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Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET • dimanche 19 janvier 2020 à 17h00min
Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous  devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

L’Association des jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina (AJCEB) a vécu une année particulière en 2019. Après la suspension de son initiative « actionnariat populaire », par le Conseil régional de l’épargne publique, la structure a créé la Société coopérative avec conseil d’administration (SCOOP/CA) dans le but de réaliser son usine de transformation de tomate SOFATO. Autant d’évènements que le président de l’AJCED, Salif Zida et son secrétaire général, Aziz Nignan, par ailleurs PCA de SCOOP/CA, ont bien voulu nous relater au cours d’une interview. Lisez plutôt.

Lefaso.net : Peut-on revenir sur les objectifs de l’AJCEB ?

AJCEB : L’association qui est à but non lucratif, est un regroupement de jeunes acteurs économiques pour la défense de leurs intérêts et la promotion de leurs différents secteurs d’activités. L’association a été fondée en 2016. Et depuis sa création, nous sommes à sa tête pour un mandat qui va jusqu’en 2022. L’association est dotée d’un plan stratégique de développement, horizon 2021 sur la base duquel nous avons pu former des acteurs économiques en entrepreneuriat, le désir d’entreprendre et aussi à l’éducation financière.

Quel est le taux de couverture de cette structure sur le plan national ?

L’AJCEB à sa création était dans cinq régions. Aujourd’hui elle est dans toutes les régions du Burkina, représentée par des acteurs économiques. La semaine dernière nous avons établi le fichier des membres et nous sommes à plus de 2000 membres sur le territoire burkinabè, tous détenteurs de registre de commerce, de numéro IFU, etc.

L’AJCEB a lancé en 2019, sa plateforme actionnariat populaire en vue de mettre en place son usine de transformation de la tomate SOFATO. Un communiqué de l’Autorité du marché financier l’a amenée à changer de fusil d’épaule. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?

En février 2019, nous avions lancé SOFATO, sous la coupe de l’AJCEB. Et c’est en avril que le Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (CREPMF) devenu Autorité du marché financier (AMF) nous a interpellés, à travers un communiqué, sur l’irrégularité de cette structure. Parce qu’au niveau du CREPMF, quand on ouvre une contribution publique qui a dépassé plus de 100 personnes, ça devient de l’épargne publique qui est régulée par le CREPMF.

C’est ainsi qu’on a été interpellé par cette autorité, où l’on a même été à Abidjan pour défendre le dossier. Et c’est de là-bas qu’on nous a fait comprendre que lorsque vous dépassez 100 actionnaires, ça devient de l’épargne publique. Donc il fallait trouver les voies et moyens pour trouver la voie légale pour pouvoir continuer l’initiative qui est de mettre en place SOFATO.

C’est dans ce sens que nous avons fait des consultations et nous avons trouvé la voie légale à travers la société coopérative avec conseil d’administration, bâtir l’avenir (SCOOP/ca.ba), qui nous permet aujourd’hui de continuer avec la promotion de l’actionnariat populaire pour non seulement mettre en place le projet initial qui est SOFATO et éventuellement d’autres projets.

Est-ce qu’à la date d’interpellation du CREPMF, il y a eu des personnes qui avaient déjà souscrit ?

En tout cas les Burkinabè ont fait la part de ce qu’ils pouvaient. Maintenant avant le communiqué du CREPMF, les souscriptions se déroulaient très bien. A partir du lancement du communiqué, les gens ont commencé à s’abstenir. Donc il fallait régulariser et repartir sur de bonnes bases avec ces derniers. Et nous tenons à dire merci à tous ceux qui ont porté leur confiance en nous et qui continuent de croire en nous pour ce grand projet d’envergure qui est un défi générationnel pour nous et qu’on doit relever ensemble.

En tout cas le projet SOFATO va très bien, il poursuit son chemin, il est même très avancé financièrement. La dernière fois, nous étions en Turquie pour l’acquisition de la machine. Nous, nous pensions que c’était une machine que l’on pouvait aller acheter facilement et revenir. Lorsque nous sommes arrivés, on a trouvé qu’il y avait des options, il faut regarder le contexte pour l’implantation de la machine ici, les conditions climatiques, etc.

