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SEM Daniel Bertrand : “Non, je ne suis pas le dernier ambassadeur de la Belgique dans votre pays”

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • • vendredi 30 novembre 2007 à 13h25min

Daniel Bertrand et Blaise Compaoré

Le programme de coopération entre le Royaume de Belgique et le Burkina Faso, entamé en 2004 prend fin à la fin de cette année. L’ambassadeur du Royaume de Belgique au Burkina Faso, son Excellence Daniel Bertrand ne se considère pas pour autant, comme le dernier représentant de son pays au Faso. Dans cet entretien, il commence par nous situer sur l’avenir de cette coopération.

Daniel Bertrand (D.B) : La coopération belge au Burkina s’exécute convenablement. Nous avons un programme de coopération qui a commencé en 2004 et qui se terminera à la fin de cette année, avec des programmes qui continueront de s’exécuter jusqu’en 2009-2010. Son avenir dépend d’un certain nombre de facteurs, notamment de l’attitude du futur ministre belge de la Coopération au développement.

Dans l’état actuel des choses, il n’est pas prévu de négocier un nouveau programme indicatif bilatéral, puisque la coopération belge s’articulant sur une liste de 18 pays partenaires ne comporte plus le Burkina Faso, depuis 2003-2004.

S. : Et quelles en sont les raisons ?

D.B : Les raisons sont liées à la Déclaration de Paris et à la nécessité d’harmoniser, de rendre plus efficace l’aide. Dans cette perspective, la Belgique, à l’instar de bon nombre de pays occidentaux, concentre son aide sur certains pays. Ce n’est pas parce que la coopération bilatérale directe va s’arrêter en 2009, que la Belgique cesse d’être présente au Burkina Faso. Au contraire, nous sommes plus dynamiques aujourd’hui qu’il y a deux ans en matière de coopération indirecte. C’est ici, au Burkina Faso, que les ONG belges sont les plus présentes. Nous allons renforcer notre soutien au Burkina Faso, via les institutions multilatérales et pour la Communauté française /région wallonne, le Burkina Faso reste un pays prioritaire. Par ailleurs, et je tiens à insister là- dessus, la Belgique et le Burkina Faso sont ensemble à partir du 1er janvier 2008, au Conseil de sécurité des Nations unies. Nous avons reçu la semaine dernière (Ndlr : l’entretien a eu lieu le 26 novembre 2007), l’envoyé spécial du ministre belge des Affaires étrangères pour initier une politique de coordination entre nos deux pays. Cette coordination reflète d’ailleurs les excellentes relations bilatérales que nous avons depuis de très nombreuses années. La Belgique reste auprès du Burkina Faso, en tous les cas.

S. : Doit-on vous considérer comme le dernier ambassadeur de la Belgique au Burkina Faso ?

D.B : Pas du tout. La question ne se pose nullement.

S. : Quel bilan faites-vous de l’intervention de la coopération belge au Burkina Faso ?

D.B : D’une façon globale, c’est une coopération que je trouve efficace. Parce qu’elle se situe pleinement dans le cadre du programme burkinabé de lutte contre la pauvreté. Nous sommes essentiellement présents actuellement dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’élevage, de l’irrigation, de l’environnement. C’est une coopération qui touche vraiment les besoins fondamentaux de la population. Par ailleurs, je peux me réjouir de l’efficacité de cette coopération et de la collaboration des autorités burkinabè. Je salue au passage l’efficacité de l’administration burkinabè.

S. : La dernière fête du Roi a permis aux Belges de s’unir en l’espace d’une journée. Quel est l’état actuel de la crise politique que connaît votre pays ?

D.B : Pour le moment, les dernières informations indiquent que nous évoluons vers la constitution assez rapide d’un gouvernement. Il y a deux solutions aujourd’hui. Ou bien nous aurons un gouvernement d’ici le 15 décembre ou alors, il faudra encore attendre quelques mois. Mais de toute manière, je dirais que le problème n’est pas du tout préoccupant. Il ne s’agit nullement d’une remise en question de l’Etat belge. Il s’agit essentiellement de définir un nouvel équilibre politique interne après des élections qui ont constitué un petit “tsunami” politique en Belgique où les états-majors politiques s’attendaient à un autre résultat. Les acteurs politiques doivent s’adapter à ces résultats mais aussi aux revendications qui ont pu se manifester de part et d’autre de la frontière linguistique. Le tout est de trouver cet équilibre et de trouver la manière de mieux dialoguer, pour trouver rapidement des accords institutionnels. Les enjeux sont fondamentaux. Il s’agit effectivement d’une réforme de la Constitution dans les domaines vraiment sensibles. Et je ne vous cache pas que ce n’est pas facile. Et même si la crise dure encore quelques semaines, voire deux ou trois mois, ce n’est pas pour cela que la Belgique cesse de fonctionner. Bien au contraire, nous avons un gouvernement qui expédie les affaires courantes. Nous avons assuré notre participation dans toutes les instances internationales. Le pays est géré. Les hommes politiques se parlent et nul ne remet en cause, d’une manière ou d’une autre l’existence même d’un Etat. C’est simplement la recherche d’un équilibre.

S. : Qu’est -ce qui est alors envisagé pour un retour de la situation à la normale, au plus vite ?

D.B : On envisage, à l’heure actuelle, la constitution d’un gouvernement chrétien-democrate, libéral, qui s’attaquerait aux problèmes sociaux, économiques, financiers, budgétaires du pays. Et les grandes questions constitutionnelles seraient confiées à une sorte de Comité de sages, qui dépasserait le cadre de cette coalition et qui regrouperait d’autres partis politiques, à savoir les socialistes et les écologistes. Est-ce que les partis socialistes et les écolos vont accepter ce schéma ? Parce que accepter ce schéma, c’est soutenir la coalition qui se met en place. Est ce que certains partis de cette coalition vont accepter de constituer un gouvernement sans avoir de garanties quant à une réforme de la Constitution ? Ce sont les enjeux de ces prochains jours. C’est assez compliqué, mais la Belgique est un pays compliqué. Voilà où nous en sommes. Les dialogues sont quotidiens. Les négociateurs se rencontrent fréquemment jusqu’à souvent deux heures du matin depuis des mois. Parce que tout est compliqué, tout est question de point virgule.

S. : Que dit le Roi des Belges ?

D.B : Le Roi a un grand devoir de réserve. Il a un rôle de coulisses. Donc, il se “contente” de consulter les uns et les autres, d’écouter et de confier des missions. Comme c’est le cas pour un formateur de gouvernement ou comme c’est le cas pour les deux personnalités chargées de mettre en place, le fameux Comité des sages. Mais jamais le Roi ne va s’exposer.

S. : Et quelle est la réaction de l’Union européenne ?

D.B : Elle ne se prononce pas parce qu’il n’y a pas de problème. C’est simplement la constitution d’un gouvernement, qui peut prendre de nombreux mois, comme en République Tchèque. Ce n’est pas un phénomène isolé.

S. : Quel sens donnez-vous à la fête du Roi, que vous avez d’ailleurs célébrée le 15 novembre dernier à Ouagadougou ?

D.B : C’est en quelque sorte, la fête de la dynastie. A l’origine, c’était la St Albert dans le calendrier ancien. C’est en quelque sorte, une fête qui n’est pas aussi importante que le 21 juillet, mais c’est le regroupement de tous les Belges autour de leur dynastie.

Propos recueillis par Gabriel SAMA

Sidwaya

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