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Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mercredi 10 février 2021 à 23h59min
Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

L’idée d’une limitation du nombre de partis politiques refait surface avec la réaction du Président de l’Assemblée nationale, lors du discours de politique générale du Premier ministre, le 4 février 2021. Mais… dans la dynamique de la construction démocratique, la pluralité des partis politiques n’est-elle pas un passage obligé dont il faut avoir la patience des étapes ?

Si tant est vrai que la démocratie se vit par les partis politiques et se nourrit de liberté d’expression et d’association, la prolifération des partis au Burkina ne doit être considérée comme un scandale. Le politologue français, Daniel Louis-Seiler, donne bien une claire idée, lorsqu’il dit : « Tout démocrate devrait vouer une grande reconnaissance aux partis politiques. En effet, et jusqu’à ce jour, aucune démocratie n’a jamais pu fonctionner sans partis et les quelques tentatives pour le faire virèrent toutes au cauchemar. De même, lorsque, par le passé, des démocraties moururent sous les coups de militaires expéditifs ou de révolutionnaires épris d’absolu, l’une des premières décisions de ces derniers fut d’abolir le pluralisme des partis. En revanche, dès qu’un pouvoir totalitaire, autoritaire ou absolutiste vacille sur ses assises, on assiste toujours à une efflorescence de partis politiques dont certains n’osent pas encore dire leur nom… ».

N’est-ce d’ailleurs pas cette importance qui rend le multipartisme intangible dans la Constitution burkinabè ? En effet, l’article 165 souligne que « Aucun projet ou proposition de révision de la Constitution n’est recevable lorsqu’il remet en cause : la nature et la forme républicaine de l’Etat ; le système multipartiste ; l’intégrité du territoire national ». En clair, la Constitution prohibe la remise en cause du multipartisme.

Que le Burkina ait une pléthore de partis politiques ne devra donc pas heurter, surtout que tout parti politique créé ne jouit pas d’office de financements publics. Si l’on peut donc comprendre le souci de vouloir limiter le nombre de partis politiques, de par l’agacement que cela peut paraître pour les citoyens, il sied néanmoins de s’interroger sur son opportunité ; surtout ce que l’on gagne en le faisant qu’en laissant les choses en l’état.

D’ailleurs, malgré la pléthore des partis et mouvements politiques, les Burkinabè n’ont accordé leur choix que sur quelques-uns. C’est donc dire qu’ils s’en accommodent et savent ce qu’ils veulent. N’est-ce pas aussi dans cet esprit également qu’il faut interpréter les taux d’abstention et d’inscription sur les listes électorales ?

La pratique a donc montré que sous nos cieux où les partis sont peu ouverts au dialogue à l’interne, la floraison des partis réponde à une logique. Quoi qu’on dise, ils sont aussi des pôles de canalisation et d’expressions de frustrations de citoyens. Autrement dit, ils sont un espoir pour des citoyens qui n’auront pas trouvé leur compte dans des organisations de départ. De ce fait, ils contribuent à diluer les tensions dans la société.

Motif de plus que, jusque-là, les partis politiques sont respectueux de certaines mœurs au sens de l’article 32 de la charte des partis politiques : « Lorsqu’il est formellement établi qu’une formation politique poursuit une cause ou un objet illicite, ou qu’il se livre à des activités contraires à ses statuts ou à des manifestations susceptibles de troubler l’ordre public, la moralité et la paix publiques, ou de nature à les provoquer, ou enfin revêt le caractère d’une milice privée, ou de formation subversive, sa dissolution peut être prononcée par décret pris en Conseil des ministres sur rapport du ministre chargé des libertés publiques ».

Appliquer les textes existants, veiller à ce qu’ils jouent conséquemment leur rôle !

Pas besoin donc d’une disposition formelle pour limiter le nombre de partis politiques ; ils vont naître et disparaître de « leur belle disparition ». Combien de partis politiques n’ont-ils pas pu franchir la déclaration de presse de création ? Ils sont nombreux à disparaître, aussitôt créés. C’est de l’ordre normal donc des choses, dira-t-on. Percevons donc ce paysage politique comme la ration de la démocratie, un passage obligé, avec notre histoire et nos réalités ! L’idéal tant prôné viendra par la conjugaison de plusieurs effets (éducation et éveil de consciences des populations…), pas seulement par cette limitation de partis politiques.

