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Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 7 octobre 2019 à 22h51min
Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

L’actualité économique de ces derniers temps est marquée par les tractations entre le gouvernement et les partis politiques de l’opposition sur des mesures économiques visant à accroître les recettes fiscales de l’Etat. Pour l’opposition, le gouvernement veut boucher des trous qu’il a créés et doit s’expliquer. Outre cet aspect, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a publié son rapport sur l’état de la corruption au Burkina en 2018, dans lequel la douane détrône la police municipale à la première place. A Bobo, SAP Olympic a obtenu une promesse des commerçants, pour un enlèvement de 71% de son stock non-vendu. Sur le monde des affaires africain, Apple cède sa place aux marques chinoises comme Tecno ou Xiaomi. Retour sur quelques points de l’actualité économique de ces derniers jours.

Au Burkina Faso, le Premier ministre Christophe Dabiré a annoncé, le 28 septembre 2019, qu’à compter du mois de janvier 2020, l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) va s’étendre aux primes et indemnités des fonctionnaires. A la suite de cette annonce, l’opposition a déclaré, au cours de son hebdomadaire conférence de presse, que l’affaire de l’IUTS mérite plus d’éclairage de la part du Premier ministre, car, estime-t-elle, c’est une tentative, comme beaucoup d’autres mesures, de diminuer les salaires des fonctionnaires. Et elle en veut pour preuve la taxe sur les véhicules à moteur, l’arrivée des nouvelles plaques d’immatriculation et la flambée des prix des produits de grande consommation.

Pour elle, cette décision concernant l’IUTS vise en fait à diminuer les salaires des fonctionnaires pour « boucher des trous ». Pourtant, dénonce l’opposition, le MPP a octroyé des exonérations fiscales à hauteur de 200 milliards à ses amis du secteur des mines. Le Premier ministre doit donc « des éclaircissements », crie l’opposition. Cette décision signifie-t-elle qu’il y aura une « levée de l’exonération sur les indemnités et les primes des fonctionnaires ? Cet impôt touchera-t-il le fonds commun qui est aussi une prime ? Et combien cette mesure va-t-elle rapporter à l’Etat ? », se sont interrogés les conférenciers.

A Bobo-Dioulasso, l’Union des vendeurs de pièces détachées cycles et cyclomoteurs (UVPD2C) a pris l’engagement, le lundi 30 septembre 2019, d’enlever 71% du stock des produits de la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la politique de promotion des produits « Made in Burkina » entreprise par le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat.

SAP Olympic a fait face à une mévente généralisée depuis un certain temps et le stock en magasin avoisine 1 200 000 000 francs CFA. A la suite de cette situation indélicate pour l’entreprise, le ministère du Commerce avait entamé des négociations auprès des commerçants, qui ont abouti à l’engagement de ces derniers de consommer les 71% du stock annoncé, soit un total de produits avoisinant une valeur de 990 997 500 francs CFA TTC.

« Si la situation devait encore perdurer, nous craignons que nous ne soyons contraints de recourir au redimensionnement ou à l’arrêt des travaux », s’était inquiété le directeur général de la société. La prise de telles mesures, selon lui, occasionnera des pertes d’emplois dans cette industrie. De trois équipes de 600 travailleurs, elle est déjà passée à une équipe de 200 personnes. L’entreprise s’était aussi engagée à baisser substantiellement ses prix de vente d’environ 86 millions de francs CFA sur la base d’un enlèvement de produits à hauteur de 600 millions de francs CFA.

Dans une lettre ouverte au P-DG de Coris Bank International (CBI), Idrissa Nassa, un étudiant burkinabè à Tunis, nommé Ismaël Sawadogo, accusait l’homme d’affaires de vouloir mettre les bâtons dans les roues des sociétés de trading, particulièrement GLOBUMI. Notons tout d’abord qu’un trader, c’est celui qui achète par exemple le dollar (ou autre monnaie étrangère) avec du franc CFA, à un moment où la valeur du dollar a baissé, en vue de le revendre quand sa valeur va augmenter pour en tirer un bénéfice. Et cela se passe sur Internet qui dispose de plateformes qui indiquent le cours des monnaies quotidiennement et par l’intermédiaire d’institutions de finances.

