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Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • LEFASO.NET • jeudi 5 mars 2020 à 22h30min
Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

La crise humanitaire à Idlib et en Syrie, la Turquie face au problème des réfugiés provenant de la Syrie et la décision de la Turquie de lancer l’opération « Spring Shield » le 27 février, etc. Pour mieux comprendre ces actualités du Moyen-Orient, Lefaso.net a tendu son micro, il y a de cela quelques jours, à l’ambassadeur de la Turquie au Burkina, Asim Arar. Interview.

Lefaso.net : Que retenir de la crise humanitaire à Idlib et en Syrie ?

Ambassadeur Asim Arar : Depuis mai 2019, le conflit en Syrie a pris un nouveau tournant. Le régime de Damas a intensifié sa campagne militaire déjà brutale contre des millions de Syriens innocents coincés dans la province d’Idlib. L’écrasante majorité de la communauté internationale est convaincue que le régime vise aveuglément une population entière.

Le régime commet des violations flagrantes constituant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Cela est encore une autre manifestation de l’aspiration de longue date du régime à survivre au conflit par une « victoire militaire ». L’objectif ultime du régime est d’annuler la perspective d’une solution politique conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Partageant une frontière terrestre de 911 km avec la Syrie et étant un voisin immédiat de la province d’Idlib, la Turquie a été directement exposée à toutes les répercussions des atrocités du régime. Hébergeant les deux tiers de l’ensemble des réfugiés syriens dans le monde, la Turquie a pratiquement assumé la charge de près de 9 millions de Syriens sur son propre sol, ainsi que dans le nord de la Syrie.

Les attaques aveugles du régime ont provoqué une nouvelle crise humanitaire à Idlib ainsi que des déplacements massifs vers la frontière turque. Déjà surcapacitée en termes d’hébergement de nouveaux Syriens déplacés, la Turquie a été obligée d’agir en tant que premier intervenant face à ces défis.

La campagne militaire du régime dans la zone de désescalade d’Idlib et à la suite d’au moins 20 000 violations du cessez-le-feu depuis mai 2019, plus de 2000 civils ont été tués. Les attaques ont déplacé plus de deux millions de personnes, principalement des femmes et des enfants, depuis début décembre 2019 vers notre frontière.

La Turquie a-t-elle l’impression d’être laissée seule face au problème des réfugiés provenant de la Syrie ?

Comme l’ONU l’a elle-même annoncé, il s’agit de l’un des pires déplacements provoqués par l’homme que nous ayons vus dans le monde au cours de la dernière décennie. Le régime d’Assad et ses partisans sont exclusivement responsables de la situation humanitaire dramatique actuelle à Idlib. Cela doit être arrêté. La Turquie a fait tout son possible pour contribuer à la mise en place d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale, comme le préconise la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

En accord avec les deux autres Etats garants de la plateforme d’Astana, à savoir la Fédération de Russie et l’Iran, la Turquie a soutenu la création de « zones de désescalade » dans le cadre du mémorandum du 4 mai 2017. Nous avons signé un mémorandum complémentaire avec la Fédération de Russie le 17 septembre 2018 pour stabiliser la situation dans la zone de désescalade d’Idlib.

En vertu du mémorandum du 4 mai 2017, la Turquie a établi douze postes d’observation le long des limites de la zone de désescalade d’Idlib pour garantir le respect des dispositions du régime de cessez-le-feu. Le mémorandum du 17 septembre 2018 a permis à la Turquie de fortifier et de maintenir la fonction de ses postes d’observation. Le régime et ses partisans ont continué d’agir en violation flagrante de tous ces accords.

Malgré de nombreuses provocations et attaques de harcèlement par les forces du régime et leurs partisans en visant les militaires turcs déployés dans ces postes, la Turquie a fait preuve de la plus grande retenue pour éviter une confrontation militaire directe. Le régime et ses partisans ont été publiquement avertis au plus haut niveau de mettre fin à ces attaques répétées. Les forces du régime et ses partisans ont augmenté la fréquence de leurs attaques en ciblant directement et délibérément les militaires turcs à Idlib.