Avec le climat qu’on a ici, il faut tropicaliser la machine, il faut aussi faire une commande. Donc nous avions fait la commande et le contrat d’achat. D’ici quatre à cinq mois, la machine sera livrée ici au Burkina Faso. Parallèlement à cela, nous sommes en train de travailler pour avoir l’agrément d’exonération au code des investissements. Si nous avons cet agrément, tout ce que nous allons importer et qui sera sur la liste des équipements exonérés, va rentrer ici hors taxe hors douane, ce qui est un soulagement. C’est le lieu aussi de féliciter les autorités en l’occurrence le ministre Harouna Kaboré, qui a travaillé à réduire le montant d’exonération, qui est passé au quart du montant initial soit de 100 millions de F CFA à 25 millions.

C’est déjà un grand pas vers le renouveau économique qui est à saluer. Et nous pensons que de telles initiatives vont continuer pour que la jeunesse entreprenante puisse aussi se lancer. Pour revenir au sujet, les gens ont souscrit au projet. Et c’est aussi vrai que c’est une première initiative et il fallait trouver un mécanisme, un partenaire financier qui allait pouvoir nous accompagner pour que cela puisse aboutir afin de sauver l’initiative. C’est un projet de grande envergure qui fait 1,7 milliards de F CFA. Et ce n’est pas évident que les Burkinabè puissent cotiser 1 milliard 700 millions de F CFA, à travers une pareille initiative parce qu’il y a aussi le manque de confiance.

Comme on aime à le dire, ce sont des saint Thomas, ils veulent voir avant de croire. Donc il fallait le partenaire financier qui va nous épauler pour qu’on puisse installer l’usine et créer une crédibilité aux yeux des Burkinabè. Et là aux seconds projets, les Burkinabè pourront croire et s’engager. Notre vision c’est de promouvoir l’actionnariat public. Quand on regarde aujourd’hui, l’aide au développement se raréfie, les banques sont des banques de crédit. Egalement avec la situation sécuritaire, il n’y a pas d’investisseur, le seul moyen possible pour le Burkina, c’est la solidarité constructive.

Aziz Nignan, PCA de la SCOOP/Ca.Ba

Après l’interpellation du conseil régional, les personnes qui avaient déjà souscrit ont-elles réclamé leur argent ?

C’est le lieu pour nous de remercier tous les Burkinabè parce qu’ils sont patriotes. Aucun souscripteur n’est venu dire qu’il réclame, serait-ce 5 F. Nous étions déjà à plus de 200 souscripteurs. Aujourd’hui nous sommes à plus de 700 coopérateurs. Mais quand le conseil a fait sortir la note, des gens nous ont appelés et nous dire qu’il s’agit d’une intimidation. Nous avions dit quil faut être objectif et voir comment nous pourrons nous conformer à la loi.

C’est en ce sens que nous nous sommes mis sur la voie légale. La plupart des Burkinabè ont souscrit, pas dans un intérêt économique, mais pour un intérêt patriotique. Quand vous prenez le secteur de la tomate aujourd’hui, on produit plus de 300 000 tonnes par an et on n’arrive pas à écouler 100 000 tonnes. Ce qui est grave pour les producteurs et partant pour le pays. Mais si nous arrivons à transformer la tomate sur place ici, il y aura beaucoup plus d’impacts pour le pays. A l’image des pays développés où les personnes n’évoluent pas seules, même pour de petites entreprises, on peut aussi promouvoir l’actionnariat populaire.

A quand l’ouverture de cette usine SOFATO ?

S’il plait à Dieu cette année 2020, vous allez assister à la coupure du ruban. Dans les jours à venir, nous allons procéder à la pose de la première pierre. Parce que là, nous attendons l’autorisation de construire pour démarrer avec les travaux. Et aussi la sortie de l’agrément. Si nous n’avons pas l’agrément, on ne peut pas encore importer le matériel et commencer la construction.