Selon Ismaël Sawadogo, depuis 2016, les premiers traders indépendants ont décidé de s’organiser en société avec pour nom GLOBUMI et les relations avec les banques marchaient bien de 2016 à 2017. C’est à partir de 2018 que la relation s’est dégradée et il accuse le P-DG de Coris bank international d’être à l’origine de cette situation parce qu’il a vu sa proposition d’être actionnaire majoritaire des sociétés de trading, refusée. Il lie la création de Coris bourse à cette volonté de faire barrière aux traders.

A la suite de cette lettre, Coris bank international (CBI) et son P-DG se sont sentis lésés. Ainsi, le président-directeur général de Coris Bank international a, dans un communiqué de presse, démenti toute implication dans cette situation difficile des sociétés de trading. « Sur fond d’allégations purement mensongères et incohérentes, ces publications portent à l’encontre de notre Institution et de son Président des accusations graves qui appellent de notre part des observations », a déclaré Coris Bank international. La société nie toute implication d’elle ou de son président dans la situation que vivent les sociétés dites de trading au Burkina Faso et ajoute qu’aucune de ces sociétés n’a son compte bloqué dans son réseau.


A LIRE : Situation difficile des sociétés de « trading » : Idrissa Nassa, PDG de Coris Bank International, dément toute implication


Elle déclare en outre que « à titre de précision, la société de gestion et d’intermédiation Coris Bourse a été agréée par l’autorité de tutelle, le Conseil régional de l’épargne public et des marchés financiers (CREPMF) sous le numéro SGI/2010-02 et a débuté ses activités en octobre 2010 et non dans le contexte évoqué par les auteurs, preuve d’un amalgame innocent ou intentionnel dont l’objectif est de porter atteinte à l’honneur du Groupe Coris ». Coris Bank international estime que ces diffamations ont pour seul objectif de ternir l’image de l’institution qui fait la fierté de tout un pays tant au plan national qu’international.

Elle réfute l’idée d’un intérêt quelconque de Coris Bank international et d’Idrissa Nassa pour le rachat ou la prise de participations dans une quelconque société de trading. « Ces affirmations sont purement fausses et mensongères », dit-elle, et se réserve le droit de saisir les autorités judiciaires compétentes conformément aux lois en vigueur dans le pays, quant aux suites à donner à cette affaire. Affaire donc à suivre.

Le lundi 30 septembre 2019, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a présenté son rapport 2018 sur l’état de la corruption au Burkina. La douane et la police municipale occupent respectivement les première et deuxième places, et l’exemplarité de l’Etat n’est pas perceptible. Il s’est agi de la fréquence de corruption que le REN-LAC a fait ressortir dans son rapport et qui établit la douane comme le service qui enregistre le plus de pratiques de corruption.

Elle est suivie, dans l’ordre, de la Police, de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), de la gendarmerie nationale, de la police nationale, de l’enseignement secondaire et de la justice. La douane passe ainsi de deuxième en 2017 à premier sur la liste des services les plus corrompus en 2018 et la police municipale de premier à deuxième. Le rapport n’établit pas explicitement de comparaison de l’état de la corruption en 2018 par rapport à 2017 pour une meilleure évaluation du niveau de dégradation de celle-ci. En revanche, il a indiqué que la corruption demeure un phénomène fréquent au Burkina Faso.

Sept enquêtés sur dix estiment que la corruption est fréquente, voire très fréquente, au Burkina Faso. Le REN-LAC indique que la détermination du président du Faso ainsi que son gouvernement à lutter contre la corruption n’a pas été très perceptible et appelle à plus de volonté politique et d’exemplarité au sommet de l’Etat. Le sondage s’est déroulé du 8 au 20 novembre 2018 et a permis d’enquêter sur 2016 personnes.

