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La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • • vendredi 30 janvier 2015 à 10h35min
La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

Les 30 et 31 octobre 2014, le Burkina Faso a connu une insurrection populaire qui a contraint le Président Blaise Compaoré à la démission et à trouver refuge en Côte-d’Ivoire. Cette insurrection est intervenue suite à la volonté du désormais ex-président de réviser la Constitution afin de briguer un nouveau mandat après 27 ans de pouvoir. Dans ce mouvement, la société civile, dans ses multiples composantes, a joué un rôle fondamental.

Le présent article revient sur l’avènement de la transition pour y présenter, d’un côté, le rôle joué par les femmes, et de l’autre, la place que la société civile leur a faite. Il voudrait resituer la contribution des femmes dans ce mouvement historique. Il se veut également un plaidoyer pour l’élimination des inégalités et disparités entre les hommes et les femmes dans tous les domaines, en l’occurrence dans l’accès aux sphères de décision.

Le régime de Blaise Compaoré : un ras de bol généralisé !

Plusieurs maux étaient reprochés au régime de Blaise Compaoré dont la corruption, l’impunité et l’injustice. Malgré les structures de contrôle et d’éthique, notamment la Cour des Comptes et le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC), les caciques du pouvoir, mauvais payeurs voire détourneurs de fonds publics, n’étaient nullement inquiétés. A contrario, les amendes et emprisonnements pour petits délits (vols de moutons, de chèvres, de téléphones portables, etc.) défrayaient quotidiennement la chronique. De même, sur le plan de la reconnaissance de la nation à ses enfants, on avait le sentiment que plus, on avait une gestion peu transparente des affaires et des biens publics – et cela à des fins clientélistes -, plus on vous reconnaissait comme méritant-e-s en vous décernant des décorations. Ainsi, plusieurs secteurs clés de l’économie sont confiés à des parents ou des proches et on a ainsi favorisé des inégalités criardes entre (ex) dirigeant-e-s et exécutant-e-s.

Cette situation est traduite par le Président transitoire du Faso Michel Kafando lorsqu’il déclare, dans son discours prononcé, lors de son investiture le 18 novembre 2014, que plus rien ne sera comme avant et que l’exercice de son régime « ne doit souffrir d’aucun abus, d’aucun excès. Faute d’avoir observé cette suprême vérité, des pouvoirs politiques, même érigés en forteresse, ont définitivement scellé leur destin ». Dans le même sens, l’ONG l’ International crisis group, dans son rapport Afrique numéro 205 du 22 juillet 2013 titré « Burkina Faso, avec ou sans Compaoré, le temps des incertitudes » tirait la sonnette d’alarme :« Le risque qu’une crise politique et sociale survienne au Burkina Faso est réel. Depuis 1987, Blaise Compaoré a construit un régime semi-autoritaire, dans lequel ouverture démocratique et répression cohabitent, ce qui lui a permis de gagner le pari de la stabilité perdu par tous ses prédécesseurs. Ce système perfectionné comporte néanmoins plusieurs failles et ne survivra probablement pas à l’épreuve du temps. Il s’articule autour d’un seul homme qui a exercé une emprise totale sur le jeu politique pendant plus de deux décennies,

laissant peu d’espace pour une transition souple. Les possibilités pour son remplacement démocratique sont en effet peu nombreuses. »
Le peuple, a, en effet, utilisé tous les voix de dialogue avec Blaise Compaoré sans succès.

La société civile au Burkina Faso : Non à la modification de l’article de 37, dehors Blaise Compaoré !

Au Burkina Faso, l’expression société civile désigne un ensemble composite regroupant les syndicats, la chefferie coutumière, les communautés religieuses, les mouvements de défense des droits de l’homme, les ONG, les associations et les groupements, etc. On compte, au Burkina Faso, des centaines d’organisations qui se réclament de la société civile. Parmi celles qui ont lutté pour l’alternance et de plus de justice dans le pays, on peut citer le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et du Peuple (MBDHP), le Forum des Citoyens de l’Alternance (FOCAL), le Comité Anti Référendum (CAR), le Balai citoyen, le Mouvement du 21 mai, le Mouvement Brassard noir, le Comité d’Action pour le Peuple (CAP), l’Association pour la Promotion de la Démocratie et la Participation Citoyenne (APDC), le Collectif des Femmes pour la Défense de la constitution (CO.FE.DE.C) ainsi que le collectif des Organisations de masse, de partis politiques et de la Société civile qui a maintenu la flamme de la contestation depuis l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. La société civile est donc constituée d’organisations, en principe, autonomes de l’État, susceptibles d’exercer des pressions, voire de jouer un rôle de contre-pouvoir permettant un certain contrôle de l’action étatique.

Et en ce qui concerne l’action étatique, Blaise Compaoré a toujours disposé d’une grande marge de manœuvre. Fort du fait que son parti l’Organisation pour la Démocratie et le Progrès/Mouvement du Travail (ODP/MT), puis par la suite, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a toujours eu la majorité parlementaire, c’est la voie parlementaire qu’il a, à chaque fois, utilisée pour modifier la Constitution plutôt que la voie référendaire.