C’est le lieu pour nous aussi de signaler que le fabricant de la machine et l’entreprise qui va nous construire le bâtiment sont des Turcs. Donc au jour d’aujourd’hui, financièrement nous sommes prêts, nous avons les contrats d’achat et de construction, ce sont des procédures administratives qui retardent un peu les choses. Mettre en place une usine, a des procédures parfois très compliquées. Au départ, nous -mêmes avions pris la chose à la légère.

Mais au fur et à mesure que l’on avance nous avons compris que même les procédures administratives sont très rudes. Pour l’étude d’impact environnemental, les conditions dans la zone d’implantation de l’usine, l’autorisation d’implantation, l’agrément au code des investissements, l’avis du maire, etc. tout un ensemble de procédures qui peuvent allonger des délais. Mais comme on le dit : « l’appétit vient en mangeant » et nous sommes déterminés à poursuivre avec le projet pour qu’il aboutisse. SOFATO fera plus de 500 emplois directs, nous allons irriguer plus de 100 ha.

Après la construction, qui sera propriétaire de l’usine ?


La SOFATO sera une propriété de la coopérative. Ce n’est pas la propriété d’un individu. Donc tous les coopérateurs sont copropriétaires de cette usine et même de toutes les autres sociétés créées sous la bannière de la coopérative. Les coopérateurs auront les mêmes droits, mais ce sont les ristournes qui vont être fonction de l’apport de chacun dans la coopérative.

A combien sera cotée l’action ?

L’action est aujourd’hui à 5000 F CFA, mais pour nous, juste après le lancement la part va aller à 10 000 F et l’adhésion à 25 000 F. Aujourd’hui la SOFATO est une réalité et donc il faut donner la chance à ceux qui ont souscrit pour qu’elle voit le jour, de bénéficier de cette exonération. Si nous avons un partenaire financier qui nous accompagne, il faudrait que l’on puisse respecter nos engagements. Donc il faut augmenter la part pour être en bon terme avec tout le monde.

Présentez-nous maintenant cette coopérative que vous aviez créée à la suite de l’interpellation du CREPMF, sur l’irrégularité de l’idée de départ.

La société coopérative avec conseil d’administration, est une société d’origine agricole à vocation d’investissement. Cela veut dire que nous allons (les coopérateurs) faire des investissements, mais de façon indirecte sur la base de la coopérative. Dans beaucoup de secteurs d’activités, des sociétés seront mises en place sur la base de la coopérative. Si nous prenons le secteur des mines, nous pouvons y installer une société, dans le BTP, l’assurance et même le secteur des transports.

Après l’installation de SOFATO, est-ce qu’une personne peut solliciter du crédit auprès de la coopérative pour financer son projet ?

Oui c’est possible. Mais pour que la coopérative t’écoute, il faut d’abord y adhérer. Nous avons dit, société coopérative avec conseil d’administration/ bâtir l’avenir, donc nous avons besoin de bâtisseurs. Chaque jour que Dieu fait, nous recevons des demandes d’emploi à notre siège. Cela montre l’urgence de trouver des créneaux, des voies et moyens pour booster l’employabilité, au profit des millions de Burkinabè qui chôment, sinon ça va retomber sur nous. Alors si vous avez votre entreprise et vous voulez de l’accompagnement, il faut que vous adhérez à la coopérative. L’adhésion c’est pour les personnes physiques et morales.

Si vous venez avec le projet, le conseil d’administration siège pour voir si le projet est porteur d’emplois et de ressources et correspond à la ligne de conduite de la coopérative avant d’envisager l’accompagnement du projet. Et la coopérative rentre dans votre capital. Et en ce moment on peut ouvrir un compte en banque et un conseiller vous suivra. Et toi le gérant on te fixe un salaire mensuel pour te permettre de subvenir à tes besoins. Mais tu ne pourras pas faire de chèque pour des œuvres sociales ou salutations de mariages, etc.

On t’apprend en même temps la gestion financière, l’attitude d’un chef d’entreprise. Et pendant ce temps tu rembourses petit à petit jusqu’à finir et la coopérative se retire. En ce moment tu seras aussi équilibré. C’est l’objectif de la coopérative. Et nous pensons que ce sont ces genres d’initiatives dont le pays a besoin. C’est même pour cela que nous sommes en symbiose avec le ministre Harouna Kaboré, dans cet élan de l’industrialisation du pays.

