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Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

Publié le samedi 25 mars 2023 à 21h31min

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Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

L’année 2022, a été une année éprouvante pour notre pays. Chacun sait ce qu’il a vécu avec deux coups d’Etat survenus à huit mois d’intervalle. Ces moments d’instabilité à la tête de l’Etat, et de division au sein de l’armée ont impacté la lutte contre le terrorisme dans notre pays. 2022 est la pire des années pour notre pays en termes d’impact du terrorisme dans le pays. C’est ce qui ressort du rapport publié par l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) qui analyse chaqu’année l’impact du terrorisme dans le monde.

Sur la base des données collectées par plusieurs sources comme TerrorismTracker sur les attaques terroristes, le nombre de personnes mortes et blessées, les dommages occasionnés. Tous ces critères sont pondérés. Le critère le plus important est le nombre de morts. Le rapport analyse près de 163 pays regroupant 99,7 de la population mondiale. Notre pays a été observé par le think thank qui produit ce rapport. Quelques constats et données le concernant sont intéressants dans ce rapport, et nous les partageons avec vous.

Le rapport du GTI nous dit que notre région, le Sahel, est aujourd’hui l’épicentre du terrorisme mondial. C’est au Sahel que se passe le terrorisme avec près de 43% du nombre total de décès, en 2022. Ce rapport nous dit qu’en 2007, on en était au Sahel, seulement à 1% du nombre total des incidents terroristes. Et en 16 ans nous avons eu une augmentation de 2000%. Nous faisons « mieux » si on peut s’exprimer ainsi en matière de nombre de personnes décédées du fait du terrorisme que l’Asie du sud, le Moyen Orient, et l’Afrique du nord réunis. Les attaques terroristes augmentent au Sahel mais sont en déclin en Afrique du nord et au Moyen Orient de 32%.

Cette tendance baissière est même mondiale avec un taux des décès en baisse de 9%. L’année 2022 a été en baisse de 38% par rapport au pic de décès de 2015 qui a fait 10 699 morts. Le nombre des attaques terroristes diminuent aussi dans le monde de 28%. Mais contrairement à cela notre pays, a connu en 2022 une hausse importante du nombre de décès dû au terrorisme passant de 759 à 1135 selon le GTI. C’est la première fois que le pays atteint le chiffre de 1000 morts. Le nombre de personnes décédées dans notre pays représente 17% du nombre total des décès dans le monde.

Le Mali avec 944 morts en 2022 fait 14% des pertes humaines. Le Nigéria ne compte que pour 6% et notre voisin de l’Est, le Niger ne prend que 3%. Raisonnons CEDEAO avec ses statistiques, en 2022, les personnes ressortissantes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest mortes du fait du terrorisme représentait 40% du total des décès, en ne s’en tenant qu’aux quatre pays Burkina, Mali, Nigeria, Niger. Par le passé la communauté a regardé les deux pays Nigeria, Mali, se débattre seuls jusqu’à ce que l’incendie se propage au Burkina et au Niger et est en passe de gagner le Togo, le Bénin la Côte d’Ivoire et les autres pays côtiers.

Si le « Sahelistan » est une réalité, l’Afghanistan reste le pays le plus impacté par le terrorisme ces quatre dernières années. Le Burkina est monté sur le podium avec la médaille d’argent et le bronze pour la Somalie. Le rapport nous dit que le nombre des attaques a augmenté ainsi que le nombre des décès et la létalité des attaques dans notre pays. Le Burkina, le Mali et l’Irak ont en commun d’avoir le plus grand nombre d’attaques non revendiqués.

Il y a parmi les assaillants de ces pays beaucoup de pêcheurs en eaux troubles que sont les bandits, trafiquants et autres contrebandiers qui s’attaquent à l’Etat pour le gain facile. Le rapport dit que c’est le JNIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans(GSIM) qui est responsable de la plupart des attaques revendiquées au Burkina. Le connaître bien et le combattre est une des clés du succès de la lutte contre le terrorisme dans notre pays.

Dix pays comptent pour 85% des décès du terrorisme selon GTI
Le tableau suivant provient du rapport GTI 2023 il fait le classement des dix pays les plus impactés par le terrorisme et leur évolution depuis 2011

Si on observe la situation du Burkina à partir de 2011, il était très peu touché par le terrorisme comparé au Mali et au Niger, et dès qu’il a été touché en 2015, il n’a fait que s’écrouler par paliers successifs. Une descente continue. Nos voisins du Mali et du Niger n’ont pas eu le même parcours. Qu’est- ce qui peut expliquer le nôtre ? Est-ce légitime de regarder ce passé peu glorieux ? Oui s’il nous enseigne quelque chose et si nous apprenons de nos erreurs et utilisons le tremplin du passé pour des victoires futures.

