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Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • mardi 30 juillet 2019 à 23h40min
Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

Le Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie (SYNATRAME) a déclaré que son ministère de tutelle « ne dispose pas de compétences nécessaires pour encadrer et surveiller les sociétés minières », au cours d’une conférence de presse, ce mardi 30 juillet 2019, à Ouagadougou.

Le Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie (SYNATRAME), section mines, n’est pas passé par quatre chemins. Il s’est agi de la question des conditions de travail au sein du ministère de tutelle. « Jusqu’à présent, le ministère des Mines et des carrières ne dispose pas de compétences nécessaires pour encadrer et surveiller les sociétés minières », a déclaré le délégué de la section mines du syndicat, Idrissa Ouédraogo.

Idrissa Ouédraogo, délégué général de la section mines du SYNATRAME

Et d’ajouter que le personnel spécifique dudit ministère (ingénieurs pleins, ingénieurs des travaux et techniciens supérieurs) est composé essentiellement des agents qui proviennent de l’université de Ouagadougou et qui n’ont jamais bénéficié de formations diplômantes ou spécialisantes pointues.

Selon le SYNATRAME, les agents ne peuvent pas discuter avec « quelqu’un » avec qui ils n’ont pas la même compétence. « Vous êtes obligés de vous soumettre parfois à lui, de prendre ses dires pour argent comptant », a lâché Idrissa Ouédraogo. Pourtant, « si nous n’avons pas la capacité de surveiller les sociétés minières, si nous ne pouvons pas être des interlocuteurs crédibles avec nos partenaires des sociétés minières, nous pouvons être sûr que le réveil sera douloureux, que l’avenir ne sera pas rose pour notre pays », a-t-il ajouté.

Manque de véhicules pour les missions

Au cours de ce tête-à-tête avec les hommes de médias, le syndicat du ministère des Mines et des carrières a fait part d’un manque de moyens de déplacement pour les missions, depuis la scission de leur ministère avec celui de l’Energie. « Depuis 2017, nous n’avons reçu aucun véhicule et nous rencontrons quotidiennement de très graves difficultés pour exécuter nos missions. Nous pouvons témoigner que la plupart de nos collègues sont partis en mission et sont restés en brousse à plusieurs reprises », a affirmé Idrissa Ouédraogo.

Un autre témoignage des conférenciers : « Pour assurer les missions de pesée et de colisage, ce sont les sociétés minières qui viennent nous chercher avec leurs véhicules pour que nous allions assurer les missions régaliennes de l’Etat. Et ce sont ces mêmes sociétés qui nous servent généreusement les frais de mission ».

Ainsi, le SYNATRAME a annoncé que les agents ne vont plus effectuer des missions de pesée et de colisage avec les véhicules des sociétés minières. « Le ministère fait rentrer suffisamment de l’argent dans les caisses de l’Etat, mais en retour, le ministère n’a pas suffisamment de moyens pour la réalisation de sa mission. Si on nous trouve de véhicules, on va y aller. On ne veut plus également être pris en charge par les sociétés minières », a déclaré Idrissa Ouédraogo.

Jonas Ouédraogo, technicien supérieur au ministère des Mines

Fonds de motivation…

Comme s’il fallait s’y attendre, la question du fonds de motivation a fait surface au cours de cette conférence de presse. « Sachez que jusqu’à présent, le personnel spécifique du ministère ne bénéficie pas d’indemnité spécifique », brandit le SYNATRAME.

Sur ce sujet, un flou plane, les agents n’arrivent pas à convaincre les journalistes. Perçoivent-ils un fonds de motivation ? Il n’y a pas de réponse claire à cette question. Jonas Ouédraogo, technicien supérieur et conférencier, tente de clarifier les choses. « Le principe de la prime de motivation n’est pas remise en cause. Ce sont les textes qui devraient l’encadrer, mais ils ne sont pas encore pris et mis en œuvre. Ce retard inquiète le personnel, car la date butoir est presque arrivée et aucune perspective n’est en vue », a-t-il avancé.

Au regard des éléments évoqués, il reste à savoir ce que ce syndicat compte faire pour avoir des conditions de travail qu’il revendique. « Nous n’allons pas dévoiler tout ce que nous allons entreprendre comme actions mais vous aurez l’occasion de le constater de visu sur le terrain », a conclu Idrissa Ouédraogo.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

Vos commentaires

  • Le 30 juillet 2019 à 21:59, par sidbala En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    C’est dommage que soit maintenant que vous rendez compte de l’incapacité du ministre a gérer les compagnies minières, c’est tous les secteurs du pays, c’est où les syndicats ne tirent pas sur la sonnette d’alarme pour dire leur misère face à la gestion des affaires du pays.

    Les leaders de l’insurrection n’ont pas eu des suites dans les idées. Il aurait fallut une monsieur comme Chávez le Vénézuélien pour nous mettre sur le chemin après COMPAORE.

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  • Le 31 juillet 2019 à 00:57, par alidou En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    et après on vient dire qu’on nous pille alors que nous ne mettons pas les moyens pour surveiller et auditer les memes societes.
    Je crois que les gouvernants prèfèrent le statut quo, on peut bouffer en toute impunité et si ca chauffe on dira aaah la faute aux francais, aux canadiens, aux occidentaux sinon nous on a pas le pouvoir de rien faire hein, ils sont plus forts que nous.
    Dieu est pité, les dieux devrais-je dire car je ne sais pas a quel saint ou quel dieu les uns les autres vont prier.
    du gros manque d’honneteté et de bon sens sous nos soleils.

