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Côte d’Ivoire : La réforme la Commission électorale divise la classe politique

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET | Par Issoufou Ouédraogo • samedi 3 août 2019 à 13h00min
Côte d’Ivoire : La réforme la Commission électorale divise la classe politique

Adoptée le 30 juillet 2019 à l’Assemblée nationale ivoirienne, la loi sur la Commission électorale indépendante (CEI), en attente encore d’être votée par le Sénat, avant promulgation par le président Alassane Ouattara, continue de diviser les Ivoiriens. Si l’opposition dénonce le caractère non-consensuel du texte, la société civile s’apprête à saisir le Conseil constitutionnel.

A l’approche des élections de 2020, les autorités ivoiriennes ont jugé nécessaire d’apporter une nouvelle touche à la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de la remodeler selon la loi fondamentale

Dans cette logique, les lignes ont bougé à la CEI. Ainsi, le nombre de commissaires passe de 15 à 17. Dans cette nouvelle structuration, le parti présidentiel et l’opposition auront chacun trois représentants, six représentants de la société civile, un de la magistrature, un représentant du président de la République et enfin un représentant du ministère de l’Intérieur.

Et avec cette recomposition, les représentants de l’Etat et de la coalition RHDP au pouvoir n’occuperont que cinq sièges, contre la moitié auparavant. Pour le gouvernement, la mission a été accomplie car cette recomposition répond aux exigences de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, qui avait émis, fin 2016, un arrêt recommandant une CEI plus équilibrée.

Cependant, cette nouvelle mouture est dénoncée par l’opposition politique ivoirienne. Une composition qui, selon elle, fait la part belle à l’exécutif. L’opposition affirme que la mise en place de cette commission est déséquilibrée, à un an de l’élection présidentielle de 2020. Trop de commissaires sont proches de l’Etat et du parti au pouvoir, estime l’opposition, qui met en doute l’indépendance d’une telle instance.

Pour l’opposition, cette nouvelle composition n’est pas conforme à l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) saisie en novembre 2016, d’une plainte pour déséquilibre à la CEI, au profit de la mouvance présidentielle par Actions pour la protection des droits de l’homme (APDH, association ivoirienne de promotion des droits de l’homme).

Elle avait confirmé que la composition de la CEI « viole le droit à l’égalité de tous devant la loi, ainsi que le droit d’avoir un organe électoral national indépendant et impartial, chargé de la gestion des élections, prévus par les articles 10 (3) et 17 (1) de la Charte africaine sur les élections ».

Mais au-delà de ce méli-mélo entre les acteurs de la scène politique ivoirienne, des difficultés existent qu’il est nécessaire de corriger, avant les échéances de 2020. Il s’agit entre autres du maintien presque acté de Youssouf Bakayoko à la tête de la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne. Ce maintien pose problème, car un des articles de la loi portant fonctionnement de la CEI précise que « les membres de la commission centrale sont nommés par décret pris en conseil des ministres pour une durée de six ans ».

Pourtant, Youssouf Bakayoko (issu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – PDCI d’Henri Konan Bédié) a été nommé à la CEI, en février 2010, par Laurent Gbagbo. Ce qui fera huit ans qu’il est à la tête de la CEI, dont deux totalement dans l’illégalité.

En plus de Bakayoko, il y a Paul Yao N’Dré (ex-président du Conseil constitutionnel qui a pris la décision historique d’annuler des élections dans plusieurs départements du pays). Deux visages qui rappellent une période sombre dans l’histoire du pays avec la crise de 2011. Et malgré sa longue présence à la tête de la CEI, Youssouf Bakayoko n’a pas encore su rendre les différents scrutins qu’il a organisés irréprochables du point de vue technique.

Au regard de ces raisons qui peuvent contribuer à gripper les échéances électorales de 2020, il est nécessaire que le président Alassane Ouattara, qui estime n’est pas candidat à sa propre succession en 2020, prenne toutes les mesures idoines pour entrer dans l’histoire des nations en laissant une Côte d’Ivoire paisible à la postérité. Ainsi, en garant de la paix sociale, le président de la République a la lourde tâche, l’obligation de faire éviter à la Côte d’Ivoire une autre situation de crise.

Issoufou Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 6 août à 14:05, par Vérité indiscutable En réponse à : Côte d’Ivoire : La réforme la Commission électorale divise la classe politique

    Alassane Dramane OUATTARA, même si par miracle n’est pas candidat à sa propre succession ne pense qu’à lui-même et à son petit futur. C’est la raison pour laquelle il cherche protection en France coûte que coûte.
    Dans cette réforme électorale, il ne peut que soutenir ce qui va dans le sens de sa propre protection, point final. Et ce qui va dans sa propre protection est la promulgation pure et simple de la réforme. Il en est tellement esclave qu’il risque vraiment de sortir de la scène avec un niveau complètement bas en Côte d’ivoire.
    Wait and see !!!

    Répondre à ce message

  • Le 9 août à 15:16, par jan jan En réponse à : Côte d’Ivoire : La réforme la Commission électorale divise la classe politique

    Je ne comprend plus l’affaire du drapeau ivoirien, moi j’ai connu ce drapeau vert- blanc- orange, mais depuis ke mon frère ADO est monté au pouvoir, ce drapeau là est devenu orange-blanc -vert,WHY ??

    Répondre à ce message

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