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Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • jeudi 9 avril 2020 à 22h40min
Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

Les tenanciers des bars et débits de boisson ont animé une conférence de presse, le jeudi 9 avril 2020 à Ouagadougou. Ils ont, à l’occasion, annoncé la création d’un syndicat pour plaider leur cause, suite aux mesures prises par le gouvernement et qui leur posent préjudice. C’est au nom de tous les acteurs du domaine sur le plan national, que le syndicat s’est adressé à la presse.

Organisation syndicale des promoteurs d’espaces de rencontres et de loisirs (OSPERL). C’est le nom de la nouvelle structure créée par les tenanciers de bars et de débits de boisson, pour défendre leurs intérêts suite à l’arrêt ou au ralentissement de leurs activités.

En effet, pour Joachin Kientega, principal conférencier, face aux conséquences sociales et économiques engendrées par les dispositions prises, le gouvernement a jugé utile de prendre des mesures d’accompagnement pour soulager les populations et les entreprises. Malheureusement, force est de constater que les débits de boisson ont été oubliés, malgré le grand préjudice qu’ils subissent du fait de la crise, regrette Joachin Kientega. « Pourquoi citer ces structures quand il s’agit de suspendre leurs activités, et ne pas les nommer expressément quand il s’est agi du discours des mesures d’accompagnement ? », s’est-il interrogé.

Les conférenciers avec Joachin Kientega au milieu.

Pour lui, la mesure qui concerne les bars et débits de boisson est l’exonération de la taxe patronale sur l’apprentissage. Une taxe que les bars et débits de boisson ne payaient même pas. Selon l’assistance juridique, cette taxe était directement prélevée par le fournisseur, la SODIBO. Ce sont donc des activités soumises au régime de droit commun. Donc la mesure d’exonération de cette taxe est semblable à celle qui exonère les taximen du payement du stationnement. Elle est non-pertinente, quand on sait que le taximan ne paie le stationnement que quand il travaille.

En outre, concernant la réduction des impôts, les bars et débits de boisson sont logés dans la même catégorie que les restaurants. Pourtant, notent les conférenciers, ce sont deux catégories différentes qui n’ont pas le même mode de fonctionnement.

En termes de chiffres, le secteur des bars et débits de boisson emploie plus de 140 000 personnes avec un salaire minimal de 40 000 F CFA par mois, soit une masse salariale mensuelle d’environ 5 milliards de F CFA. Ouagadougou dénombre à elle seule plus de 7 000 maquis et bars. Environ 800 d’entre eux ont une recette mensuelle totale de l’ordre de 4 milliards 200 millions de F CFA. Reste à imaginer ce que le reste des 7 000 maquis et bars de Ouagadougou peut aussi engranger comme recettes mensuelles.

Derrière les pertes économiques, il y a aussi le sort des travailleurs de ces lieux de commerce. Par ailleurs, il faut continuer de payer le loyer, alors que les activités sont à l’arrêt. « La faillite de nos entreprises est une question de jours », prédisent Joachin Kientega et ses camarades, qui font savoir que plus de 99% des bars et maquis sont en location. Il y a alors la nécessité d’inclure ces derniers dans les mesures d’accompagnement, pour éviter que ce secteur ne s’écroule.

« C’est pourquoi, après concertation entre acteurs, nous estimons nécessaire de nous regrouper en organisation syndicale afin de plaider notre cause auprès du gouvernement », ont fait savoir les conférenciers. Une cause qui n’attend pas du gouvernement de l’argent liquide.

Mais plutôt, disent-ils, un soutien du personnel en vivres et un soutien à la création d’un fonds spécifique qui permettra de faire face aux charges salariales et de location, grâce à un système de crédit à des conditions souples. Cette organisation réunit l’ensemble des acteurs du secteur sur tout le territoire burkinabè.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 10 avril à 00:58, par Maryse En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Quel culot ! Dites d’abord à vos gars d’arrêter de déranger les honnêtes citoyens dans les quartiers d’habitation ! La musique à tout moment et à haut débit, l’occupation anarchique des rues pour les engins de vos "clients", vos "serveuses" dénudées exposées à la vue des enfants, les engueulades bruyantes entre clients ivres à cause des prostituées baptisées "serveuses", etc. Et avec ça vous avez le culot de demander l’argent de ces mêmes contribuables que vous dérangez à longueur de journée ? Nombre de ces tenanciers sont des proxénètes et trafiquants de drogue, au détriment de notre jeunesse. Depuis la fermeture de ces lieux de débauche la ville de Ouaga respire à plein poumon. Gare à ce gouvernement qui répondra favorablement à votre provocation.

