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Ve anniversaire de l’assassinat de Nobert Zongo La ténacité du Collectif

Accueil > Actualités > Multimédia • • lundi 15 décembre 2003 à 09h52min

Voilà cinq années consécutives que les militants du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques descendent dans les rues de Ouagadougou et autres villes du pays chaque 13 décembre pour rappeler les circonstances du drame de Sapouy et réclamer" vérité et justice".

" Nons contents d’avoir tué le journaliste Nobert Zongo, ses assassins voudraient en plus qu’on l’oublie". Cette phrase inscrite au bas du poster de Cette année la commémoration du Ve anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses trois compagnons a donné lieu à un dépôt de gerbes sur les tombes au cimetière de Gounghin et à un meeting marche au cours duquel un message a été remis au chef du gouvernement par l’intermédiaire d’un conseiller technique du ministère de la Justice.

Henri Sebgo reflète tout le " ping-pong" qu’il y a eu entre les responsables du collectif et les autorités communale, politique et militaire pour la commémoration du Ve anniversaire du drame de Sapouy.

En effet, par courriers, le Collectif a informé le ministre de l’Administration territoriale, le maire de Ouagadougou, et le chef d’Etat major général des armées de son intention d’organiser, pour l’anniversaire, un dépôt de gerbes sur les tombes à 9 heures, un meeting marche à 14 heures qui doit aboutir au première ministère et l’occupation de la place de Nation le samedi 13 décembre 2003. En réponses, le maire accepte le meeting-marche à travers la ville tout en se déclarant incompétent pour autoriser l’occupation de la place de la Nation. Pour le ministre en charge de l’Administration territoriale, les activités doivent se résumer à un dépôt de gerbes sur les tombes, pas question d’atteindre le premier ministère.

Quant au chef d’Etat major, la place de la Nation ne peut être accordée car déjà attribuée à REMAR Burkina. Celle-ci restera pourtant vide jusqu’à fin de la marche aux environs de 16 heures. Conclusion du collectif face à ces réponses : " Vous pouvez macher disent-t-ils du côté de la IVe République, mais pas vers le premier ministère et interdiction d’occupation la place de la Nation ". Les militants se sont toutefois tenus à la légalité en respectant l’itinéraire autorisé : Avenues de la Nation, Kwamé N’krumah, Houari Boumédienne, Bassawarga.

Le message des "macheurs" au gouvernement

Après le rappel de ces "épisodes" que le collectif qualifie de "tracasseries administratives du pouvoir de la IVe République", les nombreux militants rassemblés sur l’avenue de la Nation entre le Médiateur du Faso et le Centre culturel français ont pu entreprendre le meeting-marche à 14h30mn avec à leur tête leurs ténors : Halidou Ouédraogo, Tollé Sagnon, Bénéwendé S. Sankara, Issa Tiendrébéogo, André Tibiri.

Absence remarquée, le Pr Joseph Ki Zerbo n’était pas à la marche bien qu’il fût le matin au cimetière. Ce qui n’a tout de même pas empêcher les manifestants de scander son célèbre slogan" Naa laara, an sara" Entourés par un cordon de sécurité fait de volontaires, les militants, au rythme de la chorale du Collectif, ont, dans la discipline, dénoncé tout le long de l’itinéraire, les injustices de la société burkinabè : crimes économiques et de sang, licenciements, liquidation de l’école burkinabè et de l’université en particulier. "Vérité et justice" ont été réclamées pour les victimes, "jugement et châtiment" à l’endroit coupables.

Au rond-point des Nations unies où le président du Collectif Hadidou Ouédraogo a livré son discours, un message destimé au chef du gouvernement a été remis à Alidou Sanfo, conseiller technique du ministre de la Justice. Ce message reprend entre autres les initiatives que va entreprendre le Collectif dans les tout prochains mois. Il s’agira" d’introduire le dossier Nobert Zongo et ses compagnons au niveau de la Commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples ou tout simplement au niveau du comité des droits de l’homme des Nations unies pour examen et suite à donner". Ce dossier, a confié Halidou Ouédraogo, ira "grossir le dossier Thomas Sankara et treize autres devant ces instances".