Le 27 février, un convoi militaire turc déployé pour renforcer un poste d’observation turc ainsi que certaines fortifications a été délibérément pris pour cible aux alentours du village de Balyun dans la région de Jabal Zawiyah, au sud de la zone de désescalade d’Idlib. Contrairement aux allégations, il n’a été escorté par aucun groupe armé. Cette attaque odieuse a fait un très grand nombre de victimes.

Même nos ambulances envoyées pour secourir les soldats blessés ont été touchées en violation du droit international humanitaire. Nous avons perdu 36 soldats à la suite d’une série de frappes aériennes. Nous n’avons pas identifié la nationalité de l’avion qui a heurté notre convoi et nos bases. Les traces radar montrent que le régime et les avions russes étaient en vol de formation.

Qu’est-ce qui a poussé la Turquie à lancer l’opération « Spring Shield » le 27 février ?

Contre la situation alarmante sur le terrain avec des attaques du régime continuel visant délibérément l’armée turque et en l’absence de tout progrès concret dans les contacts de la Turquie avec les garants du régime, la Turquie a été contrainte de prendre des mesures unilatérales de légitime défense et a lancé « Opération Spring Shield » le 27 février. L’opération vise à protéger les civils en mettant fin à l’agression du régime contre la population civile, assurer la sécurité des militaires turcs déployés en vertu du mémorandum du 4 mai 2017, préserver le statut de zone de désescalade de Idlib en rétablissant ses frontières au 17 septembre 2018, contribuer à l’établissement d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale, comme le demande la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, assurer un accès humanitaire rapide et ininterrompu à ceux qui en ont besoin, et prévenir les déplacements massifs mouvements vers la Turquie.

La réponse de la Turquie est proportionnée, mesurée et responsable. L’opération ne visait et ne visera que les éléments du régime et leurs armes, véhicules, équipements, cachettes, abris et emplacements. Toutes les précautions sont prises pour éviter des dommages collatéraux à la population civile. Il n’y a pas de cibles civiles. Nous poursuivons notre dialogue avec la Russie. Plus récemment, une délégation russe de haut niveau était à Ankara du 26 au 28 février pour le quatrième tour des pourparlers Turquie-Russie sur la situation à Idlib. Pourtant, nos attentes légitimes doivent encore être satisfaites. Nous avons intensifié nos efforts diplomatiques pour mobiliser la communauté internationale contre l’agression actuelle du régime à Idlib.

A notre demande, le Conseil de l’OTAN s’est réuni en vertu de l’article 4 du traité de Washington. Les alliés ont condamné les frappes aériennes aveugles du régime et de ses partisans visant la province d’Idlib et les ont invités à cesser leur offensive, à respecter le droit international et à soutenir les efforts de l’ONU pour une solution pacifique. La Turquie est attachée à l’intégrité territoriale et à l’unité politique de la Syrie.

La Turquie fera tout son possible pour contribuer à restaurer l’intégrité territoriale et l’unité politique de la Syrie une fois que le processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’ONU établira une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire. Nous sommes maintenant à un tournant à Idlib. La communauté internationale ne doit pas rester indifférente aux événements qui se déroulent à Idlib. Sinon, cela aura de larges répercussions sur toute la Turquie et le reste de l’Europe. Nous attendons de la communauté internationale qu’elle soutienne la Turquie dans ses efforts pour mettre fin à l’agression du régime à Idlib et pour fournir une assistance humanitaire aux personnes déplacées à Idlib.

Interview réalisée par Edouard K. Samboé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 6 mars à 08:46, par kwiliga En réponse à : Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

    De grands humanistes ces Turcs, il suffit pour s’en convaincre d’en toucher quelques mots aux arméniens, aux kurdes ou à toute autre minorité qui a miraculeusement échappé à un génocide.
    Allez, arrêtez de nous faire rigoler avec votre dictateur qui défend bec et ongles ses intérêts nationalistes, quitte à faire exploser l’OTAN.
    Si les russes n’étaient pas là, vous auriez tôt fait de massacrer tout le monde.
    Sinon, si vous n’aviez pas remarqué, nous avons également nos petits problèmes, avec vos amis djihadistes et n’avons malheureusement pas la même puissance de feu que vous à leur opposer.