Salif Zida, président de l’AJCEB

Quelles sont les activités que vous avez eues à mener durant 2019 ?

L’année 2019 a été mouvementée. Il y a eu des tempêtes et même de l’ouragan mais nous avions tenu bon. Après la convocation du CREPMF, nous sommes répartis à Abidjan pour prendre part à Africallia où nous avons rencontré le monde économique sous-régional. Nous avons assisté aussi au FORUM national des jeunes à Bobo-Dioulasso où l’on a apporté notre voie pour le développement socio-économique du pays.

Nous avons aussi participé à la rencontre secteur privé/Etat, où une fois de plus notre voie a été mise à contribution. En 2019 il y a eu des vents chauds et même des vents froids. Mais tout ce que nous retenons n’est que de l’expérience. Ensuite nous avons pris part au TAC (traité d’amitié et de coopération) à l’hôtel Libya où nous avons rencontré des partenaires ivoiriens.

Le pays vous a décerné également des distinctions honorifiques en 2019. Qu’est-ce qui vous a valu cette décoration.

En effet, nous avons été décorés, le président de l’AJCEB Salif Zida et moi-même PCA de la Scoop/ Ca.Ba. Mais c’est la vision et la persévérance qui nous ont valus ces reconnaissances. Lorsqu’on dit persévérance il faut avoir la conviction en ce que tu veux faire. Quand nous avons eu le problème avec le conseil régional, nous avons des membres qui ont fui nous laisser. Il y a des membres mêmes qui ont dit que nous allons faire la prison.

Nous, nous avons dit que le problème ce n’est pas de remettre l’argent, mais c’est de sauver notre vision. Et en voulant sauver la vision, il a fallu persévérer. Si à partir de là, on avait restitué l’argent aux gens, notre vision serait morte. Et les jeunes qui nous prenaient comme exemples de réussite vont être désorientés. Et demain quand quelqu’un d’autre va se lever avec un projet, on va lui dire que les devanciers ont essayé et ils ont échoué.

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes nous appellent pour nous féliciter pour la persévérance. Et nous leur réaffirmons notre détermination à aller jusqu’au bout, parce que SOFATO, tant qu’on ne coupe pas le ruban, nous n’allons pas dormir. Et nous sommes sûrs qu’en 2020 ce ruban sera coupé. Il faut même le rappeler la décoration avec agrafe commerce nécessite que vous ayez un registre de commerce, un numéro IFU, être à jour de ta fiscalité, avoir des références techniques en terme de chiffre d’affaires, etc.

Pour dire que les décorations ne sont pas données aux gens par complaisance. C’est ainsi que le président du Faso, le ministre du Commerce et les opérateurs économiques ont dit : « tient ces jeunes-là sont motivés. Il faut les encourager ». Et c’est ainsi qu’on a été décoré. Donc le mérite c’est notre détermination et au passage, nous les remercions.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans votre action en 2019 ?

Les difficultés ont été nombreuses et c’est normal. Lorsque tu mènes un projet de grande envergure, les difficultés seront énormes. Il y a des difficultés de financement, des difficultés sur le terrain, avec les pièces administratives, il faut aussi gérer les gens parce que quand tu as plus de 600 bâtisseurs derrière toi, chaque jour que Dieu fait, les gens viennent aux nouvelles et parfois il n’y a pas grand-chose à dire et là ce sont des difficultés.

Mais il faut savoir gérer. C’est ce qui fait de toi un grand homme. Et c’est là une fierté pour nous parce qu’il y a plus de 600 personnes qui sont avec nous. Pour construire un empire, il faut savoir gérer les gens, créer l’unanimité autour de soi. Comme on dit souvent, lorsque tu empruntes la route de la réussite et que tu ne croises pas d’obstacles, tu iras vite au sommet mais c’est aussi suicidaire. Mais lorsque tu croises des obstacles, saches bien que c’est la bonne et la réussite sera solide. Donc ces obstacles sont pour nous normaux parce qu’on veut grandir.

Les projets de SOFATO et de la SCOOP ne vont-ils pas détourner l’idée de base de l’AJCEB ?