Il faut laisser donc le jeu politique se dérouler et veiller à une application réelle des textes existants. Cela semble être un besoin. « En pratique, l’autorité administrative se garde de prononcer des avertissements contre les partis politiques qui ne se conforment pas à leurs statuts. Evitant ainsi d’être taxée de s’immiscer dans les affaires internes des partis politiques, et cela très souvent au mépris de la loi », analysait déjà le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) dans un mémorandum en 2009. Ce rapport de laxisme administration-partis politiques demeure jusque-là.

A ce sujet, et pour éviter de tomber dans les relents ethnicistes, religieux…, les partis politiques se doivent d’être représentés à travers plusieurs régions du pays. Mais, la pratique montre que ceux-ci n’existent parfois qu’en-deçà de l’espace requis par les textes (avec l’article 13 de la Constitution qui dispose que : « (…).Ne sont pas autorisés les partis ou formations politiques tribalistes, régionalistes, confessionnels ou racistes »). Guidés en cela par l’idée de « fief ».

Si fait que certains fonctionnent avec une faible représentativité électorale, peinant à couvrir une bonne partie du territoire national. Ce qui peut exposer à des velléités identitaires.

La Constitution et les textes y afférents imposent les conditions à remplir pour la création et l’animation d’un parti politique, il faut simplement se limiter à les appliquer, effectivement !

Le risque dans la limitation … !

L’article 13 de la Constitution dit que « les partis et formations politiques se créent librement. Ils concourent à l’animation de la vie politique, à l’information et à l’éducation du peuple ainsi qu’à l’expression du suffrage. Ils mènent librement leurs activités dans le respect des lois. Tous les partis ou formations politiques sont égaux en droits et en devoirs. Toutefois, ne sont pas autorisés les partis ou formations politiques tribalistes, régionalistes, confessionnels ou racistes ».

Parlant d’éducation, force est de reconnaître que les partis politiques contribuent peu à cette mission. Ce qui semble inspirer ce leader d’opinion, ancien syndicaliste et homme politique, Soumane Touré, à qualifier les partis politiques du Burkina de « clubs électoraux ». Une perception qu’il ne partage certainement pas seul, tant le volet éducation des partis politiques s’incarne difficilement sur le terrain.

N’est-ce pas dans cet esprit que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a, depuis juillet 2001, recommandé aux Chefs de gouvernement de prendre les mesures nécessaires en vue de faire appliquer rigoureusement les lois et chartes relatives aux partis politiques existantes, et les sanctions applicables en cas de non-respect de leurs dispositions ? L’instance supra-nationale a requis de développer l’éducation civique des citoyens et sur le rôle des partis politiques.

En outre, l’expérience des associations au Burkina, le système d’émiettement et d’infiltration des partis politiques est un grand risque d’accaparement de tout le paysage politique par les mêmes acteurs, le même cercle, si le nombre de partis politiques venait à être limité. En un mot comme en mille, l’ensemble des partis admis pourrait en réalité être aux mains des mêmes cadres politiques, produisant ainsi l’effet inverse de l’intention de départ.

Oumar L. Ouédraogo
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 9 février à 23:55, par Aratt En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Omar, toi au moins tu vois loin et tu as une réflexion holistique dans tes analyses, bravo. Une fois de plus, j’ai été déçue de la réaction de beaucoup de Burkinabè sur cette question de limitation du nombre de partis politiques dans notre pays. Je trouve qu’on ne se donne pas le temps de réfléchir sur les questions et c’est bien déplorable. On aime toujours se référer ailleurs et vouloir appliquer ce que les autres ont fait sans savoir comment ils sont arrivés à ce niveau. Ayant le courage et la fierté d’inventer notre modèle aussi. L’idée telle que lancée par Bala Alassane SAKANDÉ n’est pas bonne, il faut éviter ce genre de décisions qui vont nous coûter cher demain. Personnellement j’ai toujours été contre la limitation du nombre de partis politiques pour les raisons citées par le journaliste et d’autres qu’on ne voit pas pour le moment.