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  • Le 10 avril à 08:57, par arsène bamogo En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Voyez-vous, quand on dit que l’union fait la force, ce n’est pas parole en l’air. Et vous auriez dû songer à cette structure si vous étiez bien organisés. Certes parmi vous il y en a qui méritent respect du fait de leur utilité sociale, mais il est dommage de constater que beaucoup ne se soucient que de leurs comptes en banque au détriment des pauvres travailleurs qui sont valsés sans la moindre estime, payés à la tête du client et chassés pour la moindre faute, sans prétendre au moindre sou même s’ils ont travaillé des dizaines de jours auparavant. En un mot comme en plusieurs, votre secteur gagnerait à être mieux structuré. Bonne chance !

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  • Le 10 avril à 09:17, par Integrité En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Regardez les, non content de détruire la vie de nos époux et enfants, c est encore vous qui réclamez des dédommagements....

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  • Le 10 avril à 10:04, par Bon debarras En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Certains maquis ne respectant aucune norme ( implantation dans des parcelles à usage d’habitation) sont des lieux de débauche, cause de nuisances de tout genre bref un véritable problème de santé publique .Et l’État doit profiter de ces moments pour les fermer définitivement.

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    • Le 10 avril à 11:59, par Bien vu En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

      Le problème, c’est pas les tenanciers de ces maquis. Quand on leur dit qu’ils n’ont pas le droit d’ouvrir leurs maquis dans les quartiers d’habitation, ils disent qu’ils ont des autorisations délivrées par les mairies d’arrondissement. Donc le problème ce sont les maires eux-mêmes et leurs conseillers. Eux-mêmes vont s’asseoir là-bas et y en même qui ont leurs propres maquis (qu’ils ouvrent au nom de leurs femmes, etc., pour se couvrir). Il faut arrêter tout ça là maintenant. Y a trop de désordre à Ouaga, surtout après le départ de Simon.

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  • Le 10 avril à 10:17, par KONOMBA En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    BON DEBARRAS, merci beaucoup, des maquis entre des maisons d habitations, des auberges entre des maisons d habitations, il faut au Burkina pour vivre cela

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  • Le 10 avril à 10:58, par ENCOURAGEMENTS A TOUS En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    A la suite de cette pandémie si nous ne devenons pas meilleurs et réglo nous aurons échoués. Avoir ses papiers en règle et avoir des travailleurs déclarés à la CNSS je pense que c’est le début de la leçons que nous devons se mettre en œuvre pour apprendre

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  • Le 10 avril à 11:27, par kap En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Êtes vous à jours de vos cotisations à la CNSS et règle avec les impôts ? L’état doit mettre à profit pour amener certains contribuables à jour Les nuisances sonores que vous faites , dédommagez vous vos voisins victimes ? Donc que l’état prenne les cotisations des contribuables vous donner . .

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  • Le 10 avril à 11:30, par kap En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    4 MILLIARD 200MILLIONS MENSUELLE POUR SE SAOULER LA GUEULE .SEULEMENT ET RENTRER DORMIR ;

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  • Le 10 avril à 11:46, par Vieux En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Il faut, enfin, que le Gouvernement (Mr Bonane, Siméon Sawadogo, Ouseni de la Sécurité notamment) prenne ses responsabilités et toutes ses responsabilités. Les résidents des quartiers à usage d’habitation ne peuvent plus tolérer l’implantation de ces maquis-bordels en plein milieu de leurs maisons. Trop de nuisances comme tapage musical à toute heure de la journée, sans souci de la tranquillité des honnêtes citoyens qui sont chez eux depuis parfois plusieurs décennies et que ces maquisards anarchistes viennent ainsi déranger à longueur de journée ! Sous l’effet de l’alcool et de la drogue, leurs clients agressent même nos filles et épouses, les confondant à des prostituées. C’est vraiment scandaleux de voir des gens se disant "autorités" assis à ne rien faire devant de telles monstruosités plusieurs fois dénoncés. Voilà qu’aujourd’hui, ils exigent l’argent de l’État pour soutenir leur business nauséabond. Proposition : recenser tous les maquis installés dans les quartiers d’habitation et INTERDIRE CATÉGORIQUEMENT leur réouverture même après la levée de la présente mesure de fermeture. Sanctionner les maires laxistes et complices qui leur délivrent ces "autorisations" d’ouverture. Le Procureur est également interpellé sur cette question, car c’est carrément une agression des citoyens de ces quartiers d’habitation. Merci

