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Développement de la recherche au Burkina : Le FONRID visite des projets qu’il a financé à Bobo-Dioulasso

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • mercredi 15 septembre 2021 à 17h40min
Développement de la recherche au Burkina : Le FONRID visite des projets qu’il a financé à Bobo-Dioulasso

Octobre 2011-octobre 2021. Cela fait déjà dix ans que le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID) a vu le jour. Après dix années de financement de projets de recherche et d’innovation, les premiers responsables de la structure ont décidé de faire une halte afin de faire le bilan des activités passées pour mieux se projeter dans l’avenir.

C’est ainsi qu’à l’occasion de la commémoration de ces dix années d’existence, le FONRID a initié plusieurs activités notamment une caravane de presse dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Dans la ville de Sya, cette caravane a eu lieu le mercredi 8 septembre 2021 et a concerné la visite de deux projets majeurs, financés par le fonds. Il s’est agi du Projet de production intégrée de poissons et de végétaux dans la pisciculture semi-intensive au Burkina Faso et le Projet de recherche-développement sur le bananier.

L’objectif de cette caravane de presse était de toucher du doigt les différents projets financés par le FONRID, leur évolution et leur état de mise en œuvre sur le terrain. Toute chose qui va permettre aux premiers responsables du fonds, de mieux orienter les financements à venir. Le premier projet visité est porté par l’université Nazi Boni. A notre arrivée, c’est une équipe dynamique qui nous a accueillis sur le terrain, avec à sa tête Dr Rokyatou Sissao, coordinatrice du projet. Son projet a été financé par le fonds à hauteur de 30 millions de francs CFA.

Un projet innovant

A en croire la coordinatrice, Dr Rokyatou Sissao, le projet a débuté en 2019 et le financement du FONRID a permis de mener plusieurs réalisations sur le terrain, dont la construction de ces bassins. Avec l’avènement du covid-19 en 2020, qui a joué sur la mise en œuvre du projet, les expérimentations ont commencé concrètement cette année par l’élevage des poissons ainsi que la formulation des aliments. Les deux espèces de poissons qu’on retrouve dans les bassins sont le tilapia et le silure. L’objectif du projet est de développer un système pilote complet de production intégrée de poissons et de fruits et légumes.

« Les effluents de la pisciculture sont très riches. Ils ont une qualité agronomique intéressante. C’est pourquoi, nous avons voulu dimensionner cette production intégrée pour pouvoir vulgariser sur le terrain. Il faut que le paysan puisse produire par rapport à la dimension du bassin qu’il a, par rapport à la qualité de poisson et à l’aliment qui sont utilisés. Tout cela influence ainsi la qualité des effluents. Et ces effluents vont ainsi permettre de déterminer la quantité de fruits et légumes produite », a-t-elle laissé entendre.

Selon Dr Sissao, ce projet demeure une alternative à la pratique paysanne qui utilise beaucoup d’engrais chimiques. « Les aliments et les excréments de poissons vont enrichir l’eau des bassins qui seront orientées dans les parcelles de pisciculture pour faire l’arrosage et diminuer l’utilisation des engrais. C’est à la base des résultats obtenus qu’on pourra conseiller les producteurs de poissons et de fruits et légumes », a expliqué la coordinatrice du projet.

Dr Vianney Tarpaga est chercheur à l’INERA. Il est spécialiste en production horticole et participe à la mise en œuvre du projet. Dans ses explications, il a insisté sur la nécessité d’utiliser les eaux issues des bassins piscicoles pour faire de la production végétale. Car il estime que ces eaux sont « très riches » en nutriments. Pour la phase de l’expérimentation, deux parcelles ont été aménagées.

Une consacrée à la pratique paysanne (arrosage avec l’eau de forage) et l’autre au traitement effluent piscicole. Chaque parcelle contient des plants fruitiers (bananiers et papayers) et des légumes (concombre, laitue). « De façon empirique ça marche. Et nous voulons donner plus de chance à ceux qui veulent vraiment s’adonner à cette pratique intégrée. C’est le flux que nous voulons quantifier », précise le Dr Tarpaga.

Embouchant la même trompette, le Pr Aboubacar Toguyeni, professeur titulaire en sciences halieutiques, chef de l’unité aquaculture et biodiversité qui abrite ce projet, rassure. « Plusieurs spéculations ont déjà fait l’objet d’expériences préliminaires avec des résultats satisfaisants. L’étape, dans le cadre de ce projet, est l’expérimentation en station et l’adaptation en milieu réel avant le passage à l’échelle. Des résultats concrets sont là, il y a un engouement autour de la chose », a-t-il lancé. Avant de souligner que cette phase du projet va permettre de donner plus de contenus scientifiques à cette pratique.

Ce projet allie aussi la production d’aliments pour les poissons. Le Dr Aboubacar Sourabié, enseignant chercheur et responsable de l’unité de production d’aliments, a rappelé que les besoins énergétiques des poissons diffèrent. « Les effluents piscicoles sont surtout influencés par le type d’aliment qui est consommé par les poissons. Plus l’aliment est riche en protéines, plus on aura des effluents beaucoup riches également en matières organiques. Ce qui nous amène à utiliser ces deux espèces de poissons qui n’ont pas les mêmes besoins énergétiques. Cela va permettre de voir quel aliment produit plus d’éléments fertilisants », a expliqué Dr Sourabié.

Une productrice de banane qui se frotte les mains

Après le site de l’Université Nazi Boni, cap est mis sur la plantation de banane de Silvie Sama, qui a bénéficié également des retombés d’un projet financé par le FONRID. Cette dernière exploite une plantation de neuf hectares dans le village de Diarradougou, à quelques kilomètres de Nasso. En effet, Silvie Sama a bénéficié des plants sains de bananiers qui ont été produits par des chercheurs burkinabè avec le financement du FONRID.

De 300 pieds en 2018, cette productrice a, aujourd’hui, plus de 3 000 pieds de bananiers. « C’est en 2018 que des chercheurs m’ont contacté, disant qu’ils avaient des variétés saines à me proposer. Ils m’ont donné 300 pieds (deux variétés différentes) et un accompagnement en motopompe, avec des tuyaux, et un baril de carburant. Et c’est avec cela que j’ai commencé le travail. Les variétés qu’ils m’ont données sont bonnes. J’ai poursuivi l’entretien malgré les conditions qui sont difficiles. En quelques temps, j’ai pu multiplier la superficie de la plantation. De 300 pieds, je suis à plus de 3 000 pieds aujourd’hui. Cette variété résiste plus aux maladies et le temps de récolte est réduit aussi comparativement aux anciennes variétés qui duraient dix ou douze mois. Avec cet espèce, en seulement sept ou huit mois, on peut récolter », s’est-elle réjouie.

Contribuer à l’autosuffisance alimentaire au Burkina

Le projet de recherche-développement sur le bananier a pour objectif de produire et diffuser à grande échelle des plants sains de bananiers à travers des techniques innovantes : plants issus de fragments de tiges et multiplication sur souches décortiquées. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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