Adoptée par référendum, le 2 juin 1991, la Constitution prévoyait que le président du Burkina Faso soit élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Mais, élu en 1991, Blaise Compaoré fit modifier la Constitution, une première fois en 1997 par la loi 002/97/ADP du 27 janvier 1997 qui a levé la disposition limitant à deux le nombre de mandats du Président. Cette première modification lui permit d’être réélu en 1998 et d’opérer une deuxième modification par la loi 003 -2000/AN du 11 avril 2000 qui a restauré la limitation du nombre de mandats et ramené la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans. Blaise Compaoré a donc eu le droit de se succéder à lui-même en 2005 et en 2010. Au total, arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’État, il avait effectué deux septennats (1991 -1998 et 1998-2005) et deux quinquennats (2005-2010 et 2010), et voulait encore briguer un cinquième mandat constitutionnel en 2015.

Devant l’impopularité évidente d’une telle ambition, des organisations de la société civile et personnalités, tant au niveau national qu’international, sont montés au créneau pour interpeller le régime de Blaise Compaoré sur les dangers qu’engendrerait une modification de la Constitution. Plusieurs ont engagé des actions d’envergure contre le projet de modification de l’article 37 ainsi que la mise en place du sénat.

Ainsi, déjà en 2010, les évêques du Burkina, avaient lors de leur deuxième assemblée plénière de la conférence épiscopale Burkina-Niger qui s’est tenue à Fada N’Gourma du 15 au 21 février 2010, interpellé les autorités sur les risques de chaos qu’engendrerait une modification de l’article 37. Ils ont également, lors de leur assemblée plénière ordinaire tenue à Ouagadougou du 11 au 14 juin 2014, fait une déclaration qui a été publiée en juillet et dans laquelle, ils reviennent sur l’inopportunité de la création du Sénat.

Les questions de la modification de l’article 37 et de la mise en place du sénat divisaient même les militant-e-s du parti présidentiel, le CDP. En effet, dans une lettre ouverte datée du 04 janvier 2014 et adressée à Monsieur Assimi Kouanda, Sécrétaire exécutif du CDP, 75 militant-e-s dont trois femmes (Dicko/Agaloué Adoua Maria Goretti Blandine, Karambiri/Onadja tani Delphine et Yaméogo/Zagré Rakièta) ont signifié leur démission du CDP. Parmi les démissionnaires, on peut citer l’ancien homme de confiance du Président Salif Diallo, l’ancien maire de Ouagadougou Simon Compaoré, l’ancien président de l’Assemblée nationale et ancien président du CDP Roch Marc Christian Kaboré, l’ancien Délégué général du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) Basile Guissou, le Larlé naaba (ministre de la culture du royaume de Ouagadougou) Victor Tiendrébéogo, etc.

Ces démissionnaires ont fédéré avec l’opposition pour contrecarrer le projet de modification de la Constitution. L’opposition politique réunie autour de son chef de file, Zéphirin Diabré et renforcée par des organisations de la société civile a, entre autres actions, organisé des marche-meetings le 29 juin et le 28 juillet 2013 ainsi qu’une journée de protestation le 18 janvier 2014 pour dire non au Sénat et à la révision de l’article 37 de la Constitution portant limitation des mandats présidentiels. L’opposition burkinabè a lancé un mot d’ordre de désobéissance civile pour la période du 28 au 30 octobre. Les députés étaient convoqués pour une session le jeudi 30 octobre 2014 où ils devaient adopter le projet de loi autorisant la modification de l’article 37.

Un groupe de médiation autosaisi dont faisaient partie les autorités religieuses et dirigé par l’ancien Président burkinabè Jean-Baptiste Ouédraogo a aussi travaillé à concilier les positions de la majorité présidentielle et celles de l’opposition sans succès. Majorité présidentielle et opposition ont campé sur leurs positions respectives : « On a le droit de modifier l’article 37 » et « Ne touchez pas à l’article 37 ». L’équipe de médiation, elle, ne souhaitait pas la modification de l’article 37 de la Constitution, mais, était, en revanche, favorable à une mise en place d’un sénat consensuel.

Les femmes ont joué leur partition dans les avertissements donnés à Blaise Compaoré. Elles ont participé aux actions initiées par l’opposition renforcée par la société. Elles ont aussi organisé une marche historique le 27 octobre 2014. Je reviens sur leur contribution dans le point suivant.

