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Rentrée scolaire : Un matin d’octobre à Sandogo

Accueil > Actualités > Société • • mardi 3 octobre 2006 à 07h43min

Les vacances sont finies. C’est le lieu de le dire avec la reprise, hier 2 octobre 2006, de l’école sur toute l’étendue du territoire national. Pour constater de visu le début effectif des classes, nous sommes partis de Ouagadougou à Sandogo, une localité située dans la périphérie sud de la capitale et qui relève de l’arrondissement de Boulmiougou.

Après trois mois de vacances paisibles, les élèves burkinabè sont donc retournés en classe pour neuf nouveaux mois qu’ils mettront à profit pour conquérir le savoir. Hier lundi 2 octobre 2006, les avenues et les rues de Ouagadougou présentaient une nouvelle physionomie avec le défilé continuel des élèves en direction de leurs établissements respectifs. Seuls, en groupe ou en compagnie d’un parent, tous étaient dans une ambiance qui ressemblait fort bien à celle d’une fête.

Pour les uns, c’est la reprise avec une expérience maintes fois vécue et pour les autres, les tout-petits surtout, c’est le premier pas dans l’une des multiples étapes de la vie. On comprenait donc aisément hier, la grande joie de certains et l’air maussade d’autres.

A l’école primaire privée « Les grâces », située au secteur n°9 (Gounghin) où nous nous sommes rendus, les élèves étaient déjà en classe. C’est la directrice, madame Henriette Ramdé, qui nous reçoit. A son avis, la rentrée s’est effectuée sans accroc. Seules quelques absences ont été signalées. En application des mesures édictées par le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA), les cours avaient déjà débuté.

Pas de temps à perdre donc. Mais, affirme la directrice, cela a été rendu possible parce que depuis la rentrée administrative qui a eu lieu deux semaines plus tôt, tout a été mis en œuvre pour une rentrée scolaire remarquable. Pour elle, l’école a repris et chacun doit jouer son rôle pour ce qui est de l’éducation des enfants. Le désintérêt de certains parents qu’on note tant dans les établissements privés que publics doit interpeller tout le monde. Les enseignants, foi de madame Ramdé, ne peuvent pas tout faire à eux seuls.

A l’école « Les grâces », des réunions sont régulièrement organisées avec les parents pour échanger à bâtons rompus sur la tâche de chacun. Pour l’année scolaire qui commence, madame Ramdé prône la bonne collaboration avec chaque parent pour qu’on puisse avancer dans la préparation de l’avenir des élèves.

Manque de tables-bancs à Yaoghin

Une fois n’est pas coutume. Pour la rentrée scolaire 2006-2007, nous avons aussi mis le cap sur deux villages situés à la lisière sud de Ouagadougou. Il s’agit de Yaoghin et de Sandogo, des localités qui relèvent de l’arrondissement de Boulmiougou.

A l’école primaire publique de Yaoghin, construite par le Lion’s club Ouaga-Etoile en 1998 et ouverte un an plus tard, les enseignants, comme chaque année ont depuis le 15 du mois dernier, effectué leur rentrée administrative pour préparer celle pédagogique. Dans ce cadre, les parents d’élèves ont été invités à l’école pour avoir un certain nombre d’informations relatives à l’inscription de leurs enfants.

C’était sans compter avec la saison pluvieuse et le peu d’importance qu’accordent certains parents à la scolarisation des mômes, surtout des jeunes filles. Résultat : des retards pour le recrutement qui ont occasionné à la dernière minute des refus d’inscription pour manque de place. Madame Ilboudo née Kabré Lucie, directrice de l’école, en instance de partir, a indiqué que l’établissement, qui compte six classes, manque de tables-bancs, et cela ne facilite pas les choses pour le corps enseignant composé de seize personnes.

Une requête a déjà été formulée auprès de l’inspection, de la mairie ainsi qu’auprès d’une école voisine, mais aucune issue pour le moment ne pointe à l’horizon. Le donateur, qui depuis a cédé la gestion de l’école au ministère de tutelle, a aussi été approché, mais ne s’est pas encore manifesté. Des parents se sont proposés eux-mêmes d’apporter de quoi s’asseoir pour ceux qui ne sont pas installés, mais ce n’est qu’une proposition, selon madame Ilboudo. La solution peut toutefois venir de l’association des parents d’élèves, mais ce n’est qu’une probabilité.

Les responsables de l’école invitent encore une fois les parents pour des séances de sensibilisation à tous les problèmes que vit la structure. Ils espèrent ainsi arriver à faire changer les comportements.

Effectifs faibles à Sandogo

Le complexe scolaire privé Wendkoagnda de Sandogo est fonctionnel depuis la rentrée 2002-2003. Pour cette rentrée-ci, il n’a pas dérogé à la règle en matière de préparation. Comme à Yaoghin, après la rentrée administrative, les parents d’élèves ont été « convoqués » pour être mis au courant de certaines modalités relatives à l’inscription.

A Wendkoagnda, on a choisi d’appliquer des frais de scolarité en dessous de ceux officiels. La raison, selon le directeur, Barthélemy Kiendrébéogo, est que l’établissement est situé dans une zone où les parents d’élèves, paysans pour la plupart, n’ont pas facilement les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école.

Ceux qui réussissent à le faire se soucient parfois très peu du travail de leurs rejetons, laissés à eux-mêmes. C’est lors de notre passage, jour de la rentrée des classes, qu’un parent a choisi de venir récupérer le bulletin de sa nièce qui a du reste échoué au BEPC à la session passée. Renseignement pris, l’élève en question, a perdu son papa en fin 2005. Ceci explique peut-être cela.

C’est ce qui justifie aussi la faiblesse des effectifs, moins de 200 élèves. Pour un complexe scolaire, c’est vraiment très faible. En plus des problèmes liés aux frais de scolarité, il y a que l’école héberge beaucoup d’orphelins qui comme tels abandonnent en cours de route la course au savoir. Une solution avait été trouvée avec les parrainages, rendus possibles grâce au dynamisme de certaines associations et ONG, mais la gestion de ces parrainages n’ayant pas toujours été rigoureuse, soutient monsieur Kiendrébéogo, on est retombé dans les mêmes problèmes.

D. Evariste Ouédraogo


Pour affronter le BEPC, Irène s’arme de courage

Elève en classe de 3e au complexe scolaire Wendkoagnda de Sandogo, Irène Kéré (déformation de Kéry) est originaire du village de Koumbia, sur l’axe Ouagadougou-Bobo-Dioulasso. Elle avoue y avoir passé une partie de ses vacances dans d’assez bonnes conditions.

Candidate au BEPC pour la deuxième fois, elle a préparé sa rentrée en révisant ses cours, en lisant quelques romans au programme. L’année scolaire 2006-2007, elle l’aborde avec courage. Les mathématiques et la physique-chimie sont deux matières dans lesquelles son niveau flanche un petit peu. Elle promet de fournir plus d’efforts, pour décrocher son diplôme en fin d’année.

D.E.O.

L’Observateur

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