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Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • lundi 14 octobre 2019 à 00h05min
Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

A l’initiative de la Fondation pour les médias en Afrique de l’Ouest, en collaboration avec le Centre national de presse Norbert.Zongo et la radio Savane FM, Ouagadougou a abrité, le samedi 12 octobre 2019, un forum sur le thème « Comment mettre un terme aux rackets policiers aux pays des hommes intègres ? ». Cet évènement, troisième du genre, s’inscrit dans le cadre des activités du projet visant à promouvoir la gouvernance participative au Burkina Faso. Un projet mis en œuvre depuis 2018 avec divers médias.

Le forum a drainé, à la Direction générale de la coopération, des participants issus de la police nationale, des syndicats des transporteurs, des services de la gendarmerie, de la Ligue des consommateurs et des organisations de la société civile. Ils ont bénéficié de l’expertise de quatre communicateurs dont Luc Damiba, spécialiste anti-corruption ; le président de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat, Pr Luc Marius Ibriga ; le secrétaire général du syndicat de la police nationale, Armiyaho Zongo et le coordonnateur national de contrôle de forces de police, Bienvenue Claude Bado.

Soumaïla Rabo et Richard Tiéné étaient les modérateurs du jour. Le premier a défini le racket comme l’extorsion d’argent ou d’objet le plus souvent répétée et organisée, obtenue par chantage, terreur, violence. Selon le rapport de l’Observatoire des pratiques illégales de l’UEMOA, le Burkina Faso, le Mali et la Côte d’Ivoire tiennent la tête. Le Bénin peut s’enorgueillir d’être le seul pays à avoir connu des avancées en la matière.

Pourtant, il y a des dispositions qui interdisent le racket. A ce propos, le contrôleur général d’Etat a souligné que conformément à l’article 332.9 du code pénal , « tout agent qui sollicite, reçoit, exige ou ordonne de percevoir ce qu’il sait n’est pas être dû ou excède ce qui est dû, soit à lui-même, soit à l’administration, soit aux parties pour lesquelles il perçoit, est puni d’une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende égale au double de la valeur du produit de l’infraction si la valeur est inférieure ou égale à 500 000 F CFA, sans que cette amende puisse être inférieur à 2 000 000 de F CFA. D’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende égale au double de la valeur du produit de l’infraction si celle-ci est supérieure à 500 000 F CFA, sans que cette amende puisse être inférieur à 10 000 000 F CFA ».

Les causes du racket…}

L’abus de pouvoir n’est pas en reste. En effet, est puni d’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 2 000 000 à 10 000 000 F CFA, le fait pour un agent public d’abuser intentionnellement de ses fonctions ou de son poste en accomplissant ou en s’abstenant d’accomplir dans l’exercice de ses fonctions un acte en violation des lois et des règlements afin d’obtenir un avantage indu pour lui-même ou pour une autre personne ou entité, a-t-il signifié.

Parmi les raisons susceptibles d’expliquer la persistance du phénomène malgré l’existence de ses dispositions, le paneliste évoque l’ignorance de la loi par les victimes, les comportements inciviques, la précarisation de la situation des agents, la perte des valeurs d’éthique et déontologique. En plus de cela, il y a la politisation de l’administration, la subjectivisation de la vérité, la perte du sens de l’Etat et du bien commun.

Pistes de solutions

Après avoir suivi les communications prévues, les participants ont émis quelques préoccupations au cours des échanges. Le forum a aussi débouché sur une vingtaine de solutions pour venir à bout des rackets policiers. Au nombre de celles-ci figurent l’implication politique, de la société ; la mise en place d’un système permettant à l’usager de faire des dénonciations lorsqu’il est victime de racket ; la prise de sanction appropriée contre les agents auteurs de racket. Les participants ont aussi demandé à la hiérarchie d’instituer une prime à la bonne moralité, revoir un certain nombre de textes notamment le décret de 2003 qui institut des ristournes à reverser à la police par rapport aux amendes.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 14 octobre à 01:17, par Hamon En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Il faut que tout policier qui sort pour le contrôle soit identifiable par des badges qui indiquent son nom et prénom, son service d’origine avec cordonnée téléphonique du contrôleur général de police pour appel et dénonciation etc...

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    • Le 14 octobre à 10:24, par Nandia idrissa En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

      Très bien vu. Il faut que les agents soient clairement identifiable, que. Les sanctions prévues soient réellement appliquées aux agents indélicats. Qu’on pense même à adopter les body. Cam pour permettre de documenter les interventions de la police .
      Au nombre des mesures que les participants ont proposées, une me paraît susceptible d’agraver le racket c’est celle de la prime a reverser aux agents de police. Ils trouveront la un moyen plus de fraude

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  • Le 14 octobre à 03:57, par Jean-Paul En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    "Les participants ont aussi demandé à la hiérarchie d’instituer une prime à la bonne moralité".
    Voilà justement la mentalité des voleurs racketteurs. Pourquoi voulez-vous qu’on vous donne une prime pour vous motiver à être honnête. Vous devez faire votre travail comme il se doit sans attendre quoi que ce soit.
    Il faudrait sanctionner ceux qui ont voté cette recommendations.