Plusieurs raisons expliquent à notre descente aux enfers que le graphique montre : la faible connaissance de l’ennemi, la réponse inadéquate au problème. On l’a déjà dit le pouvoir MPP a cru que le terrorisme était une réaction du pouvoir déchu du CDP. Tout le monde sait que ce mauvais diagnostic nous a fait perdre beaucoup de temps. On n’a pas étudié l’ennemi pour le connaître et le combattre. On a fait plus confiance à l’appui des partenaires étrangers. On n’a pas fait un point de nos forces et faiblesses. On s’est disputé entre nous sur des questions subsidiaires au terrorisme par la suite.

Maintenant que nous savons que cette guerre contre le terrorisme, est la nôtre, pas celle d’un allié étranger et que c’est sur nos propres forces qu’il faut compter, il faut s’atteler à réunir nos forces, l’armée, les FDS, les VDP, la population. Il ne faut pas diviser notre propre camp. Tout le monde ne peut pas se battre avec des fusils et ce n’est pas pour autant qu’ils ne servent à rien ou sont pour les terroristes.

Donc il est essentiel d’affiner notre connaissance de l’ennemi et de le combattre à tous les niveaux, comme l’assèchement de ses sources de financement, l’empêcher de faire de nouvelles recrues par la cohésion sociale et la non stigmatisation des ethnies, la formation et l’emploi des jeunes. C’est ce que le gouvernement propose et il doit continuer de le faire tout en tendant le bras à ceux qui déposent les armes, car la paix même si elle est chère, elle est à meilleur prix que la guerre. Et nous qui disons cela, c’est aussi notre contribution pour la défense de la patrie, en aidant nos compatriotes de bonne volonté à réfléchir pour le pays et son avenir.

Sana Guy
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 25 mars 2023 à 22:59, par vision En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    SANA GUY,
    EST CE VRAIMENT OBJECTIF VOTRE ANALYSE ? SI C’EST LE CAS CHAPEAU PARCE QUE QUAND MEME IL Y A CHANGEMENT RADICAL PAR RAPPORT A VOS DERNIERES ANALYSES DE LA SITUATION NATIONALE !
    LA SEULE VERITE, PERSONNE, AUTRE QUE LE BURKINABE NE POURRAIT SE BATTRE POUR NOUS. AUCUNE AUTRE PERSONNE NE POURRAIT PONDRE LE DEVELELOPPEMENT, LA DEMOCRATIE CHEZ NOUS. IL FAUT EVEILLER LA CONCSIENCE DE LA JEUNESSE DANS CE SENS. VOUS AVEZ LA PLUME, SOUTENEZ CE JEUNE QUI A SACRIFIE SA JEUNESSE POUR NOTRE NATION. CRITIQUEZ EN PROPOSANT DES SOLUTIONS, C’EST CE QUI NOUS FERAIT AVANCER TOUS. ENCORE JE PRIE DIEU DE VOUS RENCONTER PHYSIQUEMENT, JE NE SAIS PAS ECRIRE.

  • Le 25 mars 2023 à 23:01, par major En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    C’est toujours la même chose avec les "Instituts machin".
    Qui attribuent les points selon leur bon vouloirs ou leur orientation. Certes il y a le terrorisme, les attentats, le banditisme la plupart du temps déguisé en terrorisme jihadisme.
    A ce jeux j’aimerais bien comprendre pourquoi les pays d’Amerique ne sont que rarement cités ?
    Au USA il y’a plus 5000 tués annuellement par armes à feux, généralement par fusillade d’un individu, à mons sens c’est du terrorisme dans la forme et le fond, l’objectif souvent etand de faire passer un message ou demontré une haine pour une partie de la population.
    En Amerique du Sud et Centre, Colombie, Perou, Argentine, Equateur, Honduras, les morts annuels par le terrorisme, banditisme depassent de loint les victimes au Sahel.
    Certes dans ces pays le pouvoir est mieux organisé et équipé qu’au Sahel, et donne une vitrine securitaire, n’empêche que le nombre de victimes est largement supérieur qu’au Sahel.
    Les chiffres sont à annalyser avec précaution.