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  • Le 10 février à 01:13, par zoetsūgri En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    J’étais farouchement opposé à cette diarrhée créative des partis politique mais après lecture attentive de l’article, je vois modestement qu’il y a certaines considérations que je n’avais pas prises en compte dans ma façon de voir la chose.merci à l’auteur de l’article pour son éclairage, c’est ça aussi la démocratie. zoetsūgri

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  • Le 10 février à 09:22, par zongos En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    bjour a tous . moi je crois plutot qu’il faut limiter le nombre de mandat des opposant de sorte que l’on ne soit pas un oppoaant a vie. deux mandat tout au plus comme pour le president. s’il echoue qu’il laisse la place a d’autres. l’histoire nous a enseigner que un opposant histoirique reste opposant meme au pouvoir. mais cette fois ci comme il na pas quelqu’un a qui s’opposer il va s’opposer au peuple( alpha kondé et autre....)

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  • Le 10 février à 09:59, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Mon cher @Aratt : Vous avez raison car Balla Sakandé comme de nombreux internautes intervenant sur ce sujet s’expriment mal. Personne ne peut limiter le nombre de partis politiques alors que la constitution permet leur libre création.

    A mon avis, il ne s’agit pas de gérer arbitrairement leur création, leur vie ou leur dissolution mais de faire en sorte de mieux organiser les élections. 88 logos de partis politiques sur un bulletin unique au Kadiogo, et 73 au Houet, c’est trop. Au terme des législatives 2020, seuls quatre (4) partis sur les plus de 90 qui ont participé ont obtenu plus de 3% des suffrages et plus de 66 partis on eu moins de 1%. C’est un grand gaspillage d’énergie, de temps et d’argent pour notre pays. Sachant que la grande majorité de ces partis ne fait même pas vraiment campagne, on est obligé de penser que c’est le financement public qui les intéresse et de vouloir mieux en réglementer l’accès.

    Ce que beaucoup confondent avec décréter la dissolution d’un parti ou compliquer sa création. Ils oublient qu’un pouvoir malhonnête pourrait ainsi se débarrasser de ses adversaires potentiels par des artifices administratifs.

    Concernant les "références extérieures" dont vous parlez, c’est une mauvaise information. Certains croient qu’il n’y a que deux partis aux Etats Unis par exemple, alors qu’il y en a une multitude, y compris un parti communiste. C’est le jeu des élections primaires qui élimine les autres ou leur faiblesse qui les rend peu visibles.

    Dans leur système, dans 48 états sur 50, le premier gagnant tout, il ne sert à rien d’être troisième ou quatrième. Ainsi, peu savent qu’à part Joe Biden et Donald Trump, il y avait deux autres candidats à la présidentielle qui ont obtenu des suffrages mais aucun grand électeur. Donald Trump a par exemple appartenu au Parti Libertarien fondé par Ross Perot, qui a obtenu près de 20 millions de voix à la présidentielle mais n’a jamais rien gagné. Il a compris et rejoint le parti républicain.

    Organiser des primaires coutant très cher, nous devons trouver des solutions plus réalistes pour résoudre notre problème Burkinabè. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’appel du PAN, comme une invite à la réflexion sur une meilleure organisation des élections. Sauf qu’il s’est mal exprimé.

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  • Le 10 février à 10:14, par Abcd En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Pour moi on n’a pas besoin de limiter les partis politiques. Il faut juste limiter les financement. C’est on fixe un pourcentage minimum (en matière de résultats électorale) à atteindre pour recevoir un financement.
    Par exemple 3% à l’échelle nationale. Tout parti en bas de 3% ne reçoit rien.
    Cela contibuera automatiquement à la diminution des partis politiques et à des alliance pour former des parti plus grands.

