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Dialogue direct Gbagbo/Soro : Marchandages bobolais, en attendant février

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • jeudi 25 janvier 2007 à 08h36min

C’est en début février que débutera le dialogue direct entre le président Laurent Gbagbo et les Forces nouvelles. Tel est le résultat auquel sont parvenus hier Blaise Compaoré et le président ivoirien, à Bobo-Dioulasso au pied-à-terre du chef de l’Etat burkinabè, sis au quartier Lafiabougou.

Le moins qu’on puisse dire est que sitôt qu’il a endossé son costume de président de la CEDEAO (19 janvier dernier), Blaise Compaoré a décidé de battre le fer pendant qu’il est chaud au sujet de la crise ivoirienne.

Par le début du dialogue direct avec les rebelles, sollicité et obtenu par Laurent Gbagbo lui-même qui veut ainsi mettre entre parenthèses la Communauté internationale (l’ONU et sa résolution 1721, le GTI, la France, la Licorne) et même le premier ministre Charles Konan Banny, tous suspectés peu ou prou de parti pris.

On sait que le 18 janvier dernier, l’opposition ivoirienne (Forces nouvelles et opposition traditionnelle) regroupée au sein du G7 avait donné une suite favorable à la demande du premier magistrat ivoirien. Cette sorte de requête de Gbagbo, "fatigué par les multiples médiations", outre le dialogue direct, préconise la suppression de la zone de confiance (autrement dit le départ des forces impartiales de la zone tampon), la création d’un service civique national et une amnistie générale.

"Je connais Blaise, il me connaît aussi"

Du reste, à la clôture du 31e sommet de la CEDEAO, Laurent Gbagbo a déclaré : "Tout le monde a accepté le dialogue direct, les Forces nouvelles, la CEDEAO, le GTI". Hier, sur le perron du pied-à-terre de son homologue burkinabè, interrogé par la presse qui voulait en savoir davantage sur cette approche dont il est l’initiateur, le fondateur du FPI a déclaré, non sans un éclat de rires auparavant : "Le président Blaise Compaoré vient d’être élu président de la CEDEAO... vous avez pris connaissance du communiqué final (NDLR : qui mandatait Blaise de faciliter ce dialogue direct)...

Il fallait, avant que nous entamions entre Ivoiriens le dialogue que j’ai préconisé, que nous confiions la supervision de tout à la CEDEAO pour qu’elle nous encadre et nous accompagne... parce que c’est toujours désagréable de faire un travail et de constater que l’institution que vous avez mise en place vous coupe le chemin par incompréhension... Comme j’ai la chance de connaître Blaise qui me connaît aussi, on a tracé le cadre de l’intervention de la CEDEAO...".

On ne va plus jouer au pyromane

Un Laurent Gbagbo qui affirmera, en substance, qu’il n’a aucune condition à exiger au préalable pour ce dialogue direct ; pour lui, il est le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, et souhaite une seule chose : le retour de la paix dans son pays et dans la sous-région, car, a-t-il martelé, "Ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire a édifié tout le monde et c’est vraiment le cas de dire plus jamais ça. On doit tourner cette page, car ce n’est pas bon et on ne va plus, à mon avis, jouer au pyromane... Mais je fais confiance à la médiation de la CEDEAO".

Interrogé sur la date du commencement de ce fameux dialogue direct, Laurent Gbagbo retournera la question à Blaise en disant : "Demandez au président de la CEDEAO". Et le président en exercice de la CEDEAO d’y répondre en ces termes : "Je suis d’abord très reconnaissant au président Gbagbo pour cette escale de Bobo-Dioulasso. Ce qui nous a permis d’avoir un éclairage plus large sur sa disponibilité. Hier, avec le ministre d’Etat Guillaume Soro, j’ai compris que de ce côté aussi, il y a une grande disponibilité... Donc je m’emploierai dans les jours à venir, en début du mois de février, à organiser une première réunion exploratoire pour voir dans quelles conditions nous allons travailler pour faire aboutir ce dialogue".

Un parfum de sincérité

Après donc avoir reçu Guillaume Soro le 23 janvier dernier (un Guillaume Soro qui n’était pas à Bobo), voilà Blaise qui s’est entretenu avec l’autre partie du brûlot ivoirien, à savoir le pouvoir en place. Il faut dire qu’il ne pouvait en être autrement pour deux raisons : la première est que le président du Faso a été instruit, le 19 janvier à Ouaga 2000 par ses 14 homologues de la CEDEAO, d’œuvrer à rendre possible ce dialogue direct. La seconde raison est également connue, c’est l’ascendance supposée ou réelle qu’a Blaise Compaoré sur les Forces nouvelles.

Rien que pour ces deux arguments, il était difficile que se déroule un dialogue direct sans Blaise comme facilitateur. Les pourparlers vont forcément achopper sur les sujets qui fâchent depuis un certain temps, à savoir les audiences foraines, qui doivent déboucher sur un dénombrement des Ivoiriens "électeurs", le Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)..., le tout dans le cadre de la résolution 1721 du Conseil de sécurité de l’ONU.

A Bobo-Dioulasso, on a en tout cas eu l’impression qu’un petit parfum de sincérité s’est fait sentir, et qu’est un peu amorcé un processus pour que les protagonistes parlent d’une même voix.

Encore faut-il que chaque partie accepte, dans ce dialogue "sa bouche, mon oreille", de céder un peu sur ce à quoi il tient le plus.

Blaise pourra-t-il rééditer l’exemple togolais ? (même si comparaison n’est pas raison, les deux crises étant totalement différentes). Les jours à venir nous le diront.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
& Jonas Appolinaire Kaboré
à Bobo

Observateur Paalga

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