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  • Le 14 octobre à 05:04, par le vainqueur En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    l identification de l agent est nul..l usager n etant pas en regle n a meme pas la somme exigee pour un recu..

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  • Le 14 octobre à 08:39, par Yacoub En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Salut,le problème ce n,est pas les policiers mais nous le citoyen.Nous sommes chaque fois les premiers à vouloir proposer quelque chose des qu’,on est pris.mais le problème n,est pas là ce que le policier prend ne rentre pas dans la caisse de l,état c,est ça le problème.Voici ma proposition : les différentes directions des polices doivent à chaque point de contrôle avoir un caissier avec un outil d, encaissement fiaible et moderne entre autre les payements numerique comme si on payait onea ou sonabel avec un taxaplus et tu as un ticket et ,l’argent va directement dans le compte.si le policier arrête un citoyen que ce soit 2000fr ou 3000fr ou 5000fr il paye sur place et a son ticket et a son engins.

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  • Le 14 octobre à 08:42, par Un Burkinabê En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Encore plus important c’est l’éducation dans la cellule familliale. On ne forme pas un bon policier à l’Ecole de Police en 2-3 ans. Si le monsieur ou la dame est malhonnète à la base les cours qu’il reçoit peuvent peut être lui donner des pistes de bonne conduite mais il n’y a aucune garantie qu’il sera honnète au travail.
    Il ya 75% des taxis verts de notre pays circulent avec à peine les papiers aux normes. Ces taxis possèdent la Carte de la Visite Technique du CCVA. Mais même visuellement ça crève les yeux que le véhicule ne devrait pas avoir passé la visite. Le Policier qui voit ça sait que les agents du CCVA ont été corrompus sinon le véhicule roulant n’aurait pas eu cette carte de visite technique en bonne et due forme. C’est un message fort adressé au policier pour lui dire "moi j’ai pris ma part. C’est à ton tour de racketter aussi et manger". Il faut vraiment un assainissement sur toute la chaîne. Et pour ce faire il faudra absolument mettre en application la loi du delit d’apparence en plus des solutions citées.

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  • Le 14 octobre à 08:50, par Mamadou En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    web master, je ne vois mes commentaires publiés. pour commencer, juste rappeler que ce n’est pas un exercice pour moi d’écrire, mais donner un point de vue, me semble t il entre dans le cadre du sujet, et respecte les règles prescrites par vos textes.
    sur ce, je vais juste proposer aux autorités et aux population (victimes) de ne plus jamais remettre un sou comme contraventions aux policiers sur les routes. il suffira de trouver une formule (comme ça se passe dans les pays occidentaux) qui, une fois verbalisé, l’usager doit se rendre dans un délai à l’administration compétente et s’acquitter de ses pénalités.
    cela évitera les rackets bidons, de complaisance et permettra de renflouer les caisses de l’Etat plutôt que les poches de ces policiers o combien..............
    juste une contribution

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  • Le 14 octobre à 09:05, par Koua En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Mettons la question de la corruption dans le mandat du Ministre et c’est tout.

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  • Le 14 octobre à 09:24, par DCOUL En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Slt tous c’est bien tout ça mais le phénomène n’est pas qu’au Burkina quant je vois qu’au Ghana c’est même presque légale toutes sortes de tracasseries il faut plutôt féliciter les notre cette affaire doit être harmonisée dans la sous région c’est cela l’intégration si non ça ne servira à rien de circuler librement au Burkina et dès que tu franchis la frontière bonjour la merde il faudra que les autres comprennent que nous avions des policiers aussi un seul exemple" la carte grise internationale" c’est quelle connerie ça ? .

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  • Le 14 octobre à 09:39, par NEYA IBRAHIME En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    La corruption grimpera d’avantage au Faso si rien n’est fait par les décideurs. Seul le gouvernement détient la clé de ce fléau.Toutes les procédures de prestations offertes par L’ÉTAT sont faites de sorte que le demandeur est obligé de corrompre. Faites un tour au service des passeports, de la DTTM ,des Impôts. Pour verser de l’espèce à l’État il faut transpirer ,vivre la croix et la bananière.Ceux qui offrent ces services se plaisent dans ce système car ils en tirent profit.Ils connaissent bien les failles du système établi par l’administration qui est à leur avantage. Pour les plaintes ,elles prendront trop de temps à aboutir ou mème pas du tout.Il y a un complexe de supériorité qui semple habiter le fonctionnaire vis à vis de son client. Le système de fonctionnement des services de L’État mis en place pour servir le peuple en lui même est enrobé de germes de corruption.

