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Agriculture : Un projet d’aménagement de la plaine de la Léraba pour améliorer la sécurité alimentaire dans les Cascades

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • samedi 10 avril 2021 à 20h01min
Agriculture : Un projet d’aménagement de la plaine de la Léraba pour améliorer la sécurité alimentaire dans les Cascades

Le ministre en charge de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, a procédé au lancement officiel des activités du Projet d’aménagement et de valorisation de la plaine de la Léraba (PAVAL). C’était le vendredi 9 avril 2021, dans le village de Niofila, commune de Douna, dans la région des Cascades. Ce projet vise ainsi à contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les Cascades voire le Burkina Faso.

D’un coût total d’environ 32 milliards de francs CFA, le financement du PAVAL est assuré par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 21 milliards, le Fonds international de développement agricole (FIDA) à hauteur de 5,4 milliards, le gouvernement burkinabè pour 4,5 milliards de FCFA et une contribution des bénéficiaires évaluée à environ 1,2 milliards de F CFA.

Les autorités présentes à la cérémonie de lancement du projet PAVAL

Ce projet cible à terme la valorisation des eaux du barrage de Niofila, permettant l’irrigation d’environ 1400 hectares de terre et la mise en place de complexes d’infrastructures. Ce, pour créer des micro-pôles de développement susceptibles de booster l’économie locale. A en croire le ministre Salifou Ouédraogo, le PAVAL vise à contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la réduction de la pauvreté dans la région des Cascades. A cet effet, il permettra d’accroitre, sur une base durable, les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques ainsi que les revenus agricoles pour les exploitants dont les femmes et les jeunes.

Des agriculteurs sont sortis nombreux manifester leur joie d’accueillir le PAVAL

Le Projet d’aménagement et de valorisation de la plaine de la Léraba a une durée de cinq ans et touchera directement plus de 9 000 bénéficiaires dont 5 000 femmes et de façon indirecte 50 000 personnes. Les principales réalisations escomptées du projet sont, entre autres, le prolongement du canal primaire sur une longueur de 8 km ; la réalisation d’une digue de protection de 22 km ; l’aménagement d’un périmètre irrigué de 1000 ha ; la réhabilitation du périmètre existant de 410 ha ; la mise à disposition à prix subventionné de 2100 tonnes d’engrais ; 72 tonnes de semences améliorées ; 9600 litres de pesticides homologués et des équipements agricoles à travers le financement de sous-projets d’accès aux marchés.

Le ministre en charge de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo

Il est également prévu dans le cadre du projet, la construction des infrastructures à savoir 20 aires de séchage ; 13 magasins de stockage de riz et maïs de 250 tonnes ; 75 infrastructures de stockage d’oignon de 10 tonnes ; la construction d’un comptoir d’achat ; d’un Centre de promotion rurale ; la conduite d’une étude de faisabilité pour la création d’un agro pôle dans la région des Cascades et le financement de 300 Micro entreprises rurales.

Réduire la dépendance du Burkina Faso de l’agriculture pluviale

Le ministre en charge de l’Agriculture, dans son discours de lancement du projet, a noté que dans le cadre de la transformation structurelle de son économie, le Burkina Faso a réaffirmé sa volonté de poursuivre la recherche de voies alternatives innovantes pour réaliser une croissance forte et inclusive, au moyen de modes de consommation et de production durables. Ainsi, le gouvernement a opté d’orienter davantage sa politique agricole sur la promotion de l’agriculture irriguée, à travers l’intensification et le développement des techniques et technologies innovantes d’irrigation, grâce à une maitrise totale de l’eau de production. « La valorisation des plans d’eau et des potentiels de terres irrigables par la mise en œuvre des projets d’aménagements hydro-agricoles contribuera à réduire de façon significative la dépendance du pays de l’agriculture pluviale qui est tributaire des effets des changements climatiques », a laissé entendre Salifou Ouédraogo.

La co-marraine, la ministre Madiara Sagnon/Tou

C’est ainsi que le PAVAL a été conçu avec l’appui de la BAD et du FIDA. Pour le ministre Salifou Ouédraogo, ce projet revêt un caractère structurant et s’inscrit dans la vision du chef de l’Etat, Roch Kaboré, de « bâtir un secteur productif assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle, davantage orienté vers le marché et créateur d’emplois décents pour les jeunes et les femmes ». Il a aussi rappelé que dans le cadre du PAVAL et conformément aux accords de financement signés avec la BAD et le FIDA, le gouvernement a entamé depuis l’année 2019, l’aménagement d’un premier lot de 170 ha sur les 1000 ha à aménager pour un coût total d’environ trois milliards de FCFA entièrement financés sur les ressources propres de l’Etat.

Une vue du barrage de Niofila

Il a par ailleurs rassuré les producteurs agricoles de la plaine de la Léraba que des dispositions sont prises pour l’achèvement des travaux au cours de l’année 2021. Et à cet effet, un budget d’un montant de 1,3 milliards de FCFA a été déjà dégagé par le gouvernement. A en croire le ministre, un Plan d’action de réinstallation a été préparé dont la mise en œuvre permettra d’accompagner toutes les personnes affectées par le projet sur la zone de l’emprise des travaux, de manière juste et équitable pour éviter la dégradation de leurs conditions de vie du fait de l’exécution des travaux d’aménagement. Tout en exhortant les populations à se mobiliser pour l’atteinte des objectifs du projet, le ministre Salifou Ouédraogo a exprimé sa gratitude à l’endroit des partenaires techniques et financiers dont la BAD et le FIDA, pour leur accompagnement dans la mise en œuvre du PAVAL.

La remise d’intrants à une productrice par la co-marraine Maminata Traoré/Coulibaly, ministre déléguée auprès du ministre en charge de l’Enseignement supérieur

Accélérer la transformation structurelle de l’agriculture burkinabè

Pour la co-marraine de cette cérémonie de lancement, Madiara Sagnon/Tou, ministre déléguée auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ce projet va permettre d’accélérer la transformation structurelle de l’agriculture dans les Cascades voire au Burkina Faso. Native de la région, elle a souligné que la région des Cascades est une zone dotée d’un important potentiel agricole. « Les actions du projet vont permettre, d’une part, de renforcer la résilience des populations rurales à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et, d’autre part, d’accroitre la production agricole irriguée. Nous n’attendions que ce genre de projet pour booster la production agro-sylvo-pastorale dans les Cascades », a-t-elle martelé.

{La remise de carte professionnelle à un agriculteur par la co-marraine Madiara Sagnon/Tou, ministre déléguée auprès du ministre en charge de l’Administration territoriale}

Le président de la Chambre nationale d’agriculture, Moussa Koné, au nom des producteurs, a saisi l’occasion pour exprimer sa joie par rapport à la mise en œuvre du projet. Selon lui, le PAVAL vient à point nommé car il permettra au pays de pouvoir mettre en place une agriculture plus performante. Aussi, il a exprimé sa gratitude à l’endroit du gouvernement ainsi que les différents partenaires techniques et financiers pour toutes « ces actions allant dans le sens du développement et de la modernisation de l’agriculture ».

Il reste convaincu qu’avec un tel dévouement, le secteur agricole sera compétitif et permettra au pays de relever les défis liés à l’auto-suffisance alimentaire et à la sécurité alimentaire.

Cette cérémonie a été marquée également par la remise d’intrants et de cartes professionnelles aux producteurs et productrices de la région des Cascades et la visite du barrage de Niofila.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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