Actualités :: Meeting de l’opposition : La "compaorose" vilipendée

Quatorze partis de l’opposition ont fait une démonstration de
force le samedi dernier à la Maison du peuple de Ouagadougou.
Ils ont organisé conjointement un meeting dit de "vérité et de
responsabilité" pour dénoncer les maux du régime de Blaise
Compaoré. Au cours de cette rencontre, des leaders de
l’opposition ont longuement développé tous les thèmes forts du
moment.

Le meeting se voulait un "signal pour le combat" qu’entend
mener l’opposition en cette année préélectorale. Elle peut de ce
fait se réjouir d’avoir réussi au moins le pari d’une mobilisation
non négligeable. En effet, ce meeting unitaire a permis de
regrouper un nombre assez important et hétéroclite de militants
des partis à l’origine de la manifestation.

Tout a commencé par
une montée des marches des leaders des quatorze partis. Tour
à tour, ils ont été appelés sur scène. Et chacun d’entre eux a
lâché une ou deux phrases-choc comme pour réveiller les
militants qui se lassaient de l’attente du début du meeting. Il faut
dire qu’entre-temps, les installations électriques de la maison
du peuple avaient pris feu. Cette situation a entraîné une
coupure de courant et a engendré un retard d’un peu plus d’une
heure dans le début de la manifestation.

Après la présentation
des leaders et des invités de marque dont Me Prosper Farama
et Me Dieudonné Nkounkou, conseils dans l’affaire Thomas
Sankara, les militants ont eu droit à six interventions. C’est
Philippe Ouédraogo du Parti africain de l’indépendance qui a
ouvert le bal. Il a développé le thème des "modifications
unilatérales du Code électoral par le CDP (Congrès pour la
démocratie et le progrès)". Il est revenu sur les raisons
avancées par le CDP pour justifier les modifications avant de
laisser entendre que celles-ci sont un prétexte.

Selon lui, les
raisons profondes de la relecture du Code électoral sont
l’instabilité interne du CDP et sa volonté "de reconstituer une
majorité qualifiée à l’Assemblée nationale qui lui permettrait
d’obtenir le tripatouillage à volonté de la Constitution,
notamment de son article 37 et d’organiser ainsi la
pérennisation au pouvoir des mêmes hommes et des mêmes
méthodes de gestion, pour le malheur du peuple burkinabè !".

L’alternance,
le médicament qu’il faut

A sa suite, le docteur Alain Zoubga du Parti pour la démocratie
et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS). Celui-ci s’est appesanti
sur la tentative présumée de coup d’Etat. Il a fait remarqué que
cette affaire a surtout servi d’alibi au pouvoir pour venir fouiller
dans les rangs de l’opposition, allusion faite à l’arrestation de
Norbert Tiendrebéogo, leader du Front des forces sankaristes
(FFS).

Pour le docteur Zoubga, l’opposition a su résister aux
"manoeuvres du régime" "en faisant preuve de "solidarité, de
lucidité, de courage et de fermeté ". Pour lui, "contrairement à la
volonté des gouvernants, nous avons assisté à un procès contre
le régime au grand dam des prévenus. La compaorose a été
dénoncée par des hommes qui ont parfois été à son service, et
les plaidoiries ont montré que le peuple avait raison de
manifester son scepticisme depuis le début de l’affaire". Il s’est
félicité de l’acquittement de Norbert Tiendrebéogo et a exigé sa
réhabilitation totale, la prise en charge de son état de santé et la
restitution de ses revenus salariaux.

Pour sa part, Me
Bénéwendé Sankara a fait une intervention sur l’impunité au
Burkina. Il a égrené le chapelet des assassinats.
Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la
démocratie et le développement (UNDD) a, quant à lui, axé son
intervention sur les échecs du régime de Blaise Compaoré. Il a
surtout insisté sur le "mépris, l’arrogance et la violence" de
Blaise Compaoré vis-à-vis de l’opposition et du peuple. Il a
terminé en affirmant que selon le bon sens, Blaise Compaoré
ne peut pas être candidat aux élections présidentielles de 2005.

A la suite de Hermann Yaméogo, c’est Norbert Tiendrebéogo qui
est venu témoigner sur sa vie carcérale devant les militants.
Occasion pour lui de rappeler les grandes lignes de sa
détention de six mois. Par contre, il a renoncé à citer des noms
de personnalités du régime qui lui en voulaient comme il l’a
promis. Il s’est contenté d’évoquer les pressions sur Me Farama
pour qu’il renonce à l’assister au procès. Il a également soutenu
qu’en réalité, c’est Hermann Yaméogo qui était visé par le "large
ratissage".

Issa Tiendrebéogo, en sa qualité de coordonnateur du
regroupement des quatorze partis, a tiré les conclusions du
meeting. Pour lui, les différentes interventions ont permis de
reconnaître que le Burkina Faso "va mal, très mal". Face à cette
situation, estime-t-il, "l’attitude d’un citoyen préoccupé de la paix
et de la sécurité de la cité" doit être de "s’engager dans la lutte
pour l’alternance alternative au Burkina Faso". Pour ce faire, il a
appelé à l’unité d’action.


Ils ont dit

Hermann Yaméogo : "A la vérité, Blaise Compaoré et les siens,
mis à part la mort, ont peur de trois choses. Ils ont peur en tout
premier lieu du coup d’Etat. C’est pour cela qu’ils ne rigolent pas
avec les questions relatives à l’Armée, qu’ils ne veulent pas en
faire l’affaire du peuple.

Mais nous, nous disons que cette
armée-là n’est pas l’Armée de Blaise Compaoré ou d’un clan.
Elle est l’Armée de la République au service de tous.
L’autre chose qui leur fait peur, c’est la commission d’enquête
internationale que nous demandons, ce sont les pressions ou
une intervention extérieure. Et ce ne sont pas les faits pour les
épingler devant les juridictions internationales qui manquent, et
ils le savent.

Enfin, ils ont peur de la désobéissance civile et de la résistance
à l’oppression que le peuple peut actionner en vertu de ses
prérogatives constitutionnelles. Que le peuple, prenant
réellement et définitivement conscience qu’il est dépossédé de
son suffrage, décide de le reconquérir, comme c’est son droit
souverain. ça, ça les fait "flipper".

Alain Zoubga

"C’est aussi l’occasion pour nous de rejeter les thèses
confusionnistes dont celle de "verdict pédagogique" développé à
l’issue du procès contre les dirigeants du collectif il y a quelques
années, et celle du "verdict d’apaisement" dans ce procès des
prétendus putschistes. Enfin camarades, nous avons appris
que le sieur Barry aurait fait appel du jugement rendu. Mais s’il
s’agit de fait acquitter tous les condamnés alors le peuple
applaudira, dans le cas contraire la "compaorose" prendra un
coup fatal".

Par Mamadou OUATTARA

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