Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve.» Antoine de Saint-Exupéry

Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • jeudi 4 juin 2020 à 23h06min
Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), « la menstruation est un processus au cours duquel l’utérus évacue du sang et des tissus par le vagin ». Cette définition est simple, mais le sujet reste gênant pour les jeunes filles. Une enquête de l’UNICEF révèle qu’une fille sur dix manque les cours à cause des menstrues. De nombreux complexes se développent ainsi autour des règles.

Vous êtes une fille ou une femme, vous avez surement déjà dit « regarde si ce n’est pas taché ». Les complexes en période de menstrues se développent chez beaucoup de filles, comme chez Roxane Silga, étudiante en communication. Elle fait attention au moindre geste qui pourrait lui coûter une tache de sang sur ses vêtements. En effet, selon elle, lorsqu’elle se rend aux cours pendant ses règles, elle fait attention à ne pas trop bouger « afin que le coton reste bien en place et ne la tache pas ».

Une fois qu’elle se lève, il est impératif de vérifier en demandant à une amie de jeter un coup d’œil ou en se tapotant l’arrière pour voir si rien n’est mouillé. Autant de précautions pour éviter que les autres voient le sang. Mais en fait, combien savent réellement qu’il ne s’agit que de sang ?

Silga Roxane, étudiante en communication

La société a fait croire qu’être en règles, c’est être sale. Voilà pourquoi, selon Roxane, « chacune essaye de cacher cela ». Sur ce point, les garçons non plus ne leur facilitent pas la tâche. N’ayant jamais vu de fille tachée, ils peuvent se laisser entraîner par les moqueries la première fois, toute chose qui alourdit le poids de la jeune fille à surmonter ses menstruations. La honte ou la gêne qu’elles ont subie peuvent les pousser à ne pas venir aux cours pendant ces périodes. Mais c’est loin d’être le seul facteur de l’absence aux cours.

Traoré Axiane, étudiante en écomonie

Entre douleurs et manque de moyens

« Je n’arrive pas à terminer certains devoirs lorsque je suis en règles », nous confie Axiane, l’air pensive. Comme beaucoup d’autres filles, elle souffre de ce qu’on appelle « les règles douloureuses ». Selon Mme Ouédraogo, sage-femme au Centre d’écoute des jeunes de l’ABBEF, la douleur est due à « la concentration de l’utérus pour éliminer la muqueuse ». Elle peut être plus supportable chez certaines filles que chez d’autres, mais elle ne doit pas empêcher la fille de continuer ses activités habituelles. La consultation est donc nécessaire lorsque c’est le cas.

Elisabeth OUEDRAOGO, Sage femme au centre d’écoute des jeunes de l’ABBEF

Il y a aussi celles qui n’ont pas les moyens de se procurer des serviettes hygiéniques tous les mois. Difficile d’aller à l’école dans ces conditions. Il faut alors compter sur les bonnes initiatives, comme celle de Mme Kyendrébéogo, qui confectionne des serviettes réutilisables à coût raisonnable de 500 francs CFA. En partenariat avec des associations, elle pourrait distribuer gratuitement ces serviettes à des jeunes filles, pour leur permettre de mener leurs activités sans interruption.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Adjaratou TALL (stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 5 juin à 08:00, par BOUSSOU BIIGA En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

    Ce qui est gênant, c’est le fait de vulgarisé une choses si intime qu’en le déballant ainsi, on participe à appauvrir la femme de ce qui fonde sa puissance sociale. Je trouve qu’on peu faire du bien à la jeune fille, en les accompagnant sans ce tapage médiatique. Vous faites cela, vous démystifier le sexe, et après vous vous étonnez que les enfants commencent leur explorations sexuelles dès le primaire. Qu’elles goûtent à l’ivresse que procure l’énergie et le plaisir sexuel, prennent des grossesses pré-causses, abandonnent l’école, deviennent misérables avec tout ceux à quoi cela expose. Je trouve qu’on peut améliorer les conditions de gestion du cycle féminin, dans le respect de l’intimité et sans crier sur les toits.

