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Soutenance de thèse de doctorat unique : Arlette Toé élevé au rang de docteur en développement rural avec la mention « Très honorable et félicitations du jury »

Publié le lundi 13 février 2023 à 11h30min

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Soutenance de thèse de doctorat unique : Arlette Toé élevé au rang de docteur en développement rural avec la mention « Très honorable et félicitations du jury »

L’effectif des docteurs en développement rural s’élargit au sein de l’université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso. Arlette Toé a soutenu, le jeudi 9 février 2023, sa thèse de doctorat unique sur la : « Contribution des cultures à double objectif de variétés améliorées à l’intégration durable agriculture-élevage et à l’optimisation d’utilisation des résidus de récolte dans l’alimentation des ovins ». Face aux membres du jury, elle a pu tirer son épingle du jeu avec la mention « Très honorable, avec les félicitations du jury ».

Le jeudi 9 février dernier, l’impétrante Arlette Toé est devenue docteur en développement rural à l’université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso en option « Systèmes de production animale », spécialité « Alimentation et nutrition animale ». Après 32 minutes de présentation (sur 40 minutes qui lui ont été accordées) et environ deux heures d’échanges avec les membres du jury, ceux-ci ont enfin délibéré, après s’être retirés pendant près de deux heures également. Ainsi, le jury a d’abord tenu à la féliciter pour la qualité de sa soutenance, sa présentation orale et pour la qualité des réponses apportées aux questions qui ont été posées. Le jury lui a ensuite recommandé de prendre en compte les observations qui ont été faites pour améliorer encore la qualité de son travail. Enfin, le jury a estimé qu’elle est digne d’obtenir le grade de docteur à l’Université Nazi Boni (UNB) de Bobo-Dioulasso, avec la mention « Très honorable avec les félicitations ».

L’impétrante qui a effectué trois années de recherches sur le sujet relatif à la production animale dans le nord du Burkina Faso, a expliqué aux membres du jury l’importance de la production des cultures à double objectif et l’utilisation optimum de leurs résidus dans l’alimentation des ovins qui, selon les conclusions de ses travaux, est une option résiliente pour l’atteinte de la sécurité alimentaire. En effet, dans un contexte de pression sur les ressources naturelles et face aux évolutions des conditions de production, l’intégration de l’agriculture et de l’élevage constitue une stratégie visant à consolider la productivité et la durabilité des systèmes de production.

Des parents et amis venus soutenir l’impétrante pour sa soutenance de thèse de doctorat

L’objectif global de cette étude était de contribuer à l’amélioration des productions animales à travers l’intégration agriculture-élevage dans la zone nord soudanienne du Burkina Faso, plus précisément dans le Yatenga. L’étude a été conduite en milieu réel (Aorèma Tougou) à travers des enquêtes, des tests d’évaluation des rendements grains fourrage des variétés améliorées de sorgho et de niébé, et à la station INERA/Kamboinsé, INERA/Saria, à travers des tests d’évaluation du potentiel de production de ces variétés et des tests de digestibilité et d’ingestibilité de leurs résidus de culture.

« La question du déficit fourrager dans notre pays est un problème majeur, étant donné que l’économie du pays repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, nous avons décidé d’axer nos recherches dans ce domaine. Nous avons effectué sur le terrain quatre activités. La première a concerné la détermination des facteurs d’intégration agriculture-élevage par les producteurs dans la province du Yatenga. Nous avons eu à faire une enquête auprès de 160 producteurs et il en ressort que les principaux facteurs d’intégration dans la province sont l’énergie, le travail des animaux et l’utilisation du fumier organique pour amender les champs. Les revenus obtenus à travers la vente des animaux pour l’achat des produits pour l’agriculture ou l’inverse. Suite à cela, nous avons trouvé intéressant de poursuivre nos investigations, en continuant toujours en milieu rural à une deuxième activité qui a porté cette fois-ci sur un test agronomique qui a concerné la culture à double objectif de sorgho et de niébé dans les exploitations dans le Yatenga. Les résultats obtenus étaient très intéressants », a-t-elle expliqué.

Avec son titre de docteur nouvellement acquis, Arlette Toé se dit être animée par un sentiment de joie et de satisfaction

« Comme c’était en milieu paysan, les paramètres ne sont pas toujours réunis donc nous avons décidé de poursuivre toujours nos investigations en faisant une troisième activité en milieu contrôlé, à la station expérimentale de l’INERA à Kamboinsé à Ouagadougou. Là nous avons mis en place un essai agronomique à cinq traitements et nous avons évalué les rendements des cultures de sorgho et de niébé à double objectif en association et en culture pure. Les résultats obtenus étaient très intéressants. Il ressort que les rendements obtenus en culture associative sont meilleurs. C’est vraiment un moyen de booster l’intégration agriculture-élevage au Burkina Faso. Et donc améliorer la production animale au Burkina », a poursuivi Arlette Toé.

Etant donné que le problème principal est de résoudre le problème d’alimentation au Burkina Faso et que nous avons des résidus en quantité, l’impétrante a donc décidé de mener une quatrième activité qui a consisté à évaluer l’effet d’utilisation de ces résidus de culture obtenus sur des ovins, sous les formes hachées et granulées. « Les résultats obtenus en ce qui concerne la gestion du fourrage granulé étaient intéressants », a-t-elle affirmé. Au regard donc des quantités importantes de résidus de récolte produits chaque année en lien avec les superficies cultivées, du déficit fourrager et des techniques de conservation du fourrage inadéquates, cette technologie de granulation de fourrage contribuera sans doute à la résolution des problèmes d’alimentation du bétail et de façon générale à l’amélioration durable des productions animales.

