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Tentative de coup d’Etat : le commandant Bertin Somda instruira le dossier

Publié le lundi 27 octobre 2003 à 11h32min

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Vendredi 24 octobre dernier, le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Ouagadougou, a donné sa troisième conférence de presse relative à la tentative de coup d’Etat qui vient d’être déjouée dans notre pays. A l’issue de celle-ci, on retiendra comme principales informations, la mise en cause du "patron" du Front des forces sociales (FFS), Norbert Michel Tiendrébéogo, et le début très prochain de la phase d’instruction du dossier.

Faisant l’état de la procédure, le commissaire du gouvernement, Abdoulaye Barry, a indiqué que seize (16) personnes en tout, dont deux civils ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Parmi ces civils, Norbert Michel Tiendrébéogo, leader d’un parti d’obédience sankariste, le FFS, sur lequel pèseraient des présomptions graves de culpabilité à l’instar des quinze autres. Ces présomptions graves de culpabilité ont donc entraîné leur mise en accusation pour crime de trahison, crime de complot et enfin, attentat à la sûreté de l’Etat.

Le crime de trahison est pour l’heure, imputable au seul capitaine Ouali Luther Diapagri, ce dernier étant soupçonné "d’intelligence avec l’étranger". Les deux autres crimes concernent tous les seize conjurés.

Une affaire sérieuse

Le commissaire du gouvernement a par ailleurs indiqué, qu’à ce stade de la procédure, deux conclusions se dégageaient. La première concerne la "réalité" de la tentative, et cela en rapport avec les éléments contenus dans le dossier.

Ce n’est donc pas de l’"affabulation" comme a tenté de le faire croire une certaine opinion. Autre "certitude" l’implication évidente de pays étrangers, le "carnet de route" du capitaine Ouali ainsi que ses "contacts" l’attestant formellement. Le commissaire Barry a souligné qu’il était en possession du procès-verbal de gendarmerie et qu’il s’apprêtait à saisir un juge d’instruction militaire qui instruira le dossier. C’est ce dernier qui décidera soit de garder les conjurés en détention (en délivrant mandat de dépôt) soit de les inculper et de les garder en liberté, à charge pour eux de se tenir à la disposition de la justice.

Concernant l’implication de pays étrangers, le juge d’instruction se chargera de "vérifier" avec l’institution de commissions rogatoires. Revenant sur les délais de la garde à vue qui auraient été dépassés dans le cadre de cette procédure, Abdoulaye Barry a indiqué que "c’est la réalité du terrain" qui entraîne cela. Et puis, en matière d’atteinte à la sûreté de l’Etat, il ne faut pas chercher la "petite bête". Rappelons que pour les crimes qui leur sont reprochés, les conjurés risquent une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans pour les crimes de complot et d’attentat à la sûreté de l’Etat et à perpétuité pour le crime de trahison.

Boubakar SY
Sidwaya du 27/10/03

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