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  • Le 10 février à 11:19, par Simplicité En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    C’est à la fois malsain et indécent de la part de son Excellence M. le Président de l’Assemblée Nationale de créer le RPI tout en étant dans le BPN du MPP et revenir s’asseoir au perchoir pour prôner la limitation des partis politiques.
    Quand on limite la mission du parti politique à la "conquête du pouvoir d’Etat", on tombe dans ce genre de travers. La Constitution ajoute au titre des missions dévolues aux partis politiques, la charge de la formation des masses et l’animation de la vie politique nationale.
    Qu’y a-t-il de mauvais dans un pays que 36.000 organisations se créent pour chacune former les masses et animer la vie politique. C’est une contribution et à ce titre on ne condamner une initiative. Il faut plutôt que l’autorité s’atèle à ce que les dispositions légales en vigueur soient effectives, en ce moment, aucun parti ne sera de trop dans ce pays.

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  • Le 10 février à 12:31, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    @Abcd : C’est déjà le cas. La loi fixe à 3% des suffrages exprimés le minimum pour accéder au financement annuel de fonctionnement des partis politiques.

    De 2016 à 2020, ils n’étaient que 6 partis à remplir cette condition. Depuis le 22 Novembre 2020, ils ne sont plus que 4.

    Le problème, c’est le financement de l’année électorale (250 millions pour les législatives et 250 autres pour les municipales) où il suffit d’exister et de présenter des listes pour avoir sa part.

    @Simplicité  : Vous avez peut être raison, mais votre exemple, le RPI au moins a eu plus de 68 mille voix et 3 députés. Pendant ce temps, des gens ont eu 600 ou 200 voix dans tout le pays. Un parti a même eu 31 voix, soit moins que le nombre de ses candidats !

    On parle de conditionner leur participation (couteuse) aux élections, sinon, ils sont libres de se créer et de se nommer association ou parti...

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  • Le 10 février à 12:48, par sai En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Je suis d’accord avec le journaliste, si on limitait les partis, Bala lui même n’allait pas aujourd’hui être au perçoir avec le MPP nouvellement créés.

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  • Le 10 février à 12:51, par Ka En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Je partage très souvent, et avec plaisir les analyses du jeune homme a la plume tranchante d’Oumar L. Ouédraogo. Merci d’ouvrir un débat qui ne l’est pas. Car le titre de ’’’Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant,’’’ devait être ‘’’’Le retour des partis uniques est très dangereux pour notre jeune démocratie en gestation.’’’’ Et je confirme que si le père du Multipartisme dans le continent qui est Laurent GBAGBO, ’’qui disait qu’en matière de multipartisme, nous sommes tous aussi bien le pouvoir que l’opposition des bleus,’’ il confirmera comme moi, qu’au Burkina comme ailleurs, il n’y a pas plus de multipartisme, mais des partis uniques depuis les 30 dernières années. L’exemple est qu’en 27 ans, le CDP a gérer le pays en parti unique, et son copier-coller le MPP a repris le relais pour une autre éternité. En Côte d’Ivoire avec le (RHDP) un copier-coller du PDCI RDA, le Cameroun, le Congo, le Tchad, l’Algérie, l’Egypte, les partis uniques sont de retour avec les leaders des partis d’opposition le soir venu, dans les salons feutrés des tenants du pouvoirs, devant des bouteilles de champagne, oublient leurs idéaux et parlent de la même voie comment duper leur peuple.

    ’’’’N’est-ce pas dans cet esprit que l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a, depuis juillet 2001, recommandé aux Chefs de gouvernement de prendre les mesures nécessaires en vue de faire appliquer rigoureusement les lois et chartes relatives aux partis politiques existantes, et les sanctions applicables en cas de non-respect de leurs dispositions ? L’instance supranationale a requis de développer l’éducation civique des citoyens et sur le rôle des partis politiques.’’’’

    Merci O.L.O de nous rappeler les recommandations de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie en 2001, que d’autres dans des stades de foot ne pensaient qu’au grand pardon par des larmes de crocodile, pour s’éterniser au pouvoir, que d’appliquer rigoureusement les lois et chartes relatives aux partis politiques.