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  • Le 6 mars à 10:23, par pure folie En réponse à : Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

    merci au journal lefaso.net pour cet interview.
    personnellement j’ai eu presque des remontées quand on lit des propos comme ça. la presse a beaucoup travaillé sur la crise en Syrie de sorte que sortir imputer toute cette responsabilité au Président Assad est quand même osée.
    c’est à travers cette même presse que nous avons su que des rebelles sont armés par une organisation dont votre pays est membre. et pas seulement la rébellion ! vous avez armé des groupes terroristes dont HTC. ce groupe est toujours sous votre protection avec vos missiles anti-aérien.
    posez vous la question pourquoi l’occident ne vous suit plus après avoir pillé le pétrole et les installations industrielles à Alep. ils ont compris que vous avez transformé cette guerre terroriste en une annexion de la ville d’Idlib . les burkinabé sont murs. la crise en Syrie est une affaire interne. il appartient aux syriens de se gérer. respectez nous on vous respecte

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  • Le 6 mars à 20:46, par La resurrection En réponse à : Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

    Ah oui, les faiseurs de paix en periode de guerre, vous etes tres maladroits dans votre defense de verité et autre.... Votre politique est erronée raison que loccident vous tourne le dos pour sen remettre a la grece, les usa vous delaisse pour les kurdes et sous peu idlib sera votre pire cauchemar en commensant avec vo coups de poingts au parlement.
    La syrie est un etat souverain et quiconque respecte le droit et la liberté ne peut admettre votre politiue tordue. Vive la syrie et lindependance des etats africains

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  • Le 9 mars à 01:00, par Phil En réponse à : Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

    Pour prévenir toutes ces tragedies humaines en Syrie, la Communauté internationale devrait en principe, je dis bien en “principe” aider l’etat syrien a recouvrir son integrité territoriale. Certes, une de vraies solutions. Par phil Farafidenh

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  • Le 10 mars à 16:46, par Goulgoulé En réponse à : Crise humanitaire à Idlib et en Syrie : « La communauté internationale ne doit pas rester indifférente », Asim Arar, ambassadeur de Turquie au Burkina

    QUe faisaient les soldat Turc auprès des terroristes qui ont semé le chaos en Syrie ?

    EN reçevant Erdogan le 5 mars dernier en Russie poutine en introduction a présenté ses condoléances pour la mort des soldat Turc, en mentionnant que la Turquie n’avait pas signalé leur présence dans cette zone terroriste, sélon l’accord de Sotchi . Face à cette déclaration, le Président Turc n’a pu apporté une réponse , ce qui confirme le soutient de la Turquie aux djihadistes .

    Le président Turc est tombé dans son propre piège en voulant manger à tous les râtelier (être membre de l’Otan et aller acheter des systèmes de défense russe).
    Le Sultant a cru pouvoir déclencher l’article 5 dde l’Otan, alors qu’il oublie que c’est lui l’agresseur et non l’agressé. Après avoir été humilié par Poutine qui l’a fait attendre 2 minutes avant de le reçevoir pour6 h d’entretient qui ont aboutit à un nouvel accord qui reprend en partie celui de Sotchi dont il n’a jamais respecté les closes.
    A present il va chialer auprès de l’Otan pour demander de l’aide .

    Désolé, mais après avoir malméné l’Europe Erdogan se retrouve aujourd’hui dos au mur avec de plus en plus de scission au coeur de son pouvoir, avec des député qui transformenty leur assemblée nationale en salle de combat.

    EN Lybie également le soutient Turc est en difficulté avec de plus en plus de perte militaire .

    Le rêve du Sultan de a t-il pris fin après tant d’année de duplicité entre ses partenaires ? Le temps nous donnera la réponse.

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