Sur le plan international, l’Union européenne, le Président des États-Unis Barack Obama et le Président français François Hollande ont, entre autres acteurs, interpellé Blaise Compaoré sur l’importance de l’alternance démocratique. Dans une lettre datée du 7 octobre 2014 mais qui n’a été rendue publique qu’après le 30 octobre, François Hollande mettait en garde Blaise Compaoré sur "les risques d’un changement non consensuel de Constitution »

De multiples efforts ont donc été déployés par diverses catégories de citoyen-ne-s et de personnalités (opposition au niveau national et international, autorités religieuses, anciens dignitaires du pays, les femmes, des organisations de la société civile, des présidents de pays du Nord, l’Union européenne, etc.) pour amener Blaise Compaoré à renoncer à ses ambitions de briguer un cinquième mandat constitutionnel sans succès. Par son obstination, il fut emporté, en quelques heures, par la furie populaire les 30 et 31 octobre 2014.

Retour sur la contribution des femmes.

L’action des femmes dans les manifestations d’octobre 2014 : des militaires armés « apeurés » par des spatules !

Les femmes ont pris part à toutes les manifestations organisées par l’opposition et la société civile, mais elles ont également organisé des actions spécifiques.

La « marche des spatules » : Le signe de la fin du règne Compaoré !

Dans l’après-midi du lundi 27 octobre 2014, des centaines de femmes ont participé à une marche organisée par la coordination des femmes de partis politiques et d’organisation de la société civile à Ouagadougou. Spatules en main et avec sur leurs têtes, des foulards de couleur rouge noir avec des dessins d’oiseaux (luili peende), elles ont protesté contre la révision de l’article 37 de la Constitution ; certaines même étaient couchées à même le sol, pleuraient et déroulaient des litanies.

Il convient de saluer l’esprit de responsabilité des forces de l’ordre qui n’ont pas tiré sur leurs mères, femmes et filles. Ces hommes de tenue ont encadré la marche des femmes et plusieurs les ont suppliées de ne pas les toucher avec leurs spatules. Ustensile de cuisine, la spatule est, en effet, selon les croyances au Burkina Faso, dotée d’un grand pouvoir :

-  Elle peut donner des crises d’épilepsie et même rendre un homme impuissant, si on le frappait avec cet outil.
-  Quand des femmes d’un village sortent marcher pour protester, et surtout avec des spatules en main, le chef du village a au maximum quatre jours pour perdre son trône : soit il fuit ou il est chassé ou tué.

La spatule est donc dotée d’une symbolique forte et sa sortie dans la rue est un signe d’avertissement, traduisant une situation privée ou sociale grave.

De fait, « quand une femme sort avec sa spatule sur la place publique, c’est qu’il ya un grand désamour voire une instance de divorce ». Ainsi, quand « ses » femmes sont sorties pour marcher, Blaise devait comprendre qu’il n’allait avoir ni le tô (plat traditionnel apprécié par le Moaga qu’il est), ni le « devoir conjugal » ce soir là, et que, même s’il voulait sauver de ce qui restait de son foyer, il fallait qu’il parte voir les dignitaires du village pour qu’ils intercèdent auprès de « ses » femmes afin qu’elles reviennent à de meilleurs sentiments. Et dans cette médiation, il devrait demander qu’on dise à « ses » femmes qu’il a compris le message et qu’il va changer, mettre de l’eau dans son vin. Malheureusement, sa déclaration qui notifie qu’il a « entendu le message » et qu’il a « compris et pris la juste mesure des fortes aspirations au changement » est venu très tard, seulement dans la nuit du 30 octobre à la télévision BF1 alors que la maison était déjà en feu.

Que l’on soit superstitieux ou pas, le constat est que le régime de Blaise Compaoré a chuté dans les 04 jours qui ont suivi cette marche historique des femmes qui a préparé un terreau fertile pour les autres manifestations qui ont contraint Blaise à la fuite !

Les femmes avaient menacé de passer à une étape supérieure, celle de se mettre nues si toutefois, elles n’avaient pas gain de cause. Elles ont toutefois continué le dialogue dans l’optique d’éviter de passer à cette étape considérée comme extrême. Des femmes membres de la coordination des femmes de l’opposition et des organisations de la société civile se sont rendues chez le Mogho naba (roi du royaume de Ouagadougou), dans la matinée du 29 octobre 2014. Avec à leur tête, la coordonnatrice Saran Séré/Sérémé, ces femmes ont demandé au Mogho naba d’intervenir auprès de Blaise Compaoré (son sujet) afin qu’il abandonne son projet de modification de l’article 37 de la Constitution. Selon la coordonnatrice, sa majesté, le Mogho naba a eu une oreille attentive à leurs doléances et leur a conseillé d’abandonner le projet de marcher nues même si Blaise ne reculait pas.

Seré/Seremé Saran, une grande figure de l’opposition

Saran Seré/Seremé est une ancienne députée du parti au pouvoir, le CDP. Elle avait, en 2012, démissionné de ce parti pour protester contre son positionnement sur les listes des canditat-e-s aux élections législatives de 2012. Elle a ainsi crée un parti politique, le Parti pour le Développement et le Changement (PDC) et est devenue une figure de proue de l’opposition. Son nom restera gravé dans les annales de l’insurrection.