    Le PAN en soulevant ce problème, sait très bien qu’en limitant les partis politiques, un seul ou deux partis s’associant comme le MPP et l’UCP, auront des centaines des partis satellites, qui reverseront leurs financements par l’Etat dans les comptes de ces deux partis qui devient un puissant parti unique.

    Une pratique légale selon notre constitution : car, les personnes morales (entreprises, fondations) ne peuvent pas financer un parti politique : A l’exception des partis politiques eux-mêmes, qui peuvent se faire des dons entre eux. Et pour contourner ses limitations dont le PAN propose, les politiques très futés et argentés créent de nombreux « partis satellites » sous-marins. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements des partis politiques ferme les yeux. Rien n’empêche ces petits partis de reverser ce qu’ils touchent à un grand parti.

    Cette "pratique" est bien connue de la commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis politiques : Ce n’est pas illégal, on ne peut même pas parler de magouille. C’est une astuce pour récolter plus de dons, et connu de la commission du contrôle des financements par l’état. Demander aujourd’hui la diminution des partis politique, et laisser cette pratique de créer des partis satellites par des grands partis pour récolter des fonds, ne serve a rien qu’une simple manipulation..

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  • Le 10 février à 13:02, par André-Eugène ILBOUDO En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    On ne peut pas limiter le nombre de partis à travers une loi, cela relève de la liberté. par contre une loi peut encadrer son fonctionnement. A quoi sert un parti dont les militants ne peuvent pas remplir un tricycle ? A quoi sert un parti dont la chambre à coucher de celui qui l’a créé sert de siège du parti. A quoi sert un parti qui pour l’enregistrer à l’Administration territoriale, son fondateur doit squatter les gargotes à la recherche des amis pour demander le prix des timbres. A quoi sert un parti qui pendant un an ne peut pas même ameuter les journalistes pour une simple conférence de presse. Ne pensons nous pas que les citoyens méritent plus de respect ? C’est en Afrique, donc au BF, que vous rencontrez des partis politiques qui se créent pour demander à l’Etat de financer leur fonctionnement. est ce que quand un jeune veut créer un maquis il demande au Maire Armand de l’argent pour acheter ses chaises et ses assiettes. Au contraire, c’est lui qui paient des taxes à la commune. Pourquoi donc, ce sont avec mes impôts, que l’on doit financer les partis qui se créent juste pour capter l’argent de financement des politiques. Créer un parti politique est un business rentable selon que l’on est nombreux ou pas au moment du partage du butin des partis politiques. Est-ce par le fait que l’on a demander aux candidats de la présidentielle de déposer une caution n’a pas éliminer ceux et celles qui se sont lever yada yada pour aller remettre des chèques sans provision ? Non, on n’a pas besoin d’une loi pour limiter le nombre de partis. ce qu’il faut faire, c’est fouiller la poche des plaisantins. Demander leur un timbre de 5 000 000 pour renouveler le récépissé de leur parti tous les ans. Demander un timbre de 2 000 000 pour toute candidature à un poste électif. On verra, les plaisantins, les brigands, les coupeurs de route politiques vont se tenir tranquille et nous laisser respirer un peu.

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    • Le 10 février à 16:59, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

      Hum... Attention.

      Si l’argent devient l’argument principal, on va se retrouver avec une ploutocratie. Seuls les riches (hommes d’affaire, commerçants, héritiers) et ceux déjà au pouvoir pourront rester en politique.

      On peut mettre des conditions financières, mais avec des montants que des cotisations de militants peuvent gérer.

      Par contre, le parrainage d’un nombre conséquent d’électeurs (les militants et sympathisants du parti) peut permettre de trier en amont ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes. ça tombe bien, le code électoral doit être relu avant les municipales de Mai...