Au sein de l’UEMOA, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé quatre prochaines étapes pour son projet d’interopérabilité des services financiers, lundi 30 septembre 2019. Une initiative qui vise à moderniser et à harmoniser le système financier mais également à renforcer l’inclusion financière au sein de la zone UEMOA par la création d’un véritable écosystème de paiement numérique. Ces quatre étapes annoncées sont l’acquisition et la mise en place de la nouvelle solution, l’adoption du cadre réglementaire approprié, l’organisation de la campagne de communication et enfin la préparation et le lancement de la plateforme. La BCEAO entend faire de la finance digitale, un tremplin pour une inclusion financière plus poussée afin de lutter efficacement contre le manque de moyen de financement pour les entités économiques.

Disparu du top 5 des plus gros livreurs de smartphones sur le continent, Apple cède sa place aux marques chinoises comme Tecno ou Xiaomi, qui profitent elles aussi d’un marché (africain) en croissance annuelle de 6 % et rattrapent le leader Samsung, écrit Jeune Afrique, dans un numéro paru le 27 septembre 2019.

Le journal ajoute que la qualité sud-coréenne continue de séduire les Africains, faisant de Samsung le leader continental du smartphone depuis fin 2017. Le constructeur des modèles Galaxy, grands rivaux de l’iPhone d’Apple, selon Jeune Afrique, capte 28% des parts de marché en Afrique, devant le géant chinois Huawei (10%) et son compatriote Transsion Holding qui, avec ses marques Tecno (9 %), itel (6 %) et Infinix (4 %), totalise 19 % des livraisons sur le continent, selon des estimations du marché pour le second trimestre de 2019 publiées par le cabinet d’études Counterpoint.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 7 octobre à 18:05, par Hummm En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    AFFAIRE TRADING : D’après que l’affaire est maintenant à la justice, mais pourquoi ça dure autant. C’est plusieurs enfants qui n’iront pas à l’école et plusieurs vies gâchées. Pourquoi les autorités sont restées muettes ? D’après que d’autres auraient misé avec l’argent de sources douteuses, mais il n’est pas difficile de demander à chacun de venir prouver l’origine de son argent et prendre ce qu’il a déposé. il y aurait environ 75 000 personnes concernées, donc en estimation 75 000 x 3 = 225 000 électeurs perdus en 2020 !!!!!!!

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  • Le 7 octobre à 19:04, par Adama En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    AFFAIRE TRANDING : Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. comment les gens ont pu penser qu’ils pouvaient avoir 300 à 500% de benefice dans une affaire qui se passe à la bourse.

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    • Le 7 octobre à 19:32, par Madiba En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

      Si les sociétés de trading proposent ces taux, c’est parce qu’elles ont les meilleurs traders d’Afrique. Ces sociétés ont amasser des centaines de milliards qu’ils doivent payer à leurs investisseurs mais les banques refusent tout simplement parce qu’elles craignent un départ massif de leurs clients vers ces sociétés.
      Actuellement, les sociétés n’attendent que le dégèle pour honorer leurs engagements.

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      • Le 8 octobre à 06:42, par Kiriki En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

