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Fête de l’indépendance, Manga 2018 : A quelques heures de la célébration, des citoyens de Pô s’expriment

Accueil > Actualités > Société • • mardi 11 décembre 2018 à 00h24min
Fête de l’indépendance, Manga 2018 :  A quelques heures de la célébration, des citoyens de Pô s’expriment

Dans quelques heures, le Burkina Faso va magnifier le 58è anniversaire de son ascension à l’indépendance. Cette année, c’est la ville de Manga (située à une centaine de kilomètres au sud de la capitale), chef-lieu de la région du Centre-sud, qui accueille cette célébration tournante entre les régions. A la veille de l’évènement, Pô, chef-lieu de la province du Nahouri, une des trois provinces qui constituent la région du Centre-sud, n’est pas en reste.

Le Nahouri constitue, avec les provinces du Bazèga (dont Kombissiri est le chef-lieu) et le Zoundwéogo (avec Manga pour chef-lieu), la région du Centre-sud.
En cet après-midi de veille de célébration du 58è anniversaire de l’indépendance, les oreilles étaient tournées vers Manga où se déroulait la finale de la coupe de l’indépendance, qui opposait la province du Zoundwéogo (dont Manga est également le chef-lieu) et la province du Nahouri (Pô est le chef-lieu).

Une opposition qui s’est soldée par la victoire de l’équipe de la province hôte sur le Nahouri par un score de 4-2. Ici, l’on n’a pas été indifférent à cette rencontre footballistique qui entre dans le cadre des activités officielles des festivités du 11-décembre. « On savait que ça allait être difficile pour l’équipe de Pô de battre Manga à domicile, mais il fallait s’y faire », s’est résigné au coup de sifflet final, ce jeune perché à un kiosque à café, d’où il a suivi le match retransmis en direct par la radio nationale.

Outre la compétition qui a mobilisé les regards dans cette province à travers son équipe, quelques réalisations font vivre également la fête de l’indépendance, Manga 2018.

Pour Jean-Louis Ahouiya, gérant d’hôtel, la ville de Pô a bénéficié de réalisations, surtout en infrastructures routières. « En plus du bitume, nous avons eu 50 logements sociaux, à l’entrée de la ville, sur la route nationale N°5 », se réjouit-il. Outre ce volet, poursuit-il, dans le cadre de cette célébration, il est prévu la pose de gazon dans le stade provincial et la rénovation du plateau omnisport de la ville. « Ce sont de petites réalisations qui sont bonnes pour la ville », apprécie-t-il avant de suggérer : « Mon souhait est que lorsque les régions seront bouclées, l’Etat essaie d’imaginer une initiative similaire à l’échelle provinciale pour permettre à celles-ci de se développer aussi ».

Au moment où Manga vit l’effervescence, à Pô, le rythme semble celui habituel. « Tout le monde s’est déporté à Manga pour la célébration, si bien qu’au niveau de Pô, on ne sent pas la fête en tant que telle. Etant donné que toutes les activités se déroulent à Manga. A part le tournoi de la coupe de l’indépendance qui se joue en ce moment même entre Pô et Manga, on ne sent pas la fête par ici », observe notre gérant.

Hamidou Belem, tenancier d’un Kiosque à café, estime qu’il est incontestable que le 11 décembre 2018 à Manga a changé le visage de la ville de Pô. « Voyez-vous ce bitume (la voie côtoie son lieu de commerce, ndlr) qui traverse la ville, il est très bénéfique ; parce qu’avant, en saison de pluies, c’était un vrai calvaire pour quitter un bout de la ville pour un autre. Mais grâce à cette réalisation, c’est plus facile aujourd’hui et ça évite les inondations dont nous, riverains, étions victimes », félicite M. Belem.


Les regards partent au-delà du sujet du jour, pour certains citoyens accostés. Manga 2018 se présente pour ces derniers comme un moment de diagnostic de la marche de la nation.

« Moi, je tiens particulièrement à féliciter le pouvoir Roch Marc Christian Kaboré, parce qu’au temps du président Blaise Compaoré, c’était difficile. (…). Demain, je vais fêter et vais me rendre à Manga pour prendre part à la célébration. Je vais m’y rendre pour non seulement célébrer l’indépendance du pays, mais surtout pour voir le président Roch Marc Christian Kaboré, parce que je suis fier de lui », s’ouvre Moussa Kanazoé, jeune commerçant au marché central de Pô.

Même dimension d’analyse pour ce citoyen qui a requis l’anonymat. Ce dernier trouve que l’un des acquis qui méritent d’être magnifié en cet anniversaire, c’est la liberté que le pouvoir Roch Kaboré offre « désormais » aux Burkinabè. « Il (Roch Kaboré, ndlr) est tellement tolérant que les gens font tout ce qu’ils veulent. (…).

Même dans votre propre famille, si vous avez des gens qui se comportent tel que certains Burkinabè le font avec le pouvoir Kaboré, vous n’avez le choix que de les contraindre à la raison. Malgré tout ce qui se fait, lui ne dit rien, il est plutôt préoccupé à travailler. Il faut que les Burkinabè soient sincères avec eux-mêmes et avec le régime Kaboré. Est-ce qu’en un seul mandat, on peut construire un pays ? Il faut qu’on soit raisonnable. Moi je demande aux Burkinabè de mettre à profit le 11 décembre pour s’interroger eux-mêmes : est-ce qu’on travaille, nous-mêmes, dans le sens de la construction nationale ? Que faisons-nous par rapport à notre indépendance ? », soulève cet interlocuteur.

Localisable à environ 160 kilomètres au sud de la capitale, la ville de Pô fait frontière avec la République du Ghana (une trentaine de kilomètres). Province-carrefour donc, le Nahouri est riche de sa végétation et de sa culture. Entre autres particularités de cette partie du pays, les cases kasséna et le Ranch de Nazinga qui attirent de nombreux touristes.

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