Le Collectif a également l’ambition de " poursuivre le processus de réalisation de la stèle dédiée à Nobert Zongo, à ses compagnons et à Flavien Nébié ". Toutefois à travers l’intenvention de Halidou Ouédraogo, deux manifestations de marque ont été présentés à la procession : Yama Eustache Zagré, gendarme à la retraite qui a fait le trajet Koudougou Ouagadougou à pied et Foureratou Ibo, Vice Coodinatrice de la Coordination démocratique de la société civile nigérienne (CDSN). Le premier qui affirme avoir rencontré la mère de Nobert Zongo avant son voyage, place son action sous le signe du soutien aux jeunes dans leur combat pour plus de justice. Quant à madame Ibo, elle apprend que sa structure collabore étroitement avec le collectif.

Les dossiers pendants au Niger, soulignera-t-elle, sont l’assassinat de Ibrahim Baré Maïnassara et la condamnation du directeur de publication du journal" le Républicain" Mahama Abou. Les sections du Collectif en France, au Canada et au Sénégal ont exprimé leur solidarité au "pays réel". Dans la matinée, lors du dépôt de gerbes sur les tombes auquel assistait madame Généviève Zongo, le président du Collectif, reprenant un passage du dernier ouvrage de Eva Joly" Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre" dans lequel elle rend hommage à Norbert Zongo, disait ceci ;" Nous n’en sommes pour l’instant qu’à la saison des Argoussins. La vraie saison des juges viendra demain, ne vous en déplaise ; et ce sera celle des juges justes".

Jolivet Emmaüs Sidibé
PAG BELEGUEM


Le dossier Nobert Zongo : une véritable épine

Dimanche 13 décembre 1998, vingt-huit jours après la brillante réelection (15 novembre) de Blaise Compaoré à la magistrature suprême, un drame vient ternir l’Etat de droit entamé le 02 juin 1991 et avec lui la liberté de la presse. Norbert Zongo, directeur de publication de l’hebdomadaire "l’indépendant" a été trouvé calciner, dans son véhicule sur la route de Sapouy dans la province du Ziro, avec trois compagnons d’infortune. Ernest Zongo, son frère cadet, Ablassé Nikiéma et Blaise Ilboudo. La nouvelle sera portée à la connaissance des Burkinabè le lendemain 14 décembre au moment où Blaise Compaoré dans l’attente de son investiture effectuait une visite au Soudan. La mort du journaliste et de l’ecrivain va tout de suite susciter émoi et inquiétudes au sein des populations et dans les milieux politiques de tout bord. Qu’est-ce qui a bien pu arriver à Nobert Zongo et à ses compagnons cet après midi du 13 décembre alors qu’il se rendait dans son ranch ?

La thèse de l’accident sera vite remise en cause par la Commission d’enquête indépendante (CEI) mise en place par le gouvernement. Nobert Zongo a été assassiné. Des " suspects sérieux " ont été identifiés sans que l’on ne découvre le véritable visage des assassins de Norbert Zongo. Du collège des sages au Comité d’éthnique, l’affaire Norbert Zongo n’a pas été encore tirée au clair. Des reformes ont été entreprises : gouvernement d’union nationale, indemnisation des personnes victimes de violences en politique, réamenagement de l’administration judiciaire. Un juge d’instruction a été commis à ce dossier.

Mais l’affaire Norbert Zongo ne cesse de troubler de façon récurrente la quiétude des "Homme intègres". Cet " holocauste" revient sur toutes les lèvres. Les vrais coupables de cet acte ignoble restent introuvables. D’un côté, l’on évoque le principe de la séparation des pouvoirs et du respect de l’adage selon lequel" mieux vaut laisser courir mille coupables que de condamner un seul innocent ". De l’autre, l’on crie au laxime et à un blocage volontaire du dossier. Gageons que les révélations d’un des auteurs du putsch présumé dont a fait cas Radio France internationale apporteront une lumière pour le dénouement final de l’affaire Norbert Zongo.

JESP

Sidwaya

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