En effet qu’elle ait été forcée, « été prise en otage » (sa version des faits) ou partie d’elle-même pour s’autoproclamer (version de ses détracteurs), Saran Seré/Sérémé a été escortée jusqu’à la télévision par des centaines de personnes scandant son nom et lui demandant de se proclamer Présidente de transition. Elle explique qu’elle y a renoncé en faisant comprendre à ses supporters qu’il fallait qu’elle se concerte d’abord avec les autorités religieuses et le reste de l’opposition. A part le Général Kouamé Lougué, aucune autre personne, homme ou femme, n’a connu cet engouement populaire, n’a été plébiscité par les manifestant-e-s lors des évènements des 30 et 31 octobre 2014.

En résumé, l’engagement des femmes a renforcé le mouvement de contestation et contribué à la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014.

Les femmes dans la mise en place des institutions de la transition.

Des concertations avec le chef de l’Etat Zida

La fin du régime Compaoré a ouvert une ère de concertation pour la mise en place d’organes de transition. Le lieutenant-colonel Isaac Zida, actuel premier ministre du Burkina Faso qui a pris le pouvoir à la chute de Blaise Compaoré a souhaité une transition « inclusive ». Pour cela, il a entreprit de rencontrer toutes les composantes de la population. Il a échangé avec les femmes deux fois.

La première rencontre avec les femmes s’est tenue le 08 novembre 2014 sur initiative du Chef de l’Etat. Etaient représentées les associations suivantes :

-  Women in Law an Developpement in Africa/Burkina (WILDAF/Burkina avec Haridiata Dakouré/Seré, Isabelle Ouédraogo/Bouda, Tara Nacanabo/Topan) ;
-  L’Association des Femmes juristes (AJF avec Fatimata Sanou/Touré, Rosine Bogoré,
Julie Rose Ouédraogo) ;
-  La Fédération Femmes et Développement du Burkina Faso (FFED avec Fatimata Legma/Zetiyenga, Suzanne Kourouma/Sanou, Angélique Somé/Méda) ;
-  Le Conseil des Femmes du Burkina Faso (CFB avec Adèle Traoré, Gonta Alida Da/Da, Martine Yabré).

Ces organisations féminines ont été identifiées par des personnes ressources proches des autorités transitoires. Il est fort possible que d’autres organisations aient été contactées, mais n’aient pas pu se présenter, car entre le temps où certaines ont été rencontrées et l’heure du rendez-vous (11 heures), il y avait à peine 30 à 45 minutes. Point de temps à la coquetterie et l’une d’entre elles est arrivée avec une tenue portée à l’envers.

Chaque organisation était partie pour son propre compte et c’est seulement sur place, dans la salle d’attente et à la demande du chef du protocole, qu’elles ont dû désigner une porte parole en la personne de madame Haridiata Dakouré/Seré. Lors de cette réunion, le Chef de l’Etat Zida a assuré les femmes qu’il tiendrait compte des candidatures féminines. La liste des candidat-e-s au poste de chef de l’Etat transitoire présentée par l’armée confirme ce fait. Cette liste comportait le nom de madame Joséphine Ouédraogo/Guissou.

Au sortir de cette première réunion, les femmes ont donc prit conscience de la nécessité de s’organiser et de désigner une porte parole ainsi que d’avoir une plate forme commune. Elles élaborèrent donc, le même jour, un document de plaidoyer qui demande le respect de la loi sur les quotas que le pays a adopté en juillet 2009 et elles constituèrent, dans la même soirée, le dossier de candidature de madame Dakouré pour le poste de Présidente de la transition. Madame Dakouré dira : « J’étais, au début, réticente mais après j’ai dit, je suis croyante et je laisse tout dans la main de Dieu. Si c’est bon, Dieu va faire ça va marcher si ce n’est pas bon, il va faire que ça ne marche pas. »

Les femmes rencontrées par le Président Zida ont aussi décidé d’élargir le groupe à d’autres associations et de demander une deuxième audience au chef de l’Etat qu’elles ont obtenue le 13 novembre 2014.

Ce jour là outre les quatre premières associations, étaient représentées

-  La Marche Mondiale des Femmes (MMF avec madame Coula Bernadette Zida) ;
-  Réseau de Communication, d’Information et de Formation dans les ONG (RECIF/ONG avec madame Pauline Zizien) ;
-  La Coordination des ONG-Associations /Femmes du Burkina (COAFEB avec Hélène Ouangrawa/Sorgho) ;
-  Le Collectif des femmes pour la défense de la constitution (CO.FE.DE.C avec madame Marie Madeleine Somda/Somda) ;
-  Business and Professional Women (BPW/Burkina avec madame Aminata Kyelem/Sagnon).

Les femmes ont profité remettre leur document de plaidoyer pour le respect du quota de 30% des femmes dans les organes de transition au Chef de l’Etat.

Mais des oubliées de la transition ?