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  • Le 10 avril à 12:01, par KORO En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Merci internaute Maryse,
    Vraiment, si ce gouvernement ne profite pas de cette situation pour assainir ces milieux , notre durée de vie ne peut qu’ aller de diminution en diminution.
    Nuisances de toutes sortes, ivresse des clients qui se retrouvent sur le lit d’ hôpital la famille qui en pâtira, impossible pour ces clients d économiser, de réaliser des projets au profit de leur famille ou du pays, milieu de proxénétisme, de drogue, des bagarres et injures pleines d insanités devant les tous petits...irresponsabilité en famille car tout l argent est dépensé dans ces milieux............... haa...... comme si au Burkina il n y a avait aucune éducation pour une bonne hygiène de vie....... karissa......
    Président KABORE, faites quelque chose pour nous les femmes dans ce domaine.........s il vous plait que celui qui faire entendre ce cri de cœur dans l’ oreille du PF, qu il n’ hésite pas....

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  • Le 10 avril à 12:47, par KingBaabu En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Monsieur le gouvernement (pour parler comme Sana Bob)- Ces bars et maquis devront rester fermes, meme apres le COVID-19, afin que les Burkinabe se remettent au travail. Le vrai travail. En tout cas il faudra mettre en place une reglementation tres tres rigide pour pouvoir exercer dans ce domaine. Pareil pour les bordels et autres chambres de passe, qui devront se reconvertir en des lieux de commerce plus respectables. Il faut avancer, et nous avons besoin d’en finir avec le terrorisme, donc une discipline de fer est absolument necessaire. Que celuiqui veut boire achete et aille a la maison avec. Monsieur le gouvernement, on vous tient a l’oeil. Vive le Burkina Faso.

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  • Le 10 avril à 12:59, par Sidpawalemdé Sebgo En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Bon, tout ce qui est dit sur les maquis est vrai ; moralement, pratiquement, visiblement...
    Seulement voila, il y a deux poids deux mesures : Si on doit "punir" les tenanciers de ces maquis à cette occasion, qu’en est-il :

    * Des autorités qui leur donnent l’autorisation d’ouverture et qui leur font payer des taxes ?

    * Des artistes dont une bonne partie des droits d’auteurs viennent de l’exploitation de leur musique dans ces lieux ? (Et qu’on va aider)

    * Des personnes qui leurs louent ces locaux "au milieu des maisons d’habitations" pour exploiter ?

    * Des entreprises et usines qui importent ou fabriquent la bière, les liqueurs, les cigarettes mises en cause ? (Notons d’ailleurs que ces derniers vont bel et bien bénéficier des mesures déjà annoncées par l’état.)

    C’est vrai que la vie publique doit être moralisée au Burkina. Mais si vous n’ordonnez pas la fermeture de la Brakina ou de la Sodibo, pourquoi voulez vous aider ces vendeurs mais fermer leurs clients les maquis ?

    Aidez les entreprises en difficulté ou pas, mais pas avec deux poids deux mesures !

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  • Le 10 avril à 13:43, par Matt En réponse à : Fermeture des bars et débits de boisson : Les promoteurs réclament des mesures d’accompagnement

    Il n’y a qu’au Burkina qu’on peut voir des choses pareilles. Des propagateurs de virus de dépravation des mœurs (mille fois plus dangereux que le Covid 19), qui se constituent en syndicats pour défendre de prétendus droits. Vous devriez baptiser votre fameux "syndicat" : Syndicat des Promoteurs de Nuisances Sociétales du Burkina (SPNSB). Le gouvernement devrait saisir l’occasion qui s’offre aujourd’hui pour mettre de l’ordre dans la ville de Ouaga. Voyez le spectacle déroutant dans presque tous les quartiers de la ville. Entre deux concessions : un maquis, qui dérange tranquillement les voisins, sans que cela n’interpelle AUCUNE autorité de ce pays. Dramatique !

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