  • Le 26 mars 2023 à 00:16, par Passakziri En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    "Maintenant que nous savons que cette guerre contre le terrorisme, est la nôtre, pas celle d’un allié étranger et que c’est sur nos propres forces qu’il faut compter, il faut s’atteler à réunir nos forces, l’armée, les FDS, les VDP, la population"

    Belle formulation qui tombera malheureusement dans les oreilles de sourds car embarqués dans la lancée populistique telecommandé depuis Bamako , Bamako elle-même n’étant que la marionette d’un criminel de guerre, eh bien, le MPSR2 se spécialise en surcehhères orgeuilleuses profondement divisantes.

    Passakziri

  • Le 26 mars 2023 à 07:36, par Souk En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    Cet article est intéressant, mais est partisan.
    Le terrorisme a commencé en 2015 et comme tout mouvement a augmenté.
    Dire que c’est la faute à Roch qui n’aurait pas su faire est une erreur.
    Dans tous les pays occidentaux, il y eu un début, une augmentation puis des solutions sont intervenues.
    Le dernier gouvernement sous Roch avait cherché des solutions mais on ne lui a pas laissé le temps de les mettre à l’œuvre, soit pour des raisons politico- militaires, soit parce que le soutien extérieur des terroristes avait intérêt à les empêcher de réussir. La haine récente des français laisse à penser que l’action russe n’est pas impossible.

  • Le 26 mars 2023 à 09:11, par kwiliga En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    Si le rapport publié par l’Institut pour l’économie et la paix est édifiant, il ne mesure l’impact du terrorisme qu’en terme d’attaques et de victimes.
    Or, il m’apparait que de nombreux paramètres sont à prendre en compte, comme la partie du territoire effectivement contrôlée par l’état, en considérant également le contrôle des ressources (vivrières, minières,...), les pays sous dictature militaire ou la population est en révolte (si, si, il y en a), les pays où, les terroristes ayant pris le pouvoir, ils se trouvent en bute à d’autres terroristes, la nature des attaques (frontales contre des FDS, attentats suicides,...), le fait religieux,... et beaucoup d’autres.
    Retrouver dans ce classement le Burkina devant le Mali, ne reflète pas, à mon sens, les réalités vécues par nos populations.
    Le Mali est un état failli, les FAMa et les mercenaires de Wagner, ne contrôlant guère qu’un triangle au sud de l’axe Kayes-Bamako-Sikasso, le reste du pays est sous la coupe de groupes armés de toutes sortes et d’affiliation diverses et fluctuantes. On y retrouve principalement :
    - Des groupes armés touareg (MNLA, HCUA,MAA,...), qui devant la faillite de l’état et les attaques dont ils sont victimes, viennent de fusionner.
    - Des groupes affiliés à Aqmi, branche sahélienne d’Al Qaïda (GSIM ou JNIM en arabe, Katiba Macina,...).
    - Des groupes affiliés à l’EIGS.
    Bien entendu, comme le dit si bien Monsieur Sana, il y a comme chez nous, "beaucoup de pêcheurs en eaux troubles que sont les bandits, trafiquants et autres contrebandiers", qui changent d’alliance et d’allégeance au gré de l’Harmattan.
    Depuis plusieurs mois, des batailles rangées opposent ces divers groupes, si bien que Iyad Ag Ghali (chef du GSIM) s’est entretenu dans la plus grande discrétion avec son ancien rival, l’ex-général de l’armée malienne El hadj Ag Gamou (leader du Groupe d’autodéfense touareg Imghmad et alliés) dans l’objectif de s’organiser pour combattre l’Etat islamique dans le Grand Sahara et tenter de composer dans une région sur laquelle Bamako n’a plus de prise.
    Sources : Africa news, Le Monde diplomatique, Le Monde Afrique, Africa Intelligence.

  • Le 27 mars 2023 à 11:13, par HUG En réponse à : Terrorisme au Burkina : Deux ou trois choses apprises du rapport « Global terrorism index 2023 »

    M.Sana.si le mpp avait au départ pris la question sécuritaire au sérieux on n est serait pas là.Le.mpp a passé son temps à dire que c est Blaise Compaoré qui est derrière les attaques et .pendant ce temps les terroristes avançaient. Le mpsr1 a voulu rehabilité un prisonnier à vie Blaise Compaoré. LA suite on la connait

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