L’AJCEB est une structure à but non lucratif. Mais nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays. Et ce que ce que nous sommes en train de mettre en place participe à cet objectif. La différence est que l’AJCEB est à but non lucratif donc, elle ne peut pas nous aider à mettre en place une société. Donc en créant la coopérative sous la coupe de cette structure, on peut mettre en place ces sociétés qui vont participer à la création d’emplois et de richesse.

Dans la rétrospective de 2018 avec notre journal, vous aviez affirmé, parlant de l’économie nationale, que rien ne va. Est-ce que vous avez toujours la même position aujourd’hui ?

En 2019 avec la situation sécuritaire, nous n’avons pas eu beaucoup d’investisseurs au Burkina Faso. Donc nous, nous demandons au gouvernement de faire un effort dans l’accompagnement de la jeunesse entreprenante. C’est vrai que quelque chose est fait, mais nous pensons qu’on peut encore mieux faire.

Avec nos initiatives les autorités nous regardent. Mais on doit dire : « les jeunes, l’initiative est bonne. Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous soutenir ? » Si on a pu mettre cette initiative en place, vous allez voir. Les associations qui sont en train de faire des conférences de presse, qui appellent partout, certaines vont se mettre au travail. Et ça va contribuer à diminuer l’incivisme dans le pays.

Dans la même interview vous affirmiez être déçus du ministre du Commerce qui ne faisait que l’affaire de ceux qui sont déjà riches. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Au départ nous avions dit quand on est en association c’est pour défendre les intérêts de la jeunesse entreprenante. Lorsque nous constatons des zones d’ombre, il faut interpeller. Quand quelqu’un est dans l’action il ne voit pas. Il faut attirer son attention. Effectivement nous avons interpellé et il a pris ça en compte et aujourd’hui il y a eu beaucoup de changement. Il nous a même reçus et nous avons beaucoup échangé, et nous sommes sortis de chez lui enrichis.

Il nous a même appuyés sur le plan paperasse et nous a guidés pour l’agrément d’exonération. Et c’est une chose que nous saluons à sa juste valeur. C’est pourquoi nous disons que lorsqu’une personne est dans l’action, il faut toujours alerter à travers le canal où tu sais que l’on pourra t’entendre. Il ne faut pas se cacher pour critiquer. Nous le félicitons aussi parce qu’il a fait en sorte que ceux qui font des investissements de 25 millions puissent bénéficier des avantages du code des investissements.

Quels sont vos rapports avec le Conseil national du patronat burkinabé (CNPB) ?

Au CNPB, nous avons été reçus une seule fois en début de mandat. Après ils nous ont appelés quand on était en Turquie, par rapport à une audience que nous avions sollicitée pour présenter la coopérative. Sinon nous sommes en bon termes et nous saluons aussi leur engagement et surtout leur leadership parce qu’avec ce climat délétère ce n’était pas évident.

Quelles sont les perspectives pour 2020 ?

La vision se poursuit et nous demandons à Dieu de nous accorder la santé et la force nécessaire pour le travail. A partir de février nous allons vous dévoiler notre second projet, juste après la pose de la première pierre de l’usine de SOFATO. Un projet qui sera sous-régional. Ce que les gens ne savent pas, nous sommes plus suivis à l’extérieur. Les gens nous appellent de partout pour apprendre de notre initiative. Il y a des Maliens qui se sont même déplacés. Pendant que nous on est là et personne ne s’intéresse à nous. Comme on le dit, nul n’est prophète chez soi.

Alors nous allons lancer SOFATO et notre second projet. Nous allons beaucoup voyagé à la recherche du financement. Nous avons une invitation en Arabie Saoudite, donc nous allons aller là-bas ; nous allons aller en Italie le mois prochain, à Dubaï, en Allemagne et dans les pays d’Afrique comme au Congo où on a un projet du genre, en synchronisation avec les jeunes du Congo, pour une société minière à Lumumbashi. En fin d’année 2020, nous, nous comptons rentrer au Burkina Faso avec près de 30 milliards de crédit à investir dans des projets porteurs.

Quel est votre mot à l’endroit de la jeunesse burkinabè ?

