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Libération des 46 militaires ivoiriens : Les Chefs d’Etat Ouattara et Gnassingbé invités par des compatriotes à faire autant avec leurs propres « prisonniers politiques »

Publié le lundi 16 janvier 2023 à 12h30min

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Libération des 46 militaires ivoiriens : Les Chefs d’Etat Ouattara et Gnassingbé invités par des compatriotes à faire autant avec leurs propres « prisonniers politiques »

Si la libération des 46 militaires est accueillie, notamment par les partisans, comme une victoire diplomatique pour le président ivoirien, Alassane Ouattara, et son homologue togolais, Faure Gnassingbé, elle semble aussi tendre à certains de leurs concitoyens, un filon pour demander à chacun des deux, à en faire autant avec leurs propres « prisonniers politiques ».

Même si des partisans de ces pouvoirs, notamment en Côte d’Ivoire, estiment qu’il n’y a pas de « prisonniers politiques », les interpellateurs, eux, rétorquent qu’il faut donc libérer « ceux qui sont emprisonnés à l’occasion d’évènements politiques ».

La conférence de presse de l’ancien leader de la jeunesse, Blé Goudé, le mercredi, 11 janvier 2023, a ravivé cette interpellation en Côte d’Ivoire. Des leaders d’opinion, des responsables politiques de l’opposition, pensent qu’il n’y a pas de logique que l’ensemble des Ivoiriens aient fait chorus pour la libération des 46 militaires au Mali et qu’en retour, des « prisonniers politiques » restent toujours dans un lien de détention, surtout à un moment où la réconciliation nationale est prônée par le pouvoir.

Un os dans la gorge donc du pouvoir Ouattara, et dans cette ambiance de pré-campagnes pour les élections municipales et régionales d’octobre-novembre 2023 qui font déjà monter le mercure à travers des communes de la capitale et des bourgades de l’intérieur du pays.

Même requête de dégel politique du côté togolais avec des organisations civiles et politiques qui, sur la base du succès de la médiation du Togo au Mali, demandent la « libération de tous les actuels détenus politiques au Togo ».

Selon un point dressé en juillet 2021 par des organisations de défense de droits humains, sur 113 prisonniers politiques, cinq sont morts en détention en octobre 2020 (quelques-uns ont été libérés depuis lors, ndlr). Les « prisonniers politiques » sont constitués surtout d’individus interpellés lors des mouvements socio-politiques d’août 2017-2018 « qui ont fait vaciller le pouvoir » Gnassingbé, accusé de verser dans « des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées, des tortures entraînant à des morts ».

« Nos organisations félicitent le chef de l’État pour ses efforts dans la diplomatie et l’invitent à présent, à titre personnel, aux priorités nationales notamment les crises sécuritaire et sociopolitique, avec la lancinante question de la libération de plus de la centaine de prisonniers politiques au Togo. Car, pour nos organisations, il va sans dire que par définition, aucune diplomatie ne peut réellement et effectivement être agissante, si elle n’est protectrice des intérêts des populations du pays qui la mènent, à moins d’être une diplomatie de façade. Les missions de bons offices offertes à l’étranger par le Togo ne doivent ni prendre le pas sur, ni occulter les intérêts et besoins vitaux des Togolais », ont donc brandi des organisations togolaises, à la suite de la libération des 46 soldats ivoiriens.

Des revendications qui interviennent à un moment où le Togo subit de plus en plus des incursions terroristes dans sa partie nord, inspirant davantage de demandes au pouvoir « d’ouvrir un nouveau cadre de dialogue inter-Togolais » pour renforcer l’unité nationale face à la menace.

Dans cette situation où tous les deux pays sont dans l’œil du cyclone, nul besoin d’interpeller que des querelles politiques, ou à relent politique, pourraient favoriser l’installation du phénomène terroriste. Une menace supplémentaire pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, notamment des pays enclavés qui ont pour principales destinations portuaires, le Togo et la Côte d’Ivoire.

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