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  • Le 31 juillet 2019 à 10:16, par Yamsoba En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Hummmmm, ce pays n’est pas encore sorti de l’auberge. J’ai l’impression que le mot d’ordre est de piller en toute quiétude et chacun à son tour. Quand un pays devient comme un GATEAU dans la tête de responsables on ne réfléchit que comment se tailler la plus grosse part pour se bourrer les comptes. Vivement que la transparence par des voix loyales sauvent notre cher Faso du pillage impuni. Courage aux patriotes sincères.

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  • Le 31 juillet 2019 à 13:26, par Levieux En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    C’est vrai ce que vous dites mais certains de vos collègues mécontent ont rejoint les mêmes sociétés minières ou ils gagne beaucoup plus aujourd’hui et je pari qu’une fois les véhicules acquis ile syndicat demandera une escorte de gendarmerie et une prime conséquente pour leurs déplacements et je demande à l’autorité de lutte contre la corruption d’ouvrir une enquête sur les frais de mission servit par les sociétés minières.

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  • Le 31 juillet 2019 à 14:05, par Le Boss En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Au lieu de sortir parler d’incapacité a contrôler les sociétés minières, il faut plutôt demander a ce que le Ministère forment des gens pour avoir les capacités et les compétences nécessaires pour contrôler ces sociétés.
    Ces sociétés profitent justement de ce manque de personnes qualifiées au Ministère pour faire ce qu’elles veulent.
    Comme exemple palpable le charbon fin de Iamgold Essakane. Tous les documents ont eu le ok sur toute la chaine de contrôle afin ce charbon fin quitte le Burkina.
    Le bas blaisse, les mines existent depuis maintenant une dizaine d’année et c’est maintenant vous vous êtes rendus compte de cette situation. Pauvre Burkina ou les gens ne parlent que quand ils ne sont pas invités a la soupe.
    S’aurai été le contraire ce sont les mêmes qui allaient sortir pour faire les louanges des sociétés minières.

    Le Boss

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  • Le 31 juillet 2019 à 17:01, par walai En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Je vous comprends et suis d’accord avec vous pour le premier point sur les compétences des agents. Le manque de compétences va nous ruiner. Pourquoi depuis là, ces ingénieurs n’ont pas été envoyés pour des formations conséquentes.

    Par contre pour le transport et les perdiems qui sont servis directement par les sociétés, je me demande où le problème se trouve ? Pourvu que l’objectif soit atteint (être transporté et avoir son perdiem). Peut-être que c’est conlu ainsi... Ou bien vous voulez avoir des véhicules au sein de votre ministère, juste parce que les autres ministères en ont ? Vous voulez en avoir pour conduire vous-mêmes et faire les fraudes (utiliser à des fins privées, voler l’essence, voler/échanger les pièces) comme les gens le font avec les véhicules de l’Etat ? C’est cela ? Il vous faut alors d’autres arguments pour me convaincre sur le point sur les véhicules. Si jusque là, le transport assuré par les stés minières se passe bien, alors pourquoi posséder des véhécules dont l’entretien et la gestion n’est pas facile ? Sans compter les abus soulignés plus haut. Soyons raisonables quant même !

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  • Le 31 juillet 2019 à 17:13, par Un Burkinabê En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Il ya des dizaines de Burkinabê très très compétents à même de contróler efficacement ces sociétés minières mais ils travaillent tous à l’International. Est ce que le Burkina est prêt à mettre les moyens pour débaucher ces compatriotes qui font la fierté de notre pays ? Le cas de Madame Sory ex-ministre du Minefid est là. Tous ces Burkinabê dont je parle ont un salaire minimum de 8millions cfa par mois. A bon entendeur, salut !

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  • Le 31 juillet 2019 à 18:04, par Un Burkinabê En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Le problème de la formation est un fait mais les formations qui permettent de contróler ces sociétés seront faites où ? Notre pays a un grand problème qui est que nous voulons niveler par le bas. Les Burkinabê compétents et expérimentés (ils travaillent ou ont travaillé non seulement dans les plus grosses boîtes minières du monde (Barrick, Newmont, Goldfields, Anglo, BHP, Kinross, Newcrest, Goldcorp) mais aussi dans les plus grands pays miniers de monde (Afrique du Sud, Canada, Australie, Etats Unis, Ghana, Chilie, Mexique, etc)). Lorsque les boss des compagnies minières installées au Burkina (aucune d’entre elle n’est une grosse compagnie car en dehors car même pas dans le top 20 des productrices mondiaux d’or) se trouveront en face de cette expertise mondiale d’origine burkinabê ils se tiendront tranquile et respectueux.
    Sommes nous préparés et accepterons nous de payer le prix ? Pourquoi les personnes dont je parle ne sont elles pas il ne serait ce que Conseillers du Ministre à défaut d’être appelées pour diriger le Ministère lui même. C’est ça aussi la différence entre nous et les Occidentaux.

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  • Le 1er août 2019 à 15:38, par désolant En réponse à : Secteur des mines : Le syndicat dénonce l’incapacité du ministère à encadrer et surveiller les sociétés minières

    Est-ce que vous êtes sérieux ? Donc, tout le pays est découpé par des concessions et on opère un pillage en règle ! en tant que fonctionnaire, vous êtes au moins des complices passifs de cet état de fait plus préoccupé par votre petit gombo que les intérêts supérieurs de la nation. Avec le parc astronomique de véhicules de 4 X 4 avec plaque fond rouge qui se pavanent dans les 6 mètres de Ouagadougou, vous n’êtes pas capable d’en réquisitionner une pour faire le travail, c’est vraiment triste !

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