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Centre d’aide juridique : Une structure pour rendre la justice accessible aux personnes de conditions modestes

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • samedi 20 février 2021 à 14h17min
Centre d’aide juridique : Une structure pour rendre la justice accessible aux personnes de conditions modestes

Titulaire d’un master 2 en droit international obtenu à l’université Ouaga 2 (actuel université Thomas-Sankara), Pierre Guiguemdé, en collaboration avec Cynthia Valéa, promotrice du journal juridique en ligne « Droit info », a mis en place un centre d’aide juridique, en abrégé CAJU. La cérémonie de lancement des activités du centre s’est tenue le 4 février 2021 à Ouagadougou. Invité à Lefaso.TV, ce lundi 15 février 2021, le coordonnateur du CAJU, Pierre Guiguemdé, a déclaré que « le Centre d’aide juridique a pour vision de faire de l’accès à la justice et aux services juridiques une réalité pour les personnes de conditions modestes de notre société ».

Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter à nos téléspectateurs ?

Pierre Guiguemdé : Je m’appelle Pierre Guiguemdé. Je suis le coordonnateur du Centre d’aide juridique. Je suis titulaire d’un master en droit international obtenu à l’université Ouaga 2. En plus de ma formation universitaire, j’ai eu la chance de participer à des compétions académiques de niveau national, régional et même international (le concours Jean Pictet). Ces occasions m’ont permis d’acquérir un certaines nombre de formations pratiques mais aussi de m’ouvrir à d’autre réalités culturelles. Je suis, par ailleurs, leader d’association de jeunes. Je suis un jeune homme dynamique qui offre une partie de son temps pour des activités pro bono.

Présentez le Centre d’aide juridique (CAJU) à nos téléspectateurs.

Le Centre d’aide juridique est une organisation à but non-lucratif, animé par un réseau de juristes volontaires (étudiants en droit en cours de formation ou en fin de formation) qui offrent leurs compétences et leurs disponibilités au service des personnes de modestes conditions.

C’est une association de droit burkinabè déclarée en janvier dernier qui œuvre dans le cadre de la promotion des droits et libertés des populations par la prestation d’un large éventail de services d’aide et de soutien juridiques accessibles aux populations.
C’est aussi une clinique de droit qui offre une formation continue aux étudiants issus des différentes universités.

Participation de Pierre Guiguemdé (milieu) et deux de ses camarades au concours international" Jean-Pictet" en Indonésie en février 2020.

Comment est née cette idée ?

Le journal juridique en ligne « Droit info » est le principal promoteur du centre. Conformément à sa ligne éditoriale, il s’est engagé à faire de la connaissance du droit la chose la mieux partagée au sein de la société. Avec le temps, il s’est rendu compte qu’il était difficile de remplir effectivement et efficacement cette mission. C’est alors qu’on a engagé une réflexion dans le but de rendre le droit plus accessible aux populations. De façon pratique, il s’est agi d’institutionnaliser l’aide juridique que nous offrons souvent et bénévolement aux personnes de conditions modestes.

Quels sont la vision, les objectifs et les missions du centre ?

Le Centre d’aide juridique a pour vision de faire de l’accès à la justice et aux services juridiques, une réalité pour les personnes de conditions modestes de notre société. Comme objectifs, le centre veut apporter aux populations de conditions modestes, une écoute bienveillante et une assistance juridique bénévole ; se positionner comme une passerelle entre les justiciables et les institutions juridiques, administratives et les personnes de bonne volonté ; participer à la diffusion des normes nationales et internationales en matière de protection de la personne humaine ; participer à l’animation du débat public sur les questions de genre et de libertés publiques ; apporter une expérience professionnelle et de bénévolat aux étudiants juristes en fin de cycle.

Notre mission, c’est d’assister, renseigner, guider, conseiller et de faire évoluer.

Quelle est la particularité du centre ?

La particularité, c’est qu’il est orienté vers les populations de conditions modestes des zones périphériques et rurales, avec une attention particulière pour la cause de la femme. Ce sont ces personnes qui ont le plus besoin de notre assistance.

Comment fonctionne déjà le centre ?

Le coordonnateur reçoit les différentes préoccupations de nos visiteurs et en fonction de la spécificité de la question, fait appel à un assistant ou à un groupe d’assistants juridiques (en fonction de leur spécialisation ou de leurs expériences) qui travaille sur le problème posé, conformément aux directives données. Tout cela se déroule dans le respect de nos valeurs qui sont le bénévolat, l’intégrité, la solidarité, l’engagement, la confidentialité, l’accessibilité.
Pour les projets de formation et de plaidoyer, ils sont conçus et exécutés sous la responsabilité du coordonnateur

Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la création du centre ?

