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Cancers infantiles : Faute de moyens de prévention, il faut mettre l’accent sur le diagnostic précoce

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 14 février 2020 à 13h33min
Cancers infantiles : Faute de moyens de prévention, il faut mettre l’accent sur le diagnostic précoce

De 45 cas en 2005, le nombre d’enfants souffrant de cancer est passé à 633 en 2018. La majorité de ces enfants sont atteints du lymphome de Burkitt, le cancer le plus répandu chez l’enfant. S’il est vrai qu’il est possible de les prendre en charge au Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalgado-Ouédraogo et au CHU pédiatrique Charles-de-Gaulle, il n’en demeure pas moins que le coût n’est pas à la portée du Burkinabè moyen.

Le cancer pédiatrique constitue 1% de tous les cancers au Burkina Faso. Selon l’étude Globocan, en 2018, 633 nouveaux cas de cancers pédiatriques ont été enregistrés dans les formations sanitaires du Burkina Faso dont 363 chez les garçons et 270 chez les filles. Toujours selon cette étude, 118 décès liés au cancer ont été notifiés dont 61 chez les garçons et 57 chez les filles.

Selon Dr Gabrielle Chantal Bouda, onco-pédiatre et cheffe de service de l’oncologie pédiatrique au CHU Yalgado-Ouédraogo, les données de ce centre hospitalier et du CHU pédiatrique Charles-de-Gaulle font état de 223 nouveaux cas de cancer en 2019 dont 30 patients actuellement hospitalisés à Yalgado. La prise en charge du cancer infantile dans notre pays a débuté en 2005 avec 45 patients pour atteindre, en 2019, ce chiffre de 223 nouveaux cas.

Photo d’illustration

Le lymphome de Burkitt, cancer le plus fréquent chez l’enfant

Au Burkina Faso, les cancers les plus fréquents rencontrés chez l’enfant sont le lymphome de Burkitt qui, a lui seul, constitue 50% des cas. « Ce sont des cancers des ganglions et du sang. Ça se manifeste au niveau du visage ou du ventre. Ce sont les deux principaux sites de ce cancer », indique Dr Gouba.

Il y a également le cancer de l’œil qui constitue 15% des cancers rencontrés et qui se manifeste, selon Dr Gouba, par une tâche blanche au niveau de l’œil qui apparaît dans les photos prises avec flash, sous forme de tâche rouge. A cela s’ajoute le cancer du rein (15%) qui est une boule qui apparaît au niveau du ventre, la leucémie (15%) et les autres cancers qui constituent 5% des cancers rencontrés chez l’enfant dans notre pays.

Sur les facteurs de risque de ces cancers infantiles, Dr Bouda explique qu’ils sont environnementaux, surtout infectieux, avec en cause l’EBV (Epstein-Bar virus). Certains dérivent également des tissus embryonnaires et d’autres sont exceptionnellement génétiques.

Dr Gouba Gabrielle Chantal onco-pédiatre et cheffe de service de l’oncologie pédiatrique au CHU Yalgado Ouédraogo.

Et contrairement à l’adulte chez qui il existe des moyens de prévenir le cancer, chez l’enfant, il n’existe pas vraiment de moyen de prévention, avoue Dr Gouba. « Le principal facteur de risque, c’est le facteur viral pour les lymphomes de Burkitt. Malheureusement, on ne peut pas le prévenir. Il n’y a pas de vaccin, il n’y a pas de moyens pour éviter de l’avoir. C’est une infection qui se contracte très jeune et à partir de cette infection, il peut y avoir une modification génétique au niveau de certaines cellules qui peut aboutir, avec la conjonction d’autres facteurs, à l’apparition du cancer », explique-t-elle.

Et d’ajouter que ce qui peut être fait chez l’enfant, « c’est le diagnostic précoce. Il faut que dès les premiers signes anormaux, les gens consultent et que les agents de santé qui voient ces patients aient le réflexe de les transférer dans les centres de prise en charge pour qu’ils soient pris en charge de façon correcte ». Cela est d’autant plus nécessaire que 60% des patients arrivent tardivement, or un diagnostic précoce augmente les chances de guérison.

Photo d’illustration

Prise en charge coûteuse et pas à la portée du Burkinabè moyen

Les cancers infantiles, selon Dr Gouba, sont très agressifs et à propagation rapide. Pour la prise en charge donc, la chimiothérapie est privilégiée à la chirurgie et aux autres moyens de traitement. Malheureusement, ce traitement est assez coûteux et n’est pas à la portée du Burkinabè moyen et surtout la prise en charge n’est disponible qu’à Ouagadougou, notamment au CHU Yalgado-Ouédraogo, au CHU pédiatrique Charles-de-Gaulle et, dans une certaine mesure, à Bobo-Dioulasso.
A titre illustratif, le coût de la prise en charge sans la chimiothérapie d’un lymphome de Burkitt est de 902 000 F CFA et celui de la leucémie s’élève à 1 170 000 F CFA, sans la chimiothérapie. Au regard du coût élevé de la prise en charge, certaines associations et ONG viennent en aide aux parents pour y faire face.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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