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Secteur semencier burkinabè : Une étude d’évaluation en cours de validation

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Publié le mardi 21 février 2023 à 13h30min

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Secteur semencier burkinabè : Une étude d’évaluation en cours de validation

Ouagadougou abrite ce 21 février 2023 l’atelier national de validation de l’étude d’évaluation du secteur semencier du Burkina Faso. Cette étude a été menée par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), à travers l’outil SeedSat. Elle a permis aux acteurs d’évaluer les performances du secteur semencier dans huit domaines et de faire des recommandations en vue d’une amélioration des interventions des bailleurs et investisseurs.

La semence contribue à environ 40% dans la formation du rendement agricole, ce qui fait d’elle un élément stratégique des systèmes de production agricole nécessaire à l’accroissement de la production. Soucieux de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de ses populations, le Burkina Faso s’est engagé dans la mise en place d’un secteur semencier performant et compétitif à l’international. D’où sa totale adhésion, à la présente étude initiée par l’AGRA. C’est en octobre 2022, qu’ont débuté les travaux à travers un atelier d’information des acteurs sur l’outil SeedSat. S’en sont suivi, des ateliers de notation.

Selon Dr Abdalah Dao, chercheur à l’INERA et consultant qui a conduit l’étude, ce type d’évaluation permet de constituer une base de référence, qui va permettre aux investisseurs et aux bailleurs, d’orienter leurs financements et interventions, car on note plusieurs interventions dans le secteur, qui cependant ne sont pas organisées et harmonisées. Ce qui ne permet pas d’obtenir un résultat palpable sur le terrain. Méthode participative, avec l’inclusion de l’ensemble des acteurs qui sont liés à chaque segment. Par rapport à chaque segment, une notation qui correspond à la situation réelle du pays est apportée.

Dr Abdalah Dao, chercheur et consultant a conduit l’étude

SeedSat qui est un nouvel outil et qui a été utilisé dans la présente étude, a été développé par le centre d’excellence pour les systèmes semenciers en Afrique, pour faire la photographie du système semencier, à travers plusieurs segments. Il permet de comparer le système semencier d’un pays, par rapport aux standards des meilleures pratiques. Pour le cas du Burkina Faso, ce sont huit domaines thématiques portant entre autres sur la création variétale, la production des semences, leur commercialisation ainsi que la législation du secteur qui ont été dénombrés.

Dr Abdalah Dao, soutient que l’étude a révélé que dans le système semencier burkinabè, le cadre législatif est très bien organisé pour permettre le développement du secteur semencier. Par contre au niveau de la recherche et de la production des semences, il existe des difficultés. « La recherche fait beaucoup d’efforts mais manque d’infrastructures et de moyens financiers pour pouvoir mener les activités de recherches. La production des semences souffre des problèmes de planification au niveau des acteurs. Ce qui ne permet pas de structurer le système », explique-t-il.

Pascal Soubeiga, représentant du secrétaire général du ministère de l’Agriculture

Plusieurs recommandations ont aussi été faites, en vue d’une amélioration du fonctionnement du secteur semencier. Au regard de l’importance des inspecteurs semenciers, les acteurs préconisent d’ériger le service national des semences en une agence nationale. Ce qui va lui donner plus de capacités et de moyens pour que les semences soient de qualité et reconnues à l’échelle internationale. Autre recommandation, l’accélération du processus d’adoption des projets de loi en révision, ainsi que la mise en place d’une connexion entre distributeurs semenciers et producteurs afin que les distributeurs aient le retour des producteurs sur la qualité des semences reçues.

Pour Pascal Soubeiga, représentant du secrétaire général du ministère de l’Agriculture, cette évaluation revêt une importance capitale, car le Burkina Faso a toujours accordé une place de choix à la semence, qui est la base de la plante. C’est d’ailleurs cette attention particulière accordée au secteur, qui a fait du secteur semencier burkinabè l’un des plus performants en Afrique et permis d’engranger de nombreux acquis parmi lesquels on compte une production annuelle moyenne d’environ 17 000 tonnes de semences, l’accréditation du laboratoire central de Ouagadougou, la formation de plus de 4000 professionnels du secteur, etc.

Vue des participants.

Pascal Soubeiga ajoute qu’à ce jour, le Burkina Faso est engagé dans un processus d’accréditation par l’OCDE, pour une reconnaissance de son système semencier à l’international. Pour ce faire le laboratoire national des semences va être mis aux normes de l’ISTA. L’utilisation de l’outil SeedSat pour évaluer les performances du système semencier, devrait selon lui, permettre d’avoir une assurance qualité sur les semences produites au Burkina.

Armelle Ouédraogo/Yaméogo
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Messages

  • Vous avez rouché là où ça fait mal.
    Ce secteur dans nos pays et surtout au Burkina Faso est à préserver comme nos yeux. Si nous perdons le xontrôle totale ou même partiel de ce secteur, alors dieu notre indépendance.
    En francais ultra facile, si nous ne contrôlons pas la production et la distribution des semences dans notre pays, celui qui le contrôlera pourra nous sommer de faire tout ce qu’il veut (accepter de faux contrats, l’appuyer même dans une guerre) si non, il ne nous vendra pas la semence.
    Alors, sélectionneurs, bailleurs nationaux, producteurs, à vos marques.

  • Le secteur semencier est a développer par appuie aux producteurs, distributeur et toute la chaîne de valeur pour un meilleur essor de l’agriculture au Burkina Faso, au vu de l’importance dont rêver notre agriculture ! Cependant il faut reconnaître que malgré les formations des acteurs du système, la production semencière demeure très réglementée et cher ! Par manque de moyen, beaucoup d’acteurs semencier se penchent vers la production de denré plutôt que des semences. Transformer nos services de semences en agences de même que les différents Centre national de semences forestier CNSFainsi que augmenter l’intégration des professionnels semencier pour la formation et vulgarisation accéléré dans le monde rurale serait la bienvenue

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