les deux tiers de la population ont quitté. Ceux qui sont restés n’ont que ce choix pour ainsi dire, ce sont les autochtones, quelques commerçants résilient, les malades etl es candidats aux suicides. C’est toujours le statu quo, aucun signe à l’horizon rien que des promesses qui durent depuis maintenant un trimestre.
Pauvre solenzo.

Un habitant indigné mais résilient.

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