Actualités :: Regain du terrorisme au Burkina : Nous sommes tous responsables (...)

La recrudescence des attaques terroristes fait de plus en plus jaser l’opinion nationale. C’est désormais l’effervescence dont les facteurs déclencheurs s’appellent attaque de Solhan avec son lourd bilan humain de 160 morts et attaque sur l’axe Barsalogho-Foubé qui a coûté la vie à 11 policiers. Avec comme ultime facteur, certaines communications gouvernementales qui ne semblent pas du goût de l’opinion. Conséquence : le 26 juin 2021, les populations de Kaya et de Titao ont occupé la rue, balais parfois en main, pour exprimer leur ras-le-bol.

Colère contenue de longue date mais qui traduisait en même temps la reconnaissance par les mêmes populations des efforts des autorités burkinabè dans cette lutte engagée contre l’hydre terroriste : loi de programmation militaire, revue à la hausse du budget consacré à l’Armée, cession de salaires par les membres du gouvernement, don d’un million de francs CFA par chaque député, renforcement en matériels d’équipements, forum sur la sécurité, recrutement de Volontaires pour la défense de la patrie (CDP), opérations Otapuanu et Ndofu, déplacements du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à Berlin, Paris et Sotchi dans le cadre de la coopération bilatérale pour juguler le fléau terroriste, etc.

Que d’efforts herculéens fournis par les autorités mais la bête terroriste, telle la tapisserie de Pénélope, n’est pas prête à voir organiser sa messe de requiem. Conséquence : le scepticisme commence à gagner le cœur de certains Burkinabè qui, de plus en plus, ne croient plus à certains faits d’armes de leur propre Armée, notamment au bilan chevaleresque de l’opération Taanli (débutée le 10 juin dernier) menée de concert entre nos Forces de défense et de sécurité (FDS) et celles nigériennes et qui a permis de tuer une centaine de terroristes dans les zones frontalières au Burkina Faso et au Niger.

S’il est vrai que cette information venant du commandement de l’Armée n’est pas la première du genre et que malgré tout, les terroristes continuent de sévir, cela a le mérite de nous informer que la bergerie des terroristes est garnie d’innombrables moutons de Panurge et aussi d’interpeller chacun de nous à se préparer à une guerre de longue durée. Sinon, la culture de la dénégation des faits d’armes de l’Armée et du scepticisme, père naturel du défaitisme, ne feront que nous desservir et bonifier la santé de l’ennemi. A présent, c’est même sous cape que rient les terroristes lorsqu’ils nous voient manifester dans la rue contre nos autorités.

Nous devons donc tous avoir un moral d’acier doublé d’un fighting spirit et d’une résilience à nulle autre pareille pour se jeter tous à corps perdu dans cette bataille dont la victoire sera forcément à la Pyrrhus. Certes, n’oublions pas que le gouvernement a sa part de responsabilité à continuer à mener dans cette lutte et que le président du Faso a prêté serment de sécuriser les Burkinabè, mais nous devons quitter dans ce discours civilement et politiquement incorrect qui consiste à dire que c’est le gouvernement qui doit tout faire en matière sécuritaire.

Doter les FDS d’équipements de dernière génération

Tout comme de Ouaga à la Tapoa en passant par Komsilga et Réo, nous menons, à travers des louables initiatives citoyennes, des opérations de salubrité publique et d’entretien de nos pistes rurales, nous devons tous être des soldats sur le terrain en ayant le même réflexe selon lequel nous ne pouvons pas laisser toute notre sécurité entre les seules mains de l’Etat. Ce, tout en interpellant régulièrement le gouvernement pour qu’il joue sa partition.

Car comme le dit l’adage africain, « C’est unis que les tisons brûlent et c’est séparés qu’ils meurent ». Aujourd’hui, selon ce qu’une autorité m’a confié la semaine dernière à Fada, Tanwalbougou qui était l’épicentre des attaques renoue de plus en plus avec la quiétude. La raison : tout le monde a compris l’intérêt de se faire enrôler VDP et d’être à tout moment sur le qui-vive en veillant l’arme à la main.

C’est pourquoi il faut saluer les initiatives parallèles que certains citoyens développent et déplorer dans le même temps certains comportements inciviques qui font l’affaire de l’ennemi. Quand dans une localité de la Tapoa, nous brûlons le commissariat pour les policiers, que gagnons-nous ? D’autant plus que les populations de la localité reviennent plus tard pour demander le retour de ces FDS. Quand dans certaines localités de la province de la Gnagna, certains villages refusent d’enrôler des VDP en leur sein, que gagnons-nous ?

Quand on demande de lever le paiement de frais de péage au motif que la réhabilitation de la route concernée tarde alors que c’est les mêmes frais de péage qui permettent en partie le financement de la construction des routes et de boucher les nids-de-poule où les terroristes déposent leurs engins explosifs, que gagnons-nous ? En plus, quand on saccage le haut-commissariat de Titao, quelle plus-value cela nous apporte-t-il dans notre lutte antiterroriste ?

Et puis, quand j’apprends parallèlement que ma suggestion de faire contribuer nos autorités coutumières en recourant aux génies de nos ancêtres, aurait été partagée et expérimentée et que certaines parties prenantes n’auraient pas joué franc jeu pour son succès, je tombe des nues. Bref, il est temps de mettre le holà et de reconnaître que nous sommes tous responsables de la situation sécuritaire dans laquelle nous sommes, d’autant plus que ce sont nos propres frères burkinabè qui nous livrent cette sale guerre et que nous ne les dénonçons pas parfois.

En attendant le discours du président du Faso à la Nation dans quelques heures, il convient d’inviter le gouvernement à doter les FDS d’équipements de dernière génération afin de rendre possibles toutes sortes d’interventions, même celles devant avoir lieu la nuit comme le suggérait l’attaque de Solhan. Même si cela va devoir nous coûter encore des sacrifices financiers. Sinon, la récente création salutaire des forces spéciales par le président du Faso risque d’être inopérante.

En conclusion, renforçons les modes de lutte que nous avons déjà expérimentés tout en sonnant la mobilisation générale des populations dont il faut travailler à restaurer la confiance affectée avec le politique et l’Armée, en réexpérimentant avec d’autres acteurs le recours avorté aux génies de nos ancêtres, etc. Et en sanctionnant par la pendaison toute personne qui voudra faire du business avec les ressources affectées à la lutte antiterroriste. Sans état d’âme. Ce, en attendant l’ultime piste de changement de partenaire international dans cette lutte.

Cbs l’iconoclaste
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