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La prolongation de la transition fait une cinquantaine de morts au Tchad : La dynastie Deby a une tradition de massacres

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET • vendredi 21 octobre 2022 à 20h05min
La prolongation de la transition fait une cinquantaine de morts au Tchad : La dynastie Deby a une tradition de massacres

C’était dans ses gènes, Mahamat Idriss Deby Itno ne connaît pas la liberté d’opinion et celle de manifester. C’est par « des armes létales », selon le communiqué des autorités françaises qui étaient favorables à la succession du fils Deby à son père, que l’armée et la police s’en sont pris aux manifestants qui s’opposaient à la prolongation de la transition de 24 mois après la fin de l’échéance de 18 mois du Conseil militaire de transition. Ce jeudi 20 octobre 2022, le sang a encore coulé sur les rives du Chari avec 50 morts et 300 blessés selon le Premier ministre tchadien et plus de 70 victimes selon l’opposition. Le pays, sous le choc n’a pas encore fini de compter les morts et les blessées.

Ces tirs à balles réelles rappellent que dès avril 2021, le pouvoir militaire s’est installé en réprimant dans le sang une manifestation qui a fait une dizaine de victimes. A N’Djaména et Moundou, des manifestants sont sortis ce 20 octobre 2022 pour dire que le Conseil militaire de transition était au terme des 18 mois de transition qu’il avait décidé suite à la mort du maréchal président Idriss Deby Itno en avril 2021. A cette période Deby fils prétendait que ses compagnons et lui sont des soldats qui n’avaient « d’autre ambition que celle de servir loyalement et avec honneur leur patrie », sous entendant par là son désintérêt pour le pouvoir.

Mais le temps est passé et de l’eau a coulé sous les ponts de ce pays du Sahel et Mahamat Deby a voulu toujours servir le pays mais en tant que président d’un Conseil national de transition. L’organisation d’un dialogue national et souverain dit inclusif lui accorde deux ans de plus. Ce dialogue, boycotté par une partie de l’opposition et l’église catholique du Tchad, vient de se terminer et « des partis politiques et associations de la société civile ont appelé à manifester. Mais le gouvernement a interdit les rassemblements, qualifiés de « tentative d’insurrection armée ». Est-ce pour cette raison que le pouvoir prétend qu’il y aurait une dizaine d’éléments des forces de défense et de sécurité parmi les victimes ? Selon l’opposition ce sont des éléments de la sécurité en civil qui tiraient sur les manifestants, des jeunes aux mains nues.

La transition au Tchad n’aura rien apporté de nouveau dans la gestion du pays, la dynastie Deby gouverne comme elle l’a toujours fait en seigneur de guerre qui considère le pays comme son fief, en attendant qu’une bande rivale armée ne le chasse du pouvoir. Cette réunion du dialogue national après avoir donné un bonus de deux ans au président du Conseil militaire de transition lui a en plus octroyé le droit de se présenter aux futures élections qu’il va organiser après ces trois ans et demi de règne.

Le pays est toujours sous la menace groupes rebelles qui n’ont pas signé l’accord de Doha. La transition au Tchad est en train de manager pour conserver le pouvoir et organiser des élections qui offriront le fauteuil présidentiel quel que soit l’avis des Tchadiens au fils Deby.

Les pouvoirs militaires installés récemment en Afrique semblent vouloir écrire la vieille tradition des militaires qui s’installent par la force et gouvernent par le sang versé. Le Conseil de transition du Tchad n’a aucune légitimité. La magie qui veut qu’il suffit de réunir des personnes de certains horizons en réunion pour que les décisions qu’elles prennent en faveur de ceux qui les ont convoqués soient marquées du sceau de la souveraineté et du caractère populaire est la plus grande imposture des Etats en crise et en faillite du Sahel. Ces pouvoirs qui n’ont aucun respect du caractère sacré de la vie de leurs concitoyens agissent comme les groupes terroristes et les bandes criminelles qui leur disputent le pouvoir.

Sana Guy
Lefaso.net

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