Nos difficultés sont toujours actuelles et nous les prenons comme des défis à relever. C’est, entre autres, de trouver un local propre à nous. Pour le moment, nous partageons les locaux de Droit Info, ce qui est un peu adapté au bon fonctionnement de nos activités. Nous sommes également en quête de documents et de matériels propres car tout ce qui est utilisé comme matériels de travail, ce sont des outils personnels des bénévoles.

Soutenance en Master 2, à l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo

Comment comptez-vous aborder les gens, vos cibles ?

Nous avons mis en place un plan de communication et de visibilité du centre. La stratégie mis en place est celle de la Communication pour le développement (CPD). Elle procède par une démarche intégrée utilisant divers canaux/supports en synergie afin de multiplier les points de contact avec les cibles visées.

Nous sommes en train de l’exécuter dans la mesure de nos possibilités. Il faut reconnaître que la réalisation des importantes activités contenues dans ce plan nécessite un certain nombre de moyens que nous n’avons pour l’instant. Nous avons toutefois bon espoir que tout ira pour le mieux.

Quels sont vos domaines d’action ?

Notre initiative s’appuie sur six axes stratégiques qui sont la consultation juridique, l’information juridique la formation juridique, l’orientation vers les institutions, l’assistance juridique et l’initiation de plaidoyers et de campagnes de sensibilisation.

Votre cri de cœur

De prime abord, je traduis toute ma gratitude à Lefaso.net pour ce cadre d’expression qu’il nous offre de présenter le Centre d’aide juridique et ses différentes missions.

Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté, les institutions étatiques ou non-étatiques qui veulent soutenir la cause de l’accessibilité à la justice et aux services juridiques des personnes de modestes conditions à joindre ou rejoindre le centre pour soutenir ses actions.
Nous sommes à cet égard, et conformément à notre vision, ouvert à tout partenariat et tout soutien, quelle que soit sa forme.

Contacts : 226 72545981/226 56772342
Email : www.centredaidejuridique@droitinfo.bf

Interview réalisée par Dofinitta Augustin Khan
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 20 février à 19:34, par OUATTARA En réponse à : Centre d’aide juridique : Une structure pour rendre la justice accessible aux personnes de conditions modestes

    Bravo, c’est une idée 💡 géniale.
    bon vent à vous !

    Répondre à ce message

  • Le 21 février à 04:45, par Bouba En réponse à : Centre d’aide juridique : Une structure pour rendre la justice accessible aux personnes de conditions modestes

    Bravo ! C’est une initiative à saluer. Si ça marche l’État doit vous soutenir financièrement car vous serez d’utilité publique, beaucoup plus que certaines associations ou ONG qui bénéficient du soutien de l’État et qui ne font pas grand chose sur le terrain. De telles structures dans les pays du Nord bénéficient du soutien de l’État pour leur fonctionnement et en retour offrent leur service gratuitement au citoyen. Il y a une complémentarité avec les cabinets d’avocats, car ceux qui ont les moyens iront vers les avocats comme c’est déjà le cas. Ceux qui n’ont pas les moyens bénéficieront d’une aide juridique qu’ils n’auraient jamais pu avoir autrement. Il faudra certainement essayer de poser des balises afin que certains commerçants véreux qui ont les moyens ne bénéficient pas d’un tel service. Dans les pays du Nord c’est plus facile d’identifier ceux qui ont un revenu modeste ou un chiffre d’affaires modeste, car chacun fait chaque année une déclaration de revenu. Ce n’est malheureusement pas le cas au Burkina. Par contre, je ne trouve pas pertinent de privilégier l’approche genre dans une telle structure. Dans la plupart des foyers à revenu modeste, c’est généralement l’homme qui gérer les problèmes, à moins que l’objectif soit de promouvoir le divorce. Vu la noblesse de votre initiative, je ne pense pas que ce soit le cas. Miser surtout sur le critère du revenu modeste et laissez l’approche genre de côté. De toute façon les femmes à revenu modeste bénéficieront de votre service. N’hésitez pas à aller vers le MBDHP qui oeuvre depuis plusieurs décennies dans ce domaine et établir un partenariat. Il y a de la place pour tout le monde Bon vent à vous et je suis sûr que dans quelques années on parlera de vous.

    Répondre à ce message

  • Le 21 février à 21:53, par ESTELLE En réponse à : Centre d’aide juridique : Une structure pour rendre la justice accessible aux personnes de conditions modestes

    Félicitations à toi pour cette belle initiative.
    Bon vent.

    Répondre à ce message

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