Pour le président du jury, le Pr Hassan Nacro, le travail présenté par Arlette Toé est de « très bonne qualité

Après avoir exposé le diagnostic de la problématique, elle a fait des recommandations. Il s’agit, entre autres, d’intensifier les activités d’embouche pour la production de fumier et pour son utilisation rationnelle ; de booster la promotion et la production des cultures à double objectif ; de renforcer davantage les capacités techniques de production des agropasteurs en améliorant leurs niveaux techniques afin d’accroître leur capacité de production. Elle a par ailleurs recommandé de poursuivre des investigations complémentaires en reconduisant des études similaires afin de consolider les conclusions de cette étude.

Le président du jury, le Pr Hassan B. Nacro, assisté du Pr Valérie Christiane Bougouma (directrice de thèse) et des docteurs Hadja Oumou Sanon, maître de recherches à l’INERA (co-directrice de thèse), Isidore B. Gnanda, maître de recherches à l’INERA et André Kiéma, également maître de recherches à l’INERA, ont à la suite de la présentation de l’impétrante, fait des observations à travers un scanner de la critique scientifique porté sur le travail de recherche. Après délibération, le jury a élevé l’impétrante au grade de docteur avec la mention « Très honorable, avec les félicitations » sous les acclamations des convives fortement mobilisés pour soutenir la future spécialiste en « Systèmes de productions animales ».

La directrice de thèse, Pr Valérie Christiane Bougouma invite le nouveau docteur à continuer dans cette perfection qu’elle a entamée et à toujours écouter les conseils de ses supérieurs

Les membres du jury saluent la qualité du travail de l’impétrante

La sympathique rencontre scientifique s’est soldée dans la joie et le bonheur des retrouvailles, et surtout des témoignages. Pour le président du jury, le Pr Hassan Nacro, le travail présenté par Arlette Toé est de « très bonne qualité et c’est ce qui a valu qu’elle soit déclarée digne d’obtenir le grade de docteur. C’est un travail important et assez innovateur sur les aspects de nutrition animale et plus particulièrement sur les granulations. C’est une problématique qui est d’actualité et je pense qu’elle a conduit un très bon travail sur le terrain avec une très bonne analyse des résultats. Elle a pu faire un compte rendu au cours de sa soutenance qui a convaincu le jury. Elle a toutes les qualités d’un chercheur ou d’un enseignant-chercheur », a confié le Pr Nacro.

Il estime que ce document devrait servir d’outil d’aide à la décision parce qu’il aborde des aspects de nutrition animale notamment les aspects de granulation, de valorisation des résidus de récoltes en plus des aspects de systèmes de culture. « Il y a des informations assez intéressantes dans le document et elle a terminé en formulant des recommandations qui, je pense que si elles sont prises en compte, peuvent permettre de résoudre un tant soit peu un certain nombre de problèmes du monde rural », a-t-il dit.

Pour la co-directrice de thèse, Dr Hadja Oumou Sanon, ce travail est à saluer car l’impétrante a fait ses preuves sur le terrain

Et ce n’est pas le Pr Valérie Christiane Bougouma (directrice de thèse) qui dira le contraire. Elle qui se réjouit du travail abattu par son « élève ». « J’ai suivi le travail depuis son inscription et c’est un travail qui me satisfait beaucoup. C’est un gros travail qu’elle a abattu et c’est pourquoi, à l’unanimité, les membres du jury lui ont accordé la mention très honorable avec les félicitations. C’est un travail de très grande valeur scientifique. Elle a travaillé en milieu réel avec les paysans dans les champs pour produire des variétés améliorées à double usage de niébé et de sorgho. Elle a évalué les rendements et d’autres caractéristiques pour pouvoir comparer ces résultats au niveau des stations expérimentales en milieu contrôlé », a-t-elle laissé entendre. Avant d’inviter le nouveau docteur à continuer dans cette perfection qu’elle a entamée et à toujours écouter les conseils de ses supérieurs.

Même son de cloche pour la co-directrice de thèse, Dr Hadja Oumou Sanon. Pour elle, ce travail est à saluer car l’impétrante a fait ses preuves sur le terrain. « Elle s’est montrée vraiment déterminée. Elle a fait le milieu rural et le milieu contrôlé en station. Par rapport au milieu rural, elle a eu à conduire des enquêtes avec les producteurs. Elle a eu à suivre aussi des champs que les producteurs ont mis en place. En station, elle a pu suivre des productions de cultures que nous avons ciblées. A la suite de cela elle a conduit des tests avec des animaux pour voir l’ingestion de ces résidus et aussi la digestibilité. Elle a bien suivi et bien compris la démarche méthodologique. Je suis fière ce matin du travail abattu », a-t-elle indiqué.

Avec son titre de docteur nouvellement acquis, Arlette Toé se dit être animée par un sentiment de joie et de satisfaction. Elle dit être fière d’avoir contribué à faire avancer la science. Elle ne manque pas de traduire sa reconnaissance à ses encadreurs qui ont été « une force » pour elle dans ces moments. Le nouveau docteur compte s’investir davantage dans sa carrière en mettant le fruit de ses recherches à la disposition des jeunes apprenants.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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