Convaincues et fortes de l’appui de l’armée, à travers le Chef de l’Etat Zida, les femmes décidèrent de faire un plaidoyer au niveau de la société civile pour qu’elle inscrive le nom de madame Dakouré sur la liste de ses candidat-e-s au poste de président-e de la transition. Pour ce faire, les femmes demandent au professeur Luc Marius Ibriga de porter le dossier. Celui-ci marque son accord, mais dit aux femmes de passer dans l’après midi du 14 novembre 2014 au Centre de Presse Norbert Zongo (CPNZ) où devait se tenir une rencontre de la société civile pour défendre le dossier. Il les rassure qu’elles peuvent venir en grand nombre, sans autre précision. On notera que madame Dakouré est magistrate à la retraite qui a eu à occuper de hautes fonctions dont celle de première présidente du Conseil d’Etat de 2002 à 2010 et Directrice Générale de l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM), de 1994 à 2001.

Dans l’après- midi, les femmes s’y rendent, mais le professeur Ibriga, président de la Coordination mise en place par la société civile prend la parole et campe le décor : aucune autre candidature ne peut être ajoutée à la liste de la société civile car elle a déjà été transmise aux émissaires de la CEDEAO (les Présidents John Mahama du Ghana, Macky Sall du Senégal et Goodluck Jonathan du Nigéria) le 05 novembre 2014 à l’hôtel Laïco. En rappel, la liste de la société civile comportait trois noms : Cheriff Sy, Ahmed Newton Barry et Monseigneur Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso. Donc aucune femme. La société civile était consciente ce jour là qu’il ne lui restait que les deux premiers noms, car pour des raisons de déontologie de l’Eglise catholique, monseigneur Paul Ouédraogo ne se présenterait pas. La candidature de madame Dakouré a, néanmoins, été refusée avec l’argument officiel que la société civile ne pouvait pas revenir pour modifier la composition de sa liste, alors même que le délai pour le dépôt des listes de candidatures n’était pas clos. Mais le refus de la réouverture de la liste s’explique aussi par le fait, qu’outre les femmes, des groupes de jeunes étaient venus dans l’intention de faire inscrire leur candidat.

Les femmes ne se sont pas, pour autant, découragées et ont voulu faire un plaidoyer pour que la société civile à défaut, de réserver 08 places (32% pour respecter le quota de 30% de l’un ou l’autre sexe), réserve 07 places sur les 25 (28%) auxquelles avait droit la société civile pour les femmes.
Cette proposition n’a nullement obtenu l’adhésion des participant-e-s qui étaient présent-e-s. Plusieurs propos contre ou mitigés ont été tenus concernant cette proposition : « Il n’y avait pas 30 % de femmes à la place de la nation » ; « 07 places sur 25, c’est trop ! Elles sont combien même ici ? » ; « J’ai donné ma poitrine contre les balles, mais à Kosyam, on nous a écarté, ce sont des gens appelés par téléphone qui étaient là. Ici aussi, ce sont des femmes appelées par téléphone qui sont là ! » ; « Je ne suis pas contre des quotas pour les femmes, mais elles doivent se rappeler que dans ses sept là, elles doivent prendre en compte, les jeunes, les handicapées, les femmes des régions. »

Cet après-midi du 14 novembre des militantes de l’ex-majorité (le CDP), notamment madame Adèle Traoré et Fatimata Legma/Zetiyenga, ont été priées de quitter les lieux, comme leurs collègues hommes (Alain Yoda, Zackaria Tiemtoré et autres) lors de la rencontre des émissaires de la CEDEAO le 05 novembre 2014 à l’Hôtel Laïco. Ils ont voulu également renvoyer madame Martine Yabré, la présidente du Conseil des Femmes du Burkina l’accusant d’avoir, entre autres faits, organiser une conférence pour soutenir le référendum. Madame Yabré ne s’est pas laissée faire et a démenti l’information. Madame Yabré que j’ai interviewée le 21 janvier 2015 a, d’ailleurs, déploré que le processus de mise en place des organes de la transition se soit réalisé « dans un climat de violence et de haine profonde et de règlements de compte » au sein de la société civile.

Aujourd’hui avec toutes les tensions au sein de cette composante et relayées par la presse tant écrite qu’audio et audiovisuelle, on peut douter des vertus du désordre, de la désorganisation de la société civile. En effet, lors de la rencontre au Centre de Presse Norbert Zongo, le 14 novembre, un jeune a, en effet, dit : « Tout le monde critique le désordre de la société civile, mais c’est ce désordre qui a fait partir Blaise dans l’organisation ! Si la société civile était bien organisée, on allait taper la tête et tout allait s’effondrer ! Comme ça [dans cette situation de désordre], tout le monde est allé de son côté, dans son sens, et Blaise est tombé ! »

En définitive, quatre femmes siègent au sein du CNT au titre de la société civile.
Il y a en effet 12 sur 90 femmes (13,33%) dont 03 au titre de l’ex-majorité, 03 au titre de l’ex-opposition, 02 au titre de l’armée et 04 au titre de la société civile. Parmi les 12, 04 occupent des postes de responsabilité : madame Marie Madeleine Somda, Présidente de la commission Finances et du Budget ; madame Pélagie kaboré, deuxième questeure ; Laetitia Koudougou, 3ème secrétaire parlementaire ; Sia Sylvie Drabo, deuxième secrétaire de la commission des affaires sociales et du développement durable. Le chiffre de 12 femmes (13,33%) au sein du Conseil National de Transition constitue un recul par rapport à la législature passée (avec le jeu de suppléance 24/ 117 soit 20, 50%). La transition a entraîné la baisse de la représentativité des femmes dans l’organe législatif.