    Répondre à ce message

    • Le 5 juin à 11:09, par Kouda En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

      BOUSSOU BIIGA,
      Hum ! Vous avez une conception et une compréhension bien particulières de la question des menstrues des femmes.
      Depuis longtemps, on n’en parlait pas. Cela a-t-il amélioré les choses ?
      Pourquoi considérer la question du cycle menstruel comme tabou ?
      Moi, je l’ai étudiée de la 6ème à la 3ème et cela n’a pas fait de moi un dévergondé. La même observation est valable pour beaucoup de mes promotionnaires. Au contraire, nous sommes très reconnaissants à l’Etat et à nos enseignants d’Economie sociale et familiale pour les précieuses connaissances qu’on nous a apprises. Et j’ai fait et ferai tout pour que mes enfats ne soiet pas ignorants sur la reproduction humaine, sur les appareils génitaux féminin et masculin, sur la vie.

      Répondre à ce message

  • Le 5 juin à 09:39, par TALL En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

    Mme Boussou Biiga, il ne s’agit pas là d’un tapage médiatique et même si s’en est un pourquoi vous ressentez une telle gêne. C’est cette gêne que les adultes d’aujourd’hui éprouvent et ne parle pas de sexualité à leurs enfants. La majorité de mes proportionnaires ont appris comment gérer les règles et notre sexualité à l’école, entre camarade il y’avait beaucoup de fausses informations qui s’y mélait. Tant que les parents ne prendront pas leur responsabilité en main et éduquer leurs enfants, c’est la rue qui le fera. Cet article va aider beaucoup de jeunes filles qui viennent d’avoir leur menstrue vue que les parents refusent de leur en parler. Il n’y a aucune honte dedans et si sa rend un enfant dévergondé c’est que cet enfant l’était déjà.

    Répondre à ce message

  • Le 5 juin à 10:06, par WARA En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

    M. BOUSSOU BIIGA je suis à 100/100 d’accord avec vous.

    Répondre à ce message

  • Le 5 juin à 10:16, par SAWADOGO Abdoulaye En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

    Tout en voulant s’adapter à l’évolution, l’implication des personnes indiquées ( parentes, enseignantes, formatrices, psychologues ...) dans le cadre de la gestion des menstrues est la bienvenue à l’école. Du moment où l’on comprend que les menstrues viennent en fonction de l’état physiologique et psychologique de la (fille). Une puériculture axée sur la gestion des menstrues augmentera en principe l’hygiène et réduira les complexes des élèves.

    Répondre à ce message

  • Le 5 juin à 10:31, par saam En réponse à : Gestion des menstrues à l’école : « Regarde si ce n’est pas taché » !

    Filles et femmes, on a mis tous vos secrets dans la rue. Votre intimité, le mystère en vous, le sens et la raison de votre féminité qui vous donnait tant de valeur et c’est triste ! Que reste-t-il de la femme ? Il y a celles qui volontairement se sont dénudées pour sortir dans les rues, pour danser à la télé pour des soi-disant artistes, pour faire du cinéma ou des photos en dévalorisant l’image de la femme.
    Il y a celles qui ont tenu à préserver leur féminité, leurs atouts car respectueuses d’elles-mêmes et y a ces gens venus d’on ne sait où qui ont fini de tout "déballer" de "dénuder" la femme en plein jour avec leurs histoires de menstrues ! C’est triste car la gestion des menstrues s’est toujours passé de mère en fille dans la discrétion sans trop de tapage comme on le voit aujourd’hui.
    Ou est passé le mystère en vous qui fait de vous des femmes de valeur, de dignité, de fierté ?
    Femmes et filles valeureuses, fières et dignes, ne restez pas là les bras croisés si vous vous êtes sentis touchés au plus profond de vous par ce tapage inutile.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Burkina : CRS et l’Ocades Caritas élaborent une stratégie conjointe pour mieux répondre aux besoins humanitaires
Journée mondiale du pharmacien : Les spécialistes du médicament font le point de leur place dans le système de santé
Santé maternelle et infantile : Un projet lancé pour améliorer la recherche dans le domaine
Formation professionnelle au Burkina : Le CIFDHA outille les jeunes de Boulsa
Justice : Le ministère passe en revue ses activités de 2019
Burkina Faso : Plaque tournante du commerce illégal du mercure en Afrique de l’Ouest
Transports et facilitation des échanges : Le Conseil burkinabè des chargeurs sensibilise les acteurs à Dakola
Evaluation des acquis scolaires au Burkina : Les apprenants ont des performances moyennes
Epargne voyage Air Burkina : Rendre le voyage aérien accessible à tous
Fonction publique : « Tôt ou tard, il y aura une situation de saturation », prévient le gouvernement
Choc entre tradition et religion à Loropéni : Surmonter les divergences par le dialogue et l’acceptation de l’autre
Promotion du civisme et prévention des conflits : Le NDI satisfait de ses actions
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés