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Santé sexuelle et reproductive : « La protection ne suffit pas, il faut une meilleure prise de conscience des jeunes sur leur sexualité », estime Dr Nestorine Sangaré

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 2 décembre 2019 à 11h15min
Santé sexuelle et reproductive : « La protection ne suffit pas, il faut une meilleure  prise de conscience des jeunes sur leur sexualité »,  estime Dr Nestorine Sangaré

Où en est-on avec le processus d’intégration des nouveaux curricula et modules en santé sexuelle et reproductive (SSR) des jeunes au niveau du post-primaire ? C’est l’objet de la conférence de presse organisée ce samedi 30 novembre, par le Centre de recherche et d’intervention en genre et développement (CRIGED), en partenariat avec le ministère en charge de l’Education.

En 2018, le CRIGED a accompagné la généralisation de l’enseignement de la SSR dans le système éducatif à travers la reproduction de 600 exemplaires de modules de formation sur les thématiques relatives aux mutilations génitales féminines, à la SSR et au mariage d’enfants à l’intention des formateurs et enseignants de l’éducation de base. D’où la rencontre de ce jour sur l’intégration et la généralisation du module sur la santé sexuelle et reproductive dans les salles de classes.

En effet, au titre de l’année scolaire 2016-2017, la directrice exécutive du CRIGED confie que près de 7050 cas de grossesses ont été enregistrés en milieu scolaire dont plus de 600 au niveau du primaire (les autres cas ont été recensés au post-primaire et au secondaire). « C’est une préoccupation parce que ces cas sont enregistrés au moment où il y a plusieurs associations qui travaillent sur la problématique. En même temps qu’il y a des actions, nous assistons à l’augmentation des grossesses », a indiqué la directrice exécutive du CRIGED, Dr Nestorine Sangaré, estimant que les élèves doivent bénéficier d’un enseignement sur la question.

Conduite dans 9 collèges d’enseignement général répartis dans six régions du Burkina, l’enquête a concerné des classes de 6e ,5e et 3e à travers les cours d’histoire-géographie, de sciences de la vie et de la terre, de français et d’éducation civique ou morale. « Ces enseignements qui sont généralement faits dans le cadre du cours d’éducation civique ne sont pas évalués et les élèves ne prennent pas le cours autant au sérieux que si c’était un cours de maths », a-t-elle noté. Pis, Dr Sangaré soutient que certains responsables d’établissement sont un peu réticents sur la question. « Ils voient cela comme quelque chose de facultatif et trouvent que l’enseignant perd du temps en s’occupant des questions de SSR », a-t-elle noté.

Pour elle, il y a nécessité de sensibiliser certains responsables d’établissements sur la question de la SSR car dit-elle, « si les enseignants ne le font pas, ce sont les associatifs qui le feront à leur place. Pourtant, ce ne sont pas des professionnels de l’éducation, ils n’ont pas le qualificatif pour le faire et on ne sait même pas s’ils ont été formés dans le domaine ». Et si ces structures ont les opportunités et les moyens de sensibiliser les élèves sur la question, Dr Sangaré estime qu’ « il faut faire en sorte que certaines personnes n’aillent pas propager des idées ou des mauvais comportements aux enfants à l’insu des enseignants ou de leurs parents. Il est nécessaire que les écoles prennent leurs responsabilités et veillent également qu’au moment où elles donnent des enseignements sur la SSR, que des associatifs ne viennent pas avec des messages contraires qui vont venir annuler les effets positifs ».

Dans la même veine, la directrice exécutive du CRIGED note qu’il faut une harmonisation des messages et des outils de communication sur cette question. A titre d’exemple, dit-elle, « lorsqu’on vient dire aux élèves, vous devez vous abstenir parce que vous êtes encore des enfants et qu’une personne arrive et dise, vous pouvez faire à condition que vous vous protégiez ; un autre arrive et dit, même si vous faites sans vous protéger, s’il y a des problèmes, vous pouvez avorter (…) ». De l’avis de Nestorine Sangaré, les acteurs qui disent agir pour le bien-être des enfants doivent savoir coordonner leurs actions.

Espérant un meilleur accompagnement du ministère de l’Education pour former les enseignants et étendre l’enseignement des modules de formation, notamment la SSR à l’ensemble du territoire, Nestorine Sangaré appelle le département à ne pas laisser les thèmes sensibles entre les mains d’acteurs qui ne sont pas outillés sur ces questions.

En rappel, les activités du CRIGED sont axées sur la prévention de la sexualité précoce et de ses conséquences négatives que sont les violences sexuelles, les grossesses précoces non désirées, les infections sexuellement transmissibles, les échecs scolaires et les troubles psychologiques. Le centre privilégie l’abstinence comme méthode préventive efficace en suivant la recommandation faite par l’OMS.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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