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  • Le 14 octobre à 10:42, par Magellan En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    A mon avis, le problème est lié aussi à l’informatisation des données et leur traçabilité dans beaucoup de cas ; il faut que nos administrations épousent des moyens modernes de paiement, d’information et de communication, vous verrez que le problème sera dans une grande proportion maîtrisée

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  • Le 14 octobre à 11:01, par LE JUSTE En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    LA SOLUTION EST SIMPLE.
    Remarquer que le Péage coutait cher, mais depuis qu’ils ont vu les prix à la baisse , les gens n’hésitent plus à s’acquitter. Si non, au lieu de 200 pour aller à Kongoussi, tu paiera 2000 si on te prend, et si c’est Bobo 8.000 F en lieu et place des 800 . Soyons simplement intelligents. Je propose :
    Pour les deux roues
    - 1000 F si tu brule un feu ( tu payes sur place et tu prends ton engin)
    - 1000 F si tu brule un STOP
    - 500 F pour défaut de feux
    - Défaut de papier : Saisi de l’engin ; Retrait contre 2000 F au- Commissariat de Police- (C.P.) après présentation des pièces.

    Pour les 3 ou 4 roues
    - Saisi d’un document . Retrait au C.P contre 1000 F.
    - Si pas de document saisi du véhicule.
    C’est parce que c’est cher que les gens essaient de corrompre les FDS. Si c’est peu et le retrait de l’engin se fait sur place , vous verrez que les FDS se sentirons "humiliés" de prendre 500 pour une contravention de 1000 F, et il prendra combien quand la contravention fait 500 ?
    S’il est vrai que notre but est de finir avec cet incivisme sur les voies publique et cette corruption de nos Agent de sécurité, qui nous coutes des vies chaque jour, il n’y a pas meilleur solution. Mais si c’est pour renflouer les caisses et enrichir nos agent de sécurité , monter les enchères comme le propose l’Illustre Pr Laurent Bado.
    - 
    NB. Saufs les engins ou véhicules sans papiers qui ont fait l’objet de saisi, le paiement de l’amende, de la contravention et le retrait de la pièce saisi ou de l’engin incriminé se fait sur place.

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  • Le 14 octobre à 11:37, par Jean-Paul En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Le racket, la corruption, ce n’est pas seulement qu’à la police. Tout notre système est gangréné. Un exemple épatant vécu à la sonabel. Tu paies tes frais d’installation d’un nouveau compteur, ceux qui sont chargés de l’installer trouvent un subterfuge pour te faire tourner en rond. Puis vient le tour de leur complice démarcheur qui t’accoste pour te dire qu’il connaît quelqu’un qui peut t’installer rapidement ton compteur. Il faut donc cracher dans le bassinet une somme variant entre 5000 et 15000 fcfa. Il faudra qu’on revienne à la Haute Volta car ce pays est loin d’être un "pays des hommes intègres".

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  • Le 14 octobre à 12:26, par jan jan En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Est-ce que il y a réellement solution dans ce problème ?? D’un côté il y a l’agent de police qui veut bien faire son travail, de l’autre côté il y a les usagers de la route, qui souvent par manque de moyens financiers dû à la maigreur des salaires est en infraction pour assurance périmée, CCVA périmé et autres. Il est plus facile pour un usager de la route en infraction de donner une somme forfaitaire au policier que de laisser son véhicule être amené en fourrière avec une pénalité de 25.000F et plus pour récupérer son moyen de déplacement.

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  • Le 14 octobre à 15:11, par Citoyen Honnête En réponse à : Rackets policiers au Burkina : Des pistes de solutions pour endiguer le phénomène

    Il y’a des policiers qui lents sur les gens pour pouvoir racheter. Le 27 09 19, J’arrive au carrefour ou étaient stationnés les policiers, le feu était orange, je m’arrête le vert s’allume en traversant la route ,un pilier m’arrête, j’ai serré au bord, il me demande les documents du véhicules je lui donne, il a contrôlé et il m’ remis, puis il m’a demandé le permis, je lui donne. Vue mon permis est un mermis de l’Europe, il me dit : vous avez fait une infraction, je lui demande le quelle ? Que j’ai brûlé le feu, et il s’en va avec mon permis. Je lui rejoint là, il me dit que c’est son collègue de derrière là qui lui a dit .la contration fait douze mille francs ou de venir a Tampouy payer, soit je payé la moitié. En fin il a prit cinq mille. Non loin de la ciculaire

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