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      • Le 11 février à 08:43, par André-Eugène ILBOUDO En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

        Monsieur Sebgo, c’est triste à dire, mais si vous n’avez pas 25 000 000FCFA, même si vos idées brillent de 25 000 000 de feux, vous ne serez jamais Président du Faso. Je m’excuse profondément si ce que je vous dis vous choque. Pourtant je suis sincère et honnête avec moi-même. Dans aucun pays, un sans le sou est devenu Président. Même ceux qui font des coups d’Etat disposent du peu. A la dernière présidentielle, si c’était les idées qui faisaient du candidat, un Président, en principe, ce devait être Monsieur SOMA. Non content d’être Prof d’université, Agrégé, il se paie le luxe d’être Constitutionnaliste. J’espère que c’est pour lui que vous avez voté à la présidentielle. (MDR, Mort de rire)

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    • Le 11 février à 17:42, par Jean-Paul En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

      Je suis en phase à 200% avec toi. Il faut mettre toutes les entraves nécessaires pour bloquer l’émergence des coupeurs de route politiques. Il y a trop de plaisantins dans ce pays. Chacun préfère plutôt être cafard que la queue d’un lion.

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  • Le 10 février à 13:29, par Mobio En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Si on avait limité les partis politiques, le mmp ne serait pas crée encore moins au pouvoir. Les partis se créent, se maintiennent ou disparaissent par rapport à leur dynamisme.

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  • Le 10 février à 14:42, par Bien dit En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Tout à fait d’accord avec André-Eugène Ilboudo. Rien à ajouter. Merci à vous.

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  • Le 11 février à 07:15, par Tiigré En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Je ne partage pas le raisonnement d’André-Eugègne Ilboudo. En quoi un parti politique dont les militants ne remplissent pas un tricycle est gênant ? En quoi c’est coûteux pour le budget de l’État ? Non, même s’il y a dix personnes, ce sont des citoyens qui expriment leur liberté d’opinion. D’ailleurs quand on fait la proportion (21 millions d’habitants) on se rend compte que le nombre de partis politiques (moins de 200) n’est pas exagéré. Laissez les choses se dérouler d’elles-mêmes. Tiigré

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    • Le 11 février à 12:22, par André Eugène Ilboudo En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

      Vous avez le droit de n’être pas d’accord avec moi. C’est la beauté des discussions intellectuelles. Il s’agit pour chacun d’avancer ses arguments. Pour moi, je trouve gênant de financer un parti qui à la présidentielle n’a pas eu 35 voix. Moi cela me gêne. Et j’accorde le droit à une autre personne de trouver normal que l’on donne 5000 000 cadeau à quelqu’un tout juste parce qu’il a créé un parti.

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  • Le 11 février à 12:11, par Le SAGE En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Bonjour à tous. Je pense après lecture du journaliste et quelques internautes que le sujet mérite une grande réflexion personnellement je suis pour la limitation et pourquoi ? tous nos parties politiques ne s’opposent pas sur le plan idéologique, ils disent pratiquement les mêmes choses et ce que chacun veut c’est ôtes toi que je m’y mette. Cette multiplicité exacerbe ce qu’on pense chercher à éviter : le régionalisme, l’ethnicisme, le clanisme, la camaraderie,etc. En fait lorsque des responsables politiques disent avoir été élu sur la base de leur programme de développement (comme ça se dit sous d’autres cieux où ça peut être vrai), ça me fait sourire. Au Burkina, ils sont combien qui savent lire et qui lisent effectivement ce fameux document élaboré par un groupe de camarade et d’amis pour faire la publicité de leur leader ? Combien de Burkinabè adhèrent à un parti politique par conviction plutôt que par suivisme ? (parti d’un parent, un ami est dans ce parti, c’est le partit d’un de ma région, de ma province, etc). La notion de fief d’un parti n’est pas née au Burkina et reste une notion bien connu et nous devons faire avec. Le nombre de partis au Burkina ne traduit pas que notre pays est démocrate que les autres, mais plutôt que notre choix n’est guidé par aucune idéologie, mais par de critères non politiques. Le débat est ouvert et je souhaiterait que chacun soit objectif.