Au gouvernement, elles sont 04 sur 26 (15, 38%). Il s’agit de madame Joséphine Ouédraogo/Guissou, ministre de la justice, des droits humains et de la promotion civique, Garde des Sceaux ; madame Bibiane Ouédraogo/Boni, ministre de la Promotion de la Femme et du Genre ; madame Nicole Angélina Zan/Yelemou, ministre de l‘Action Sociale et de la Solidarité Nationale ; et madame Amina Bamabara/Billa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargée du budget.

La sous représentation féminine dans les organes de la transition : les leçons tirées par les femmes

Au terme du processus de désignation des membres des organes de transition, des femmes membres de la société civile (CFB, Wildaf/Burkina, Association des femmes juristes, Association des Femmes pour le développement, etc.) ont fait un bilan de la participation des femmes dans le processus de mise en place de la transition et ont abouti aux conclusions suivantes :

-  Les femmes, au Burkina Faso, ne disposent pas d’une structure
faîtière forte reconnue par toutes les associations et qui peut parler au nom de toutes les femmes et défendre leurs intérêts.

-  Les femmes n’ont pas fait une analyse correcte de la situation. Elles n’ont pas pris la mesure des enjeux si bien qu’elles n’ont pas su être au bon endroit et au bon moment pour suivre de près toutes les personnes qui étaient retenues. La politique est un métier et il faut, par conséquent, être professionnel-le, affûter ses armes et aller au-devant des choses et ne pas attendre qu’on nous convoque comme ce fut le cas.

Au vu de ce qui s’était passé à l’hôtel Laïco le 05 novembre avec des représentants de l’ex-parti au pouvoir, des femmes caciques du CDP n’auraient pas dû se présenter à la rencontre du 14 novembre de la société civile où il s’agissait de faire un plaidoyer d’une part, pour l’inscription de madame Dakouré comme candidate à la magistrature suprême de la transition et d’autre part, pour une prise en compte de 30% de femmes parmi les personnes représentantes de la société civile.

-  Les femmes n’ont pas su nouer des alliances stratégiques. Elles ont déploré le fait que, lors de la réunion du 14 novembre, le directeur exécutif du Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD), le professeur Augustin Loada, qui a mobilisé sur plusieurs années des ressources pour organiser des formations, des activités dans le domaine du genre n’ait pas réagit pour défendre l’idée des quotas avancée par les femmes. Le CGD, a même procédé, en janvier 2010, au lancement du prix au maire qui a le plus pris en compte le genre dans sa localité.

Les femmes relèvent aussi qu’elles n’ont pas non plus reçu un appui conséquent de la part du professeur Ibriga. Le climat de travail qui s’est donné à voir l’après midi du 14 novembre a mis en lumière les grands clivages au sein de la société civile et, surtout le fait que ce n’était pas l’intérêt suprême de la nation qui était recherchée mais la satisfaction de besoins individuels. Fulbert Paré (2014), lui, parle de « guerres de chiffonniers qui ont surgi dans le cadre de la désignation des représentants des OSC au Conseil national de la transition (CNT) »

-  Le comportement des leaders influence beaucoup celui des masses. Ainsi, les femmes réunies pour le bilan ont constaté et déploré le fait qu’il y a un fossé entre les discours et le comportement de certains leaders. Dans leurs discours, ils disent être en faveur de l’application du genre dans toutes les actions de l’Etat, mais leur comportement ne reflète pas une telle position. Cela est très contre productif. Il vaut mieux avoir des personnes contre et qui l’affichent clairement que des personnes qui se disent pour et qui agissent dans un sens contraire !

-  Quelques personnalités ont souligné le rôle important joué par les femmes dans l’avènement de la transition. C’est le cas du représentant du Secrétaire Général des nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, membre du Groupe international de suivi et d’accompagnement de la transition pour le Burkina Faso (GISAT-BF), communément appelé groupe de contact qui a souligné l’action des femmes dans son discours prononcé lors de la réunion inaugurale du GISAT-BF qui a eu lieu le mardi 13 janvier 2015 à Ouagadougou. Monsieur Chambas a, par ailleurs, « invité le gouvernement à accroître la participation des femmes aux processus décisionnels » (Barro et Ouédraogo, 2015). Mais de façon globale, les hommes sont ou jouent aux amnésiques en ce qui concerne la contribution des femmes dans l’avènement de la transition. Par exemple, dans le journal quotidien Le Soir, no 709 du mardi 27 janvier 2015, on peut lire dans une déclaration du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) à l’occasion de son premier anniversaire, et signé par le deuxième Vice-président, Simon Compaoré qui parle des « journées historiques et héroïques des 28, 29, 30 et 31 octobre 2014 qui ont contraint Blaise Compaoré à la démission et à l’exil ». Nulle part, n’est mentionnée la journée de marche-meeting des femmes du 27 octobre 2014. Or, par cette marche de protestation dotée d’une symbolique forte, les femmes ont contribué, entre autres éléments, à limiter l’effusion de sang, le nombre des filles et fils du Burkina Faso tombé-e-s en martyrs !

