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Crise ivoirienne : le rendez-vous de la dernière chance

Publié le mardi 11 novembre 2003 à 07h58min

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Accra, la capitale de ce qui s’appelait jadis la Côte de l’Or, reçoit ce mardi 11 novembre 2003 cinq chefs d’Etat ouest-africains autour de la crise qui secoue depuis le 19 septembre 2002 ce qui s’appelle encore la Côte d’Ivoire.

Répondent en effet à l’invitation du chairman ghanéen, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) John Kuffuor, Olesegun Obasanjo du Nigeria, Mathieu Kérékou du Bénin, Gnassingbé Eyadéma du Togo, Blaise Compaoré du Burkina Faso et naturellement Koudou Laurent Gbagbo qui gère douloureusement l’après-Houphouët.

Au cours de ce mini-sommet à six, il s’agira essentiellement d’une revue de la situation sécuritaire dans la région, et de l’évolution des Accords de Linas-Marcoussis dont l’application sur le terrain pose problème, car diversement interprétés par les belligérants.

La conséquence inéluctable est le blocage du processus de réconciliation nationale depuis que les ministres issus de l’ex-rébellion ont décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute participation au conseil gouvernemental pour contraindre Gbagbo et les siens à respecter et l’esprit et la lettre desdits accords.
Cette nième rencontre des chefs d’Etat à Accra vient après la mission effectuée le 30 octobre dernier à Abidjan par John Kufuor et Olesegun Obasanjo à l’effet de concilier les différentes parties.

Sur les bords de la lagune Ebrié, les deux présidents anglophones avaient tenté (cf. JAI n°2234 du 2 au 8 novembre) de convaincre leur homologue ivoirien de faire des concessions de manière à faire sauter le verrou qui bloque l’action du gouvernement de réconciliation nationale.
Ils avaient aussi proposé que Gbagbo ne revienne plus sur la nomination des ministres de la Défense et de la Sécurité, contrairement à ce qu’exigent les Forces nouvelles.

Mais à la condition que le locataire du palais de Cocody laisse quelque liberté aux ministres dans le choix des hauts fonctionnaires relevant de leur département ; qu’il lègue davantage de pouvoir à son premier ministre Seydou Diarra.
De bonnes intentions certes, mais qui ne rencontrent pas d’écho favorable auprès des "jeunes patriotes" qui dictent leur loi sur tout le sud ivoirien.
Les Forces nouvelles, elles, constituent petit à petit leur antre dans la moitié nord du pays.

Ce n’est pas encore la secession de fait, mais l’unité nationale pourrait être brisée par le radicalisme des uns et des autres. Qu’espèrer du mini-sommet d’Accra quand on sait que de part et d’autre, on refuse de signer la paix des braves ?
Et on le sait aussi, dans cette crise ivoirienne, chacun des pompiers ou prétendus tels, trouve son compte, de la CEDEAO qui ne joue pas franc jeu, à la France qui ne voit que ses intérêts économiques.

Un sommet dans un sommet, car il mettra aux prises Blaise Compaoré le Burkinabè et ses pairs ivoirien et togolais Gbagbo et Eyadéma, dont les pays ont dernièrement été accusés par Ouagadougou de comploter conjointement contre sa stabilité.
En réaction certainement aux accusations faites contre elle d’être la base arrière des rebelles ivoiriens par les maîtres d’Abidjan.

Quoi qu’il en soit, Accra III est le rendez-vous de la dernière chance pour la Côte d’Ivoire qui, hier encore, représentait la moitié des principaux agrégats économiques et monétaires de l’ouest africain. Mais, peut soupirer Charles Konan Banny le gouverneur de la Banque centrale, "Heureusement que nous avons l’UEMOA, car la crise que traverse ce pays est profonde et risque de le désarticuler".


Le président du Faso à Accra pour un sommet sur la Côte d’Ivoire

Le président du Faso, Son Excellence monsieur Blaise Compaoré, participera le 11 novembre 2003 à Accra (Ghana), à un mini-sommet régional sur la crise ivoirienne.
Convoquée à l’initiative de M. John Kuffuor, président de la République du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, cette réunion aura pour objectif de trouver des solutions aux difficultés qui entravent la mise en œuvre correcte de l’Accord de Marcoussis signé le 24 janvier 2003 par les protagonistes de la crise en Côte d’Ivoire.

Bernard Zangré
L’Observateur

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