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  • Le 11 février à 13:32, par Pawalemdé En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Monsieur ILBOUDO, on a des choses qui devraient connaître une réglementation stricte parce que nuisibles à la société, mais ce n’est pas le cas et la prolifération est vertigineuse mais personne n’en fait une préoccupation. Je donne le cas des maquis et bars dans la ville de Ouagadougou. C’est le cas aussi des kiosques à liqueur frelaté et bien d’autres pratiques. Soyons objectifs,sinon nous n’allons pas pouvoir construire une société véritable.

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    • Le 11 février à 17:47, par André Eugène Ilboudo En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

      Effectivement, M. Pawalemde. limiter le nombre des partillons, des partis-ganglions ne dit pas que l’on ne s’attaque à rien. Les motos sans casques, les conducteurs sans ceinture, les brûleurs de feu rouge, les insulteurs de policiers, les jetteurs d’eau sale sur la rue, les hauts parleurs qui réveillent les voisins à 4h24. Vous en voulez encore ? On s’attaque à tout. Mais le problème avec les partillons c’est qu’ils sucent directement mon argent.

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  • Le 11 février à 15:34, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    @André Eugène Ilboudo : Nous disons la même chose de façon différente.

    Une caution de 25 millions à la présidentielle, cela représente une cotisation de 1.000 Fcfa pour 25.000 militants d’un parti, mais pas forcément l’argent sorti de la poche du candidat seul. Celui qui peut avoir les parrainages de ses militants aura aussi les cautions.

    A titre de comparaison, le dernier parti à obtenir un député sur la liste nationale a obtenu environs 56.000 voix, et la loi fixe à 3% des suffrages le seuil pour obtenir le financement d’état, soit environs 85.000 voix en 2020.

    Le parti qui peut réunir avec ses militants le parrainage de 1% des suffrages exprimés de l’élection précédente (2015), soit 30.000 personnes , pourra aussi par leurs cotisations payer les cautions et espérer faire un score honorable.

    L’exemple de M. Soma Abdoulaye que vous citez est parlant. Il a pu réunir les 25 millions et a obtenu 40.000 voix (1,41%). Je suppose que si on lui avait réclamé des parrainages d’électeurs il aurait aussi pu le faire. Mais ce n’était pas le cas de 4 des autres candidats à la présidentielle.

    Soit dit en passant, je n’ai pas voté pour lui. Je ne crois pas que ce soit les diplômes qui dirigent un pays, même s’ils sont utiles. Connaitre le droit constitutionnel me parait même secondaire car il y a un conseil constitutionnel et une pléthore de conseillers juristes. L’économie, le militaire (nous sommes en guerre), la diplomatie et la communication (nous sommes des Garibou internationaux) me semblent plus utiles actuellement.
    Mais surtout, ce monsieur parle presque toujours en disant "Moi","Je", cela me suffit.

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  • Le 11 février à 17:02, par Paadré En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Merci beaucoup Monsieur André Eugène ILBOUDO, je ne pense pas que tous les partis politiques reçoivent un financement de l’État. Jusqu’à ce jour, il n’y que le MPP, le CDP, L’UNIR/PS, le NTD, la NAFA...en tout cas ils ne dépassaient pas 6 au regard du taux de suffrage aux élections de 2015. Cette année également ils ne vont pas dépasser ça. Donc celui qui a 35 voix comme vous le dites est d’office exclu (si ma mémoire est bonne, il faut avoir au moins 3%).