En conclusion : Peuple du Burkina Faso, tu as besoin de ta moitié, ressaisis-toi !

Le Burkina Faso a souscrit à la quasi-totalité des engagements et conventions internationaux qui prônent une égalité de droits entre les femmes et les hommes. Le pays s’est même dotée d’une Politique Nationale Genre (PNG) dont l’objectif général « est de promouvoir un développement participatif et équitable des hommes et des femmes, en leur assurant un accès et un contrôle égal et équitable aux ressources et aux sphères de décision, dans le respect de leurs droits fondamentaux ».

Malgré ce cadre institutionnel et législatif favorable, l’application du genre sonne à la manière d’une cloche de bois de façon générale et au sein de la société civile en particulier. Malgré l’engagement pris par le président Michel Kafando lors de son investiture le 18 novembre 2014, à savoir « que plus rien ne sera comme avant », le constat est là, que tout est comme avant pour les femmes ! On a le sentiment que les hommes burkinabè apprécient que les femmes les aident à conquérir le pouvoir, mais voudraient qu’une fois celui-ci acquis, les femmes retournent aux casseroles et leur laissent jouir des gratifications liés à l’exercice du pouvoir !

La période transitoire est un moment fondamental pour asseoir les bases d’une vie politique et sociale apaisée et inclusive des différentes composantes de la société burkinabè. C’est le bon moment pour travailler à un réel changement des pratiques du pouvoir et de la société civile en particulier. Dans ce sens, une délégation du Conseil des Femmes du Burkina Faso, a rencontré le 22 janvier 2015, le Président du Conseil National de Transition, chériff Sy pour lui demander de porter personnellement la loi fixant un quota de 30% au profit de l’un ou de l’autre sexe aux élections législatives et municipales que notre pays a adopté le 16 avril 2009, et de travailler dans la mesure du possible à ce que cette loi soit élargie aux fonctions nominatives. Attendons et voyons !

Dr Lydia ROUAMBA (palingwinde@hotmail.com)

Bibliographie

BARRO San Evarist et Adama OUEDRAOGO. 2015. « Transition burkinabè : Journée d’auscultation avec le groupe de contact. » http://www.lobservateur.bf/index.php/societe/item/3299-transition-burkinabe-journee-d-auscultation-avec-le-groupe-de-contact (Consulté le 15 janvier 2015)

EVËQUES DU BURKINA FASO. 2013. Déclaration des évêques sur la situation sociale et politique au Burkina Faso. (publié le 25 juillet 2013)
http://www.blaisecompaore2015.info/Declaration-des-eveques-sur-la (Consulté le 30 juillet 2013)

LEFASO.NET. 2014. « Défection des rangs du CDP : Rock, Simon, Salif Diallo et bien d’autres claquent la porte. »
http://www.lefaso.net/spip.php?article57333 (Consulté le 07 janvier 2014)

JEUNE AFRIQUE. 2014. : « Burkina-France Exclusif : la lettre de François Hollande qui mettait en garde Blaise Compaoré. »
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141030170335/ (consulté le 31 octobre 2014)

MINISTERE DE LA PROMOTION DE LA FEMME. 2010. La politique nationale genre. [En ligne] Http ://www.mpf.gov.bf/png.html, (Consulté le 22 mai 2010).

OUOBA Boundi « Transition au Burkina : quand les bourreaux veulent s’asseoir à la même table que leurs victimes » http://lepays.bf/transition-au-burkina-les-bourreaux-veulent-sasseoir-meme-table-leurs-victimes/ (Consulté le 7 novembre 2015)

PARE Fulbert. 2014. « Consolidation de la démocratie au Burkina post-insurrection : Un encadrement de la société civile et de la classe politique s’impose. »
http://www.lefaso.net/spip.php?article62814 (consulté le 18 janvier 2014)

UNION EUROPEENNE Déclaration du Porte-parole sur la situation politique au Burkina Faso
http://eeas.europa.eu/delegations/burkina_faso/press_corner/all_news/news/2014/20141029_1_fr.htm (consulté le 01 novembre 2014)

ZOURE Abdou. 2013. Les Evêques après leur entrevue avec le Président du Faso : « Nous restons fidèles à nous-mêmes »
http://burkina24.com/2013/09/13/les-eveques-apres-leur-entrevue-avec-le-president-du-faso-nous-restons-fideles-a-nous-memes/ (Consulté le 15 septembre 2013)

ZOURE Abdou.2014. Blaise Compaoré répond à Barack Obama : « Il n’y a pas d’institutions fortes sans hommes forts »
http://burkina24.com/2014/08/06/blaise-repond-a-barack-il-ny-a-pas-dinstitutions-fortes-sans-hommes-forts/ (Consulté le 07 août 2014)

Vos commentaires

  • Le 30 janvier 2015 à 12:07, par Doul En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Dr Lydia ! Allez voir a la cuisine si j’y suis ! Ces femmes là nous pompent l’air avec leur histoires égalité-quota-genre etc. Le rôle premier et naturel d’une femme c’est procréer et s’occuper de son mari etde ses enfants ! Un point c’est tout !!!