On lance un appel à la jeunesse du Burkina, pour leur demander de savoir donner un sens à leur vie. De savoir que nous devons nous soutenir pour nous en sortir. Le mal du Burkina c’est le Burkinabè lui-même. C’est si je ne vais pas réussir, toi aussi tu ne réussiras pas, ce qui ne nous avance pas. Je lance un appel à ceux qui veulent venir, la coopérative est ouverte à tous.

Tous ceux qui ont réussi ont une histoire. A l’étranger les gens se solidarisent pour aller loin. A partir même du 15 janvier on va faire des tournées dans les régions pour présenter la coopérative et porter l’information au grand public. Beaucoup n’ont pas l’information donc nous voulons leur dire de venir parce que pour le moment, l’adhésion est à 5000 F, la part aussi 5000 F.

Interview réalisée par Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 20 janvier à 09:29, par Kôrô Yamyélé En réponse à : Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

    - Plutôt une nuée d’escrocs et de saprophytes qui exploitent le people à chaque occasion !!

    Le gaz a connu une rupture ici, certains d’entre vous n’ont-ils pas vendu la bouteille de 12 Kg à 8.000 FCFA au lieu de 5.000 FCFA et la petite à 3.000 FCFA au lieu de 2.000 FCA ? Il fut un temps où le carburant a connu une rupture ici, qu’aviez-vous fait en son temps ? Vous aviez tout simplement fait un ravitaillement de réserve aux pompes pour revendre à 1.500 FCFA jusqu’à 2.000 FCFA le litre d’essence !! Et certaines pompes le vendaient à ce prix au vu et au su de tout le monde ici !! Qu’aviez-vous fait ? Avez-vous simplement dénoncé ? NON !!! Rien !! Vous avez profité malhonnêtement et honteusement de la situation !!!

    Conclusion : Vous vous organisez pour mieux sucer encore le peuple !

    Par Kôrô Yamyélé

    Répondre à ce message

  • Le 20 janvier à 11:32, par Kouda En réponse à : Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

    Kôrô Yamyélé,
    Bonne et heureuse année 2020 à ta famille et à toi. Santé, bonheur et paix à vous et au Faso.
    Concernant le sujet, je suis parfaitement d’accord avec toi. Les vrais commerçants sont sur le terrain, à guetter les opportunités, à les créer même pour se prendre en charge. Pendant ce temps, des "Con-merçants" comme ceux dont il est question dans cet article passent leur temps à fleurter avec le politique et les regroupements bidons pour exploiter le peuple et bloquer les commerçants qui veulent mener correctement leurs activités.
    Pour abonder dans le même sens que Kôrô Yamyélé :
    - Pendant les fêtes de fin d’année, on a entendu des bruits de pétards. Qu’avez-vous fait contre la vente de pétards ?
    - Chaque jour, des commerçants véreux nous vendent du poison dans les aliments qu’ils nous proposent (dans les yaars, les marchés, les boutiques, les alimentaitons, au bord des voies...), qu’avez-vous fait pour dénoncer cela et sensibiliser la population sur les méfaits de cet empoisonnement massif des Burkinabè ?

    Répondre à ce message

  • Le 20 janvier à 14:10, par NANA MAHAMADI En réponse à : Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

    Wahooo ! Très belle initiative ! Vraiment il faut des trucs pareils pour lutter contre le chômage et contribuer à l’industrialisation des secteurs du pays ! FORCE à vous !!
    Le problème est que les médias ne parlent pas beaucoup voir même pas de ces choses qui encouragent la jeunesse ! Ils préfèrent les tueries et banditismes pour dramatiser encore plus les choses et semer la panique et les découragement au sein de la jeunesse !

    Répondre à ce message

  • Le 20 janvier à 18:57, par ô pays mon beau peuple En réponse à : Jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina : « Nous devons apporter notre pierre à l’édification du pays »

    Très belle initiative. "Au génie créateur libéré, le peuple est capable de construire de ses propres mains les fondement matériel de son avenir". C’est dans le même ordre d’idée que le" vieux père" Bado concernant l’actionnariat populaire. Que Dieu guide vos pas et facilite les choses pour vous. Peace and love !

    Répondre à ce message

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