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  • Le 11 février à 22:16, par M.S. En réponse à : Burkina : Limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Nécessaire décantation du paysage politique
    Déjà depuis 2012, les élections couplées du 2 décembre avaient été perçues comme une occasion pour procéder à la décantation du paysage politique dans notre pays, pour mettre fin à cette pléthore de partis politiques. De ce que nous avions pu suivre du déroulement de la campagne, voici ce que nous avions relevé concernant l’utilisation par les partis politiques, des plages qui leur ont été offertes par le CSC en partenariat avec la TNB ou le Quotidien Sidwaya. Notre suivi a couvert la période du 19 au 28 novembre 2012 et a concerné l’absence de partis à deux émissions à la TNB (Messages des partis politiques - 19h15 et Programmes croisés - à partir de 21h) et l’absence de message à la plage réservée par le Quotidien Sidwaya à cet effet. Au total, nous avons noté 29 faux bonds (absences de messages dans Sidwaya et non-participation aux deux émissions de la TNB suscitées)
    « Voilà qui pose un sérieux problème. De trois choses l’une, et pourquoi pas les deux ou les trois à la fois : soit que ces partis n’ont rien sur quoi bâtir leur campagne, soit qu’ils sont persuadés de ne pas pouvoir défendre ce qu’ils ont présenté et obtenu une subvention de l’Etat, ou qu’ils n’ont pas beaucoup d’égard pour l’électorat. Quelles sont les motivations des dirigeants de ces partis ? Et dire qu’il y a au total 106 partis et formations politiques autorisés par la CENI à prendre part aux élections couplées, parmi lesquels 74 sont effectivement en compétition pour les législatives et 81 pour les municipales !(Source : L’Agence d’information du Burkina (AIB) du 27 novembre 2012)
    Il importe de songer à saisir la présente opportunité pour assainir le paysage politique burkinabè »

    Répondre à ce message

  • Le 12 février à 10:44, par Tahirou Diao En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    Bravo sur cet article qui explique clairement le bien-fondé du multipartisme dans le cadre de la démocratie de style français que les anciennes colonies ont toutes adoptée dans la foulée des indépendances. Soixante après l’exercice démocratique a pris du plomb dans l’aile que ce soit d’ailleurs en Afrique, en France ou aux Etats-Unis, pour ne citer que ces pays. L’histoire récente foisonne d’exemples de tripatouillages de constitutions, d’achats de votes, d’assassinats et d’utilisation de la force pour se maintenir au pouvoir. Ces dérives sont, somme toute, naturelles compte tenu de notre nature d’humains faillibles et corruptibles. Face à ce constat il serait me semble-t-il pertinent de nous pencher à nouveau sur notre patrimoine africain et notre propre expérience de la démocratie pour corriger les dérives de l’héritage colonial. Nous avons suffisamment de recul maintenant pour commencer à réfléchir par nous-mêmes et de façon argumentée à l’avenir politique de nos pays. Chaque groupe ethnique du Burkina avait mis au point un système de gouvernance propre qui a assuré sa survie au cours des années. Ce système survit toujours et cohabite avec les systèmes mis en place par le pouvoir colonial pour soit disant unifier des "peuplades" disparates sans langue écrite. Ce qui fait l’union c’est la culture dont la langue n’est qu’une des expressions. Nous avons épousé une langue étrangère sans en avoir assimilé la culture. Et cette même langue sert surtout aux échanges avec l’extérieur et non pas entre les populations. C’est une des sources majeures de la perversion de la démocratie qui peine à se mettre en place. D’une façon générale dans le contexte africain le temps semble venu de rebattre les cartes en transformant les handicaps en atouts. En permettant par exemple que la fluidité de la langue étrangère permette de maximiser les acquis des cultures et gouvernances anciennes dans un dialogue politique plus porteur. Le cadre de ce dialogue pourrait être une forme de démocratie parlementaire où les élus seraient des représentants de partis politiques internes à chaque groupe ethnique. Et parmi eux sera choisi un premier ministre plus facile à remplacer en cas de défaillance. En tout cas plus facilement que dans un système présidentiel qui ouvre la voie à des dictatures. Le système britannique combinant le système de checks and balances américain sont aussi des sources d’inspiration, à condition d’en corriger les dérives.

    Tahirou Diao

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  • Le 12 février à 16:55, par koh En réponse à : Burkina : La limitation du nombre de partis politiques, une arme à double tranchant

    la résolution de cette question est simple je pense. Il faut arrêter de financer les parties politiques. C’EST CEUX QUI ONT LES MOYENS QUI DOIVENT FAIRE LA POLITIQUE.
    cette loi était votée sous B C pour légaliser les parties fantôme du CDP.

    Répondre à ce message

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