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  • Le 30 janvier 2015 à 12:57, par Alexio En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Gloire aux femmes Burkinabe. Je suis tres fier de vous. Le Burkina Faso merite une femme a la tete de l Etat. L heure est arrive pour un nettoyage mental de cette mentalite Chauvenisme masculin qui nous a fait perdre beaucoup de temps dans des politiques de divertissement loin de la focalisation du but notre developpement collectif versus le clanisme politique et son sectarisme qui pillait la riche que le peuple avait degener par ses durs labeurs quotidiens.

    Répondre à ce message

  • Le 30 janvier 2015 à 13:33, par BF_Voix En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    bien dit cher Doul, le burkina gagnerait a cultivié le merite et non le genre, car on veut de se developper, donc on veut des Hommes (femmes/ hommes) comptents et non donner un quota pour plaire aux femmes.

    Répondre à ce message

  • Le 30 janvier 2015 à 13:43, par Sidrata En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Mr Doul,votre réaction est épidermique, misérable et indigne. ce n’est pas parce que vous avez été nul à l’école que vous allez reproduire votre médiocrité dans notre société. dans les hôtels, les restaurants, les célibataires, c’est toi qui te promène dans toutes les cuisines ? égalité homme-femme ou femme-homme même si c’est au prix de ta mort§

    Répondre à ce message

  • Le 30 janvier 2015 à 13:58 En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Doul, alors là tu es trop fort. J’étais mort( e) de rire !

    Répondre à ce message

  • Le 30 janvier 2015 à 14:01 En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Arrête de nous pomper l’air. Blaise a perdu le pouvoir le 30 octobre et non le 27. Ceux qui ne sont pas sortis le 30 sont des mouillards. Et surtout renseigne toi, beaucoup d’hommes étaient obligés d’éteindre leurs portables le 30, sinon les appels des femmes mêles de pleurs allaient les dissuader à faire plier le régime.

    Répondre à ce message

  • Le 30 janvier 2015 à 17:20, par CHEIKH En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Je trouve noble la cause, mais le plaidoyer trop kilométrique et fastidieux, pour permettre aux lecteurs, de l’appréhender dans sa substance.

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  • Le 30 janvier 2015 à 17:52, par le villageois En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Docteur Lydia, c’est bien de retracer le rôle joué par les femmes lors des évènements qui ont fait partir Compaoré, c’est bien aussi de nous rappeler que la transition ou tout système de gouvernance doit tenir compte de l’autre moitié du ciel. Mais dans la vie, en pensant que tout doit vous être servi sur un plateau d’or, alors là vous pouvez toujours attendre. Vous voyez, de toutes les femmes qui font la politique, Saran est la seule qui a le courage de créer un parti politique. Chapeau à elle. Les autres sont où ? Dans le milieu syndical, on ne vous voient point. En politique au lieu de vous battre pour être devant vous vous cacher derrière les pantalons des hommes, et les quelques unes qui s’affichent n’ont pas bonne presse, car ayant été promu grace à la sueur des F...
    Battez vous comme elle et gagnez votre place à la sueur de votre front. N’attendez rien de qui que ce soit.
    Rappelles vous des Rabi DIALLO de la Guinée, de Mme Diabaté en RCI, de Sall au Sénégal et de Aminata au Mali.

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  • Le 30 janvier 2015 à 18:22, par Hermann En réponse à : La transition au Burkina Faso : La société civile est-elle sensible au genre ?

    Monsieur Doul je crois tu es malade ? Oubien tu as un problème particulier avec les femmes ? Il y a des hommes dont leur condition d’homme ne se développe que sous la chaleur des pagnes, Monsieur Doul est un exemple typique. Les femmes se battent sur le terrain comme les males aussi, il n’y pas de raison qu’elles ne sont pas impliquées dans la conduite des affaires du pays. Ceux continuent de penser que les femmes sont faites uniquement pour la procréation vont devoir changer leur fusille d’épaule, parce que ce vent de changement qui souffle vont apporter beaucoup de liberté pour les femmes. Les femmes doivent continuer à se battre au coté des hommes pour un véritable changement, changement qui n’est pas seulement lié au système de gouvernance (politique) mais aussi les vieilles idées et archaïques comme pour les Doul là !!! La femme c’est notre compagnon de lutte de tous les jours et elle mérite qu’on lui respecte.

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