        Voyez vous ? ça c’est un fait d’actualité économique. Moi ce qui me décourage c’est que l’écrit à la fin ne fait pas une ouverture sur la question du développement de base. Regardez comment notre misère intellectuelle s’engouffre partout où il faut saisir l’occasion pour parler du DÉVELOPPEMENT DE BASE. mais voyez vous tout ce que le mec a cité, tout porte sur des choses fabriquées par les autres et importées chez nous. Mais nous les africains nous ne pouvons rien faire ? Aidez moi. Je me perds la. Vous parlez de trading et de téléphone portable coréen ou japonais. C’est bien beau. Mais nous même la nous imposons quoi sur le marché des autres a part le haricot vert ?
        Je suis quelqu’un qui n’a j’aimais compris pourquoi en ce 21 e siècle l’Africain n’est pas celui qui a créé le système de l’énergie solaire alors que le soleil est gratuit. DIEU nous a donné le soleil gratuite ment.
        Si je suis présidente d un pays comme le Burkina chaque année je construis au moins 10 barrages. Au bout de 5ans on pourra l’insulter sur au sujet. Jamais sue le problème d’eau. Une plus grande superficie de sols serait arrosée. Un pourcentage plus élevé des populations pratiquerait les cultures de contre-saison. La population achèterait moins cher les condiments et les idées viendront encore et encore forcément. Ici on construit un barrage on montre le barrage sur la chaîne nationales pendant une semaine et on alterne directement avec les questions politiques. On construit un échangeur, on en parle pdt 03 mois et tout le monde est content.
        Mais vraiment est ce que vous pensez que le continent peut s’en sortir dans ces conditions ?

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    • Le 9 octobre à 12:03, par le grand En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

      les societes n’ont jamais eu de problème a honorer leur engagement c’est le gel de leur compte qui crée le problème renseignez vous avant de venir yadyada

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  • Le 8 octobre à 09:48, par vess En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    Les autorités devraient débloquer la situation des sociétés de trading. les banques avec à leur tête coris bank ont peur de la confiance grandissante que les investisseurs commençaient à avoir en ces sociétés de trading.

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  • Le 8 octobre à 12:54, par Olive En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    Si un Burkinabè ou même un Africaine peut battre ce record en trading et sauver des familles, cela devrait être une fierté pour nous. Pourquoi chercher à bloquer ses activités ; Il est clair, plusieurs familles en Europe et aux USA vivent du trading, quelle honte pour les Africains qui ne peuvent se soutenir pour aider leurs frères Africains à sortir de la pauvreté.
    Je pensent que cette affaire doit être tirée au clair.

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  • Le 8 octobre à 18:08, par Drd En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    Mr Nassa doit accepter qu’il est l’instigateur du gel des comptes des traders et il a pour mission de gérer la situation sinon ces jeunes incontrôlables et ce serait lui ki l’aurait chercher

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    • Le 9 octobre à 11:28, par Passoré En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

      Nassa n’est quand-mème pas le PDG de toutes les Banques du faso.

      On te dit qu’aucune société de trading n’a son compte à coris banque. Tu veux qu’il fasse quoi ? qu’il aille dans la ou les banques dans lesquelles les sous sont bloqués pour dire de les débloquer ? en tant que qui ? PDG de ces banques ? procureur du faso ?

      Vous vous trompez d’adversaire les gars, votre combat sera perdu si vous ne trouvez pas le bon adversaire et pire vous risquez de faire des victimes totalement innocentes.

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  • Le 8 octobre à 22:59, par sid Pa Yii En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    Le dégel des comptes devrait permettre une accalmie de la situation...peut on imaginer une conséquence d’une marche dans ce contexte de morosité économique pourrait connaître des ralliements pour d’autres raisons

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  • Le 9 octobre à 13:19, par L OBSERVATEUR En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    Chers internautes,
    N’ ayez pas la mémoire courte, et ne vous en prenez pas à mMr NASSA. Ces gains de 300 à 500% promis ressemblent plus à de l’ arnaque que du trading.
    Trop beau pour être vrai..........
    Souvenez vous des procès de ICC SERVICE au Benin, CI et QNET au Sénégal.

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  • Le 9 octobre à 15:39, par sitting bull En réponse à : Revue de l’actualité économique : Guéguerre entre des traders et Coris Bank

    C’est simple, que les parieurs demandent le solde des avoirs bloqués. il y’aura des surprises. Tout est dans les contrats, il faut relire attentivement. C’est du haut risque, c’est dommage pour les victimes.

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